Conflits et guerres actuelles

Bulletin des Amitiés franco-irakiennes n°85


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Vendredi 18 Avril 2008

GAZA : LE COUP D’ÉTAT MANQUÉ DU FATAH, par Xavière Jardez (p. 5)

 

 

                               

n°85

 

17 avril 2008

 

Où en est l’«Affaire Pétrole contre nourriture » ?

 

« Depuis 3 ans, la « justice » m’ interdit de sortir de France

 

et de travailler normalement… »

 

 

Il y a longtemps que l’« Affaire Pétrole contre nourriture » ne fait plus parler d’elle. Certains pensent même qu’elle est enterrée, que ma « mise en examen » est un vieux et mauvais souvenir. Il n’en est rien.

 

 

Depuis 3 ans, je suis assigné à résidence en France pour avoir « violé une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU ». Il m’est toujours interdit de sortir du territoire français métropolitain, sauf autorisation d’un juge qui ne l’accorde que si la demande lui semble justifiée. Encore faut-il que je dise où je veux aller, pourquoi, et que je précise mes dates de départ et de retour. Je circule avec un « Avis de mise en liberté » à présenter en cas de contrôle de police.

 

 

Le juge ne m’a autorisé qu’à aller en vacances à l’étranger avec mon épouse – à deux reprises en trois ans – mais refusé les déplacements à caractère politique ou dans un but professionnel. Je n’ai pas pu aller en Syrie, au Liban ou au Yémen pour les besoins d’un ouvrage que je voulais consacrer au jeu américain dans la région (Plan Grand Moyen-Orient), malgré l’attestation fournie par un éditeur. J’aurais pu, selon la « justice », en profiter pour me « concerter avec des complices », « détruire de documents »… Comme si, de nos jours, les moyens de communication : téléphone (pas sur ma ligne, bien sûr), Internet (dans un cyber-café), webcam, ne permettaient pas de s’entretenir avec un maximum de discrétion au-delà des frontières.

 

 

Depuis que le juge Courroye a clôt son instruction en juin dernier, cet argument –  fallacieux – ne tient plus. Je ne serai jugé que sur les documents contenus dans mon dossier. Alors, pourquoi ne me restitue-t-on pas mon passeport ? Pourquoi suis-je un des seuls - parmi la vingtaine de personnes impliquées dans cette affaire – à qui la « justice » refuse le droit de circuler, y compris dans l’espace Schengen ? Pourquoi m’empêche-t-elle de travailler normalement ?

 

 

Dans les démocraties occidentales – autoproclamées exemplaires – on n’emprisonne généralement pas pour des idées. S’inspirant de pratiques anglo-saxonnes, la « justice » s’en prend – quand c’est possible - aux moyens de subsistance de ceux dont les idées et les activités politiques déplaisent. Ainsi, mon épouse a dû verser – à grand mal – 50 000 euros de caution pour que je reste en liberté … surveillée.

 

 

En m’assignant à résidence en France, la « justice » m’interdit d’écrire de façon plus documentée, et plus objective à mon sens, sur des sujets que je connais bien : la résistance irakienne, la situation des réfugiés irakiens, les manoeuvres occidentales de déstabilisation de la Syrie et du Liban. Cela équivaut à m’interdire de gagner ma vie de ma plume. Comme en temps de guerre – mais ne sommes nous pas en guerre contre le « terrorisme » ? - les activités rédactionnelles et associatives engagées non contrôlées sont assimilées à de la déviance politique, voire à de l’intelligence avec l’ennemi.

 

 

Je souhaite évidement que la date du procès de l’« Affaire Pétrole contre nourriture » soit fixée au plus vite et qu’il n’ait pas lieu dans dix ans comme c’est souvent le cas pour les affaires dites sensibles. Si l’objectif était de réduire au silence les partisans de la politique arabe de la France, de faire chanter des hommes politiques des chefs d’entreprises, ce jour là  - avec Jacques Vergès, mon avocat - nous ne nous tairons pas. Le procès sera celui de la politique américaine au Proche-Orient, de la veulerie de certains hommes politiques occidentaux, ce sera celui du génocide du peuple irakien.

