Politique Nationale/Internationale

Bush atteindra-t-il les objectifs de sa tournée au Proche-Orient ?


La presse libanaise a parlé ce samedi de l’échec de la mission du secrétaire général de la Ligue arabe visant à mettre en œuvre le plan de règlement de la crise. Amr Moussa a quitté Beyrouth mais a promis d’y revenir dans moins d’une semaine.
Le blocage persistant a poussé le président de la Chambre à reporter pour la treizième fois la séance de l’élection présidentielle.


Samedi 12 Janvier 2008

Tendances et événements au Proche-Orient

Bush atteindra-t-il les objectifs de sa tournée au Proche-Orient ?

La tournée proche-orientale de George Bush est entrée dans sa seconde phase après la visite en Israël et les Territoires palestiniens occupés. Lors de ses deux premières étapes, le président états-unien a consacré le caractère juif de l’État d’Israël et a pratiquement enterré le droit au retour des réfugiés palestiniens qui vivent dans la misère et loin de leur patrie depuis 60 ans. Il a aussi tenté de resserrer l’étau sur les mouvements de la Résistance palestinienne afin de briser la volonté de ce peuple et lui imposer davantage de concessions.
George Bush a demandé à ses interlocuteurs —ou va le faire— de normaliser leurs relations avec l’État hébreu en ayant des contacts publics avec des responsables israéliens, et à participer activement au blocus politique et financier imposé à la Bande de Gaza. Il va aussi inciter la Jordanie et l’Égypte, qui ont signé des accords de paix avec Israël, à augmenter le niveau de la coopération sécuritaire, politique et économique avec le gouvernement d’Ehud Olmert. Washington espère que cette coopération permettra de mener à bien le plan préparé avec Israël pour détruire la Résistance à Gaza avant mai, date fixée par Bush pour la signature d’un accord entre l’Autorité palestinienne et Israël.
Devant les pays du Golfe, George Bush va surtout brandir comme un épouvantail « la menace iranienne » pour les dissuader de normaliser leurs relations avec Téhéran et freiner le rapprochement entrepris entre certains États et la République islamique.
George Bush atteindra-t-il les objectifs belliqueux de sa tournée ? Il est fort douteux qu’il réussisse des percées stratégiques les derniers mois de son mandat alors que partout son administration essuie échecs et déconvenues. D’autant que de nombreuses inconnues pourraient compromettre les plans US, la première en date étant le rapport de la commission Winograd qui sera publié fin janvier. Ce document pourrait réduire en poussière tous les efforts de Bush de remettre sur pied son ami Olmert.

Presse et agences internationales

YEDIOT AHARONOT (QUOTIDIEN ISRAELIEN)
Un rapport des services de renseignement israéliens publiés par le ministère des Affaires étrangères affirme que George Bush ne parviendra pas à stopper le programme nucléaire iranien et que Mahmoud Abbas finira par se réconcilier avec le mouvement Hamas après l’échec des négociations en cours avec Israël. De son côté, le Hezbollah poursuivra le développement de ses capacités militaires en prévision d’une nouvelle confrontation avec l’État hébreu. Le rapport précise que les pourparlers de paix israélo-palestiniens initiés par la conférence d’Annapolis vont arriver à une impasse. Les services de renseignement mettent en garde contre les efforts égyptiens et saoudiens visant à réintégrer le Hamas au gouvernement palestinien et à encourager une réconciliation entre le Fatah et le Hamas.
Le rapport ajoute que l’administration actuelle va faiblir davantage et ne réussira pas à atteindre la plupart des objectifs qu’elle s’est fixée en matière de politique étrangère, ce qui aura des répercussions négatives sur les intérêts stratégiques d’Israël.

