Billet d'humeur

Camping sauvage : Ah! L'arrache...



Georges Zeter
Lundi 5 Novembre 2018

Sortir des sentiers rabattus, être son « robinson », s’installer là où bon vent vous pousse, être libéré de ses mouvements ? C’est ça l’option idoine, le camping sauvage pratiqué en Bretagne. Trois semaines en septembre dernier, pas un seul jour de pluie, un ciel à rendre jaloux les cagoles marseillaises. 1000 bornes entre le Guilvinec et Rennes, en passant par la pointe du Raz, les monts d’Arrhées, le pays d’Iroise, le Léon, Morlaix, Perros Guirec, la baie de st Brieuc, st Malo et Rennes. La monture ? Un Kia Carnival de 2006 équipé d’un lit gonflable, d’un réchaud, d’un convertisseur 12v-240w, d’un ordi portable, d’un téléphone avec partage Internet et un VTT. Surtout en respectant l’environnement (partir en laissant l’endroit plus propre qu’en arrivant). Ce seront des vacances à peu de frais, dans une région où il n’y a pas un flic à chaque carrefour pour vous faire circuler après vous avoir dressé une contredanse pour installation interdite. Une ou deux nuits par ci par là, sans déranger quiconque, apprécier le son des vagues, le vent sifflant entre les rochers, les couchers de soleil enflammés et les levers au son des mouettes, des coqs, que sais-je ? C’est spartiate : Tôt le matin frisquet d’être en caleçon pour se laver, se raser à partir d’un bidon de 2 litres tout en buvant un café bien chaud, faire ses besoins et surtout ramasser le pécu, ne rien laisser derrière soi et afin de régler son dû à dame nature : collecter toutes les saloperies alentour (c’est incroyable les cochonneries éparpillées partout), et partir comme venu, sans laisser de trace, avec un sac poubelle souvent bien rempli...
Les joies du camping sauvage c’est que lorsque le soleil descend il faille trouver « sa maison » pour la nuit. « Maison » voulant dire : un terrain où mettre son véhicule, loin de toute habitation, dans un lieu tranquille, loin des routes, des campings, et des camping-cars - genres de véhicules, gros comme des baraques sur roues qui pullulent en Bretagne, particulièrement en septembre/octobre, et donc, les aires pleines comme un jour de foire à Trifouilli la vache folle.
L’avantage d’un véhicule comme le mien ou comme un Volkswagen Combi, c’est assez spacieux pour y dormir à deux, mais avec l’encombrement d’une berline, ça passe facile sur les chemins de terre et ne se fait pas remarquer par « les gens bien intentionnés » toujours prêt à téléphoner à la maréchaussée pour y signaler « des individus louches ». Comme j’aime mon confort 21eme siècle ; pour m’endormir je regarde toujours un docu ou un film, j’ai découvert pour capter Internet qu’il faut se garer pas à plus de 2 km d’un châteaux d’eau et ils pullulent en notre beau pays, car sur leur sommet y sont installés les antennes téléphoniques. Une fois « campiné » pénard, rassasié, je branche mon ordi, et me mate une bonne toile juste pour moi tout seul au son du silence voisinant... Puis, plouf, dans les bras de Morphée (faute de mieux).
Le « challenge » chaque soir trouver : un terrain isolé et plat, un château d’eau et une belle vue. J’y suis presque parvenu à chaque fois, sauf sur la route des falaises du coté de Paimpol où la concentration d’habitations et le nombre de touristes me força d’aller dans un camping à la ferme... Ou j’étais seul. J’ai passé en tout à peu près 5 nuits en camping sur tout mon séjour, dont l’un d’eux totalement isolé du bout du monde : géré par une famille, ce camping me plut par son désordre, son gérant folklorique, ses résidents à l’année et par ses plages à deux pas, mesurant des kms et totalement désertes ; Je vous livre le nom de cet ilot : Camping de Bon Abry sur la commune de Hillion dans les cotes d’Armor (10 euros la nuit, avec douche chaude, cuisine, électricité).
Départ
Du Guilvinec, rappelez-vous, le port où Sarkozy s’est fait traiter « d’enculé » par un marin pêcheur très lucide... Je dors la 1ere nuit vers la plage du Ster. RAS, bien dormi et réveillé tout seul à 6 heures, ablutions dans les toilettes/lavabos public, café, sandwich et vroom, parti !
