Palestine occupée

Catastrophes palestiniennes : les femmes entre les dynamiques de l’oppression et de la résistance


Le rôle rempli par les femmes durant le combat national leur a permis de prendre conscience de leur ego et de ce rôle. Cette conscience s’est reflétée clairement à travers leur participation à l’Intifada et à toutes les formes de résistance.

Nassar Ibrahim - AIC


Mercredi 22 Octobre 2008

Des Palestiniennes, lors d’une manifestation anti-Bush à Ramallah, refusent de quitter le lieu de la manifestation malgré les ordres des forces de sécurité palestiniennes.
Des Palestiniennes, lors d’une manifestation anti-Bush à Ramallah, refusent de quitter le lieu de la manifestation malgré les ordres des forces de sécurité palestiniennes.

La grande catastrophe palestinienne de 1948 (la Nakba) et les catastrophes qui ont suivi ont provoqué des coupures dramatiques entre les structures palestiniennes, politiques, sociales et culturelles. Cependant, en raison des spécificités de la structure sociale palestinienne et de l’histoire, c’est sur la situation sociale et psychologique des femmes palestiniennes que l’impact le plus fort s’est fait sentir. Les femmes palestiniennes ont été, tant individuellement que collectivement, les victimes d’une oppression altérante à différents niveaux, sans avoir les opportunités qui auraient permis de s’y adapter. Les femmes se sont soudain retrouvées au cœur d’un exil, d’une marginalisation et d’une destruction systématique dont les Palestiniens en général furent l’objet. A partir de ce moment, ce fut le combat des femmes palestiniennes pour développer des stratégies personnelles, familiales, nationales, en faveur des femmes, pour surmonter cette tragédie et la dépasser.

Un rapide examen de l’histoire palestinienne depuis la Nakba jusqu’à nos jours illustre comment les femmes sont une partie intégrante essentielle de cette histoire, soit directement soit indirectement ; les femmes y sont avec toute leur présence, toute leur souffrance, et toute leur résistance ininterrompue.

Suite à la Nakba de 1948, les structures sociales qui existaient se sont soudain effondrées, tout comme les relations unissant la communauté palestinienne. De nombreux Palestiniens eurent le sentiment d’être précipités au fond d’un abîme immense ; perturbation grave de la normale et du naturel. En remplacement, la perturbation est devenue la norme, et les structures et relations sociales ont perdu ce qui les soutenait et les justifiait. Pertes et incertitude, autant que frustration psychologique et oppression, ont dominé le peuple et l’ont poussé à de nouvelles situations sans qu’il n’ait eu à choisir et à accepter.

Les Palestiniens se sont trouvés confrontés à cette question existentielle directe : « être ou ne pas être », et pas seulement au niveau politique mais aussi au niveau personnel. Comme l’instinct de survie s’est mis à dominer nécessairement et est devenu la première des priorités, les Palestiniens ne se sont pas préoccupés des autres questions ou priorités. Pour bien comprendre l’horrible nature du choc et ses impacts altérants sur les Palestiniens, il est utile de rappeler les traits essentiels qui caractérisaient la communauté palestinienne avant la Nakba.

La communauté palestinienne avant la Nakba

La structure sociale palestinienne avant la Nakba se présentait comme une communauté d’hommes de la terre. Le village représentait l’unité démographique de base tant au niveau géographique que social. Le village avait des racines profondes dans l’histoire et une culture, des traditions et des coutumes attachées à sa terre et l’agriculture. Cette réalité a dominé les relations et les structures sociales et s’est clairement reflétée dans la nature de la famille palestinienne. L’une des principales caractéristiques en était le domaine rural, avec sa grande surface et sa conception spéciale, ses murs d’enceinte et ses cours. Une telle structure répondait aux besoins relationnels entre les pères et les descendants, entre les jeunes et les adultes, l’épouse et l’époux et les autres membres masculins de la famille. De telles relations étaient dominées par des caractéristiques culturelles qui avaient des racines profondes dans l’histoire et un patrimoine historique. Dans un tel contexte, les valeurs sociales, les systèmes et les limites dessinaient le contour de la communauté et formaient sa structure patriarcale. De telles relations se basaient aussi sur la dignité humaine et sur un lien fort avec la terre.

