Proche et Moyen-Orient

« C’est Israël, qui a besoin de la Turquie ! »


Par Gilad Atzmon
Entretien réalisé par Hasan Uncular.

Je suis totalement opposé à toute forme de politique raciste, et c’est la raison pour laquelle je méprise toute forme de politique juive, qu’elle soit de gauche, de droite ou du milieu. J’en ai ras-le-bol de toutes ces organisations « exclusivement juives ». Qu’il s’agisse des « Juifs pour un seul Etat », ou des « Juifs pour la paix ». Je suis contre ça, parce que ça ne vise qu’à promouvoir les intérêts tribaux juifs, et non pas l’humanité, ni la fraternité. L’expérience politique juive est, peu ou prou, toujours racialement orientée, et chauvine jusqu’à la moelle.


Mardi 10 Février 2009

« C’est Israël, qui a besoin de la Turquie ! »
Hasan Uncular [HU] : Cher Gilad, quelle analyse faites-vous du carnage israélien à Gaza ?

Gilad Atzmon [GA] : Cher Hasan, je ne pense pas qu’il s’agisse réellement d’une question d’évaluation. Nous avons tous conscience du niveau [incroyable] des destructions infligées à des civils innocents par l’Etat juif. Gaza ressemble à un paysage d’après-bombe atomique. Pourtant, comme nous le savons, cette dévastation ne résulte pas du lâcher d’une seule bombe atomique. Non, en réalité, il y a eu une campagne impitoyable et interminable, conduite par une armée nationale et populaire, qui a recouru à un enchaînement de bombardements lourds, au moyen d’armes conventionnelles, mais aussi de projectiles non-conventionnels. Le carnage, à Gaza, est le résultat d’un raid aérien sinistre, continu et intensif contre les civils vivant dans la région la plus densément peuplée sur notre planète. Aussi, davantage que par l’évaluation du carnage en lui-même, je suis très intéressé dans l’évaluation des gens qui sont capables de causer une telle destruction. Autrement dit, je suis intéressé à percer l’identité collective israélienne, mais aussi l’identité collective juive. Je me demande comment il est possible que les Israéliens, ce peuple qui a « ressuscité de ses cendres », ait pu devenir, collectivement, l’incarnation du mal moderne. Comment se fait-il que les juifs de la diaspora soutiennent quasi unanimement Israël et ses crimes contre l’humanité ?


« Israël se sent totalement libéré d’une quelconque retenu morale ou éthique »

[HU] : Pourquoi Israël viole-t-il ainsi en permanence la légalité internationale, et pourquoi ne respecte-t-il pas les accords signés ?

[GA] : J’imagine que c’est parce que les Israéliens sont imbus de sentiments de supériorité, qui ont sans doute quelque chose à voir avec l’interprétation séculière de l’Election juive. En fin de compte, Israël est bien l’Etat juif, non ? Bien que la société israélienne soit dans une large mesure une société laïque, elle réussit à perpétuer l’héritage judaïque de la suprématie raciale. Il s’agit, de fait, de l’interprétation laïque nationaliste de la tradition juive qui a évolué en une inclination collective meurtrière. Il est important de noter que tandis qu’à l’intérieur du contexte juif, l’élection est interprétée comme un fardeau moral impartissant aux juifs de représenter une exemplification du comportement moral, dans l’Etat juif, l’élection est interprétée comme une autorisation à dominer et à tuer. Dès lors que les Israéliens se considèrent le peuple élu, ils se sentent manifestement libérés de toute préoccupation éthique ou morale. A cela s’ajoute le fait qu’ils ne sont absolument pas concernés par le jugement ou la pensée des autres peuples ou des autres nations. Cette philosophie arrogante a été définie par le Premier ministre israélien David Ben Gourion, dans les années 1950, quand il a déclaré : « Peu importe ce que les Goyim [les Gentils, les non-juifs] disent ; seul importe ce que les juifs font ! »


« Il faudrait décerner à Peres le prix Nobel de Physique ( nucléaire) ! »

[HU] : Quelle est, à vos yeux, l’importance de la réaction du Premier ministre (turc) Recep Tayyip Erdoğan, à Davos ?

[GA] : Pour moi, il est évident que le Premier ministre Erdoğan a été très courageux en s’opposant au mensonge israélien sur une scène internationale. De plus, il a réellement mis dans le mille en dévoilant le symbole suprême de ce mensonge-même. Je fais allusion ici au criminel de guerre et néanmoins Président d’Israël Shimon Peres, qui, en dépit de son passé accablant [Kafr Kana, réacteur nucléaire de Dimona, etc], a réussi à s’arroger un prix Nobel de… la paix ! Considérant sa contribution fondamentale au projet de recherches en matière d’armes de destruction massives de Dimona, un prix Nobel de Physique (nucléaire) aurait été plus indiqué.


