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C'est arrivé aux États-Unis : Le procès politique de Don Siegelman


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Paul Craig Roberts
Vendredi 29 Février 2008

C'est arrivé aux États-Unis : Le procès politique de Don Siegelman


Par Paul Craig Roberts, le 27 février 2008


​​​​Don Siegelman, le très populaire gouverneur démocrate d'Alabama, un État républicain, a été l'objet d'une cabale dans un procès, véreux, condamné le 29 juin 2006, et envoyé à la prison fédérale par l'administration Bush corrompue et immorale.


​​​​Le coup monté contre Siegelman et l'homme d'affaires Richard Scrushy saute tellement aux yeux que 52 anciens Procureurs Généraux des États de l'ensemble du pays, à la fois républicains et démocrates, ont demandé au Congrès d'enquêter sur l'usage que fait l'administration Bush du Ministère de la Justice pour se débarrasser d'un gouverneur démocrate qu'« elle ne pouvait battre directement à la loyale, » selon Grant Woods, ancien Procureur Général républicain d'Arizona et coprésident avec McCain du comité pour le leadership à la présidence. Woods a déclaré n'avoir jamais vu d'affaire avec d'aussi « nombreuses alertes rouges signalant l'injustice. » (Un ancien Procureur Général dit que l'affaire du Gouverneur Don Siegelman a soulevé les drapeaux rouges, Birmingham News, le 25 février 2008)


​​​​L'usage abusif de la justice par l'administration Bush afin de détruire Siegelman saute tellement aux yeux, que même CBS a autorisé son « 60 Minutes » à diffuser le 24 février 2008 un réquisitoire accablant contre la condamnation de Siegelman avec de fausses inculpations. La séquence du « 60 Minutes » est si incontestable, que WHNT, l'affilié à CBS de propriété républicaine en Alabama, a interrompu l'émission, donnant de piètres excuses de problèmes techniques, que CBS a démenti à New York. Les médias d'Alabama d'appartenance républicaine ont travaillé main dans la main avec les poursuites politiques pour ruiner Siegelman.


​​​​L'injustice faite par le Ministère de la Justice (sic) à Siegelman est tellement évidente que l'une des actrices du plan de Karl Rove visant à détruire Siegelman ne peut vivre avec sa conscience. Jill Simpson, une avocate républicaine qui a cherché a s'opposer à Rove, a témoigné à la Commission Judiciaire de la Chambre et est entrée en scène au « 60 Minutes. » Simpson a déclaré que Bill Canary, le chef politique républicain en Alabama, lui avait dit, « mes filles peuvent prendre soin de Siegelman. » Les « filles » de Canary sont deux procuratrices d'Alabama, toutes deux nommées par le Président Bush. L'une est la femme de Bill Canary, Leura Canary. L'autre est Alice Martin. Selon Scott Horton de Harper, Martin est connue pour ses poursuites judiciaires abusives et injustifiées.


​​​​Pour quel « crime » ont été condamnés Siegelman et Scrushy ? Vous n'allez pas le croire. La société de Scrushy a fait une contribution à l'Alabama Educational Trust, une organisation caritative, pour résilier la dette associée au projet de loterie pour l'éducation en Alabama [NDT : il s'agit d'une loterie destinée à financer certains programmes d'éducation]. Scrushy était membre du conseil du Certificate of Need d'Alabama, un groupe bénévole qui supervisait l'extension de l'hôpital. Scrushy était membre du conseil pendant le mandat des trois gouverneurs précédents, et Siegelman lui a demandé de servir pour une autre période.


​​​​Les procureurs fédéraux ont prétendu que la contribution charitable de Scrushy était un pot-de-vin pour Siegleman, en échange de sa nomination au conseil du Certificate of Need. Pour reprendre les paroles du procureur fédéral Stephen Feaga, la contribution a été « donnée en échange de la promesse d'un rôle officiel. »


​​​​La déclaration de Feaga est une absurdité absolue. Il est bien connu que Scrushy, qui siégeait au conseil depuis des années, estimait avoir fait son devoir et voulait le quitter. C'est Siegelman qui a convaincu Scrushy de rester au conseil. En outre, Scrushy n'a pas donné d'argent à Siegelman. L'argent est allé à une fondation caritative.


