Proche et Moyen-Orient

Chaînes arabes, le divertissement en pôle position


Au début des années 1990, le nombre des chaînes satellitaires arabes pouvait se compter sur les doigts d’une seule main. A la fin de l’année 2009, les bouquets arabes qui diffusent des chaines satellitaires sont au nombre de 398, dont seulement 26 sont étatiques. Ces entreprises émettent plus de 696 chaînes de différentes orientations et thématiques. 17 satellites sont alloués à cet effet. Les plus connus sont Arabsat, Nilesat et Noursat. C’est ce que révèle le rapport annuel de la Diffusion Satellitaire Arabe au titre de l’année 2009.


Samedi 30 Janvier 2010





Slaheddine Maaoui, directeur général de l'ASBU

Slaheddine Maaoui, Directeur Général de l’Union de Radiodiffusion des Etats Arabes (ASBU) a passé en revue ce matin lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’Agence Tunisienne de la Communication Extérieure (ATCE), les principaux chiffres et nouveautés de la diffusion satellitaire arabe. «Vous constaterez que le nombre de chaînes privées est en train de prendre considérablement le dessus. Les chaînes étatiques, quant à elles, sont de moins en moins présentes. Et elles le seront davantage dans le futur », dit-il. En effet les chaînes étatiques sont au nombre de 97, selon ce même rapport, alors que 599 des chaînes sont privées. Par ailleurs, le nombre des premières a évolué de 28 % en comparaison au rapport précédent (2007-2008). Alors que le nombre des deuxièmes a évolué de 40%. Sans grande surprise, les chaînes de divertissement et de musiques sont les plus présentes dans le paysage audio-visuel arabe. Sur un total de 696 chaînes arabes, 115 chaînes seraient spécialisées en diffusion de musique et émissions musicales. Vient ensuite, dans l’ordre, les chaînes de cinéma (67), le sport (56) et les sujets économiques et commerciaux avec 41 chaînes, alors que les chaînes d’informations sont au nombre de 46 et plus loin dans le classement, viennent les chaînes éducatives et culturelles (31). Les chaînes religieuses et confessionnelles sont, elles, au nombre de 39.

«La raison de cette explosion du nombre de chaînes arabes est dûe à toutes les facilités qui existent pour pouvoir diffuser. Les moyens technologiques sont plus pointus et les ressources plus abondantes. C’est aussi une bonne chose malgré certaines réticences quant à l’utilisation des canaux de diffusion », précise-t-il, en faisant allusion à certaines chaînes religieuses. Le secteur privé est, dans ce dernier cas, celui qui investit le plus, avec 35 chaînes religieuses, contre 4 appartenant au secteur étatique.

« L’explication au fait que les chaînes de divertissement et de musique soient celles qui prédominent c’est qu’elles reviennent nettement moins chères que les chaînes d’informations ou autre. Par exemple, pour diffuser de la musique, souvent on n’a pas besoin d’un studio. En même temps, ces chaînes sont très rentables de par les messages publicitaires, les jeux et les concours qu’elles programment. Les investisseurs choisissent donc la solution de facilités », explique le Directeur Général de l’ASBU. Il se réserve tout de même le droit de formuler un souhait au nom de son organisme. Celui de voir plus de chaînes éducatives, culturelles et documentaires arabes, dans le but d’enrichir le téléspectateur et de contribuer à son éveil intellectuel. D’ailleurs pour que tous les arabes, où qu’ils soient peuvent avoir accès aux chaînes arabes, l’ASBU en collaboration avec Arabsat ont crée le Bouquet Arabe Unique, diffusé sur tous les satellites.

A titre d’exemple, les Arabes se trouvant en Australie peuvent regarder les chaînes arabes sur le satellite le plus utilisé dans ce pays. Le Bouquet arabe unique permet d’éviter au téléspectateur de rechercher les chaînes arabes parmi la multitude de satellites existants. Elle permet aussi aux chaînes adhérentes d’économiser en frais d’exploitation d’heures satellite.

Néanmoins, pour l’instant, seules 13 chaînes arabes en font partie, dont deux Saoudiennes, la Chaîne Abu-Dhabi et le bouquet al-Jazeera.

Au sujet de l’avenir de la charte de la diffusion arabe, projet mort-né suite aux protestations de plusieurs chaînes arabes qui l’ont accusé de vouloir restreindre la liberté de presse, Salaheddine Maaoui dit qu’elle est désormais document référence non contraignant. Les chaînes ne sont pas obligées de s’y soumettre, il pense, toutefois, que cette charte aurait pu réglementer le secteur de manière positive, à l’instar de la directive européenne régissant les chaînes européennes.

En dernier lieu, le directeur de l’ASBU a précisé que son organisme porte sa voix à celle de tous les pays arabes pour empêcher le Congres américain de se pencher sur un projet de loi interdisant certaines chaînes arabes religieuses de diffuser, «cela est du ressort des pays arabes de permettre ou non à une chaine arabe de diffuser », clarifie-t-il.

GlobalNet/ Tunisie                                                                        Chiraz Kefi



Samedi 30 Janvier 2010


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