C’est Israël, qui a besoin de la Turquie !

[UH] : De quelle manière le lobby juif agit-il contre le Premier ministre Erdoğan et contre les juifs dotés d’une conscience ; comment le peut-il ?

[GA] : C’est une excellente question ; mais je ne suis pas expert ès-tactiques juives… Toutefois, j’ai parfaitement conscience de l’influence qui est la leur. Dès lors que les finances du parti Travailliste britannique sont gérées par des sionistes aussi enragés que [le faux-noble] Lord cash Machine Levy et que le secrétaire général [chief of staff ] de la Maison-Blanche n’est autre qu’un sioniste ultra, nous devons nous attendre à ce que ce soient les intérêts sionistes qui donnent forme à notre réalité, et cela signifie énormément de conflits, de carnages et le sang versé d’innombrables civils innocents.

Toutefois, nous devons garder à l’esprit le fait que le vent est en train de tourner. Ce que nous voyons et ce que nous entendons, à Gaza, suscite une indignation gigantesque contre Israël et ses séides, dans le monde entier. Pour moi, il est difficile de prédire quelles seront les mesures que ne vont pas manquer d’adopter les lobbies juifs à l’encontre du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan. Il peut probablement d’ores et déjà s’attendre à être présenté comme leur nouveau protagoniste antisémite. Comme nous le savons, il ne faut pas très longtemps pour en devenir un.

Si, dans le temps, les antisémites étaient les gens qui n’aimaient pas les juifs, aujourd’hui, il s’agit de ceux que les juifs haïssent.
Il n’en reste pas moins que nous devons avoir à l’esprit l’idée que l’amitié de la Turquie est très importante, pour Israël. La Turquie était en effet, jusqu’ici, l’unique pays ami d’Israël dans toute la région. Ces derniers temps, elle a joué un rôle d’intermédiaire en vue de négociations (hypothétiques) avec la Syrie. En bref, c’est Israël, qui a besoin de la Turquie…


[HU] : Comment les relations israélo-turques peuvent-elles être affectées par le clash entre Erdoğan et Peres, à Davos ?

[GA] : Je préfère vraiment ne pas répondre à cette question ; je ne suis pas précisément un expert, en cette matière…


« Je suis simplement antiraciste »

[HU] : Avez-vous un message conclusif à adresser au monde, et au peuple turc ?

[GA] : Je n’aime pas envoyer de messages « conclusifs » et, ce, pour trois raisons :

1. Je n’aime pas les déclarations sans appel ; je tiens à me réserver une option de regret, et je veux être en mesure de réviser mes opinions, sur quelque sujet que ce soit ;

2. Je pense que ceux qui envoient des « messages finaux » doivent être des gens très importants et très intelligents. Quand à moi, je suis avant tout un artiste ; je procède à l’introspection, et je partage ce que je vois avec mes auditeurs et mes lecteurs ;

3. Contrairement à ces hommes politiques qui savent ce qui est bien et ce qui n’est pas bien pour les autres qu’eux-mêmes, j’ai déjà du mal à savoir ce qui est bien, pour moi-même…

Toutefois, ma politique, pour ainsi dire, est très simple : je suis pour une expression éthique. Cela signifie que dans telle ou telle circonstance, je m’efforcerai de trouver, par moi-même, ce qui est bien et ce qui est mal. Je ne crois pas au dogmatisme. Je le redis : pour moi, la quête morale est un processus dynamique, consistant à modeler, et à refaire.

Il y a environ une semaine, un ami, le légendaire musicien Robert Wyatt, m’a aidé à mettre cela en parole, de la manière la plus éloquente et simple qui soit. « Ma politique », a-t-il dit, « est très simple : je suis simplement antiraciste ». C’est vraiment ce autour de quoi tourne tout le reste : être antiraciste…

Je suis totalement opposé à toute forme de politique raciste, et c’est la raison pour laquelle je méprise toute forme de politique juive, qu’elle soit de gauche, de droite ou du milieu. J’en ai ras-le-bol de toutes ces organisations « exclusivement juives ». Qu’il s’agisse des « Juifs pour un seul Etat », ou des « Juifs pour la paix ». Je suis contre ça, parce que ça ne vise qu’à promouvoir les intérêts tribaux juifs, et non pas l’humanité, ni la fraternité. L’expérience politique juive est, peu ou prou, toujours racialement orientée, et chauvine jusqu’à la moelle.