Ce tissu social communiquait avec les activités économiques dans cet espace, de même l’économie naturelle avec l’économie du travail. Ainsi, les relations du travail s’accordaient avec le secteur agricole pour former une sorte de mixité entre hommes et femmes, telle une nécessité imposée par la nature du travail.

Une telle situation était régie par les valeurs de l’honneur et de la dignité, des valeurs considérées comme masculines, même si elle a permis un espace de contacts et d’ouverture. Ces valeurs et structures ont permis un contrôle sur les femmes mais pas de les agresser, surtout si ces agressions avaient été commises par des personnes extérieures au cercle de parents par le sang. Dans cette culture palestinienne, la position donnée aux femmes découlait du mythe cananéen et du rôle tenu par la déesse Anat, en plus du dynamisme que ce mythe représentait. Cette réalité se retrouve aussi dans les broderies des costumes traditionnels palestiniens, où elles vont plus loin que la seule dimension de la beauté afin de reproduire les traditions et les mythes qui canonisent les femmes. Les broderies représentent des amulettes et des protections spirituelles des femmes et de leurs corps, ainsi que leur rôle essentiel dans la vie publique. De cette manière, on ne peut pas limiter la vie des femmes à leur domination par la structure masculine de la communauté.

En citant cette dimension culturelle, je suis bien conscient de la relation dialectique entre la division sociale du travail et les impacts de la propriété privée et de ses réflexions sur la structure sociale et structurelle de tout groupe.

Par rapport à l’anthropologie, ces comportements et structures culturels ont des racines profondes dans l’histoire, même si leurs impacts aujourd’hui peuvent être plus faibles que dans le passé. Dans l’évolution de la vie communautaire, de telles valeurs sont transférées d’un stade à un autre et font l’objet d’un processus sans fin de restructuration et d’adaptation. Ainsi, au sein d’un stade précis, les valeurs sociales et culturelles et les procédures paraissent n’avoir aucune logique dominant leur développement. Toutefois, elles sont le résultat de l’évolution et de la transformation que les groupes traversent au cours de leur vie, notamment les contradictions internes et celles avec le monde extérieur.

L’autre dimension qui caractérisait la communauté palestinienne avant la Nakba fut le développement auquel on a pu assister dans les villes côtières depuis le début du siècle précédent, en particulier durant la Première Guerre mondiale. A cette époque, le commerce était prospère et servait les puissances engagées dans la guerre. Une telle prospérité économique s’inscrivait clairement dans le développement qui profitait aux ports palestiniens, aussi bien que dans la construction de voies ferrées et de zones industrielles. En outre, la formation d’un mouvement salarié et l’émergence de journaux locaux et d’organisations civiles constituaient aussi des caractéristiques d’un tel développement. En d’autres termes, la côte palestinienne jouait un rôle actif au sein de la vie économique, sociale et culturelle et elle agissait davantage comme un lien avec le monde extérieur et la sphère arabe voisine. D’autre part, la zone côtière et ses extensions par paliers internes étaient parmi les terres palestiniennes les plus fertiles. Les plaines palestiniennes étaient célèbres pour leurs agrumes destinés non seulement à la Palestine, mais aussi aux pays voisins et aux autres pays du monde.

Après le déracinement des Palestiniens de leur terre

(JPG) Cette brève étude a voulu décrire la situation d’avant 1948 en Palestine afin d’aider à bien comprendre la comparaison entre cette période et les circonstances apparues plus tard, après le déracinement des Palestiniens de leur terre.

En 1948, la situation palestinienne évoquée ci-dessus a vécu un choc terrible qui a arraché la Palestine à elle-même et à son milieu environnant. Brusquement, des centaines de milliers de Palestiniens se sont retrouvés en dehors de leur terre et du temps. D’un coup, ils ont tout perdu, y compris leurs liens sociaux. Leur monde intime a été défiguré et tout le contexte économique et social qui les environnait s’est effondré. Les Palestiniens ont alors perdu leur environnement, leurs biens, et leur équilibre ; ils ont été coupés de tous côtés avec rien pour les sauver de toutes les horreurs de la catastrophe. Au sein du mystère perdu, les relations se sont déchirées et le tissu social s’est dissous, avec l’effondrement de l’ensemble des valeurs et des liens sociaux qui caractérisaient la communauté palestinienne. La nature atroce de la catastrophe s’est trouvée encore renforcée par la pénétration en masse des réfugiées dans les pays arabes voisins censés absorber le désastre et en atténuer les conséquences pour les Palestiniens, lesquels ont payé le prix de la défaite et de la collusion des régimes arabes officiels.