HAARETZ (QUOTIDIEN ISRAELIEN)
- David MacKowski
Ceux qui en Israël appellent à la réactivation du volet syrien des négociations de paix ne connaissent pas les racines du problème avec les États-Unis. De même qu’il ne savent pas que la solution susceptible de combler le fossé entre les deux pays amis concernant la politique syrienne se trouve à Beyrouth. À l’heure où la théorie de George Bush sur le Proche-Orient a perdu un peu de sa force après la victoire du Hamas aux élections, l’administration états-unienne voit encore dans le Liban un endroit où elle peut réussir. Certes, Bush ne parle plus de la démocratisation du Grand Moyen-Orient avec autant d’enthousiasme, mais il a insisté récemment sur l’importance du succès du processus démocratique au Liban.
Beaucoup de question se posent autour des dispositions et des capacités de Damas à changer sa politique étrangère et sur la possibilité de démantèlement de l’alliance quadripartite entre la Syrie, l’Iran, le Hezbollah et le Hamas. Mais si les Syriens veulent et peuvent se défaire de cette alliance, cela augmenterait les chances de paix entre Israël et l’Autorité palestinienne. Il est certain que la Syrie estime que les pourparlers avec Israël aideraient à améliorer ses relations avec les Etats-Unis.

WASHINGTON POST (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
- Imtiaz Ali et Greg Whitelog
La montée en puissance de Beitallah Mahssoud, un des chefs taliban, constitue le plus grave danger militaire auquel est confronté le Pakistan depuis 2005. Mahssoud, accusé par Islamabad d’avoir assassiné Benazir Bhutto le mois passé, avait assisté à la cérémonie de signature d’un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement pakistanais en février 2005. Il avait le visage couvert afin de ne pas être reconnu.
Des spécialistes assurent que toutes les tentatives du gouvernement pakistanais visant à contrôler ou neutraliser Mahssoud ont échoué et ont même donné des résultats contraires. Après chaque tentative, il est devenu plus fort et le pays est entré dans une phase de déstabilisation encore plus marquée. Un haut responsable pakistanais qui a gardé l’anonymat a qualifié Beitallah Mahssoud de plus grave problème auquel le Pakistan fait face. Il est le principal facteur provoquant l’échec des politiques du gouvernement dans la région tribale.

AL-KHALEEJ (QUOTIDIEN EMIRATI)
En sa qualité de président de la plus grande puissance mondiale et d’allié le plus proche d’Israël, George Bush supprime tout simplement le droit au retour du peuple palestinien et appelle à la négociation autour de cette question. Pourquoi George estime-t-il que les Palestiniens ne méritent pas de retourner chez eux et doivent abandonner leurs droits historiques en contrepartie d’une poignée de dollars offert par des bienfaiteurs, qu’ils soient des États ou des institutions ? Parce que le retour des réfugiés est incompatible avec Israël, État des juifs, racialement pur, promis par Bush. Cela signifie que le projet d’implantation des réfugiés, dont on parle depuis de longues années, a été mis sur les rails. Les négociations vont maintenant porter sur les mécanismes d’application. Ainsi, les réfugiés vont être installés dans les pays d’accueil et recevront en contrepartie une compensation financière. En d’autres termes, on les oblige à vendre leur terre.

AL-BAYAN (QUOTIDIEN EMIRATI)
Si l’initiative arabe se perd dans les méandres des intérêts partisans, la crise libanaise risque d’entrer dans l’enfer de l’internationalisation et de l’ingérence étrangère. Les Libanais perdront l’héritage le plus cher qui leur été légué par la génération des fondateurs : un pays de convivialité, capable d’absorber toutes les contradictions et les divergences entre les communautés religieuses.

TECHRINE (QUOTIDIEN SYRIEN)
- Issam Dari
George Bush mérite qu’on le remercie pour nous avoir aidé gratuitement à faire la vérité sur ce que nous nous efforçons de dire ces sept dernières années et à dévoiler les aberrations de la politique américaine. Les propos du président états-unien devant ses hôtes israéliens et palestiniens dénotent une affligeante ignorance et confirment ce que pensait sa mère de lui et que nous nous interdisons de reproduire par décence. Mais il est clair que le discours du président du plus puissant État de la planète ne reflète pas la moindre intelligence ni le plus modeste savoir.

LE FIGARO (QUOTIDIEN FRANÇAIS, MAJORITE PRESIDENTIELLE)
- Entretien avec Pervez Musharraf, président du Pakistan
Les élections prévues le 18 février auront lieu quoi qu’il arrive. L’enquête sur l’assassinat de Benazir Bhutto revient au seul Pakistan, qui n’est pas le Liban. Il ne peut donc y avoir d’intervention de l’Onu. Nous menons une guerre contre le terrorisme. Le peuple pakistanais ne veut ni des extrémistes ni des terroristes. Il ne partage pas leur conception bornée et archaïque de la religion. Je me réjouis que les États-Unis envoient plus de force en Afghanistan, en revanche, il est totalement exclu que les soldats US viennent se battre en territoire pakistanais.