Bien que je sois convaincu que les gens sont fondés à lutter pour conquérir leur droits (comme, par exemple, le combat des Palestiniens), je pense aussi que les gens devraient savoir de quelle manière réinstaurer la paix et l’harmonie. En ce qui concerne la politique israélienne et la politique juive, c’est exactement ce qui dont nous avons besoin. Tout ce que nous voyons, c’est la vengeance et la colère, qui entraînent de plus en plus de violence. Il est parfaitement évident que les Israéliens ne sont pas vraiment familiarisés avec les notions de pitié et de compassion. La suggestion spirituellement génératrice d’harmonie faite par Jésus, résumée par l’expression « tourner l’autre joue », semble, aux oreilles des Israéliens, un concept amusant et oiseux. Apparemment, pour eux, « choc et terreur », « shock and awe », voilà qui semble bien plus sexy. C’est démocratiquement qu’ils ont voté en faveur du carnage, de la destruction et du génocide.

Mais, après tout, ils ont bien le droit de voter… Ne sont-ils pas la « seule démocratie au Moyen-Orient » ?

C’est, tout au moins, ce qu’ils prétendent…

Source : Timeturk
Traduction : Marcel Charbonnier
http://ism-france.org/
 
 
 


Mercredi 11 Février 2009


Commentaires

1.Posté par Nicole le 10/02/2009 17:51 | Alerter
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Merci. J'aime beaucoup lire Gilad Atzmon. Etre antiraciste, je ne vois pas comment on peut vivre autrement, avec dignité.

Il y a sur les ogres un échange super avec lui


2.Posté par wizley le 10/02/2009 21:10 | Alerter
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Dommage que l'elite israeliene ne partage pas les mêmes idée que cet hommes, sinon cela ferait trés longtemps que Juifs, Chrétiens et Musulmans viveraient en paix et dans la dignité en Terre Sainte.

3.Posté par Thomas le 10/02/2009 21:39 | Alerter
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http://www.israel-stop.com/fr

4.Posté par vili le 10/02/2009 21:54 | Alerter
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L'humanité est bien malade depuis bien longtemp!
Ceux d'en haut, que se soit elites ou leurs chiens (politics), ceux qui nous conduisent donc, sont là , élus ou pas pour garder leur pouvoir (politique, economique, educational, materiel...)...rien d'autre pour nous en bas...Quand je pourrais voir la tele descoperiri stiintifice puse in practica dans la deuxieme seconde, mondialement??? ... Quand je pourrais voir une planete sans frontieres, sans argents, sans haine et tout ca bien mediatisé, quand je pourrais voir la promotion de concience meme à la tele a la place de tout conneries!!!!.... Jamais...leurs interet n'est pas là...tout simplement, tout court...

5.Posté par Le Chiffon Rouge le 11/02/2009 00:23 | Alerter
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Savez-vous seulement pourquoi la prochaine cible d'Israel est sans aucun doute la Turquie ?
http://blog.mondediplo.net/2008-01-14-Gestion-de-l-eau-entre-conflits-et-cooperation
consulté cette page sur la situation particulière de la turquie au Proche Orient.

CITATION :
L’Etat hébreu n’a guère de ressources propres en eau, si ce n’est les nappes phréatiques palestiniennes de Cisjordanie qu’il exploite illégalement pour son propre profit. Il dépend essentiellement du Jourdain et de sources situées au Liban et en Syrie. Pour Israël, la protection « militaire » de ces sources d’approvisionnement n’est pas un vain mot : en 1964, sous la menace d’une opération armée israélienne, un projet de canal de dérivation sur le plateau du Golan entre les fleuves Hasbani (Liban) et Yarmouk (Syrie) ne fut jamais réalisé. En 2001, les Israéliens ont à nouveau menacé de bombarder un tout nouveau canal de dérivation des eaux du même fleuve Hasbani, et un peu plus tard promettaient le même sort au barrage de l’Unité en construction sur le fleuve Yarmouk, si toutefois il était mis en service…

En quête de sources d’eau douce alternatives, Israël et les Etats pétroliers de la péninsule ont intensifié leur recours aux usines de dessalement. Israël a aussi signé un accord pour le transfert d’eau douce par tanker depuis la Turquie.

ISRAEL fera le plus grand travail de lobbisme pour s'accaparer l'eau potable de la Turquie.
Comme elle l'a fait pour le gaz Egyptien qu'elle paye 12 fois moins que sa valeur.

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