Palestine occupée

Boycottez Israël ! Un Israélien en est arrivé à la conclusion, quand bien même serait-elle douloureuse, que le boycott est le seul moyen de sauver son pays




Cet été, les quotidiens israéliens sont pleins d’articles colériques fustigeant une campagne internationale de boycott d’Israël. Des films ont été retirés de leur participation à des festivals de cinéma en Israël, Leonard Cohen est soumis à des tirs à boulets rouges dans le monde entier après la décision qu’il a prise de jouer à Tel Aviv et l’organisation Oxfam a coupé tous liens avec une porte-parole pipole, une actrice britannique, au motif qu’elle participe, par ailleurs, à des films publicitaires vantant des produits de beauté produits dans les territoires (palestiniens) occupés.


Par Neve Gordon
Neve Gordon est l’auteur de l’ouvrage Israel’s Occupation. Il enseigne la science politique à l’Université Ben-Gourion de Beersheba, en Israël (de 1948, ndt)


Neve Gordon
Lundi 24 Août 2009

Boycottez Israël ! Un Israélien en est arrivé à la conclusion, quand bien même serait-elle douloureuse, que le boycott est le seul moyen de sauver son pays
Manifestement, cette campagne qui a recours à la tactique qui a contribué à mettre fin à la discrimination raciale officielle en Afrique du Sud est en train de gagner beaucoup de partisans, dans le monde entier.

Sans surprise, beaucoup d’Israéliens – même des peaceniks du « camp de la paix » - ne signent pas. Un boycott généralisé ne servirait à rien, d’après eux. De plus, ce type d’action reflèterait un certain antisémitisme. Cela soulève aussi la question du deux poids-deux mesures (pourquoi ne pas boycotter aussi la Chine, en raison de ses violations éhontées des droits humains ?), ainsi que celle de la position (en apparence) contradictoire consistant à approuver le boycott de son propre pays.

Ce n’est certes pas simple, pour moi qui suis Israélien, d’exhorter les gouvernements étrangers, les autorités régionales et internationales et les mouvements sociaux, ainsi que les organisations confessionnelles, les syndicats et les simples citoyens à suspendre leur coopération avec Israël. Mais aujourd’hui, quand je vois mes deux garçonnets en train de jouer dans la cour, je suis convaincu que le boycott est la seule façon de sauver Israël de sa propre folie.

Ce qui m’amène à dire cela, c’est le fait qu’Israël est parvenu à la croisée des chemins : les temps de grande crise nécessitent toujours des décisions aussi difficiles que drastiques. Je dis cela en tant que juif ayant décidé d’élever ses enfants en Israël, en tant que membre du camp de la paix israélien depuis près de trente ans et en tant que citoyen israélien profondément préoccupé par l’avenir de son pays.

La description la plus précise et exacte que l’on puisse donner aujourd’hui d’Israël est celle de pays d’apartheid. Depuis plus de quarante-deux ans, Israël contrôle les terres s’étendant entre la Vallée du Jourdain et la côté méditerranéenne. Dans cette région résident environ 6 millions de juifs et près de 5 millions de Palestiniens. Sur cette population, 3 millions-et-demi de Palestiniens et près d’un demi-million de juifs vivent dans les régions conquises et occupées par Israël en 1967.

Néanmoins, bien que ces deux populations vivent dans la même région, elles sont régies par deux systèmes légaux entièrement différents. Les Palestiniens sont apatrides et sont privés de la plupart des droits humains les plus fondamentaux. En un contraste choquant, tous les juifs – qu’ils vivent dans les territoires occupés ou en Israël – sont citoyens de l’Etat d’Israël.

La question qui m’empêche de dormir, à la fois en tant que parent et en tant que citoyen, est celle de savoir comment faire en sorte que mes deux enfants, ainsi que ceux de mes voisins palestiniens, ne grandissent pas dans un système d’apartheid ?

Pour atteindre ce but, il n’y a que deux manières (si l’on veut le faire en respectant l’éthique).

