Politique Nationale/Internationale

Ces fous qui préparent l'Armageddon: Bush, la droite religieuse et la fin des temps


« Je pense que tout bien pesé l'influence morale de la religion a été horrible. , les braves gens peuvent se comporter bien et les mauvaises gens peuvent faire le mal avec ou sans la religion ; mais pour que les braves gens puissent faire le mal , il faut la religion. » Steven Weinberg, lauréat du Nobel de physique

« Un tyran doit avoir l’air d’avoir une dévotion peu commune à la religion. Les sujets ont moins peur d’être traités illégalement par un qu'ils considèrent très croyant et pieux. » Aristote (384-322 avant JC)


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Vendredi 25 Août 2006

Dessin de Yaser Ahmad, Syrie, 21 août 2006. Source : www.irancartoon.com
Dessin de Yaser Ahmad, Syrie, 21 août 2006. Source : www.irancartoon.com



Par Rodrigue Tremblay

Traduit par Pétrus Lombard





Depuis que le Président US George W. Bush raconte que « Dieu » lui dit les politiques à suivre, sans doute que le côté religieux de l'axe Israël-USA devrait être plus rigoureusement examiné. A plus forte raison depuis que Bush a refusé de répondre à une question directe concernant ses propres vues au sujet de la théorie de ses alliés religieux, selon laquelle Dieu est supposé avoir un plan pour une fin du monde prochaine. Il aurait pu répondre que ces idées, provenant de fanatiques religieux, devrait être rejetées comme des hallucinations, mais il ne l’a pas fait. Qu’est-ce que cela veut dire?

Quand les extrémistes religieux utilisent leur accès à la TV exonérés de taxe pour publiquement réclamer une confrontation nucléaire entre l'Amérique et l'Iran, et quand ils tentent de diaboliser l'Union Européenne en l'appelant « l'Antéchrist », n’est-il pas temps de demander ce qui se passe aux USA. Ce vent de folie collective est-il en train de s’apaiser ou au contraire, de prendre de l’essor ? Les fanatiques de l’Armageddon [voir note en fin d’article] réclament-ils la fin du monde et le Second Avènement du Christ, dans la guerre d'Armageddon censée tuer deux milliards de gens, transformant les USA en un asile de fous dont les pensionnaires auraient pris le pouvoir ?



Il y a, en effet, pas moins de 30 millions d’Armageddonites usaméricains – dix pour cent de la population – membres pour la plupart du mouvement fondementaliste religieux évangélique, auquel GWB adhère en tant que chrétien évangélique né à nouveau, et à qui il emprunte son langage religieux pour défendre sa politique. (Dans les élections de 2004, les sondages de sortie des urnes ont montré que plus des trois quarts des Chrétiens évangeliques blancs avaient voté pour le Président Bush.) Beaucoup parmi les évangélistes sont connus pour nourrir l'idée folle que si le scénario de fin du monde de leurs prédicateurs devait s’accomplir, ils seraient « ravis » (au sens propre, c’est—dire enlevés, NDT) et entreraient au « Ciel », sans passer par le « Jugement Dernier ». Depuis, les chefs de ce mouvement sont fréquemment invités à la Maison Blanche pour des sessions politiques à huis clos, et comme beaucoup de membres du Congrès assistent à leurs réunions, il se pourrait qu’il ne soit pas insensé après tout de regarder ce que ces personnages délirants ont comme projets en magasin pour le monde.