 

Gilles Munier

 

 

Jacques Chirac, à Ottawa, le 3 septembre 1999 :

 

« Si l’embargo se poursuit, les dirigeants occidentaux pourraient être un jour accusés

 

de crime contre l’humanité » (Le Canard Enchaîné – 21/2/01)

 

Mardi 6 mai…

 

 

Sortie du livre : Irak : la parole à la résistance

 

aux Editions Le temps des cerises (156 pages – 14 euros).

 

Introduction de René Lacroix et Sliman Doggui – Choix des textes : Bruno Drweski et Yves Vargas.

 

 

Il sera présenté par l’Appel franco-arabe (AFA)

 

le mardi 6 mai, à 18 h, à l’AGECA (177, rue de Charonne – 75011 Paris).

 

 

Débat : Aujourd’hui, la résistance irakienne

 

Un débat sur l’état de la résistance irakienne suivra la présentation de l’ouvrage,

 

avec la participation de Subhi Toma et de Gilles Munier.

 

 

 

Brèves

 

Impunité sélective - Julie Karpova, bouclier humain en Irak, au moment de l’invasion US en 2003, est poursuivie par le Département du Trésor US, (le Service de Contrôle des Avoirs Etrangers- OFAC) pour avoir soutenu l’économie irakienne d’avant-guerre… en dépensant quelques dollars pour se nourrir, brisant par là le scandaleux embargo imposé à ce pays pendant douze ans. L’administration US a une politique d’impunité sélective: Bremer, par exemple, n’a de compte à rendre à personne parce que l’Autorité Provisoire de Coalition ne constituait pas un organisme du gouvernement américain. Les mercenaires commettent les pires atrocités mais ne tombent sous le coup ni de l’appareil militaire, ni de la loi civile, ni même de la loi irakienne impuissante. Privée de toute procédure impartiale, Karpova s’est vu contrainte d’en appeler directement à la Cour Suprême.

 

 

La question de Kirkouk et les Turcomans -  Le 2 février 2008, l’Union Islamique des Turcomans d’Irak a organisé un atelier à Bagdad sur la question de Kirkouk centrée sur quatre grands thèmes : l’article 140 de la Constitution instituant un référendum sur Kirkouk ; le projet pour résoudre cette question, les bases turcomanes de ce projet, notamment l’origine turcomane de Kirkouk, ses faits et preuves, l’importance de cette ville et province pour définir les relations ente les Turcomans et les autres Irakiens, ainsi que le processus démocratique en Irak ; les mécanismes et les plans pour présenter la question turcomane, particulièrement sur le plan international avec le rapport de Baker-Hamilton.

 

 

Pétrole : que restera-t-il aux Irakiens ? - Deux nouveaux champs pétrolifères en Irak vont être offerts à l’exploration des compagnies pétrolières dans les régions de Kirkouk dans le nord et Rumaila dans le sud, champs qui comptent parmi les dix champs « super » géants. L’introduction de la technique sismique en trois D permettra de mieux appréhender la formation géologique et donc la présence de pétrole. Par ailleurs, BP, Chevron, Exxon et Shell ont signé des contrats pour augmenter de 500 000 barils par jour la production de pétrole actuellement de 2,4 millions b/j, respectivement dans la région de Qurna, Zubair, Rumaila dans le sud et Missan et Kirkouk dans le nord.

 

Source: Associated Press, www.iht.com/bin/

 

 

Gang pro-iranien - Selon Al-Hayat (4/4/08), Yusuf Sanawi, chef Tha'r Allah - La Vengeance de Dieu, milice liée aux services secrets iraniens - aurait été arrêté à Bassora. Il s’est illustré dans le sud, depuis 2004, en massacrant tout Irakien suspecté de baasisme et en poussant à l’exode les sunnites et les derniers chrétiens et mandéens de la ville.

 

 

Espionnage et désinformation - Douglas Feith, ancien sous secrétaire d’Etat américain à la Défense, qui dirigeait le Bureau des Projets Spéciaux, auteur des rapports accusant Saddam Hussein de liens avec Al-Qaïda, a déclaré le 30 mars sur CBS (60 minutes) que la décision d’agresser l’Irak avait été prise pour prévenir une attaque terroriste irakienne contre les Etats-Unis… Feith, a dû démissionner de son poste en janvier 2005. Il est soupçonné d’espionnage au profit d’Israël.