LE TEMPS (QUOTIDIEN SUISSE)
Sous l’influence saoudienne, l’appartenance religieuse supplante le socialisme arabe en Égypte. Les incidents entre coptes et musulmans sont de plus en plus fréquents et de plus en plus violents. Or, ce samedi, un tribunal du Caire doit rendre son jugement dans l’affaire de coptes convertis à l’islam et souhaitant redevenir chrétiens. Beaucoup redoutent déjà les réactions que pourrait susciter le verdict. Hosni Moubarak craint plus que tout la naissance de factions à l’irakienne, il fera tout pour calmer le jeu, note un observateur. Des négociations ont probablement eu lieu dans les hautes sphères politiques et religieuses afin de trouver un arrangement. Le problème est que ni le patriarche copte-orthodoxe Chenouda III ni le grand imam de la mosquée d’Al-Azhar n’ont encore l’autorité nécessaire pour contenir leurs troupes.

ABC (QUOTIDIEN ESPAGNOL, MONARCHISTE)
Le Conseil des ministres espagnol a approuvé le « Plan national pour l’Alliance des civilisations ». Il sera présenté mardi par Jose Luis Zapatero à l’occasion de l’ouverture du premier forum de l’Alliance des civilisations. Il devrait comprendre la création d’une « Université des rois », basée au Maroc. Parmi les personnalités attendues à Madrid, on note Recep Tayyip Erdogan (Premier ministre turc), Ban Ki Moon (secrétaire général de l’Onu), Amr Moussa (secrétaire général de la Ligue arabe), Jorge Sampaio (ancien président du Portugal), Mary Robinson (ancienne présidente d’Irlande), Paulo Celho (écrivain brésilien), Shirin Ebadi (prix Nobel de la paix), Noor de Jordanie, et les acteurs George Clooney et Angelina Joli.

NAVY TIMES (QUOTIDIEN PRIVE DESTINE A L’US NAVY)
L’étude des bandes sonores et des vidéos diffusées d’une part par le Pentagone et d’autre part par les Gardiens de la révolution montre que la voix qui a menacé les bâtiments de l’US Navy, le 6 janvier, n’est pas la même que celle des marins iraniens. Selon toute vraisemblance, les menaces proviennent d’une source bien connue de l’US Navy dans la région : le « Singe philippin », un provocateur qui écoute les conversations radio et intervient pour y déverser des insultes.

THE NEW YORK TIMES (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
L’état-major US a repris l’analyse de la simulation réalisée en 2002, Millenium Challenge. Lors de cet exercice, le général Van Riper avait montré que de petits bateaux pouvaient attaquer victorieusement un porte-avion, un scénario que l’on a frôlé le 6 janvier ans le détroit d’Ormuz. L’idée est que, malgré leur puissance de feu, les forces US n’auraient peut-être pas le temps de neutraliser des assaillants mal équipés, mais nombreux et coordonnés, agissant comme un essaim d’insectes.

THE WALL STREET JOURNAL (QUOTIDIEN ECONOMIQUE ÉTATS-UNIEN)
Les scientifiques nazis avaient développé un département d’études du Coran pour lequel ils avaient collectés les éditions les plus anciennes du livre sacré de l’islam. Ces documents ont été perdus lors des bombardements de 1944, mais des microfilms de ces archives viennent d’être retrouvés, qui vont être étudiés. Alors que les musulmans perçoivent le Coran comme un texte révélé et inaliénable, il semble que sa forme ait évoluée avec le temps, comme c’est le cas de la Bible. L’équipe de l’Académie bavaroise des sciences était même persuadée que la version originale du Coran n’était pas en arabe, mais en syriaque, laissant place à de possibles erreurs de traduction.

THE AUSTRALIAN (QUOTIDIEN AUSTRALIEN)
Le ministère australien de la Défense a ordonné une enquête pour savoir si des soldats australiens affectés en Afghanistan et en Irak auraient pu, comme leurs collègues britanniques, être soignés par les médecins US avec du sang infecté.