Ce qui est effrayant est la convergence apparente d'intérêts entre les pro-israëliens et les néo-conservateurs pro-guerre aux USA, le Parti Républicain et ses fortunes électorales liées à ses guerres, et les radicaux religieux qui réclament publiquement une confrontation avec l'Iran comme condition préalable nécessaire à leur Armageddon. Quand un fanatique religieux a tenu une grande réunion à Washington, le 18 juillet 2006, pour lancer un mouvement de guerre de Sionistes Chrétiens en faveur d'Israël et contre l'Iran, le mouvement « Christians United for Israel » (Chrétiens unis pour Israël), le Président George W. Bush ne dénonça pas une telle obsession folle pour la fin du monde, mais au contraire envoya un message de soutien. Leur disant, « Dieu… bénit et se tient aux côtés du peuple d'Israël et… bénit les USA. »

En plus de cela, le Président du Republican National Committee, Ken Mehlman, lui-même était l'un des orateurs lors de la réunion. Le dirigeant du groupe, le Texan John Hagee, proposa que les Etats-Unis s’unissent à Israël dans une frappe militaire préventive contre l'Iran pour accomplir le « plan de Dieu » pour Israël et l'Occident. Des politiciens républicains, tels que le Sénateur Sam Brownback (Républicain du Kansas), le Sénateur Rick Santorum (Rép. de Pennsylvanie) et Tom Delay (Rép. du Texas), participaient. Etaient aussi parmi les invités l'ambassadeur israélien, Daniel Ayalon, et le Général Moshe Yaalon, chef en retraite de la Défense israélienne. N'est-il pas vrai que la réalité dépasse la fiction, quand des radicaux religieux usaméricains et des généraux étrangers se réunissent pour s'associer dans une guerre religieuse ?

Ce qui est aussi inquiétant, c’est que George W. Bush et certains des principaux Républicains semblent écouter des gens religieux dérangés qui, s'ils en avaient les moyens, pourraient nous précipiter dans une guerre mondiale et une dépression économique globale, simplement pour réaliser leurs fantasmes religieux. Considérant que la politique de l'administration Bush-Cheney inspirées par les néo-conservateurs sont vues par beaucoup comme étant régies par un amalgame « d’impulsion et de divagation », le monde ne devrait-il pas s’inquiéter ? En effet, le magazine Newsweek a signalé récemment que le Président George W. Bush est un homme qui « fait toujours confiance à ses tripes pour savoir ce qui est juste », plutôt que de compter sur le conseil de professionnels, l'analyse logique, l'évidence factuelle et l'expérience, pour tirer des conclusions. Naturellement, dans un tel environnement d'improvisation constante, tout est possible.

En particulier, on ne devrait pas écarter l'influence que la pensée religieuse et le mouvement politique de la droite religieuse ont sur les décisions de Bush. En effet, quelle a été l'influence de la droite religieuse sur la politique étrangère de l'administration Bush-Cheney, particulièrement pour le Moyen-Orient ? Par exemple, se pourrait-il que les croyances religieuses de Bush soient derrière son annonce du 30 janvier 2001, lors de sa première réunion du Conseil national de sécurité, que désormais la politique usaméricaine pencherait fortement en faveur d’Israël ? En outre, se pourrait-il que la raison pour que Bush II ait donné au gouvernement israélien d'Ehud Olmert un tel soutien inconditionnel et sans critique et un chèque en blanc total, pour réprimer les Palestiniens de Gaza et pour attaquer et bombarder le Liban, soit fondée sur le soutien de la droite religieuse à une telle politique ? George W. Bush écoute-t-il le téléévangéliste Pat Robertson, quand ce fanatique aux yeux fous encourage Israël à détruire le Liban parce que « Les juifs sont le peuple élu de Dieu. Israël est une nation spéciale qui a une place particulière dans le cœur de Dieu. Il défendra cette nation » ?