Les réfugiés se sont rués dans toutes les directions, tentant de sauver leur vie. Une ruée inconsciente qui mélangeait les choses, les structures, les valeurs et les concepts tout en essayant de redéfinir les priorités de la vie de façon à atténuer l’importance du passé et à se focaliser sur l’avenir.

Dans ces circonstances, les femmes palestiniennes ont été au milieu d’évènements et de changements qui ont posé des fardeaux sur leurs épaules ; elles n’ont pas eu le choix d’accepter ou de refuser. Les femmes se sont retrouvées en marge des villes arabes vaincues qui voulaient échapper à cette défaite en blâmant les victimes et en leur imputant leurs responsabilités. Les femmes palestiniennes étaient au sein de familles déchirées avec des hommes censés assurer leur protection ; dans le passé, les privilèges attribués aux hommes étaient toujours justifiés par le fait que les hommes protégeaient les femmes. Mais la Nakba a détruit cette image et brusquement, les hommes dans les camps de réfugiés ont été démunis de tout, même de leur dignité et du sens de leur masculinité. Ils ont plié sous la tempête, regardant leurs femmes (celles qui restaient de leur famille) subir toutes sortes d’humiliations et d’insultes, la faim, la maladie et la mort, sans être en mesure de faire quoi que ce soit pour les protéger.

Cependant, les femmes palestiniennes ne sont pas restées statiques devant un tel changement historique. Elles ont commencé à redéfinir des priorités dans leurs tâches non parce qu’elles étaient dominées par un désir de revanche, mais par celui d’une certaine continuité qui naissait au fond d’elles-mêmes. Les mythes de la création étaient éveillés chez les femmes mais dans les limites que la nouvelle situation et la tendance à subsister et à protéger la famille autorisaient. S’il est vrai que les femmes palestiniennes ont toujours débattu de leur position et de leurs relations avec la société patriarcale et la culture de domination masculine, c’était toujours dans le cadre de circonstances sociales continuellement évolutives, pas dans des conditions de bouleversements sociaux tels que ceux provoqués par la Nakba.

La Nakba a poussé tout le monde, hommes et femmes, à un niveau anormal de la confrontation. Tous se sont concentrés sur la nécessité de rétablir un certain niveau d’équilibre social tout en créant de nouvelles conditions politiques et sociales indispensables pour assurer leur existence physique. La situation nouvelle n’avait aucun lien avec le passé, sauf s’agissant de la mémoire et de la culture. L’important était de trouver la voie qui permette à la nouvelle entité palestinienne forcée des camps de réfugiés de se donner une identité, de protéger son existence et qui construise des relations entre les individus. L’accent a été mis sur un mécanisme de protection indispensable pour les enfants victimes de la faim et de la maladie. Ce fut, effectivement, le moment le plus dur et le plus désespérant.


(JPG)
Les broderies des costumes traditionnels palestiniens vont plus loin que la seule dimension de la beauté afin de reproduire les traditions et les mythes qui canonisent les femmes.


Dans les camps de réfugiés

Au cours des premiers jours de camp, la femme palestinienne s’est trouvée au premier stade de la création, impliquant travail et obscurité. Elle a commencé par chercher le chemin dans la nuit, serrant dans ses bras ses enfants tout en commençant une bataille pour une existence qui donnerait priorité à ses enfants et à sa famille, mais pas à elle-même. Dans l’environnement du camp de réfugiés, elle a restructuré ses relations pour garantir un minimum de dignité et de vie privée disponibles. A la famille élargie et défigurée, se sont substitués d’autres milieux, tels que le village et la région. Chacun se souciait de protéger la vie privée des autres. Ainsi, une fille a décrit la situation dans le camp ainsi : « Dans le camp, je me suis rendue compte que notre fenêtre n’était pas simplement notre fenêtre, mais aussi la fenêtre des autres, de même pour le mur de notre maison. »