 

http://rawstory.com/news/2008/Feith_Iraq_war_was_to_prevent_0404.html

 

http://www.cbsnews.com/stories/2008/04/03/60minutes/main3992653.shtml

 

 

Iran : augmentation des exportations non-pétrolières vers l’Irak - Le passage de Méhran entre l’Iran et l’Irak a enregistré une augmentation de 35% des marchandises en provenance de l’Iran au cours de l’an dernier soit une valeur de 234 millions de dollars en augmentation de 61 millions par rapport à l’année précédente.

 

 

Justice à l’américaine - Alaa « Alex » Mohamed Ali, possédant la double nationalité irakienne et canadienne et travaillant pour l’armée US en Irak comme interprète va être traduit devant la justice militaire US, une première depuis la guerre du Vietnam. Le Congrès a en effet, confié aux militaires US le soin de poursuivre les civils ayant commis des crimes en Irak. Alex est accusé d’avoir poignardé un autre « contractor » au cours d’une bagarre, le 23 février, dans une base, près de Hit, dans la province d’Anbar. A quand le jugement des « contractors » US pour des crimes sur des Irakiens ? On est en droit d’en douter suite à l’annonce que le Département d’Etat vient de renouveler le contrat de la compagnie de sécurité, Blackwater, pour la protection des ses diplomates en Irak, pour une année, malgré l’incident du 16 septembre dernier, au cours duquel elle a tué 17 civils irakiens alors qu’elle escortait un diplomate américain à travers Bagdad. Le gouvernement irakien considère cet incident comme un crime mais le FBI n’ayant pas terminé son enquête (!), il n’y avait aucune raison de mettre Blackwater de côté…..

 

DROITS DE L’HOMME

 

 

Irak : indifférence onusienne ou complicité ?

 

 

Un certain nombre d’organisations non gouvernementales* a adressé au Secrétariat Général des Nations Unies un rapport sur la situations catastrophique des droits de l’homme en Irak et la situation de ce pays en général et s’étonne que le Conseil pour les Droits de l’Homme des Nations Unies n’ait jamais évoqué ces violations ni que le Haut Commissaire aux Réfugiés, en dépit de son mandat, n’ait attiré son attention.

 

 

En décembre 2007, l’OCHA (Office pour la Coordination des Affaires Humanitaires) qualifiait la situation en Irak de « situation complexe et la plus violente dans le monde… caractérisée par des graves violations des droits de l’homme et de la loi humanitaire internationale » ajoutant que les droits de base- le droit à la vie et à la sécurité - constituaient l’inquiétude principale des Irakiens. Les Nations Unies estimaient à plus de 8 millions les personnes ayant besoin d’une assistance immédiate. 54% de la population survivaient avec à peine 1$ par jour et 15% étaient dans une extrême pauvreté avec un demi-dollar. Le Bureau Irakien des Statistiques confirmait que 43% des Irakiens souffraient d’une «pauvreté absolue ». Sous l’occupation, des milliards de dollars se sont évanouis et la corruption est un phénomène courant en Irak, inconnu à ce stade avant l’occupation. Transparency International range l’Irak parmi les pays les plus corrompus.

 

 

Le rapport rappelle les cris d’alarme lancés par les agences des Nations unies sur les 4,4 millions de réfugiés, les assassinats d’intellectuels (500 en cinq ans) et le pillage des richesses archéologiques de l’Irak. Les forces d’occupation ont utilisé les sites archéologiques comme bases militaires (Babylone) et ont détruit des sites historiques au cours de leurs opérations militaires.

 

 

La torture en Irak par les forces de coalition US et britannique fait partie d’un modèle plus large inauguré à Guantanamo et l’Afghanistan et poursuivi par sa délocalisation dans des pays autres. Les sévices infligés aux prisonniers de guerre irakiens ont été l’objet de nombreux rapports dont celui du général US Antonio Taguba, en mars 2004, où il concluait que les soldats US avaient soumis les détenus à des méthodes sadiques, en violation des lois internationales. En dépit des promesses d’apaisement, la torture et les exécutions sommaires - déguisées parfois en évasions de prisonniers- ont continué, comme le notaient le chef du Bureau des Droits de l’Homme des Nations Unies, Gianni Magazzeni et Amnesty International, dans son rapport Beyond Abu Ghraib, mars 2006. Jusqu’à présent, les Américains comme les Irakiens ont refusé tout accès de ces centres de détention à la Croix Rouge ou à des experts des Nations unies, ou à des enquêteurs. Les morts survenant dans ces centres sont généralement dits de « cause naturelle » ou « causes inconnues ». Des experts médicaux mettent cette assertion en question étant donné l’âge des détenus et les circonstances de leur emprisonnement : les Américains et les Britanniques ont été accusés d’avoir noyé des prisonniers en les poussant dans des fleuves ou canaux.