Je vadrouille vers Penmarch et le phare d’Eckmühl, puis remonte vers Pouldreuzic, capitale mondiale du fameux et délicieux pâté HENAFF. Je me dirige ensuite vers la cote afin de trouver « ma sweet home » pour la nuit : à Plovan, traversez le village et à sa sortie prendre un chemin de terre sur la gauche pendant 1 km, et s’arrêter entre le dernier champ de maïs et la plage. Pas âme qui vive à des lieus. Seul le bruit des épis sous le vent et au loin celui des vagues rythmeront mon sommeil de plomb. Le lendemain toujours vers le nord, je passe dire bonjour aux mecs de l’école de char à voile (Plein Ouest) sur l’immense plage de la Palu à Trébanec. Je m’arrête déjeuner à Audierne, belle ville qui vaut son coup d’œil, puis poursuis. Je me trouve sur un promontoire pour la nuit, un « spot » avec vue sur pors Loubous. Le matin, très tôt j’arrive sur le parking de notre dame des naufrages à la pointe du Raz. Je vais escalader de rocher en rocher afin de pouvoir m’asseoir sur la dernière roche du continent qui fait face à l’Amérique de l’autre coté. C’est au moins deux heures de crapahutage allez et autant retour, y ajouter 2 heures déjeuner/sieste et ainsi la journée est bien entamée lorsque je retrouve mon fidele Kia. J’ai dormi cette nuit là juste à coté de la buvette de pors Théolen. Petit dèj à la pointe de Brézellec, puis un gros stop pour visiter la citée médiévale de Locronan ; qui vaut son pesant de sesterces pour ceux qui aiment les vieilles pierres celtiques. Ensuite direction plein est vers les monts d’Arrée. Je passe la nuit tout en haut de la colline de saint Michel de Brasparts, avec une vue incroyable au levé du soleil : à mes pied tout en bas sur des kms carrés d’un paysage surprenant, presque surnaturel, où bruyères, ajoncs et crêtes rocheuses se mêlent à perte de vue ; je suis là, contemplatif tout en me disant que je suis le plus heureux des hommes. Comme envouté par ce plateau d’Armorique où courent les légendes les plus folles et où la nuit les druides invoquent des dieux, qui font resurgir du sol les trolls. Je décide de passer la journée et la nuit sur les rives du Lac de Brennilis. A moins de deux mètres du rivage, je patauge tranquille, somnole sur ma chaise longue, grignote, glandouille, lis, et ne voit âme qui vive durant mon court séjour. La nuit, les arbres bruissent et l’eau qui clapote me berce ; les sirènes du lac m’emmène faire un tour dans l’ondée ? En fait, je vais y rester deux jours. Pour trouver cet endroit : Sur la carte du lac saint Michel, la fin du chemin de Loqueffret...
A Brest je retrouve des amis. Une ville pas très belle mais avec cette énergie bouillonnante que l’on retrouve dans les citées de djeunes comme : Rennes, Grenoble, Nantes, Toulouse, Montpellier. Ca brasse, ca bouge ! Je pars ensuite vers le Conquet, plage courue des brestois. Et comme j’adore me retrouver où personne ne va, je commence à musarder le long de la cote. Sur la commune de Plougonvelin, j’arrive au bout d’un chemin et sur un parking remplit de camping-cars j’aperçois sur la gauche un chemin de terre, je m’y engouffre. A peine 50 mètres et c’est la grève. Il n’y a plus plus rien, sauf des herbes courtes et la roche affleurant. Je conduis un bon km et stop : en surplomb d’un falaise à au moins 30 mètres au dessus des flots. Une prairie en pente douce m’accueille...Je contemple un coucher de soleil en mégavision : tout au loin les lumières du port de Brest encadrées par deux bandes d’horizons rougeoyantes, arc en ciel. Pas un bruit, pas un son comme une morte affalée...Rideau.
Le lendemain, arrêt à la pointe saint Mathieu, c’est à voir ! Ensuite dans les terres visite du château de Kergroadez sur la commune de Lanrivoaré, puis retour vers la cote.