Dans le passé, quelques chefs religieux, de la frange d’extrême-droite, ont aussi débattu pour mêler un dangereux cocktail de religion et de politique. Certains d’entre eux n'hésitèrent pas à réclamer l'anéantissement nucléaire de l'Union Soviétique entière, parce qu'on pensait que c’était un empire communiste athée. Ceci démontre, si besoin est, que les armements sans moralité ou sans loi font l’anarchie et les désastres. En 1948, par exemple, un prédicateur évangéliste belliqueux et délirant du New Jersey, le Révérend Karl McIntire, est devenu célèbre quand il proposa dans une émission radio que les USA effectuent une attaque nucléaire « préventive » contre l'Union Soviétique. McIntire, un fondamentaliste religieux, fondateur de la Bible Presbyterian Church (Église presbytérienne biblique), fut persuadé qu'une hécatombe nucléaire mondiale était nécessaire pour « purifier » le monde des pays communistes. Il croyait qu'aucun pays ne devrait avoir un système différent de son propre modèle religieux, quel qu’en soit le coût. A cette époque, de telles personnes délirantes étaient rares et isolées.



De nos jours, les successeurs de McIntire sont les Falwell, les Robertson, les Hagee, etc. de ce monde. Ils sont beaucoup plus riches et plus puissants que par le passé, grâce à leur statut religieux exempt d'impôt et grâce à la libéralisation sous l’ère Reagan des règles régissant l'utilisation des médias comme outils de propagande à sens unique. En raison de cela, ils sont assidûment courtisés par les politiciens de l’extrême-droite et sont reçus avec plaisir à la Maison Blanche, où ils trouvent une oreille complaisante.

Après avoir perdu l’outil du combat anticommuniste comme technique de collecte de fonds, la nouvelle droite chrétienne semble avoir trouvé une autre manière de soulever la crainte et les passions tout en se renflouant. Sa nouvelle croisade s’est dirigée contre le « faux dieu » du monde Islamique et est fanatiquement en faveur d’Israël, quoi qu'il fasse, et contre les Palestiniens et les pays musulmans du Moyen-Orient, quelles que soient leurs souffrances. Ils disent avoir la « mission » prophétisée dans la Bible de sauver Israël des Musulmans et pour proposer une nouvelle « croisade » énergique contre eux, n'hésitant pas dans ce but à appeler au déchaînement unilatéral de la puissance militaire US dans la région. Selon les mots apocalyptiques de John Hagee, l’un de leurs chefs les plus délirant, « Nous courons vers la fin des temps,… Israël est la seule nation créée par une acte souverain de Dieu, et Il a juré par Sa sainteté de défendre Jérusalem, Sa Ville Sainte. Si Dieu a créé et défend Israël, ces nations qui luttent contre lui combattent contre Dieu. »

Personne n’est plus féroce que celui qui tue avec un zèle religieux. C’est là où en est arrivé le monde à l’été 2006, un été qui peut ou non être une réplique de l'été 1914 ou de l'été 1939.

Dans les années 30, beaucoup de gens n’ont pas tenu compte des Allemands Nazis, ce qu’ils ont ensuite amèrement regretté. Ils pensaient que les Nazis étaient quelque peu extrémistes, mais qu'ils étaient aussi de bons Chrétiens, de bons conservateurs et de bons patriotes. Exactement comme les partisans de la droite religieuse aujourd'hui, Adolf Hitler déclara qu'il considérait le « Christianisme comme la fondation de notre moralité nationale, et la famille comme base de la vie nationale. » En fait, l’extrême-droite en Allemagne se composait d’enragés militaristes pro-guerre, et ils étaient dangereux dès le début. Des dizaines de millions de gens sont morts à cause d’eux.

L'amalgame de la bigoterie belliqueuse et de la politique simpliste crée une menace que beaucoup n'ont pas entièrement réalisée. Ceux qui actuellement se délectent de la bigoterie politique de Bush et de son flirt avec ceux qui avancent des scénarios de fin du monde devraient se rendre compte que parfois, les idées folles peuvent mener aux politiques folles. Les gens devraient se préparer. Rien n’indique que les politiciens ineptes, ignorants, incompétents et affamés de pouvoir, ne puissent pas s'avérer être aussi des politiciens fous.



