Néolibéralisme et conséquences

Ces banksters qui nous gouvernent : 600 millions $ pillés à la Grèce par Goldman Sachs – qui dirige le monde !



Olivier Bonnet
Lundi 12 Mars 2012

Ces banksters qui nous gouvernent : 600 millions $ pillés à la Grèce par Goldman Sachs – qui dirige le monde !
On savait déjà que le maquillage des comptes grecs a pu s’opérer à cause de la banque Goldman Sachs, avec l’actuel président de la Banque centrale européenne qui prétend contre l’évidence qu’il n’était pas au courant, on peut maintenant chiffrer le montant du forfait : « Deux journalistes de l’agence Bloomberg révèlent que le maquillage des comptes du pays en juin 2001 a rapporté 600 millions de dollars à la banque d’affaires américaine, annonce Actuchômage. Ces révélations ont été rendues possibles par les premiers témoignages publics de deux personnages-clés de la transaction qui a permis à la Grèce dissimuler à ses partenaires européens l’ampleur de son endettement : Christoforos Sardelis, responsable du bureau de gestion de la dette à Athènes entre 1999 et 2004, et Spyros Papanicolaou, son successeur de 2005-2010. Au cœur de l’engrenage : un accord de «swap» conclu avec la banque d’affaires Goldman Sachs en juin 2001. En pratique, l’opération consistait à échanger la dette contractée par la Grèce en dollars et en yens contre un prêt en euros auprès de Goldman Sachs. Un échange réalisé en utilisant un taux de change «fictif, historique», expliquent les auteurs de l’enquête. Cela avait pour effet mécanique de «faire disparaître environ 2% de la dette grecque de ses comptes nationaux», expliquent-ils. Et pour rembourser les 2,8 milliards d’euros empruntés à la banque, la Grèce a conclu un autre contrat de swap. Un montage de produits dérivés d’une complexité extrême dont les responsables grecs n’étaient pas capables de mesurer les dangers, de leur aveu même. En quatre ans, la dette ainsi contractée par la Grèce auprès de Goldman Sachs allait bondir de 2,8 milliards à 5,1 milliards d’euros. » To sack, en anglais : piller. Goldman sacks.
Cette banque « dirige le monde », carrément, selon Marc Roche, correspondant du Monde auprès de la City londonienne auteur d’un livre-enquête sur le sujet. « Avec la crise financière, les pratiques de Goldman Sachs, longtemps restées dans l’ombre, éclatent en pleine lumière. La banque se voit confrontée à des plaintes, des enquêtes et des amendes de la part des régulateurs. Son dirigeant, Lloyd Blankfein, un ancien avocat fiscaliste et ex-trader sur métaux, passe sur le gril d’une commission sénatoriale, obligé de reconnaître du bout des lèvres quelques erreurs, avant d’affirmer en public : « Je fais le travail de Dieu » ! Un supposé trait d’esprit reçu comme une nouvelle preuve d’arrogance. Une arrogance d’autant plus insupportable que Goldman Sachs, non contente de s’imposer dans la finance, place systématiquement ses hommes aux postes clés des gouvernements. On connaît la chose pour les Etats-Unis, où le secrétaire au Trésor de George W. Bush, Hank Paulson, était l’ancien PDG de Goldman ! Mais les anciens de la banque entourent aussi Tim Geithner, celui d’Obama. L’Europe n’est pas en reste. Certains anciens commissaires européens (Mario Monti, Peter Sutherland), ancien de la Bundesbank (Otmar Issing) et jusqu’à Mario Draghi, actuel gouverneur de la Banque centrale italienne et patron du Conseil de stabilité financière chargé de coordonner les efforts mondiaux de régulation sont des Goldmaniens ! » Le livre date d’octobre 2010. Depuis, Draghi est donc président de la BCE et Monti à la tête du gouvernement italien, sans compter Lucas Papademos, désormais Premier ministre grec  et ancien « gouverneur de la Banque centrale hellénique entre 1994 et 2002, qui a participé à l’opération de trucage des comptes perpétré par GS. Le gestionnaire de la dette grecque, qui a racheté les produits dérivés ayant permis la supercherie, est d’ailleurs un certain Petros Christodoulos, ex-trader de la firme », résume l’excellent site Les mots sont importants. « Otmar Issing, Allemand, aussi membre des Bilderberg, ex-président de la Bundesbank (1990-1998) et ancien « chief economist » à la BCE (1998-2006). Un homme bien sous tous rapports, qui continue de publier des tribunes en tant qu’ex-BCE, en cachant soigneusement son appartenance à Goldman Sachs, depuis 2006. Ex-président de Goldman Sachs International dont il est resté l’un des administrateurs, l’Irlandais Peter Sutherland (encore un membre Bilderberg), ancien commissaire européen à la concurrence, est aussi directeur non exécutif de la Royal Bank of Scotland, qui a fait faillite l’an dernier. Et il continue de jouer un rôle crucial dans la crise irlandaise. Le Portugais Antonio Borges dirige le département Europe du Fonds monétaire international (FMI). De 2000 à 2008, il fut dirigeant de Goldman Sachs International. Et l’actuel Président de la Banque mondiale, l’américain Robert Zoellick, fait lui aussi partie de la grande famille des anciens de Goldman Sachs. Sans parler des Américains : Henry Paulson et Robert Rubin, anciens secrétaires d’Etat au Trésor, Jon Corzine, responsable de la chute de MF Global, William Dudley, président de la Fed de New York, et à la Maison Blanche, les bureaux qui n’hébergent pas d’anciens de Goldman Sachs se font plutôt rares… Bref, une belle brochette de banksters, sapeurs et sans reproche, qui ont juste mis le feu aux poudres et déclenché l’incendie généralisé qui commence à nous chauffer le postérieur… et qui se retrouvent aux commandes du camion de pompiers. Le pire, c’est que tout le monde applaudit… tous aux abris ! » Le titre de l’article résume la situation avec un humour lucide : Goldman Sachs : les fous ont pris le contrôle de l’asile.


Plume de presse


Lundi 12 Mars 2012


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