Palestine occupée

Château de cartes


A peine la Secrétaire d'Etat US Condoleezza Rice avait-elle quitté Israël lundi dernier, après une visite de trois jours dans la région, qu'Israël commençait à préparer la construction de milliers d'appartements coloniaux partout en Cisjordanie occupée.

Par Khaled Amayreh


Khaled Amayreh
Dimanche 6 Avril 2008

La nouvelle campagne d'expansion des colonies, qualifiée par un responsable israélien de "phénoménale", comprend plus de 600 appartements construits sur la terre arabe confisquée à Jérusalem Est. Le gouvernement israélien a également approuvé la construction de 800 logements supplémentaires dans la colonie Beitar Illit, colonie ultra-orthodoxe en Cisjordanie, pendant que le Ministre israélien de la Défense Ehud Barak a approuvé la construction d'un nombre non divulgué de maisons préfabriquées dans de petites colonies dans la région d'Hébron, qui seront attribués à de nouveaux immigrants.

"Des logements pour les colons sont en cours de construction", a déclaré lundi Roi Lachmanovitch, porte-parole du Parti Shas, partenaire clé dans la coalition du gouvernement du Premier Ministre israélien Ehud Olmert. D'autres sources au sein du Shas ont été citées, disant qu'Olmert avait promis au chef spirituel du parti, le rabbin Ovadia Yosef, qu'Israël autoriserait la construction partout à Jérusalem, indépendamment des discussions avec les Palestiniens.

La campagne d'expansion, qui va à l'encontre des efforts américains pour établir un Etat palestinien viable, va main dans la main avec la campagne de démolition des maisons arabes à Jérusalem Est et dans les parties de Cisjordanie appelées Zone C, sous seul contrôle de l'armée israélien. Plus tôt, Olmert avait promis de continuer les constructions à Jérusalem Est et dans les autres colonies de Cisjordanie, arguant que l'expansion des colonies ne contredisait en rien le processus de paix.

"Ceci fait partie du cadre des négociations, et les négociations continueront d'avancer", a dit Olmert, ajoutant que la lettre de garantie de Bush à l'ancien Premier Ministre Ariel Sharon, en juin 2004, autorisait Israël à construire dans les colonies. "Nous ne rompons aucune promesse".

Les dirigeants palestiniens ont fait appel à la communauté internationale, en particulier aux Etats Unis, pour qu'ils interviennent et sauvent le processus politique d'une débâcle imminente.
"Israël défie le processus de paix. Il ment aux USA et au reste du monde", dit Saeb Erekat, le négociateur de l'Autorité Palestinienne. "Hier, ils disaient qu'ils stopperaient les constructions et aujourd'hui, ils disent qu'ils vont construire des milliers d'appartements pour les colons sur la terre palestinienne occupée. Ca ne peut pas continuer. Cette évolution change la situation sur le terrain en pire. Israël n'est tout simplement pas sincère quand il parle de paix."

Un peu plus tôt, Rice avait rencontré les responsables israéliens et palestiniens, centrant ses efforts sur l'amélioration de la vie des Palestiniens en Cisjordanie, dont l'existence au jour le jour est perturbée par un réseau de checkpoints militaires et de barrages qui rendent toute activité économique impossible. Lors de sa réunion avec Rice et le Premier Ministre palestinien Salam Fayyad à Jérusalem Ouest lundi, le Ministre israélien de la Défense Ehud Barak était semble-t-il d'accord pour enlever plusieurs barrages de terre placés à l'entrée de villages palestiniens, et d'autoriser les responsables palestiniens à circuler sur certaines routes de Cisjordanie.

Le scepticisme est cependant largement répandu au sujet des intentions véritables d'Israël. Israël promet systématiquement de lever les barrages routiers mais revient toujours sur ses promesses, à la suite de quoi les responsables US renouvellent poliment leurs demandes aux Israéliens de retirer les barrières. Un officiel palestinien a décrit "l'affaire des barrages" comme "une farce chronique que nous ne devrions pas décrire avec un langage châtié."

Les "gestes" ou "concessions", termes employés dans les médias israéliens lorsqu'ils se réfèrent aux décisions de Barak, incluent également l'arrivée à Jénine de 700 personnels palestiniens de sécurité entraînés en Jordanie. Les cadets de la police devait à l'origine être déployés à Hébron, la plus grande ville de Cisjordanie, avec une population d'environ 600.000 personnes. Cependant, les quelques centaines de colons israéliens qui vivent à Hébron semblent avoir dicté leur loi au gouvernement israélien sur cette question, l'obligeant à refuser le déploiement des policiers dans la ville.

Alors que dans les quartiers israéliens et américains on disait que de telles mesures soulignaient la bonne volonté israélienne pour la paix – quelques-uns ont même suggéré que Rice en personne était surprise de "l'étendue des concessions israéliennes" – la Secrétaire d'Etat US, dans un geste apparent d'apaisement vis-à-vis des Palestiniens, a déclaré que Washington superviserait exactement ce que fait Israël pour améliorer la liberté de mouvement des Palestiniens.

"Nous voulons être beaucoup plus systématiques sur ce qui est promis et sur ce qui est réellement entrepris", a-t-elle dit.
Rice a également exprimé son optimisme que 2008 verrait "en quelque sorte" un accord palestino-israélien.

Cette semaine, quelques déclarations à Washington indiquaient que l'administration Bush pourrait chercher un accord intérimaire ou une déclaration de principes, avant la visite du Président US Bush en Israël, lorsqu'il prendra part aux célébrations du 60ème anniversaire.

Une source palestinienne proche du Président de l'AP Mahmoud Abbas a déclaré à Al-Ahram Weekly que "il est vraisemblable que les USA cherchent à devancer l'effondrement du processus de paix actuel en amenant les deux côtés à parvenir à une déclaration commune qui donnera l'impression que le processus de paix est toujours vivant."

"Ce serait une tactique pour sauver la face et pour éviter l'embarras de voir les efforts de huit années de l'administration Bush de s'effondrer comme un château de cartes", dit le responsable, qui a souhaité garder l'anonymat.

Rice elle-même n'a ni confirmé ni contesté de telles déclarations. Lorsqu'elle était à Amman, capitale jordanienne, où elle a rencontré séparément le Roi Abdullah II et Abbas, elle a réitéré que les USA étaient toujours engagés dans l'objectif d'atteindre un accord de paix entre Israël et l'Autorité Palestinienne avant la fin 2008.

"Toutes ces discussions n'ont pas d'autre but que d'arriver à un accord. Et il faut que ce soit à la fin de 2008, ce qu'a fixé Annapolis, d'arriver à un accord qui établira un Etat palestinien. C'est là-dessus que nous nous concentrons."

Tant les dirigeants palestiniens qu'Israéliens préviennent que l'optimisme de Rice est sans garantie, étant donné les gouffres qui séparent toujours les deux bords sur les questions du statut final de Jérusalem, le droit au retour des réfugiés palestiniens et l'avenir des colonies juives qui constellent la carte de la Cisjordanie.

Source : Al-Ahram
Traduction : MR pour ISM


Dimanche 6 Avril 2008


Commentaires

1.Posté par mouemina le 06/04/2008 14:13 | Alerter
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LES MESSAGES SIONISTES DE PAIX:

http://www.aljazeera.net


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2.Posté par mario le 06/04/2008 14:30 | Alerter
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les terroristes sionnistes ne savent que semer le chaos, la mort et les larmes, tu parles d'un peuple de Dieu, tous des mécréants oui !!!

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