Portsall, rappelez vous ? La marée noire, l’Amoco Cadiz. Piquenique à l’aber wrac'h, puis direction Roscoff. Pour terminer le journée, comme un pèlerinage, à Plouescat et Porsguen, là, où jeune je faisais les 400 coups ! Je déconseille à quiconque de ne jamais retourner sur la terre de ses vertes années, car, comme partout Plouescat s’est endormie, avachie, embourgeoisée. Tout est propret, tiré au cordeau, ya pas un papier qui traine, pas une tête de breton qui dépasse. Le temps s’est envolé et à lessivé ceux qui pourtant mettaient une sacrée pagaille dans les années Mitterrand... Si aujourd’hui les jeunes faisaient le quart du dixième de ce que nous avons pu faire ; ce serait la prison ou l’hosto psychiatrique...Nous avons vécu une époque épique, (pas hippique banane !) mais nous n’avons plus rien d’épique, en ces temps, de nos jours...
A Porsguen, je m’arrête sur le parking du Theven, une discothèque où je fus deux saison d’été le DJ. La façade est repeinte en gris, et la porte est ouverte. J’entre et trouve l’endroit sans dessus dessous. C’est les grands travaux, et qu’est ce que je vois sur ma droite, ma vieille cabine de DJ où j’animasse ; Il reste encore la boule à facette au plafond... Je vous jure, un vrai choc, en 2 secondes je suis de retour aux années « Police, Bee Gees, Clash »...Le nouveau proprio arrive, je lui explique, sympa il me fait le tour, et ainsi « ma » discothèque va se transformer en maison d’habitation... Je prends deux ou trois clichés de cette cabine qui a vue tant de jolies filles défilées... Mon « mausolée » sera détruit la semaine suivante, et c’est un bout de ma jeunesse turbulente qui va foutre le camp dans l’anonymat d’un chantier de réfection...Dans une benne à ordure, au bourrier comme ils disent par ici.
Pour en revenir à nos bigorneaux, à Plouescat, Il ya a plus qu’un casino comme animation défoulatoire c’est là, où le pêchou, le retraité, le déprimé vient dilapider une triste monnaie dans les bandits manchots ; alors « qu’avant » il y avait pas moins d’une dizaine de bistrots, 3 discothèques, le resto « les pompiers », ou « chez Abjean » et des plans d’herbes de celle qui fait rire... Ils ont même fait exploser le rocher en forme de pénis dont le haut avait été peint en rouge, les bigots coincés du cul l’ont fait ratiboiser, c’était devant le resto Roc Armor, là où la raie au beurre noire était digne de tous les Bocuse de la galaxie ; Bref, en ravalant mes souvenirs, je trouvais un petit terrain avec une grange désaffectée pour y garer le Kia. Plus question de se mettre le long de la cote, c’est plein de villas, de « défense d’entrer » et autres campings à étoiles... Oh toiles, oh désespoir !
Le lendemain, je filais donc...

... Apres Plouescat, un gros arrêt chez mon ami C. à Morlaix, qui est le roi de la coquille st jacques lorsqu’il se colle aux fourneaux et ensuite pour digérer, allez vaquer vers le petit port du bras de mer de Loquénolé qui vaut l’détour.
Je quitte le Finistère, à souligner surtout dans le nord des rondpoints à foison, des ralentisseurs hauts comme des murailles, des rétrécisseurs de voies, des radars, des... C’est infernal de conduire particulièment les traversées de village où au lieu de contempler l’architecture environnante, il faut se concentrer sur un gymkhana qui fait souffrir les amortisseurs ...
Les cotes d’Armor, direction le château de Rosanbo à Lanvellec. Bâtisse fortifiée, où des illustres y ont séjourné : Claude Le Peletier, successeur de Colbert, le Maréchal de Vauban, Malesherbes, Chateaubriand. Les appartements meublés permettent d’entrevoir ce que fut la vie du noble gentilhomme Rosanbo, famille qui y vit depuis le 14ème siècle. Un accessit à la jeune guide, très aux faits de l’historique. Le parc en supplément est splendide. Il est midi, un stop piquenique dans le parc du manoir de Kerallic à Plestin les grèves. Endroit splendide avec ce manoir tout blanc se dressant sur son monticule, et ayant une vue plongeante sur la baie...Sauf que, ce lieu est aussi une résidence vacances Cap France qui entasse des vacanciers dans des sortes de cabanes en préfabriquées des années 70 à l’arrière du parc de résineux... Une verrue au centre d’un visage d’ange.