Note

Armageddon (de l'hébreu: מגידו, signifiant « montagne de Megiddo »), terme biblique admis sous différentes orthographes en français (Har-Maguédon, Harmaguédon, Har-Meguiddon ou encore Har-Maguédôn), est un lieu symbolique mentionné dans le Nouveau Testament.

Ce terme n'apparaît qu'une fois dans la Bible dans le livre de l'Apocalypse au chapitre 16, verset 16 et en parle comme d'un événement futur à venir. Le « rassemblement des rois de la Terre » annoncé en ce lieu est un résultat du déversement des sixième et septième bols contenant les dernières plaies qui mèneront à son terme « la fureur de Dieu » (chapitre 6 verset 12).

Il s'agit d'après le contexte d'un lieu symbolique du combat final entre le Bien et le Mal, d'où l'usage fréquent de ce mot pour désigner les éventuels événements de la fin des temps ou de catastrophes d'ampleur planétaire. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Armageddon


Original : http://www.TheNewAmericanEmpire.com/blog.html



L’auteur est professeur émérite de sciences économiques à l'Université de Montréal. C'est un ancien président de la North American Economics and Finance Association, et un ex-président de la Société canadienne d'économique. Il a été aussi vice-président de l'Association internationale des économistes de langue française (AIELF). Il a reçu en 2004 le Prix Condorcet de philosophie politique. En politique, M. Tremblay a été député du comté de Gouin, à Montréal, de 1976 à 1981, et a été ministre de l’Industrie et du Commerce dans le gouvernement du Québec (1976-1979).

Le professeur TREMBLAY a publié 27 livres, la plupart portant sur des questions économiques et financières, mais certains traitant aussi de questions morales et politiques.

Consultez le nouveau blogue international du professeur Tremblay à l'adresse suivante: http://www.TheNewAmericanEmpire.com/blog.html. Courriel : rodrigue.tremblay@umontreal.ca




Traduit de l’anglais par Pétrus Lombard, membre associé, et révisé par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala


Vendredi 25 Août 2006


Commentaires

1.Posté par Jessica le 25/08/2006 16:20 | Alerter
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On peut asister à une propagande américaine, reprenant l'idée que le gouvernement américain aurait une mission messianique à remplir. Condolezza Rice, fille de pasteur lors de sa tournée au moyen orient compare les douleurs du Liban à celle d'un accouchement. Pourquoi cette image est-elle utilisée ? Car c'est une image biblique utilisée par Jésus dans Matthieu 24 verset 8.
Lorsque Jesus est interrogé par ces apôtres au sujet de sa venue (retour) et de la fin des temps, il leur répond :
"Prenez garde que personne ne vous égare. Car beaucoup viendront sous mon nom, en disant : c'est moi le Messie, et ils égareront bien des gens. Vous allez entendre parler de guerres et de rumeurs de guerre. Attention ! ne vous laissez pas effrayer, car il faut que cela arrive, mais ce n'est pas encore la fin. On vous dressera nation contre nation, royaume contre royaume; il n'y aura çà et là des famines et des tremblements de terre. Or tout cela n'est que le début des douleurs de l'enfantement ...............Alors viendra la fin.

La méthaphore n'est pas choisit par hasard !!!

2.Posté par Oscar Fortin le 26/08/2006 03:10 | Alerter
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L'analyse de M. Tremblay se trouve renforcé par cette participation de Mme Rice à la convention annuelle des Baptistes du Sud. Cette particpation m'avait alors inspiré une lettre ouverte à Mme Rice que je vous transmets dans les paragraphes qui suivent.

LORSQUE LE MENSONGE
DEVIENT INSPIRATION DIVINE
(lettre ouverte à Condoleezza Rice)

La secrétaire d’État états-unienne Condoleezza Rice à la convention annuelle des Baptistes du Sud
14 juin 2006, Greensboro

Madame,

Lors de la convention annuelle des Baptistes du Sud, le 14 juin dernier, vous avez pris la parole à titre officielle pour expliquer l’engagement de votre Président et de son Administration dans les destinées du monde.