 

 

 

De nombreux rapports indiquent que les partis et milices kurdes ont leurs propres centres de détention où tortures et mauvais traitement sont monnaie courante dans les trois gouvernorats du Nord de l’Irak. «La plupart des détenus de cette catégorie étaient des Arabes irakiens arrêtés à Mossoul ou Kirkouk et transférés au Kurdistan. Les tribunaux pénaux n’y ont pas compétence pour juger des cas de transfert d’autres gouvernorats où les crimes ont été commis ».

 

 

Les forces d’occupation se servent d’armes comme le napalm, les bombes à fragmentation, au phosphore, à l’uranium appauvri bannies par la loi internationale ou considérées comme inhumaines ou inacceptable, parce qu’elles ne différencient pas entre cibles militaires et civils et qu’elles causent des souffrances indiscriminées ou inutiles. Il serait urgent, dit le rapport, d’enquêter sur cet usage.

 

 

Les femmes irakiennes continuent à être les victimes d’une violence extrême, dont la torture, le viol des femmes détenues particulièrement dans les zones administrées par les partis kurdes, le UPK et le PDK. L’arrestation des femmes a pour but de faire pression sur les fils, maris et autres pour se rendre. Les droits civils dont jouissaient les femmes avant 2003 ont, avec la nouvelle constitution rédigée sous la supervision des Etats-Unis, reculé des générations en arrière.

 

 

Le rapport indique, d’autre part, qu’en violation de la 4ème Convention de Genève, le service de santé, un des meilleurs de la région avant 2003, a subi une telle dégradation qu’il ne peut subvenir aux besoins de la population. 90% des hôpitaux manquent de l’équipement de base et les milices ne se gênent pas pour enlever les patients pour les exécuter. L’UNICEF évalue à 10% les enfants irakiens souffrant d’une malnutrition aigue et 20%, ceux souffrant d’une malnutrition chronique. La mortalité infantile a augmenté de 150% entre 1990 et 2005, dépassant en cela, les pays de l’Afrique subsaharienne, touchés par le sida, et en 2005, 122 000 enfants irakiens sont morts, la moitié étant des nouveaux-nés.

 

 

Selon un rapport de l’’UNESCO, en mars 2008, à l’exception de la période de l’embargo, le système éducatif en Irak était le meilleur de la région avec 100% d’enfants inscrits pour le primaire et un faible taux d’analphabétisme homme/femme. A l’heure actuelle, en raison de l’invasion et de l’occupation, le système est en faillite et rien n’est fait pour l’améliorer. …

 

 

… Il est intéressant de noter que le Haut Commissaire des Nations unies, Mme Louise Arbour, a décrit, le 8 février 2007, les violations commises par les nouveaux tribunaux institués par les forces d’occupation, sans existence légale, qui n’ont pas respecté le principe de l’indépendance et de l’impartialité qui doit être le leur selon la Déclaration universelle des droits de l’homme.

 

 

En octobre 2006, le journal britannique The Lancet estimait à 600 000 le nombre d’Irakiens morts depuis l’invasion américaine. En janvier 2008, ORB (Opinion Research Business) réactualisait les chiffres après avoir effectué plus de 600 interviews dans les zones rurales en Irak et arrivait au chiffre de 1.033 000 en moyenne, oscillant entre 946 000 et 1 120 000.

 

 

Le rapport exhorte le Conseil des Droits de l’Homme à intervenir notamment en rétablissant le Rapporteur spécial sur l’Irak qui a été annulé après l’invasion.

