Conflits et guerres actuelles

CASCADE D’INITIATIVES AU CONGRÈS POUR DÉNONCER LA POLITIQUE DE GUERRE DE LA MAISON BLANCHE



Solidarité et progrès
Mercredi 24 Janvier 2007

Depuis le discours du président Bush, le 10 janvier, plusieurs résolutions ont été déposées aux deux chambres du Congrès américain s’opposant à une éventuelle attaque contre l’Iran et à l’envoi de renforts en Irak. Au niveau de la Chambre des représentants, citons :

  • Le député républicain Walter Jones a rédigé une résolution précisant qu’aucune disposition de la loi adoptée jusqu’à présent ne peut être interprétée comme une autorisation de recours à la force militaire en Iran. « En l’absence d’état d’urgence national, provoqué par une attaque de l’Iran contre les Etats-Unis, leur territoire ou leurs forces armées, ou l’imminence incontestable d’une telle attaque, le Président s’engage à consulter le Congrès et à obtenir, conformément à la loi, une autorisation spécifique du Congrès avant de recourir à l’utilisation de la force militaire contre l’Iran. » La résolution est co-signée par dix autres députés.
  • Une autre allant dans le même sens, parrainée par Pete DeFazio et 18 co-signataires, affirme que le Président ne doit engager aucune action militaire contre l’Iran sans avoir obtenu préalablement l’approbation du Congrès. Les pouvoirs constitutionnellement accordés au Président en tant que commandant-en-chef de la nation ne l’autorisent pas à outrepasser cette disposition. La résolution précise que l’autorisation votée suite aux attentats du 11 septembre ne permet ni explicitement ni implicitement l’utilisation de la force contre l’Iran, y compris contre son programme nucléaire.
  • Le député John Murtha, président de la sous-commission des Crédits pour la Défense, a présenté à nouveau une résolution datant de 2005, appelant au retrait par étapes de l’Irak ; elle compte 87 co-parrains.
  • Le 17 janvier, les députées Lynn Woolsey, Maxine Waters et Barbare Lee ont déposé un texte très ferme, signé par 14 de leurs collègues, appelant à abroger purement et simplement l’autorisation d’utiliser la force en Irak. Il prévoit également le financement du retrait en six mois des soldats et fournisseurs, ainsi que de l’aide économique et politique pour le gouvernement irakien.

Au niveau du Sénat, signalons :

  • La résolution parrainée par Chris Dodd plafonnerait à 130 000 le nombre de soldats américains présents en Irak, sauf contrordre exprès du Congrès.
  • Celle du sénateur Edward Kennedy limiterait le financement de toute escalade n’ayant pas fait l’objet d’une autorisation préalable du Congrès.
  • Une résolution bipartisane s’opposant à l’envoi de renforts en Irak a déjà été signée par Joseph Biden, président de la commission des Relations extérieures, et par Carl Levin, président de la commission des Forces armées, ainsi que par le républicain Chuck Hagel, ancien combattant de la guerre du Vietnam et candidat présidentiel potentiel. Le texte propose que les Etats-Unis collaborent avec les pays du Moyen-Orient pour développer un processus régional de paix et de réconciliation pour l’Irak.

Le Congrès attaque aussi sur le front des libertés individuelles

Parallèlement aux initiatives portant sur la politique étrangère, la nouvelle majorité démocrate dans les deux Chambres s’en prend aux mesures liberticides et aux violations de la Constitution dont est responsable la Maison Blanche. Le 18 janvier, le ministre de la Justice Alberto Gonzalez a été interrogé pendant quatre heures par la commission Judiciaire du Sénat sur les actions du gouvernement Bush-Cheney, notamment les contrôles exercés au niveau du courrier, la surveillance par le Pentagone et la CIA des données financières personnelles d’Américains, le programme de mise sur écoute de la NSA visant des citoyens américains, les violations des droits des détenus à Guantanamo et d’autres prisons à l’étranger, l’habitude du Président d’interpréter à son idée des lois officiellement adoptées par le Congrès au moment de les signer (signing statements) et le renvoi de procureurs considérés peu malléables. L’ancien président de la Comission, le républicain Arlen Specter, s’est joint à son successeur, le démocrate Patrick Leahy, pour attaquer le gouvernement sur la plupart de ces questions.

Pendant cinq ans, le gouvernement Bush-Cheney a prétendu qu’il ne pouvait soumettre le « programme de surveillance de terroristes » à la supervision de la Cour de surveillance du Renseignement extérieur (FISA), sans compromettre la sécurité des Américains. Or, la veille de cette audition, le ministère de la Justice a affirmé exactement le contraire. Plusieurs sénateurs ont interrogé Gonzalez sur ce revirement. Le sénateur Russ Feingold fit remarquer que selon le gouvernement, « une telle violation de la loi était absolument nécessaire pour défendre le pays » et « mettait même en cause le patriotisme de ceux qui s’y opposaient ». A l’issue de l’audition, le sénateur Leahy a promis de tout faire pour rétablir les droits des détenus.

L’échange le plus houleux eut lieu lorsque Leahy a soulevé le cas de Maher Arar, un citoyen canadien d’origine syrienne arrêté à l’aéroport Kennedy de New York en 2002 puis, au lieu d’être extradé au Canada, emmené en Syrie où il a subi des tortures pendant dix mois. Le gouvernement canadien a présenté ses excuses officielles à Arar, précisant qu’il n’y avait pas lieu de le soupçonner de terrorisme mais, fit remarquer Leahy, le gouvernement américain n’a toujours pas admis qu’il s’agissait d’une erreur. Gonzalez refusa de répondre, prétendant qu’il lui donnerait des explications confidentielles une semaine plus tard. Sur ce, Leahy a explosé : « Nous savions parfaitement que s’il retournait au Canada, il ne serait pas torturé, mais s’il atterrissait en Syrie, il le serait bel et bien. » Quant à l’envoi d’un détenu dans un pays tiers pour être torturé, « vous savez aussi bien que moi que cela s’est produit à de nombreuses occasions ces cinq dernières anneés ».



Mardi 23 Janvier 2007

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