RELIGIONS ET CROYANCES

Ce qui compte vraiment... Des mots et des actes - À propos de l’initative britannique « Voix juives indépendantes »


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David Ben Gourion, le légendaire leader sioniste qui fut le premier Premier ministre d’Israël, avait coutume de dire : »Ce qui compte, ce n’est pas ce que les Goys disent, mais ce que font les juifs. »


Gilad Atzmon

Traduit par Fausto Giudice


Gilad Atzmon
Lundi 12 Février 2007

Ce qui compte vraiment... Des mots et des actes - À propos de l’initative britannique « Voix juives indépendantes »
Il y a quelques jours, un groupe de juifs qui ont pu être indépendants à un certain stade ont décidé de se rassembler et de constituer une nouvelle synagogue humaniste collective éprise de paix. Ils se sont appelés Voix juives indépendantes (Independent Jewish Voices-IJV). Ils sont déterminés à défier l’hégémonie du Conseil des délégués des Juifs britanniques (Board Of Deputies Of British Jews-BOD). Je suis loin d’être un supporter du BOD et même je les méprise. Étant d’origine juive, je n’ai d’ailleurs jamais considéré que cet organe nous représenait, moi et mes amis soi-disant juifs.
En outre, dans ma pratique de pensée indépendante, je considèe que le BOD représente tout ce contre quoi je me bats. Je reconnais pourtant que cet organe représente de fait  la communauté des Juifs de Grande-Bretagne. Je comprends également que la majorité des Juifs de Grande-Bretagne et du monde soutiennent le sionisme. C’est fort malheureux et plutôt préoccupant.   


Mais il y a plus inquiétant encore et c’est le fait que IJV n’est pas exactement contre Israël ou le sionisme. Comme le BOD, ils croient dans le droit des Juifs de vivre en paix en Palestine. À leur décharge, il faut dire que, bien qu’ils soient favorables à l’idée d’un État juif, ils veulent qu’il soit différent. Ils croient en la possibilité d’un colonislaimse moralisé, dans lequel les colonialistes (ceux qui vivent à Tel Aviv) et ceux qui ont été victimes d’une épuration ethnique (ceux qui vivent à Gaza, par exemple)  vivent en « paix » côte à côte.  


Face à cela, une querelle interne juive entre deux synagogues sionistes ne devrait pas vraiment devenir l’une des grandes priortés de la société britannique. Ce débat aurait du se cantonner aux pages jaunes de la Jewish Chronicle. Mais IJV veut gagner le public britannique à sa cause. Comment s’y sont-ils pris pour cela ? Ils ont saupoudré leur déclaration de termes humanistes post-coloniaux et ont planté le mot Palestine toutes les deux phrases. Il faut souligner que dans la déclaration d’IJV, le BOD n’est pas mentionné une seule fois. La Palestine, elle, est mentionnée six fois.


Sur les cinq principes énoncés par IJV, trois concernent le conflit israélo-palestinien. L’auteur de la déclaration doit bien se rendre compte que le peuple britannique est de plus en plus conscient du niveau atteint par les crimes siraéliens contre la population palestinienne.  Il est plutôt crucial de souligner que tout en véhiculant l’image d’un engagement sur la question palestinienne, IJV s’abstient nettement de tout engagement moral consistant vis-à-vis de la Palestine, des Palestiniiens ou de l’humanisme.


IJV ne va pas au-delà de la rhétorique de la gauche israélienne du type La Paix maintenant. Tout en se référant aux droits humains, ils s’abstiennent bien de mentionner le droit au retour des Palestiniens. Ils succombent au vieux truc sioniste de gauche : ils identifient tout le conflit israélo-palestinien, ainsi que sa solution, avec l’occupation (des territoires occupés en 1967, NdT) et sa cessation. C’est évidemment un mensonge et les auteurs de la déclaration d’IJV en sont pleinement conscients. J’aimerais bien croire qu’une bonne part des signataires d’IJV ne sont pas conscients du fait qu’ils ont signé un document sophistiqué de manipulation. 


Une fois de plus, la vérité doit être dite. La cause palestinienne concerne largement le droit au retour et la solution du problème des réfugiés. Bien que la fin de l’occupation (de 1967, NdT) soit bien sûr une nécessité, elle ne garantira aucun accord de paix. En évitant la cause palestinienne, IJV se rend coupable d’ignorer les droits élémentaires des Palestiniens à vvre sur leur propre terre. IJV peut marquer momentanément des points et rouler les Palestiniens tout en ne s’engageant pas pour leur vraie cause. Malheureusement, un tel élan éthique qui aurait pu servir à susciter un réveil général des Juifs a été gâché dans une nouvelle opération « feuille de vigne sioniste de gauche ».
Tirant les leçons de succès de Ben Gourion et de sa version du sionisme, je voudraits faire une suggestion à mes frères et sœurs palestiniens : ce que disent les Juifs ne compte pas vraiment, ce qui compte, c’est ce que les Palestiniens font.
De ce point de vue, la décision de créer un gouvernment d’union nationale (entre le Fatah et le Hamas, NdT) semble être un pas en avant positif.





 
Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.
URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=2045&lg=fr


Lundi 12 Février 2007

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