 

 

* L’Union des Juristes Arabes, La Fédération Générale des Femmes Arabes, La Fédération Générale des Femmes Irakiennes, Association Internationale des Juristes Démocrates, Mouvement International de la Jeunesse et des Etudiants pour les Nations Unies, ayant statut d’observateur, Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, Association des Cités pour la Coopération nord-sud. L’Association des Juristes Arabes (GB), l’Association des Diplomates Arabes et l’Association des Intellectuels et Universitaires Irakiens partagent les opinions exprimées dans ce rapport.

 

 

Sources: A/HRC/7/NGO/83 –A/HCR/NGO/97

 

 

 

 

BILLET D’HUMEUR

 

 

Robert Ménard, le Tibet et la Palestine

 

par Xavière Jardez

 

 

On les reconnaît les petits roquets à la solde de l’Occident ; ils s’agitent, ils se démènent en tous sens comme des puces sur un chien galeux. Tel est le sieur Ménard, président de Reporters sans Frontières, se contorsionnant derrière le représentant chinois, lors de la cérémonie de l’allumage de la Flamme des Jeux Olympiques, pour déployer sa banderole, dénonçant la répression chinoise au Tibet qui, selon certains chiffres, a fait une centaine de morts.

 

 

Il gagnerait nos faveurs s’il s’était élevé avec une semblable véhémence contre la répression israélienne – qualifiée sous d’autres cieux de « légitime défense »- dans la bande de Gaza, fin février, donc peu avant le soulèvement au Tibet. Plus de 120 Palestiniens, dont la moitié était des civils, et un sur cinq, un enfant, ont été tués par l’armée israélienne, d’après l’organisation des droits de l’homme , B’Tselem. Que ne s’est-il insurgé contre les propos du vice-ministre de la défense de l’état juif, Matan Vinai, menaçant les Palestiniens d’un « holocauste » si les tirs de roquettes persistaient sur le sud d’Israël alors que ceux-ci n’ont, en sept ans, enregistré 14 victimes contre 323 morts palestiniens depuis la Conférence d’Annapolis, fin janvier 2008.

 

 

Si la Chine est une puissance occupante d’un Tibet qui a, toujours, été sous la suzeraineté chinoise, qu’est donc Israël qui, il y a 60 ans, n’existait pas et qui, depuis 40 ans occupe des territoires palestiniens, sans oublier le Golan syrien, acquis par la force, s’y enracine par la multiplication de ses colonies et refuse le retour des réfugiés palestiniens ?

 

 

Il ne nous semble pas, à moins d’un murmure, que R. Ménard ait protesté avec autant de violence contre la construction du Mur de la honte, qui enclave les Palestiniens, les ghettoïse, ni contre les sévices subis par les prisonniers irakiens dans la prison d’Abou Ghraib, ou encore contre l’assassinat de plus de 250 journalistes irakiens.

 


Il n’y a pas si longtemps, dans le temps historique, les maîtres à penser US de R. Ménard ne laissaient subsister aux Etats-Unis qu’une fragile portion des tribus amérindiennes, les réduisant à n’être qu’une attraction touristique dans leurs réserves, anéantissant leur culture, leur identité, leur religion sur une telle échelle que le « génocide culturel » dont la Chine est accusée paraît dérisoire.

 

 

Il faut en finir avec le matraquage de l’information, la désinformation anesthésiante qui, du flacon d’anthrax de C. Powell au rapport plagié de Tony Blair, a engendré la tragédie irakienne et engendrera d’autres tragédies, en Iran ou en Chine qu’à nouveau on cherche à démembrer. Peut-être alors, aurons-nous d’authentiques reporters sans frontières.

 

 

 

Projet de bases américaines permanentes en Irak : la carte

 

http://www.fcnl.org/iraq/bases.htm

 

 

 

PALESTINE

 

 

GAZA : LE COUP D’ÉTAT MANQUÉ DU FATAH

 

par Xavière Jardez

 

 

L’accord conclu, récemment, entre le Hamas et l’Autorité Palestinienne, par l’entremise du Yémen, pour parvenir à un gouvernement d’unité nationale aura-t-il des chances de voir le jour, indépendamment des obstacles intrinsèques aux deux parties, ou sera-t-il, dès le départ, violemment combattu par Bush et ses complices palestiniens comme le fut le premier gouvernement d’unité nationale en 2007 avec l’ « Action Plan » ainsi que le révèle l’hebdomadaire américain Vanity Fair.