Dans le processus de restructuration dans le camp, de nouvelles formes et modes de relations et de culture sont apparus. Ils étaient pourtant basés sur ce qui avait été le passé, refondus selon les nouvelles réalités et réglementations. Ainsi, on peut comprendre certains aspects psychologiques et comportementaux de la vie dans les camps de réfugiés. Il pourrait être étrange de trouver que les femmes palestiniennes (spécialement les épouses) aient profité de plus de liberté d’expression. L’espace restreint du camp ne permettait pas de reformer les grandes familles étendues. Ainsi, les femmes nouvellement mariées autrefois vivaient dans des maisons ou des pièces séparées qui les libéraient du contrôle des autres hommes de la famille ou de leur belle-mère. Les femmes dans le camp n’avaient plus de contraintes dans la maison en tant que femmes, et les hommes ne pouvaient survivre que s’ils luttaient soit directement aux portes des magasins de l’UNRWA pour obtenir quelque aide, soit pour s’intégrer au marché du travail dans les villes arabes. A l’époque, la communauté masculine en exil était défigurée, cherchant à vivre, les femmes étaient laissées seules dans l’espace du camp de réfugiés. Tous luttaient pour l’existence.

Au fil des années et avec la prolongation du conflit israélo-palestinien, ainsi qu’avec les dangers de la Nakba et de son extension dans le temps et l’espace, des processus d’interactions sociales et géographiques se sont engagés dans le monde des camps et ses environs. La dynamique de l’interférence a repris le dessus une nouvelle fois pour reformer les consciences et les relations dans le camp de réfugiés. Les Palestiniens, dans le cadre d’une telle dynamique, ont essayé de recréer leurs liens avec le passé mais en tenant compte des nouvelles lois et réglementations sous lesquelles ils étaient construits, principalement sur le rêve du foyer et de retour dans leur paradis perdu.

La communauté des réfugiés a surmonté la phase du choc, les conséquences de l’épouvantable destruction se sont atténuées et suite aux tentatives ardues pour s’adapter à la catastrophe sur le plan psychologique et spirituel, la communauté a commencé à passer du stade de la survie et des liens directs à celui, global, du défi et de la résistance. La mémoire a été transférée vers une force créatrice de reformation de la conscience et de construction de ponts avec le passé, où de nouveaux symboles étaient créés pour protéger le foyer et la pensée, où « l’idée » devenait une idéologie qui créait les liens sociaux et les besoins de résister. La nouvelle situation a créé de nouvelles dynamiques et convictions, ainsi que de nouvelles valeurs qui ont touché profondément la communauté toute entière. Cette situation a été renforcée par l’année 1967 et l’occupation du reste de la terre palestinienne, là, les gens ont commencé à sentir que la Nakba était un évènement historique et que ses implications s’étendaient de la première Nakba à celle qui a suivi, surtout qu’elle était une attaque israélienne permanente contre la Palestine au point que les Palestiniens ont compris que la Nakba et les réfugiés étaient un processus durable.

Dans ces circonstances et interactions, les femmes palestiniennes ont continué, de leur propre chef, d’agir avec les nouvelles conditions. Au point qu’il y avait « une différence entre une tente et l’autre », l’une étant pour les réfugiés pendant que l’autre était pour provoquer la résistance, il y avait aussi un changement structurel dans le rôle et la mission des femmes. Ce changement a été incarné principalement par l’enrôlement des femmes dans la bataille de la résistance, ainsi que par leur implication dans la formation de la conscience et de la mémoire des enfants. S’efforçant de retrouver leur paradis perdu, les femmes devaient alors contribuer à en créer les conditions culturelles, sociales et politiques et les préalables nécessaires à leur réalisation.

Et aujourd’hui...

Le rôle rempli par les femmes durant le combat national leur a permis de prendre conscience de leur ego et de ce rôle. Cette conscience s’est reflétée clairement à travers leur participation à l’Intifada et à toutes les formes de résistance. Les femmes ont utilisé leur participation pour prouver qu’elles reconquéraient toute l’histoire et les conséquences de la Nakba, illustrant en même temps leurs positions et leurs opinions sur le conflit. Ainsi, grâce à leur implication dans la résistance, les femmes montraient qu’elles n’accepteraient jamais une répétition de la Nakba.

