
En témoins vedettes, les juriste Bruce Fein de Louisiane et l'ancien procureur du district de Los Angeles Vincent Bugliosi.
Michael Collins, 30 juillet 2008
Le Comité Judiciaire de la Chambre entend la résolution de Kucinich
Aujourd'hui, l'audition sur les abus du pouvoir présidentiel devant le Comité Judiciaire de la Chambre a été transformé en embuscade politique dévastatrice par le Président John Conyers (démocrate du Michigan), le Comité des Démocrates, et l'extraordinaire groupe témoin. . . Au moins 12 membres du Comité Démocrate étaient présents ainsi que le Président, alors qu'à peine quatre Républicains sont venus.
Contredisant leur apparence désinvolte à l'audience, les Démocrates ont présenté un dossier percutant bien ficelé contre le Président George W. Bush. Cela a conduit à un double paroxysme lors du témoignage extrêmement précis du juriste conservateur Bruce Fein, un ancien officiel de l'administration Reagan, et de la déclaration récapitulative accablante de l'ancien procureur du district de Los Angeles, Vincent Bugliosi. Le mieux que les Républicains aient pu faire fut l'humour déplacé du député Dan Lungren (républicain de Californie), demandant d'évacuer les salles d'audience quand le public a acclamé les propos de M. Bugliosi.
Cette audience résultait de la campagne non-stop du député Dennis Kucinich (démocrate de l'Ohio) pour la destitution du Président George W. Bush. La semaine dernière, ce travail a obtenu le soutien écrasant d'une majorité de 238 voix à la Chambre des Députés des États-Unis. 229 Démocrates et 9 Républicains ont voté pour soumettre un projet de loi d'impeachment comprenant un seul chef d'accusation au Comité Judiciaire de la Chambre des Députés, présidé par le député John Conyers (démocrate du Michigan).
La résolution Kucinich - HR 1345 esquisse les grandes lignes de l'affaire de destitution du Président Bush. Plus précisément, en tant que président, Bush :
A trompé le Congrès en créant la menace des armes de destruction massive irakiennes afin d'obtenir frauduleusement du soutien pour autoriser le recours à la force contre l'Iraq, et a ensuite agi en qualité de Commandant en chef, en vertu de l'Article II de la Section II de la Constitution, pour engager les troupes étasuniennes au combat là-bas.
Avant l'audience, on spéculait que les Républicains puissent saborder l'opération entière, car les règles de la Chambre proscrivent les remarques désobligeantes envers le Président. Apparemment, ils n'ont pas réussi à lire l'intégralité de l'Article 25 des Pratiques de la Chambre, qui énumère plusieurs commentaires négatifs utilisés dans le passé par des députés, et montre clairement ce qui est convenable dans le cas présent.
Il y a « peu de problèmes plus importants »
Le Président Conyers a ouvert l'audience en notant qu'il y a « peu de problèmes plus importants » que les actions du Congrès pour limiter les abus de pouvoirs présidentiels. En tant que membre du Comité de la Chambre ayant assisté à l'affaire d'impeachment de Nixon, il parle avec une certaine autorité. Il a énuméré les divers abus de la présidence Bush, exposant l'affaire développée par ses collègues démocrates. Les hauts membres du Comité, le Républicain Lamar Smith (Texas) a répondu qu'il avait vu beaucoup de choses dans ce comité, mais qu'aujourd'hui l'audition semble « héberger l'encadrement d'une classe en colère. »
Le député Robert Wexler (démocrate de Floride), un ardent supporter des auditions, a répondu en faisant remarquer que, compte tenu de la preuve de ces grands crimes, ce n'est ni une question démocrate ni républicaine, c'est une question étasunienne. Les démocrates ont continué sur le sujet des choses graves avec la député Zoe Lofgren (démocrate de Californie) qui se réfère à Bush comme au « pire président que notre pays ait enduré. »
La député Sheila Jackson Lee (démocrate du Texas) est revenue à ce qui pourrait amener l'accusation la plus écrasante et alarmante de l'audience : la cause de l'invasion de l'Iraq et le mépris des libertés civiques par la torture des étrangers et les attaques sur la vie privée dans le pays. Le député Trent Franks (républicain de l'Arizona) a répondu que l'audience n'était rien d'autre qu'un « cassage de gueule qui fait se marrer nos amis terroristes. »
« Si mentir au sujet de rapports sexuels occasionnels » est une raison d'impeachment, « alors certainement que mentir au peuple étasunien sur l'invasion de l'Irak l'est aussi, » a répondu le député Hank Johnson (démocrate de Géorgie). Le député Tammy Baldwin (démocrate du Wisconsin), un autre fervent partisan de la destitution, a continué en attaquant durement.
Les Républicains n'avaient toujours pas pris l'audience au sérieux au moment où le député Lungren recourait en réponse à rien de plus que de fines plaisanteries.
Meurtre et tyrannie
Le long speech sur la descente dans la tyrannie de l'administration Bush est venue du témoignage du juriste conservateur Bruce Fein. Si Bush s'était montré à la Convention constitutionnelle de Philadelphie, la porte lui aurait été interdite par George Washington, a dit Fein avec assurance. Il a fait ce commentaire d'une manière qui trahit son mépris pour toute défense du comportement de l'administration Bush. Bush est étiqueté tyran par l'une des meilleures et des plus brillantes institutions judiciaires des États-Unis.
La conclusion fut le témoignage de l'ancien procureur du district de Los Angeles, Vincent Bugliosi. En tant que procureur de district, Bugliosi a jugé et condamné Charles Manson pour meurtre au premier degré, obtenant même la peine mort bien que l'État ait admis que Manson n'a jamais prémédité les meurtres. Dans le passé, Bugliosi disait que la préparation est la clef pour gagner les procès, et qu'il sait s'il a réussi après le discours liminaire. Avec seulement cinq minutes, il avait un grand tâche, mais le syllogisme qu'il avait établi était du genre concis.
Le 1er octobre 2002, le Président Bush déclarait que l'Iraq n'avait pas d'armes de destruction massive. Le 7 octobre, Bush racontait que l'Iraq était une menace pour les États-Unis à cause de ses armes de destruction massive. Il a ensuite utilisé cet argument pour justifier la guerre en Irak, se rendant coupable de la mort de plus de quatre mille soldats étasuniens et de la mort certifiée de plus de 100.000 civils irakiens.
Il y avait d'autres membres dans le groupe témoin, notamment l'initiateur de ces audiences Dennis Kucinich (démocrate de l'Ohio), les députés : Walter Jones (républicain de Caroline du Nord), Maurice Hinchey (démocrate de New York), et Brad Miller (démocrate de Caroline du Nord). Mais c'est le patient et prudent Président du Comité Judiciaire, avec son soutien exprimé envers les Démocrates, et les deux témoins vedettes, Fein et Bugliosi, qui ont porté les charges de tyrannie et de meurtre, des chefs d'accusation qui ne seront pas facilement oubliés, peu importe le nombre de grands médias et de politiciens qui choisiront d'ignorer cette question.
Original : www.scoop.co.nz/stories/HL0807/S00285.htm
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info