​​​​Comme un grand nombre d'avocats l'ont fait remarquer, chaque Président étasunien nomme ambassadeur et membre de son cabinet des gens qui ont contribué à sa campagne. Selon le raisonnement appliqué à l'affaire Siegelman, chaque président, membre du cabinet et ambassadeur devrait être dans une prison fédérale.


​​​​Comment dans le monde un jury fait-il pour déclarer deux hommes coupables d'un non crime ?


​​​​La réponse est que le procureur s'est servi de l'accusé Nick Bailey, le jeune assistant du gouverneur Siegelman, pour créer l'impression dans le jury que « quelque chose doit vraiment s'être produit. » À l'insu de Siegelman, Bailey avait extorqué de l'argent ou accepté les pots-de-vin d'hommes d'affaires d'Alabama en échange d'affaires avec l'État. Bailey a été attrapé. Face à la menace d'une longue peine, Bailey a accepté de faire le faux témoignage du fait que Siegelman serait sorti d'une réunion avec Scrushy et lui aurait montré un chèque de 250.000 dollars qu'il aurait accepté, en échange de la nomination de Scrushy au conseil du Certificate of Need. Les procureurs savait que le témoignage de Bailey était faux, non seulement parce qu'ils avaient fait réécrire plusieurs fois à Bailey son témoignage et le lui avait fait répéter jusqu'à ce qu'il le sache sur le bout des doigts, mais aussi parce qu'ils avaient le chèque. Le dossier montre que le chèque, libellé à l'ordre d'un organisme caritatif, avait été émis quelques jours après la réunion d'où aurait émergé Siegelman avec le chèque à la main.


​​​​Dans le documentaire vidéo disponible en ligne, Amy Methvin, l'amie de Bailey, affirme qu'il lui a dit qu'il répétera l'histoire des procureurs comme un perroquet, « payé pour jouer, » « donnant donnant. » Methvin dit que Bailey est entré dans un discours à propos d'argent en échange de services. « Tu ressembles à un robot, » lui a-t-elle dit. « Tu n'as pas appris ça par cœur, aussi, si tu avais entendu les réponses autant de fois que je les ai entendues, » a répondu Bailey.


​​​​Les procureurs ont aussi été aidés par quelques jurés. Dans un Reportage Spécial WOTM, présenté par l'ancien procureur Raymond Johnson, l'avocat de Julian McPhillips en Alabama a produit les courriels de deux jurés à propos d'influencer les autres jurés pour obtenir la condamnation. Les jurés ne sont ni censés discuter de l'affaire à l'extérieur du tribunal, ni considérer d'autres informations que celles présentées au tribunal et agrées par le juge. La communication extérieure entre jurés suffit pour déclarer la nullité du jugement pour vice de procédure.


​​​​Quoi qu'il en soit, le juge fédéral du district, Mark Fuller, un individu nommé par Bush, a ignoré la corruption du jury. Fuller lui-même faisait partie de l'accusation. Il avait une solide rancune à l'encontre de Siegelman. Fuller avait été procureur de district en Alabama avant que Bush le promeuve juge fédéral. Le procureur de district successeur de Fuller a été nommé par Siegelman et il a produit la preuve que Fuller avait escroqué le système de retraite d'État ou avait tenté de le faire.


​​​​Malgré son animosité connue envers Siegelman, Fuller a refusé de se désister de son procès. Selon le Reportage Spécial WOTM, Fuller est propriétaire d'une compagnie qui recevait des fonds fédéraux durant le procès de Siegelman. Fuller n'a pas révélé ce conflit d'intérêts. Chacun savait que le procès était une tentative de Karl Rove pour débarrasser les Républicains de ce candidat qu'ils ne pouvaient pas battre, et que le juge républicain président du procès avait une entreprise dont les coffres étaient pleins d'argent fédéral.


​​​​La réponse du Ministère de la Justice (sic) à la révélation du coup monté contre Siegelman, est qu'il a été inculpé par des procureurs de carrière et condamné après un procès équitable par un jury composé de ses pairs. Ces affirmations ne sont pas plus sincères que tous les autre trucs racontés par le Ministère de la Justice. Horton, rapporte que les procureurs de carrière déconseillés de l'affaire avaient conclu que c'était une vendetta politique et l'avaient laissée tomber. Les « filles » de Canary se sont « démenées en tous sens pour essayer de trouver des troupes qui se taisent et font ce que l'on attend d'elles, » une catégorie dans laquelle tombait Louis Franklin et son adjoint Stephen Feaga, affirme Scott Horton. Les jurés ont été confrontés au faux témoignage de Bailey, subornés par le bureau du procureur, et induits en erreur sur son intention réelle.