La première, c’est la solution à un Seul Etat, consistant à offrir la citoyenneté à tous les Palestiniens et, par conséquent, en créant une démocratie binationale dans la totalité de l’ère géographique aujourd’hui contrôlée par Israël. Etant donné le rapport des taux de croissance démographique, cela reviendrait à condamner Israël en tant qu’Etat juif ; pour la plupart des Israéliens, c’est totalement inenvisageable.

La deuxième manière de mettre fin à notre apartheid passe par la solution à Deux Etats (qui implique le retrait d’Israël à l’intérieur de ses frontières antérieures à juin 1967 (avec de possibles échanges de territoires à parité), le partage de Jérusalem et la reconnaissance du droit des réfugiés palestiniens à rentrer chez eux, avec la réserve que seule, une partie (limitée) des 4 millions-et-demi de réfugiés palestiniens seraient autorisés à retourner s’installer en Israël, les autres pouvant revenir [sic, ndt] dans le nouvel Etat palestinien.

Géographiquement, la solution à Un Etat semble bien plus faisable, les juifs et les Palestiniens vivant d’ores et déjà totalement de manière inextricable ensemble ; de fait, « sur le terrain », la solution à Un seul Etat (dans sa variante « apartheid ») est déjà une réalité.

Idéologiquement, la solution à Deux Etats est plus réaliste, car moins d’un pourcent des juifs et seulement une minorité des Palestiniens sont favorables à la bi-nationalité.

Pour l’instant, en dépit des difficultés concrètes, il est plus raisonnable de modifier les réalités géographiques que les réalités idéologiques. Si, dans un futur donné, les deux peuples décident de partager un Etat, ils pourront le faire. Mais actuellement, cela n’est pas quelque chose qu’ils appellent de leurs vœux.

Donc, revenons à la solution à Deux Etats : s’il s’agit bien de la manière de mettre un terme à la situation d’apartheid, comment atteindre ce but ?

Je suis convaincu que la pression extérieure est l’unique réponse. Durant les trois décennies écoulées, le nombre des colons juifs dans les territoires occupés s’est considérablement accru. Le mythe de la Jérusalem réunifiée a abouti à la création d’une ville ségréguée, d’apartheid, où les Palestiniens ne sont pas considérés comme citoyens et où les services municipaux de base leur sont déniés.

Le camp de la paix israélien s’est effiloché au fil des années, si bien qu’aujourd’hui, il n’existe pour ainsi dire plus, et cela s’accompagne d’une glissade continue des partis politiques israéliens vers l’extrême droite.

Par conséquent, il est évident, à mes yeux, que la seule manière permettant de contrer la tendance à l’apartheid actuelle en Israël passe par une pression internationale massive. Les propos et les condamnations provenant de l’Administration Obama et de l’Union européenne n’ont eu aucun résultat, pas même un gel de la colonisation israélienne. Quant à une décision israélienne de se retirer des territoires occupés, je n’en parle même pas, par charité !

Par conséquent, j’ai décidé d’apporter mon soutien à l’action BDS – Boycott, Désinvestissement et Sanctions -, qui a été lancé par des militants palestiniens en juillet 2005 et qui n’a cessé depuis lors de bénéficier d’un soutien de plus en plus large dans le monde entier. Ce mouvement a pour objectif de faire en sorte qu’Israël respecte les obligations que lui impartit le droit international et que les Palestiniens se voient garantir leur droit à l’autodétermination.

En 2008, à Bilbao, en Espagne, une coalition d’associations du monde entier a formulé la campagne Boycott, Divestment and Sanctions en 10 points, qui vise à exercer des pressions sur Israël «d’une manière graduelle et durable, en fonction du contexte et de sa réceptivité».

Ainsi, par exemple, l’action a commencé par des sanctions contre (et des désinvestissements de) firmes israéliennes travaillant dans les territoires palestiniens occupés. Elle a été suivie par des actions contre celles qui contribuent à soutenir, voire à renforcer, l’occupation de manière patente. Dans cet ordre d’idées, des artistes venant en Israël afin d’attirer l’attention du public sur l’occupation sont bienvenus et encouragés à le faire, alors que ceux qui vont en Israël à seule fin d’y faire leur show ne le sont pas.

Rien d’autre n’a marché. Exercer une pression internationale massive sur Israël est la seule manière permettant de garantir que la nouvelle génération d’Israéliens et de Palestiniens – dont mes deux garçons – ne grandiront pas dans le contexte d’un régime raciste d’apartheid.