La réalité est plus complexe que la volonté et les rêves des femmes. Au cours des décennies précédentes, la culture masculine a réussi à digérer le choc de la Nakba et à améliorer ses positions. Ainsi, la scène se répète en ce qu’il ré-existe une domination masculine de la communauté autant qu’une discrimination et une oppression sociales qui ne s’accordent pas avec le rôle héroïque que les femmes ont tenu dans le combat national depuis la première Intifada jusqu’à aujourd’hui.

Pendant que de nouveaux équilibres sont créés dans la situation nouvelle, la conscience ne revient pas au même niveau que dans le passé. Peut-être existe-t-il une récession dans la conscience mais dans tous les cas, l’expérience acquise par les femmes à tous les niveaux conduira finalement à une nouvelle conscience qui assumera les nouvelles réalités tout en maintenant les liens avec le passé.

Dans de telles circonstances, le rôle des organisations de femmes et des organisations démocratiques est clair, il faut défendre les droits sociaux et politiques des femmes et empêcher la violation des droits des femmes, ce qui pourrait affecter leur rôle novateur au sein de la communauté. Cependant, pour y parvenir, il faut développer la conscience de ces organisations afin de travailler avec des stratégies globales intégrant les droits des femmes comme un processus exigeant une accumulation d’efforts afin de lancer une stratégie globale qui promeuve le statut des femmes à l’intérieur d’un processus de développement de la communauté en général. Ce doit être un développement qui s’inscrit dans la vision d’organisations civiles pour intégrer la promotion du statut des femmes dans les développements politiques et culturels de la communauté.


(JPG) Nassar Ibrahim est militant, écrivain et spécialiste de la résistance palestinienne. Il a été rédacteur en chef du journal El Hadaf, revue hebdomadaire du FPLP. Dans son blog, Nassar nous donne l’occasion de pénétrer à l’intérieur de la lutte pour la justice et la liberté.

27 septembre 2008 - Alternative Information Center - Traduction : JPP

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Mercredi 22 Octobre 2008


Commentaires

1.Posté par redk le 22/10/2008 13:59 | Alerter
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Quelques informations sur les prisons pour résistantes palestiniennes à l’occupation dans la "plus grande démocratie" du Moyen-Orient.
Nous ne doutons pas qu’elles intéresseront tout particulièrement ceux qui affichent une grande compassion pour les femmes du "monde musulman" (et qui n’hésitent pas à leur envoyer leurs paras et leurs bombes pour les soulager).

Les prisonnières palestiniennes sont détenues dans de vieilles prisons datant de la période du mandat britannique (1922 à 1948), et restent, pour des raisons de "sécurité", confinées dans des cellules vétustes, surpeuplées, sans hygiène, sans intimité, ne "bénéficient" que de 3 heures de "détente" par jour, dans le meilleur des cas

Prison de Telmond à Hasharon

Cette prison où sont actuellement enfermées 35 Palestiniennes est située au nord de Tel Aviv et date de 1953. Ce bâtiment a servi de quartier général à la police montée britannique pendant le mandat britannique en Palestine. Elle comprend une section dédiée aux criminels israéliens, y compris les mineurs, et les « détenus de sécurité » palestiniens (hommes, femmes et enfants).

Les Palestiniennes y sont soit à deux dans des cellules de 4 mètres carrés, soit à 8 sur une surface de 20 m2.

Prison de Damon du Mont Carmel

Située au nord d’Israël, près de Haifa, elle sert de prison depuis 1953, à la demande du ministre israélien de la police, qui a réquisitionné les locaux d’un ancien entrepôt de tabac et d’une écurie. Jamais rénovés, ce sont donc des bâtiments conçus pour conserver l’humidité et accueillir des animaux, pas des êtres humains. Depuis 2001, Damon est un centre d’incarcération de « travailleurs migrants » palestiniens entrés en Israël sans permis.

Le transfert des détenues vers le nord d’Israël complique davantage leur relation avec leur famille, prolonge les temps de trajet de ces dernières, qui doivent se déplacer depuis les territoires palestiniens occupés vers le nord d’Israël pour les visites.

Les détenues de la prison de Damon sont réparties dans 3 cellules, qui comptent respectivement 10, 13 et 14 femmes. Chaque cellule ne comptant que 12 lits, les femmes doivent dormir par terre à tour de rôle, puisque deux cellules ne comptent pas assez de lits pour toutes les détenues. De plus, l’espace pour dormir sert également à entreposer les effets personnels des détenues, étant donné que l’administration de la prison ne leur fournit aucun placard pour ranger leurs vêtements ou les articles achetés à la cantine.