« Le président Bush et moi-même partageons votre conviction que l’Amérique peut et doit être une force du Bien dans le monde. Le Président et moi croyons que les États-Unis doivent rester engagés comme leader d’événements hors de nos frontières. Nous croyons cela parce que nous sommes guidés par le même principe persistant qui donna naissance à notre propre nation : la dignité humaine n’est pas un don du gouvernement à ses citoyens, ni un don des hommes les uns aux autres ; c’est une grâce divine à toute l’humanité. »

D’abord, vous n’êtes pas sans savoir que sont nombreux les dirigeants dans le monde qui se voient comme une force du Bien. Tout récemment encore votre Président recevait une correspondance de son homologue Iranien, tout imprégné de la foi en un Dieu unique, celui-là même dont témoignent les patriarches et les prophètes qui sont à l’origine du Judaïsme, de l’Islamisme et du Christianisme. Son invitation à réfléchir sur les responsabilités qui incombent aux dirigeants qui proclament, dans l’exercice de leurs fonctions, leur foi en ce Dieu, n’a pas eu d’écho de votre part. Pourtant, lui aussi se voit comme une force du Bien. Nous pourrions en citer beaucoup d’autres qui, comme vous et comme le Président Iranien, se voient comme une force du Bien. C’est dire que la notion du Bien est relative et que seuls les gestes qui en résultent peuvent en départager le sens. À chacun de nous de voir les fruits de vie que génèrent nos actions et celles des autres. Ne pensez-vous pas qu’un sérieux examen de conscience s’impose à votre Administration ?

En second lieu, le motif que vous invoquez pour justifier l’engagement des Etats-Unis hors de ses frontières va plutôt, selon la compréhension que j’en ai, dans le sens contraire de la conclusion que vous en tirez. En effet, si la dignité humaine est une grâce divine à toute l’humanité et qu’elle ne résulte pas de l’action de quelque gouvernement que ce soit, pourquoi alors le gouvernement des Etats-Unis « doit-il rester engagé comme leader d’évènements hors de ses frontières ? » À moins évidemment que vous perceviez votre pays, à l’exemple des Églises, comme porteur et dispensateur de cette grâce divine. Vous ne seriez pas le premier pays ni le premier gouvernement à se croire investis d’une telle mission. .L’histoire de ces envoyés de Dieu, de ces illuminés, comptant plus sur la force de leurs armes que sur l’action discrète et désintéressée d’un serviteur d’humanité, n’aura retenue à ce jour que les désastres laissés sur leur passage. Peu nombreux sont ceux qui ont suivi la consigne de l’Évangile « Vas, vends tous tes biens, donnes en le profit aux pauvres puis viens et suis-moi.» Vous conviendrez avec moi que ce n’est pas tout à fait l’image que donne votre Administration et encore moins celle qui se reflète dans la politique extérieure de votre pays.

Vous poursuivez votre exposé en faisant l’éloge de la liberté dont sont bénis les citoyens étasuniens. Vous en faites un idéal pour tous les peuples au service desquels vous oeuvrez de façon tout à fait désintéressée:

« Nous nous dressons pour des idéaux qui sont plus grands que nous-mêmes et nous parcourons le monde non pour piller, mais pour protéger ; non pour asservir, mais pour libérer ; non comme les maîtres des autres, mais comme les serviteurs de la liberté. »

Ces propos qui s’inspirent de l’esprit missionnaire le plus pur ne manquent pas de grandeur d’âme et rejoignent sans équivoque les grands idéaux d’inspiration chrétienne surtout si nous y ajoutons l’idéal de la justice, si présent dans les Évangiles, mais peu dans votre intervention. Il ne fait aucun doute qu’une telle approche ne peut que générer accueil et collaboration de la grande majorité des responsables et représentants politiques du monde. S’il y a animosité ça ne peut pas venir de cet esprit de coopération et de service désintéressé auquel vous vous référez. Si tels sont vos convictions, pourquoi alors autant d’armes ? Pourquoi tous ces services de renseignement et toutes ces actions clandestines visant à déstabiliser des gouvernements en place et signataires de la charte des Nations Unies ? N’est-ce pas là une approche contre productive par rapport au respect de la dignité humaine et de la liberté des personnes et des peuples ? Servir ainsi la liberté avec les armes ne devient-il pas dans ce contexte une contradiction. ?