​​​​Horton dit que l'affaire a été « poussée en avant par la force politique brute. » Selon Horton, Leura Canary a refusé de se récuser, malgré son conflit d'intérêt évident. Après qu'elle ait été obligée de se récuser, elle a continué à contrôler l'affaire depuis son bureau. Selon les paroles de Horton : « Son mari dirigeait la campagne contre Siegelman et les fuites de l'enquête émanaient de quelqu'un de chez lui. Mais au-delà, son mari, Bill Canary, avait une longue, bien établie, étroite relation de travail avec Karl Rove, couvrant le travail qu'il avait accompli à Washington et en Alabama, durant une période de plus de 17 ans. Leura et Billy Canary étaient des amis proches fréquentant Karl Rove. » (Procureurs de carrière opposés à l'affaire Siegelman, Harpers, le 29 octobre 2007)


​​​​Le Ministère de la Justice de Bush a d'abord couru après Siegelman au cours de sa campagne de réélection en 2002. Quand Siegelman a été élu pour la première fois en 1998, le Procureur Général républicain d'Alabama, William Pryor, a commencé à enquêter sur lui. Il n'y avait rien sur quoi enquêter, mais son « investigation » a donné lieu à l'entrée en scène de Leura Canary, qui a fédéré l'« enquête. » Les fuites à caractère politique de l'« enquête » servait une tentative pour déjouer la réélection de Siegelman.


​​​​Cela a presque marché, mais Siegelman a gagné de peu.


​​​​Incapable de vaincre Siegelman, même avec les fuites d'une enquête bidon destinée à le diffamer, les Républicains ont décidé de voler l'élection. Après que tous les districts aient fait le compte rendu du décompte des voix, Siegelman a remercié les votants pour sa réélection, et est allé se coucher. Pendant la nuit, des Républicains, hors de la présence de tout démocrate officiel, ont « recompté » les votes du comté de Baldwin. Six mille voix de Siegelman ont été portées disparues dans le recompte. Le lendemain matin le Républicain Bob Riley se déclarait vainqueur.


​​​​Le vol a été organisé de manière si hâtive que les voleurs ont oublié de changer toutes les autres voix sur les bulletins. Tous les autres résultats avaient les mêmes totaux que ceux rapportés initialement, une impossibilité statistique s'il y avait eu réellement un pépin d'ordinateur, comme l'affirmaient les voleurs d'élection.


​​​​Pryor, le Procureur Général républicain, a refusé de recompter. Le Ministère de la Justice (sic) républicaine et les juges fédéraux républicains ont regardé ailleurs, comme l'ont fait les feuilles de propagande républicaines qui se font passer pour des médias en Alabama.


​​​​Le Président Bush a récompensé William Pryor pour ses services en lui confectionnant une nomination de juge fédéral en vacances, car il n'a pu être confirmé par le Sénat. Selon MSNBC et d'autres reportages, des enquêtes avaient fourni des accusations plus graves contre Pryor que contre Siegelman, mais Pryor était un chef républicain en fonction, il était à l'abri des poursuites judiciaires.


​​​​L'affaire contre Siegelman est sortie dans les médias depuis plus de deux ans dans l'espoir de le salir à jamais. Quand la fausse affaire de Leura Canary a enfin été portée devant les tribunaux, le juge fédéral du district de Clemon UW l'a mise à la porte du tribunal. Clemon a cité un procureur assistant et un assistant procureur général d'État pour outrage au tribunal. Toutes les charges contre Siegelman et ses coaccusés ont été abandonnées le 5 octobre 2004.