Lannion, puis entre Trébeurden et Trégastel, je prends la D21 qui m’amène à Ile grande pour m’installer le long de la côte à Porz Gélen. Pour une vue mémorable : prendre le chemin d’an ervillio qui s’arrête lorsqu’on le suit juste devant la plage. C’est tranquille à partir de 20 heures.
Quelle joie de bon matin de se réveiller au son des goélands, et d’un petit crachin salé qui fouette. Deux crêpes sarrasin au jambon plus tard, direction Trégastel et son aquarium marin pour se sentir captain Nemo pendant un instant.
Histoire de profiter pleinement de la journée ensoleillée, je pars en VTT vers l’ile Renote. Je contourne le parc naturel tout au bout et m’installe plage Ti Al Lia. Doigts de pieds en éventail, bruit des vagues...Félicité.
Je comprends vite que chercher un « spot » avec vue sur l’océan est impossible : à partir de là, le littoral est surbâti, toutes les villas font du touche à touche entrecoupées de garages. Il faut donc se « réfugier » dans les terres ou aller au camping. J’opte pour être sous des arbres à la limite du camping Yelloh Village : ça a l’avantage d’être éclairé et d’avoir un bon wifi (ouais, je sais, je suis toujours connecté, et alors ?). Comme je suis à deux pas de la côte, je dine sur la plage et fais amis avec des jeunes du coin. Il est vrai que je ne parle pas beaucoup de mes rencontres, d’autostoppeurs ou des comme moi en vadrouille, des locaux et locos. L’idée, c’est comme une introspection, de se retrouver avec soi-même, puis de faire des arrêts chez des amis. Ce qui est important dans ce périple ce sont les lieux, les ambiances et surtout ce sentiment de « ne plus être là » de ne dépendre que de soi. Ne compter que sur soi, sortir de son confort.
Perros Guirec...Franchement pas ma tasse de chouchen. Trop de monde, trop de fric, de grosses cylindrées, de taupe-models, de frime, de casino...Bref, une usine à pouristes, en plus embouteillée, enfumée et bruyante...Je file sans demander mon reste.
Cette nuit là je dors sur le parking de la pointe de Plouha, pour que le lendemain je parte faire une rando dans ce qui se nomme : le circuit des falaises. Ca vaut sa journée de marche et VTT. La vue sur l’ile de Bréha est superbe, au loin la baie de saint Brieuc, un seul hic : trop de monde, à faire en janvier. Le soir je vais voir un ami à Pordic et dors au camping municipal, car impossible de s’installer en quelques endroits possibles.
Je remonte vers Paimpol, charmante bourgade où je déjeune en compagnie d’une famille de touriste indienne de Rampur dans l’Uttar Pradesh ; ils sont très étonné d’appendre que j’ai été prof d’anglais dans leur région à moins de 100kms, à Nainital, un ancien lieu de villégiature des britons... Que le monde est petit.
Je visite Guingamp et trouve un coin pour dormir à Binic. Il fait toujours très beau, et les nuits je n’ai même pas à utiliser mon sac de couchage...C’est coté d’azur chez les bretons en ce mois de septembre 18 !
Mon ami de Pordic m’a indiqué un endroit absolument superbe sur la commune d’Yffiniac, la patrie « du blaireau », ou Bernard Hinault si vous vous rappelez de lui ; typique breton : volontaire et tête de mule. Je vous donne comment y aller.
Traverser Yffiniac direction Hillion, à gauche route des grèves, à la fin, tourner à gauche et aller au bout. Il y a un parking pour 5 voitures, mais dès 19 heures il n’y a plus personne ; toute cette belle vue rien que pour moi, toute la baie de st Brieuc sur des kms, seulement troublée par le vol des oiseaux...Nombreux et variés. Le matin, pour se mettre en forme un parcours cyclocross de 5 km qui sillonne entre les fougères, les rocs le long de la cote. Pas âme qui vive. J’ai dormi là une semaine, sans être une seule fois dérangé. Ca m’a permis de visiter à 30 km à la ronde. Saint Brieuc n’est pas une belle ville, mais a la particularité d’être très vivante le soir : la vie nocturne est sympa, des bars, des pubs, des restos où des jeunes et moins jeunes s’amusent ; c’est à signaler car bien souvent tout le monde se barricade en fermant les volets à l’heure des poules. Je suis resté aussi deux nuits au camping mentionné dans la première partie : le Camping de Bon Abry pour ceux aimant le calme calm et les voisinages olé olé : y’avait un bus de 50 places d’un mec qui se préparait à faire un tour du monde avec...