 

 

Briser le Hamas

 

Briser le Hamas a été l’objectif de cette communauté internationale, réduite au « Quartet » composé des Américains de l’Union européenne, de la Russie et des Nations unies, depuis l’élection démocratique de la mouvance islamiste à Gaza en 2006, après son refus de reconnaître Israël, de renoncer à la violence et d’accepter tous les termes des accords précédents. Le briser économiquement, d’abord. Maître d’œuvre des sanctions, instituées par les Etats-Unis et l’Union européenne qui suspendaient le paiement de l’aide à l’Autorité palestinienne d’un montant de 2 milliards de dollars, Israël a imposé un blocus économique punitif qui s’est ensuite transformé en un siège total de la population de Gaza en violation, comme d’habitude, du droit international qui prohibe tout châtiment collectif. Appauvrie, réduite au chômage (voir encadré), vivant dans une prison à ciel ouvert, sous le contrôle permanent aérien, naval d’Israël, malgré le désengagement de ce dernier en 2005, en subissant les attaques à volonté –n’épargnant pas, cependant, la Cisjordanie, où Abbas a décrété un cessez-le-feu partiel, qui en a essuyé 480 au cours des trois derniers mois- les habitants de Gaza ne pouvaient que vouloir échapper à ces conditions apocalyptiques en défonçant, le 23 janvier, au passage de Rafah, le mur les séparant de l’Egypte, pour éviter de périr. C’est ainsi que certains précédents dans l’Histoire s’imposent à la mémoire….Sous la pression des Américains de retirer leur aide de 100 millions de dollars, l’Egypte ferma la frontière peu après.

 

 

Cependant, cette stratégie s’est révélée inopérante : les Gazouites n’ont pas lâché leur Premier ministre, Ismail Haniyeh, qui, pour faire face à la crise humanitaire, s’était procuré auprès de l’Iran chiite, une aide atteignant, pour certains, 200 millions de dollars en 2007. Il est étonnant de constater, ici, la popularité du Hamas en Cisjordanie, selon un récent sondage donné par Arte, le 2 avril, qui, si des élections étaient tenues, les remporterait.

 

 

L’Iran-Contra 2.0

 

Parallèlement à ces sanctions, les Américains envisageaient la liquidation politique du Hamas par le déclenchement d’une guerre civile palestinienne grâce à leur homme de main, Mohamed Dahlan, chef de la force paramilitaire de l’Autorité palestinienne la plus redoutée, les Services de Sécurité Préventive, collaborant étroitement avec la CIA et le FBI depuis les Accords d’Oslo en 1993 et ayant rencontré à plusieurs reprises, Clinton et Bush pour qui Dahlan était « notre homme ». N’avait-il pas arrêté 2000 membres du Hamas en 1996, dans la bande de Gaza après une série d’attentats suicides, torturé systématiquement des prisonniers par sodomisation.

 

 

Le poids des Américains dans les affaires palestiniennes remonte à la guerre des Six Jours en 1967 et s’est considérablement accru avec la présidence de Abbas, qui n’a jamais pu compter sur une base forte et indépendante, avait besoin de l’aide étrangère pour restaurer son prestige et était parfaitement conscient que, sans Washington, il ne pourrait résister au Hamas.

 

 

Dans ce contexte, la survie d’Abbas dépendait de la dissolution du gouvernement d’Haniyeh et à cette fin, Dahlan devait assumer la responsabilité de toutes les forces de sécurité -14 en tout sous Arafat dont la moitié à Gaza- une fois réformées, dont celles de la sécurité préventive, accusées d’enlèvement et de torture, pour lesquelles les Américains fourniraient armes et entraînement. Associés à un plan à deux faces, public pour le Congrès et clandestin autour de pays arabes, ressemblant étrangement à l’Irangate, l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes devaient verser directement à Abbas des fonds destinés à l’achat d’armement. Or, ni les Américains, ni les pays arabes ne tinrent leur engagement : de 86,4 millions de dollars, le Congrès réduit le montant à 59 millions de dollars, en avril 2007, pour une aide non létale de peur que les armes achetées ne se retournent contre Israël, et seuls les Emirats y allèrent de leur poche avec 30 millions de dollars.

