Politique française

CHEMINADE : UN POLITIQUE POÈTE ET PHILOSOPHE POUR INSPIRER LA NATION



Christine Bierre
Mercredi 29 Novembre 2006

CHEMINADE : UN POLITIQUE POÈTE ET PHILOSOPHE POUR INSPIRER LA NATION

Vous pouvez regarder la présention de Jacques Cheminade en cliquant ici
Dans un émouvant discours prononcé durant la session publique de l’Assemblée générale de Solidarité et Progrès, - « Tragédie ou salut ; notre responsabilité ici et maintenant » - Jacques Cheminade, candidat à l’élection présidentielle, a évoqué les raisons de sa candidature et son projet pour retrouver une France où les jeunes et les dépourvus seront, à nouveau, au centre des enjeux politiques.

Ce projet n’est pas, cependant, un plan en 20 points, comme celui de Nicolas Sarkozy, ou en 121 points comme celui de Nicolas Dupont-Aignan. Il consiste d’abord à changer profondément la conception du politique pour en faire l’inspirateur de la nation, ainsi qu’une idéologie nationale qui bloque les citoyens plutôt qu’elle ne les libère. Le candidat a consacré la première partie de son exposé à ces conceptions, avant de s’attaquer à la partie programmatique. L’ensemble du discours étant disponible sur Internet, (en cliquant ici), nous évoquons ici certains aspects de la première partie.

Totalement en phase avec ce projet visant à éveiller en chacun le meilleur de lui-même, le Mouvement des jeunes larouchistes a ému le public en interprétant, en préambule à son discours, le motet Jesu Meine Freude de Jean-Sébastien Bach. « Notre premier engagement », a souligné Cheminade en introduisant le chœur des jeunes, est de faire en sorte que la France retrouve une âme, un monde où la justice et la créativité humaine s’inscrivent dans le réel ; « notre espérance » est la jeunesse, dont l’avenir a été volé par l’oligarchie financière au pouvoir ; « notre réponse » est de lui donner un avenir, à elle et au peuple, dont on se moque dans les allées du pouvoir.

Cette œuvre de beauté de Bach a permis d’élever le public à cette dimension « esthétique » que Jacques Cheminade et Helga Zepp-LaRouche, invitée d’honneur de la journée et présidente du Büso, le parti frère de Solidarité et Progrès en Allemagne, donnent au mot « politique ».

D’entrée de jeux, Cheminade a polémiqué contre l’état « désastreux » de la campagne présidentielle en cours, résumant en quelques phrases son jugement des différentes candidatures, avant de se concentrer sur les raisons qui empêchent les Français d’agir et sur son programme présidentiel. Qui sont les personnalités censées « réformer » la République ?

Sarkozy, soutenu par Henri de Castries, le président d’AXA dont les rémunérations sont 2000 fois supérieures au SMIC et dont le programme, rédigé par le Boston Consulting Group, appelle ouvertement à la fin à « l’exception française » ? Ségolène Royal, conseillée par Jacques Attali, proche de l’ancienne maison Lazard Frères, qui constate que le monde est voué à un hyper-empire financier mondial mais avoue ne rien pouvoir faire ? Jusqu’ici, selon Cheminade, sa meilleure contribution a été de donner un coup de pied dans la fourmilière des éléphants. Désormais, il faudra lui mettre une épée dans le dos pour qu’elle adopte une politique de changement réel du pays, faute de quoi, le courant de popularité qui l’a portée s’effondrera aussi vite qu’il a monté. Pour le reste, Cheminade a dénoncé pêle-mêle le nouveau PACS Le Pen/Dieudonné ; le faucheur anti-technologie, Jose Bové, inspiré de Jacques Ellul, le Heidegger français ; le « mister vélo et docteur cogne, Olivier Besancennot », homme de « gauche », mais aussi ami d’un Joe Starr qui a purgé des peines de prison pour violences contre des femmes...

Au-delà de ce bruit de fond de la campagne « officielle », Cheminade s’en est surtout pris à l’idéologie paralysante qui fait que la France aboutit à cet état de choses, une France des paroles verbales où l’on analyse et décortique et où on a l’impression que « mieux les choses sont dites, moins on les fait ». C’est une idéologie de « l’impuissance » où, incapable de changer, le Français oscille entre un univers « machine » cartésien et une fuite dans l’univers du sexe, du jeu, du rapido et du loto. Cette entreprise de destruction de l’âme n’est pas loin de celle qui avait englué la France en 1940 et que Marc Bloch décrit dans L’étrange défaite en évoquant l’odeur de « moisi » qui s’était répandue dans la caserne, l’école, l’état-major, et de l’absence de « neuf » qui a finalement fait succomber la France.

La France doit, au contraire, se hisser au-dessus de ce niveau défini uniquement par les choses des sens et retrouver son idéal, a-t-il dit, citant ce discours de Charles de Gaulle à l’Assemblée consultative en novembre 1944 où il incite la France à retrouver l’idéalisme, qu’il décrit comme sa seconde nature, son trait principal. La France doit aussi éviter les deux grands écueils décriés par le grand poète Schiller : la fuite en avant dans les passions qui transforment les êtres humains en sauvages, ou celle dans la pensée froide, qui engendre des barbares, des Saint-Juste et des Robespierre.

Le choix n’est pas non plus entre la passivité et la soumission ou la révolte violente et le coupage de têtes au nom de dogmes figés ! A l’instar de l’Ernst und Falk , une des œuvres du grand dramaturge Lessing, Cheminade incite ses militants à éveiller le meilleur dans l’autre en donnant eux-mêmes l’exemple. C’est ce que Lessing appelle la « Raison fraternelle », où l’individu prend le risque de devenir « autre » en faisant le bien à autrui. Dans une vraie République, les citoyens ne se voient plus en « experts » pontifiant du haut de leur sagesse, prétendant à une perfection par définition inatteignable, mais prennent plaisir à se changer les uns les autres, créant ainsi la diversité nécessaire à l’unité de la République.

Le politique doit être, avant tout, source d’inspiration pour les autres, il doit revenir aux poètes, aux philosophes, aux historiens, à l’image de Lincoln qui, en pleine guerre de Sécession, lisait Shakespeare aux membres de son cabinet et de Charles de Gaulle qui, dans des circonstances semblables, donnait des leçons d’histoire à ses proches collaborateurs.

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Mercredi 29 Novembre 2006

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