Lamballe est okay, saint Jacut sur mer, avec les ruines du château fort de Guildo sont à voir. Dans ce périmètre on trouve de bonnes crêperies, des antiquités, des marchés aux fruits et légumes, des chapelles, des églises, et des habitants qui lorsqu’on va vers eux sont sympas et accueillants.
Je quitte cette belle région avec au cœur l’envie d’y revenir un jour et de dormir encore près de ces plages immenses au sable dur comme de la pierre, ces criques secrètes et ces abers rocailleux.
Dinan, ville fortifiée, belle, mais la cohue de touristes me mit en fuite rapidement. Vient ensuite Saint Malo...Qui sera le crève cœur de mon périple...Je m’en explique.
La dernière fois où je suis venu c’était en 2001. La cité des corsaires portait encore bien son nom. Des bars un peu glauques, des gens rudes, des marins (des vrais), et des habitants simples, brut de coffre et sans chichi. C’était le port bonne franquette. Tout y était abordable...Presque 20 ans ont passé, les mêmes ont vieilli, l’immobilier s’est envolé, donc chacun de nos jours a un patrimoine en centaines de milliers pour les plus humbles, la ville est squattée par des parisiens en mal de mer, des étrangers aimant les haubans qui sifflent, mais de leur 15 mètres au ponton, c’est à peine s’ils font les 3 sorties obligatoires par an : un bateau de nos jours est un statut social, non pas la porte ouverte à l‘aventure de la fortune des mers. Les commerces sont branchouilles, les commerçants ont changé, ils sont des fournisseurs d’authenticité bretonne, avec des magasins à thème...Bref, du sans âmes plein de sous, mais à des prix qui explosent le triste porte monnaie de la ménagère de moins de 50 ans... Où le peincul dans mon genre.
Je me suis fait il y a longtemps tout un ciné à propos de ce port. Trois tomes de « Ces Messieurs de St Malo » par Bernard Simiot avaient fait de la cité de la compagnie des indes, des régatiers, des corsaires du roi, des aventuriers des mers, LE port de la grande aventure, des félons anglais bombardant les murailles, et des « pétasses de St Malo » qui selon la légende étaient des femmes de qualité qui avaient su se montrer avisées et indépendantes : des féministes avant l’heure... D’où certainement ma déception de constater ce luna-park sur Malo. Je n’ose imaginer la cohue, le business à outrance pour le départ de la route du rhum...Repose en paix Alain, et que ton cercueil Manuréva garde ton âme, heureuse et fier ; car « là haut » en surface, c’est rideau.
Je me suis éloigné de la cote et ai planté mon campement en plein champ, sous un château d’eau. Ce qui est intéressant lorsque pas habitué à la campagne c’est que les coqs dès potron minet chantent de tous les points cardinaux, ce n’est pas désagréable d’ailleurs sauf que j’ai découvert que certains chantaient vraiment faux.
Rennes, mon coup de cœur ! Dès l’arrivée je sens la vie qui bat. J’ai un truc pour apprécier une ville, ca vaut ce que ca vaut mais c’est comme cela que je fonctionne : A Rennes, le gens se regardent, se dévisage, ne baissent pas les yeux. J’ai tendance à fixer les personnes par simple curiosité, et bien souvent c’est mal pris. Surtout et amusez vous à l’observer, la plupart de nos contemporains sont tellement absorbés par eux même, qu’ils ne regardent et ne voient plus personne : comme dans un aquarium, des regards de noyés... Et bien, dans la cité bretonne, ça matte de partout, et donne le sentiment d’exister, de ne pas être anonyme. C’est donc sur cette belle impression que j’ai visité de long en large et en travers avec mon vélo, et ce pendant deux jours. Il y a foultitude de choses à voir, je ne vais pas vous dresser un guide complet. Le soir ca brasse, ca vit, ca bouge. J’ai fait plusieurs rencontres intéressantes...Et voila, c’est la fin, mais pas la fin, kenavo bro ; La vie continue pour toujours !
Audaces fortuna juvat

Georges Zeter/novembre 2018


Lundi 5 Novembre 2018


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