​​​​Disculpé, Siegelman a commencé sa campagne pour récupérer son poste de gouverneur en 2006. Le mot venu de Washington a été d'avoir Siegelman à tout prix. Siegelman a été inculpé une deuxième fois le 26 octobre 2005, lui coûtant la primaire démocrate. Le jury a été récusé et renvoyé deux fois par l'adversaire de Siegelman, le Juge Fuller. Avec des accusations de manipulation du jury dans l'air, Siegelman a été acquitté de 25 chefs d'accusation et reconnu coupable d'avoir été « payé pour faire jouer. » Le juge Fuller avait entravé et menotté Siegelman et l'avait immédiatement expédié en prison pour une peine de sept ans. Normalement, une personne non dangereuse est laissée en liberté quand l'affaire est en appel.


​​​​L'affaire Siegelman met en évidence les intentions exactes de Bush, Rove, et du laquais disgracié de Bush, Alberto Gonzales, en virant les huit Procureurs de la République des États-Unis. Ces huit refusaient de politiser leur fonction en poursuivant déloyalement des démocrates afin d'obtenir un agenda politique Rovien. Apparemment, il y avait seulement huit personnes honnêtes chez les 1.200 procureurs républicains. Bush, Rove et Gonzales n'avaient aucun problème avec les 1.192 autres.


​​​​Terry Butts, l'ancien juge de la Cour Suprême d'Alabama, a dit que la justice dans les États-Unis d'aujourd'hui concerne l'agenda politique, « pas la condamnation des vrais criminels. » Butts a dit que les avocats et les alliés de Siegelman s'attendent à des représailles de la part du bureau du Procureur des États-Unis et de l'establishment républicain d'Alabama.


​​​​Karl Rove a refusé de témoigner sur l'affaire devant le Congrès.


​​​​Le 25 février 2008, Fox « News » offrait du temps d'antenne à Karl Rove pour qu'il démente les accusations et les preuves de ce qu'il a fait.


​​​​Le Ministère de la Justice (sic) refuse de libérer les documents du procès de Siegelman pour le Congrès.


​​​​La maison familiale de Siegelman a été cambriolée.


​​​​Le bureau de l'avocat de Siegelman a été cambriolé et saccagé.


​​​​La maison de Jill Simpson a été incendiée, et sa voiture a été faite quitter la route.


​​​​C'est la manière de travailler de la « justice » aux États-Unis du républicain Bush.



​​​​Note de l'auteur : Scott Horton, de Harper's Online, a largement et courageusement rapporté la cabale contre Don Siegelman. Larisa Alexandrovna et Muriel Kane de Raw Story ont fait un reportage en plusieurs parties. L'émission « 60 Minutes » est disponible sur YouTube comme l'est le Reportage Spécial WOTM. YouTube a aussi un documentaire en plusieurs parties sur Richard Scrushy. Brad Blog fournit une bonne couverture des poursuites contre Siegelman, incluant une diffusion de MSNBC qui remonte jusqu'à l'origine, Karl Rove. L'exposé du Journal en Ligne d'Ernest Partridge fournit des renseignements supplémentaires, notamment la conclusion d'une étude des professeurs Donald Shields et John Cragan, selon laquelle le Ministère de la justice (sic) de Bush a enquêté sept fois plus sur les fonctionnaires démocrates que sur les républicains. Davantage d'informations sont disponibles en ligne pour les lecteurs intéressés.



​​​​Paul Craig Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor dans l'administration Reagan. Il est l'auteur de Supply-Side Revolution : An Insider's Account of Policymaking in Washington, Alienation and the Soviet Economy et Meltdown: Inside the Soviet Economy, et est coauteur avec Lawrence M. Stratton de The Tyranny of Good Intentions : How Prosecutors and Bureaucrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice. Clic ici pour l'entrevue [en anglais] de Peter Brimelow de Forbes Magazine avec Roberts au sujet de la récente épidémie d'inconduite des procureurs.



Original : http://onlinejournal.com/artman/publish/article_3013.shtml
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info




Samedi 1 Mars 2008


Commentaires

1.Posté par Alfeanor le 29/02/2008 19:25 | Alerter
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Ah que c'est chouette la democratie.
Ben chez nous c'est guère mieux par exemple Chirac devait être interrogé mais on en parle plus.
Mais y sont ou,mais y sont ou, mais y sont les journalistes ..... ?

2.Posté par syl777 le 29/02/2008 19:50 | Alerter
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Mieux que ça y sont où le monde qui ne veulent pas perdre leur démocratie et qui se pose les bonnes quetions en leur propre coeur et aux journalistes ?

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