Palestine occupée

Cela pourrait bien exploser à un moment donné


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Par Tom Segev

Les roquettes Qassam tirées sur Sderot et les environs de la bande de Gaza ont provoqué des appels à punir la population de Gaza et même à expulser des milliers d'entre eux hors du secteur proche de la frontière israélienne.
Il y a, naturellement, une autre possibilité - inverse - que personne n'envisage aujourd'hui : dans leur détresse, des centaines de milliers de Palestiniens pourraient marcher jusqu'à la frontière, arracher les barrières, ouvrir une brèche dans les murs et envahir Israel dans une manifestation colossale de civils non armés.


Tom Segev
Jeudi 20 Septembre 2007

Exactement deux ans avant la Guerre des Six Jours, le Premier Ministre et Ministre de la Défense, Levi Eshkol avait peur que cela se produise. Un débat a eu lieu lors de la réunion hebdomadaire avec des hauts responsables de la Défense le 4 juin 1965.

Eshkol a commencé en demandant combien de réfugiés il y avait, ce qu'ils mangeaient et où en était l'émigration.

Le chef des Renseignements de l'Armée, Aharon Yariv, a répondu qu'ils mangeaient ce que l'UNRWA, l'Office de secours des Nations Unies, leur donnait. La situation n'est pas bonne, les réfugiés sont aigris et donc ils s'enrôlent dans l'armée égyptienne, a déclaré Yariv.

Eshkol a remarqué que l'Egypte n'autorisait pas les réfugiés à entrer dans son territoire et il a demandé, "Ne pensez-vous pas que nous pourrions soulever un gevalt international (tollé, en Yiddish). Pourquoi les gens ne sont-ils pas autorisés à aller où ils veulent ?"

Il a demandé que sa proposition soit mentionnée au Ministère des Affaires Etrangères. Yariv a proposé un conseil stratégique : "Nous ne devrions pas être les premiers à crier. Nous devrions nous y intéresser que si quelqu'un d'autre pousse ces cris."

Eshkol : "Je pense toujours que les réfugiés sont notre talon d'Achille. Que ferons-nous si, un beau jour, ils envoient devant des femmes et des enfants ?

Le chef de l'Etat-Major, Yitzhak Rabin, l'a rassuré: " S'ils ne l'ont pas encore fait, ils ne le feront pas. Quand les 100 premiers seront tués, ils feront demi-tour."

Eshkol n'était pas convaincu : "Ils se multiplient rapidement," a-t'il remarqué.

Rabin l'a corrigé : "Le nombre de réfugiés n'a pas grossi au cours des années. En 1949, 1950, 1951, 1952, quand le Neguev était vide, quand les villages étaient abandonnés, c'aurait pû être un problème. A l'époque, il existait des rumeurs de marches de réfugiés. Mais maintenant, je n'ai jamais entendu qui que ce soit en parler."

Eshkol : "Quand il y aura entre 500.000 et 600.000 personnes - bien, les gens devront vivre de quelque chose, et ils se multiplient tout le temps et à un moment donné, cela pourrait bien exploser. Et le fait que l'UNRWA les nourrisse, nous ne pensons pas que ce soit bien non plus."

Le directeur général du Ministère de la Défense, Moshe Kashti, a demandé sil quelqu'un n'avait pas une "idée constructive" pour résoudre le problème, sous-entendu, encourager l'émigration.

Rabin a répondu : "Nous avons agi sur ce sujet en Allemagne et nous agissons en Amérique du Sud, mais les Egyptiens ne les laissent pas partir. Ils le disent ouvertement. Ils ont créé un état d'esprit chez les Arabes disant que partir, c'est trahir la Palestine."

Deux ans après, Israel s'emparait de la Bande de Gaza. Eshkol a reçu diverses propositions pour soulager la situation difficile des réfugiés.

Une possibilité envisagée était de réinstaller de manière permanente plusieurs milliers de familles de Gaza en Cisjordanie.

Rien n'a été fait, en partie parce que les ministres Menachem Begin, Moshe Dayan et Yigal Allon voulaient réserver la Cisjordanie pour la colonisation juive. Sans Begin, Dayan et Allon, Eshkol n'avait pas de coalition. Ce fut la grande occasion ratée de 1967.

Source : http://www.haaretz.com/
Traduction : MG pour ISM


Mercredi 19 Septembre 2007

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