 

 

Plan B

 

Un gouvernement d’unité nationale vit le jour sous les auspices du roi Abdallah d’Arabie Saoudite, en février 2007, pour éloigner la guerre civile sous-jacente: Haniyeh restait premier ministre et des membres du Fatah occuperaient plusieurs postes importants. L’Administration US n’accepta pas plus cette solution qu’elle n’avait accepté l’élection du Hamas et proposa une alternative, le Plan d’Action Pour la Présidence Palestinienne connue sous le nom de « Plan B » à la rédaction duquel participèrent le Fatah et la Jordanie.

 

 

La version finale le présentait comme né d’une idée de l’Autorité Palestinienne et confirmait que les propositions sécuritaires avaient été approuvées par Abbas après l’accord du Général Dayton, coordinateur US pour la sécurité des Palestiniens et directeur du Iraq Survey Group, à la recherche des armes de destruction massive de Saddam Hussein. Abbas devait dissoudre le gouvernement du Hamas si ce dernier refusait toujours de modifier son attitude par rapport à Israël. Qu’Abbas ait le pouvoir constitutionnellement de le faire ne préoccupait pas Bush. « Le dénouement attendu était de donner à Abbas la capacité de prendre les décisions politiques stratégiques requises…telles que démettre le cabinet, établir un cabinet d’urgence » ou appeler à de nouvelles élections. Les forces de sécurité du Hamas, notamment les 6000 hommes de la nouvelle Force Exécutive, ne devaient pas être intégrées à celles du Fatah et Abbas devait assumer le « contrôle indépendant des principales forces de sécurité » dont une force de 15 000 hommes financée en secret par les pays arabes. Une force additionnelle de 4700 hommes était répartie en sept bataillons hautement entraînés soit en Jordanie soit en Egypte.  Il est à noter que certains factions du Fatah ne prirent pas part au complot, comme le déclare, Khalid Jaberi, commandant des Brigades d’Al Aqsa, car « il n’y a jamais eu de décision globale de confronter le Hama et c’est pourquoi nos armes sont les plus pures. Elles ne sont pas souillées du sang de notre peuple ».

 

 

Le calme était revenu sous le gouvernement d’unité nationale dans les territoires palestiniens. Mais, le 30 avril 2007, la publication par un journal jordanien Al Majd, d’une première ébauche du plan B convainquit le Hamas que le Fatah projetait un coup soutenu par les Etats-Unis, comme le démontraient les recrues fraîchement entraînées, équipées de neuf venant d’Egypte par la bande de Gaza. Haaretz suivit, le 7 juin, avec l’annonce qu’Abbas et Dayton avaient demandé à Israël d’autoriser le plus grand transport d’armes en provenance d’Egypte comprenant des douzaines de véhicules blindés, des centaines de fusées pénétrantes, de milliers de grenades et des millions de munitions dont s’empara le Hamas lors de la déroute du Fatah, le 13 juin. La  situation sur le terrain entre les forces en présence produisit un effet de dominos qui enhardit le Hamas à tenter plus. Quelques jours plus tard, le Hamas prenait le contrôle de Gaza : pour Fawzi Barhoum, principal porte-parole du Hamas, le plan soutenu par les Américains consistait à « anéantir le choix politique » et la violence aurait redoublé. Avec l’arrivée des nouvelles recrues, 250 membres du Hamas avaient été tués au cours des six derniers mois de 2007.

 

 

Pour Mahmoud Zahar, ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement Haniyeh, l’objectif du Hamas était limité : se débarrasser des Services de Sécurité préventive, et des années d’oppression par Dahlan , qui soumettaient à la torture ou tuaient ceux soupçonnés d’appartenir au Hamas. C’est d’ailleurs l’avis de David Wurmser, farouche néoconservateur et principal conseiller de Dich Cheney pour les Affaires du Moyen Orient, qui a démissionné, en juillet 2007, un mois après la prise de contrôle de Gaza par le Hamas. Il accuse l’Administration Bush de «…déclencher une sale guerre pour offrir à une dictature corrompue (dirigée par Abbas) une victoire. Il me semble que ce qui est arrivé n’est pas tellement un coup par le Hamas, qu’une tentative de coup par le Fatah qui a été torpillée avant qu’elle ne survienne. »

 

 

Source : www.vanity.fair.com/politics/features/2008/04/gaza200804?

 

 

Brèves

 

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Vendredi 18 Avril 2008

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