Les détenues sont contraintes d’utiliser les douches communes situées à l’extérieur des cellules et ouvertes uniquement suivant les créneaux définis par l’administration, ce qui constitue une violation du respect de la vie privée des détenues, car les geôliers connaissent les habitudes des détenues, et crée également un problème de coordination, étant donné le nombre important de détenues (37) et le faible nombre de douches (seulement 4).

Centre de détention de Al-Jalameh à Kishon

« Centre de détention haute sécurité », c’est ici que sont d’abord détenues de nombreuses femmes pour y être interrogées, ou bien dans l’attente de leur transfert vers leur centre de détention. Al-Jalameh se trouve au-dessus du centre de détention provisoire de la police de Kishon, dans le district nord, à proximité de Haifa.

Cette prison sert aussi de centre d’isolement. Actuellement, deux femmes y sont confinées dans de miniuscules cellules individuelles.

CONFORT

D’une manière générale, dans ces différentes prisons, les détenues palestiniennes dorment sur des lits avec châssis en fer et des matelas, souvent en décomposition. Elles souffrent très souvent du dos.

Les couvertures ne sont pas fournies, mais "relèvent de la responsabilité des familles", de sorte que les femmes qui n’ont pas le droit de voir leur famille — 14 sont actuellement dans ce cas— dépendent des autres détenues. Seules de fines couvertures et des draps sont autorisés. Les couvertures épaisses (nécessaires en hiver, notamment dans les cellules sans chauffage central) sont interdites.

HYGIENE

Les cellules sont généralement froides et humides en hiver et étouffantes en été. Elles ne comptent qu’une seule fenêtre recouverte d’une tôle de fer, ce qui les rend encore plus froides en hiver, car la lumière naturelle et le soleil ne peuvent y pénétrer. Malgré cela, aucun radiateur électrique ou à gaz n’est autorisé dans les cellules.

Le manque de lumière naturelle et de ventilation adéquate, comme l’humidité ambiante, contribuent à la prolifération des moisissures sur les murs des cellules, entraînant des problèmes d’asthme et des maladies de peau.

Les cafards et autres insectes prolifèrent via les canalisations, tandis que les souris pénètrent dans l’espace de vie des détenues par des trous dans les murs.

Comme les détenues palestiniennes sont généralement incarcérées dans des centres qui négligent la différence des genres et emploient des geôliers masculins, leurs besoins personnels en termes de santé et d’hygiène ne sont pas pris en compte par l’administration.

Chaque femme a droit à 2 rouleaux de papier toilette et 10 serviettes périodiques par mois. Les autres accessoires d’hygiène et de toilette (savon, lessive, dentifrice, shampoing ou ampoules) ne sont pas fournis par l’administration de la prison. Les femmes sont donc obligées de les acheter à la cantine.

A Telmond, les femmes ont généralement le droit de faire leur lessive une fois tous les 15 jours, par le biais de deux de leur représentantes qui doivent récupérer les vêtements sales et sont autorisées à quitter leur cellule pour laver le linge de toute leur section.

ALIMENTATION

En quantité chroniquement insuffisante, la nourriture manque en permanence de fruits, de légumes et de viande. Comme les palestiniennes n’ont pas accès à la cuisine en tant que « détenues de sécurité », les repas sont généralement préparés par les prisonniers israéliens.

A Telmond, un petit déjeuner type comprend une cuillère de yoghourt, une rondelle de tomate, du poivre et du pain. Aucune information précise n’est disponible quant aux quantités alimentaires dont bénéficient les femmes. Cependant, les quantités proposées pour le déjeuner, qui constitue le principal repas de la journée, sont à peine suffisantes pour remplir une petite assiette.

Il n’est pas rare que des cafards et autres insectes élisent domicile dans les pots de nourriture. Beaucoup de détenues souffrent de ce fait d’anorexie, notamment celles qui n’ont pas le moyen de s’acheter les produits de la cantine, qui sont très chers.

VÊTEMENTS

La plupart des femmes souffrent d’un manque de vêtements, leur famille n’étant autorisée à leur apporter des vêtements qu’une fois tous les trois mois, sauf quand des paquets sont refusés par la direction de la prison. Et comme il n’existe aucune norme régissant les articles interdits, les décisions sont souvent des plus arbitraires.