Audiovisuel international

CHAINE SATELLITAIRE SYRIENNE
Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIE), Mohammad Baradéi, a qualifié de « positifs » ses entretiens à Téhéran avec les responsables iraniens.

Tendances et événements au Liban

La crise est longue et la médiation arabe se poursuit

Le départ du secrétaire général de la Ligue arabe, qui a promis de revenir la semaine prochaine, et le report au 21 janvier de la séance de l’élection présidentielle, illustrent à quel point la crise politique et constitutionnelle libanaise sera longue à régler. D’ailleurs, l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Jeffrey Feltman, n’avait pas attendu le départ de Amr Moussa pour dire que le règlement de la crise nécessitera des semaines d’efforts. La crise se complique tellement que ce qui est susceptible de la résoudre aujourd’hui ne sera plus efficace à l’avenir. Certains journaux ont même indiqué que l’enlisement des médiations pourrait compromettre la candidature consensuelle du commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane.
L’activité des dernières 24 heures a enregistré les développements suivants :
- 1. Les loyalistes du 14-mars ont refusé de dialoguer avec le général Michel Aoun, négociateur unique et officiel de l’opposition. Cela a provoqué l’interruption de la médiation de Amr Moussa. Le chef de l’ancienne milice des Forces libanaises, Samir Geagea, a clairement exprimé le refus du 14-mars de négocier avec le général Aoun. Il est même allé plus loin en réitérant le refus de cette coalition de conclure le moindre accord politique avec l’opposition avant l’élection d’un président de la République. Il a ainsi rejeté indirectement l’initiative arabe qui prévoit un package deal sur la présidentielle, le gouvernement et la nouvelle loi électorale.
- 2. La Syrie a exprimé un soutien franc à l’initiative arabe et aux efforts déployés par Amr Moussa pour tenter de la mettre en œuvre. De la sorte, Damas prouve qu’il est sérieux dans ses tentatives visant à régler la crise depuis les contacts avec la France jusqu’à la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères.
- 3. Les démarches arabes vont se poursuivre à travers la visite prévue à Beyrouth du Premier ministre qatari, qui a joué un rôle important entre Damas et Riyad, et le retour, la semaine prochain, de Amr Moussa à Beyrouth.

Presse libanaise

AS-SAFIR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
Les efforts déployés par Amr Moussa n’ont pas réussi à établir une feuille de route susceptible de faciliter l’application de l’initiative de règlement arabe de la crise à travers une percée même timide. Le secrétaire général de la Ligue arabe a qualifié de « très grandes » les complications de la crise libanaise. A la veille de son départ, il a affirmé que la situation au Liban est « extrêmement grave ».

AD-DIYAR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
Les loyalistes du 14-mars ont exécuté la décision du secrétaire d’Etat adjoint, David Welch, de boycotter le général Michel Aoun.

Audiovisuel libanais

AL-MANAR (CHAINE DU HEZBOLLAH)
Émission : La discussion de l’heure
- Salim Aoun, député du bloc de Michal Aoun (Opposition)
La crise libanaise n’est pas une lutte pour le pouvoir. C’est un conflit entre deux projets, l’un qui appelle à une véritable participation de tous au gouvernement et l’autre qui veut accaparer le pouvoir.
Le parti Kataëb n’est pas influent au sein de la coalition du 14-mars. Son principal souci avec les Forces libanaises et le Bloc national (Des partis chrétiens du 14-mars. ndlr) est d’écarter le Courant patriotique libre (CPL, du général Michel Aoun) de l’arène politique. Pourtant, le CPL est le plus grand parti chrétien et de loin le plus représentatif.
- Joseph Abou Khalil, vice-président du Parti Kataëb (14-Mars)
Pour résoudre la crise libanaise, il faut la soustraire au problème du Proche-Orient.
L’opposition veut perpétrer un coup d’État pour renverser le régime actuel et pérenniser la vacance à la présidence de la République.
- Ghaleb Kandil, membre du Conseil national de l’audiovisuel
Le gouvernement de Fouad Siniora n’a jamais répondu ou réagi aux rapports du Conseil national de l’audiovisuel. Nous avons présenté 34 rapports visant surtout à préserver le pluralisme médiatique, et n’avons jamais reçu la moindre réponse.

http://www.voltairenet.org/article154281.html http://www.voltairenet.org/article154281.html



Samedi 12 Janvier 2008

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