Je ne vous apprendrai pas que la politique internationale des Etats-Unis repose sur sa compréhension de « sa sécurité nationale » et sur celle de ses « intérêts économiques et politiques ». Personne ne peut vous en faire le reproche. Le problème vient plutôt du fait que vous placez la sécurité et les intérêts de l’humanité toute entière à l’intérieur de la « sécurité nationale » et des « intérêts » de votre pays et non l’inverse. Ce qui est bon pour vous l’est pour tous les pays et ce qui est mauvais pour vous l’est pour tous les pays. Si encore vous vous préoccupiez pour que tous les pays aient autant de pouvoirs que vous en avez, autant d’indépendance et de souveraineté que vous en affirmez, autant de richesse et de bien-être que vous en consommez et autant de liberté que vous vous accordez, la perception de vos intérêts et de ceux du reste du monde pourrait devenir complètement différente. Mais, il ne semble pas que ce soit le cas. Ce que l’un prend en trop, l’autre l’a en moins. Dans ce jeu, le plus fort en arrive à considérer son « surplus » comme un droit et le plus faible son « manque » comme un destin. C’est le jeu du plus fort et du plus faible.

Par exemple, le blocus contre Cuba que votre Administration a durci et que plus de 97% des membres de l’Assemblée générales des Nations Unies ont condamné sans équivoque en novembre dernier n’a eu aucun effet sur votre politique que vous dites respectueuse des autres. N’en va-t-il pas de même avec le Venezuela de Chavez, pourtant démocratique et croyant, que votre Administration n’a de cesse de harceler de mille et une manières ? De nombreux exemples d’interventions et de pressions sont racontés dans des ouvrages qui reflètent tous sans ambiguïté la mentalité des administrations étasuniennes qui se considèrent, non pas, comme vous dites, le serviteur désintéressé et dévoué, mais le « maître» et le «leader » de la direction du monde au service de ses intérêts et de sa sécurité nationale. Les intérêts et la sécurité nationale des autres pays devront passer après.

Si les principes que vous énoncez sont une fenêtre ouverte sur l’humain et sur les solidarités qui peuvent en assurer le développement, les politiques que vous mettez en pratique vont tout à fait dans le sens contraire. Elles reposent sur le chantage, le mensonge, la manipulation des medias, la torture, l’irrespect du droit international. Que pensez-vous de ces contradictions au cœur de l’Administration Bush à laquelle vous participez ?

Je ne pense pas que Jésus-Christ ait beaucoup d’affinités avec vos politiques et votre manière de servir la justice, la paix, la vérité, la transparence et le respect. Les idéaux dont vous vous enveloppez n’arrivent vraiment pas à dissimuler ceux qui sont au cœur de vos actions.


Oscar Fortin,
22 juin 2006



http://alterinfo.net/index.php?action=article&id_article=396810

voir également une lettre « de Jésus-Christ à Georges W. Bush

http://humanisme.over-blog.com/article-139102.html

3.Posté par abou hussein le 26/08/2006 18:50 | Alerter
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PAR CELUI QUI TIENT MON AME ENTRE SES MAINS, LA VICTOIRE NOUS APPARTIENT. QUAND LE PARACLET VIENDRA , LA GRANDE VICTOIRE SERA POUR LE HEZBOLLAH. N EN DEPLAISE AUX ASSOCIATIONNISTES.

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