Alors que les pantalons sont généralement autorisés, les jeans par exemple ont été interdits pendant un moment en 2007.

Par ailleurs, l’administration interdit d’apporter des jouets aux enfants.

Les détenues qui n’ont pas le droit de recevoir de visites (à titre de sanction) n’ont donc pas le droit de recevoir de nouveaux vêtements et dépendent des autres détenues. Actuellement trois femmes originaires de Gaza sont interdites de visite depuis juin 2007.

SANCTIONS
Des sanctions sont souvent infligées aux détenues palestiniennes chaque fois qu’elles sont considérées comme étant à l’origine de « problèmes » (grèves et protestations contre leurs conditions de détention). Mais les motifs de sanctions peuvent tout aussi bien être complètement arbitraires.

Les détenues sont ainsi sanctionnées pour la "destruction de la propriété publique" lorsque leurs vieux matelas se décomposent ou que la peinture s’écaille. Elles sont également accusées d’organiser des réunions politiques lorsqu’elles se rassemblent pour discuter et chanter, et sanctionnées collectivement lorsqu’un objet interdit est trouvé dans leur cellule.

Les sanctions individuelles comprennent l’isolement en confinement individuel, la fouille corporelle, la confiscation des effets personnels, l’intimidation, la menace d’interdire les visites de la famille, le blocage et les prélèvements sur le compte de la cantine de la détenue.

Par ailleurs, les détenues doivent subir les fouilles nocturnes inopinées des cellules, qui sont généralement effectuées par des geôliers masculins. Non seulement ces actions violent manifestement le respect à la vie privée des détenues mais entraînent également un stress et un traumatisme plus grand.

Plus d’infos auprès de info@aseerat.ps

et Addameer : http://www.addameer.org/

CAPJPO-EuroPalestine

2.Posté par redk le 22/10/2008 23:17 | Alerter
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Alors les missandre et autres choquées de la condition féminines, vous n'avez rien a dire?, bah oui la il ne s'agit pas de femmes musulmanes " oppressés par leur maris barbares obligeurs de port de voile !!, ", ou l'affaire du musulman qui demande le divorce pour cause de "tromperie sur la marchandise" comme on dis certaines voix !!, la ces femmes elle peuvent crevées elles et leurs gosses, sans que cela fasse scandale!! méprisable!!!

3.Posté par SORAVARDI le 23/10/2008 01:13 | Alerter
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EXACT REDK

4.Posté par redk le 23/10/2008 01:41 | Alerter
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J'en rage soravardi de cette puanteur d'hypocrisies qui émane de ces "bonnes consciences"!

5.Posté par SORAVARDI le 23/10/2008 04:55 | Alerter
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Le seul moyen de faire tomber tous les régimes arabes,ou du moins faire bouger les lignes s'en éffusion de sang viendras des femmes,et uniquement des femmes de toutes générations confondus.
L'homme en seras totalement exclu

Pour des questions d'étique,et de morale la femme à plus de chances d'être pris aux sérieux que les hommes.Jamais les autorités ne lèverons la main sur elles,surtout si elles ont des revendications sérieuses,commes la disparition de la Palestine,et l'occupation de l'Irak.Elles devront dénoncées de manière insidieuses, le comportement de lâches et d'hypocrites de tout ces dictateurs.Et flatter le sentiment nationaliste,qui les animes,comme à la grandes époques d'Oum Khaltoum.Traiter un dictateurs de lopette ,y a pas mieux pour le faire réagir.

Une manifestation bruyante devant chaque ambassade usa présente dans les pays arabes,est un gage de réussite au niveau de la prise de conscience.Elles qui se plaignent souvent d'être mise a l'écart.
Laissons tomber le clicher de la femmes asservies par leur mari,images reprises par les pseudos féministes occidentalistes revenchardes,amatrices de make up,qui ne pense qu'a consommer bêtement des produits de beauté,et de ne pas regarder plus loin que le bout de leur nez

Pour ce qui est des prisons israelienne,rien ne nous empêche d'écrire une lettre a la cour européennes des droits de l'homme,pour dénoncer ce qui s'y passe,dans un premier temps.




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