Source : http://www.latimes.com/  
  Traduction : Marcel Charbonnier

http://ism-france.org/news/article.php?id=12555&type=analyse&lesujet=Boycott http://ism-france.org/news/article.php?id=12555&type=analyse&lesujet=Boycott



Lundi 24 Août 2009


Commentaires

1.Posté par SOMUD le 24/08/2009 17:09 | Alerter
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Certes un vrai boycott massif peut faire du mal.

Mais avant tout, il faut faire connaître à un maximum de « gens bien » désinformés l’illégitimité congénitale et néonatale de l’entité sioniste. S’attaquer à la racine du mal : l’idéologie fanatique saupoudrée de religion d'une minorité de "Juifs" des années 1925-1950 ayabt attiré avec des mensonges de la chair à canon, de l'huile de coude et des reproducteurs pour la croissance démographique. .

Ce Neve Gordon (descendant de Sujets du roitelet David ou des sujets du roi Bulan de Khazarie au VIII° siècle de notre ère ?) n’a pas l’air d’être gêné par l’inadéquation totale entre la RECOMMANDATION 181 de l’ONU et la réalité le jour de l’admission de l’entité sioniste à l’ONU le 11 Mai 1949. Il n’a pas l’air de penser qu’il faut que les sionistes rendent, hélas pas les vies, mais au moins TOUS les vols

De quels droits refuser le retour ou l’arrivée comme descendants de TOUS les Palestiniens qui le voudront.
Ce n’est pas une citoyenneté israélienne qu’il faut accorder aux Palestiniens mais une citoyenneté et nationalité palestiniennes aux « Juifs » et supposés tels. C’est pour cela qu’il faut boycotter

Contrairement à ce qu’il écrit, l’éthique de ce monsieur est plus que douteuse et la suivre serait dangereuse.

La moitié des Juifs vit hors de Palestine et ne s’en porte pas plus mal. Une partie de ceux qu’il compte comme Israéliens juifs ne le sont pas (les Slaves d’après le mur en particulier) et une partie des Israéliens juifs (20 % vivant en dessous du seuil de pauvreté) est prisonnière de l’entité sioniste et n’a plus le sou pour retourner dans le pays de ses aïeux.

On s’est très mal battu en ne faisant pas prioritairement porter nos efforts sur l’information internationale à propos de l’illégitimité congénitale et néonatale de l’entité sioniste.

Pour se donner bonne conscience et faire taire leur sentiment d’impuissance, certains vont là-bas. Mais c’est mettre des cataplasmes sur une toute petite partie de deux jambes totalement gangrenées. C’est soutenir le faible espoir d’une petite fraction des Palestiniens patriotes. Combien de Palestiniens n’ont, sinon vu, jamais parlé à un « international » ?

2.Posté par arthur Gohin le 24/08/2009 19:09 | Alerter
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Sauver un pays? En réalité le sens profond du mot sauver s'applique à l'être humain seulement. Un pays est une réalité superficielle, conventionnelle.
Ceci dit, Israël est beaucoup plus une mafia mondiale qu'un pays, est le sauver ne peut vouloir dire qu'en changer complètement la nature, faire table rase de tout ce qu'il a été jusqu'à présent.
Ce gentil citoyen juif, s'il veut réellement sauver quelque chose, doit appliquer le boycott intégral: émigrer hors d'Israël.
Et plein d'illusion, il veut permettre le retour des réfugiés palestiniens limité de façon à conserver le caractère juif d'Israël, c'est à dire son aspect inhumain pour les non juifs...

Aih aih aih, même les bonnes volontés de ce soi disant "pays", sont inconscientes de l'impasse fondamentale de 1948.

3.Posté par VIRGILE le 24/08/2009 20:43 | Alerter
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Fouttage de gueule ! Arguments de débile. Ils sont partout ! Ils se branlent d'Israël !

Le boycottage de produits alimentaires et hygiéniques, en terme de chiffre d'affaire, est ridicule face aux technologies qu'ils vendent par ailleurs, notamment l'industrie de la mort (4e vendeur d'armes du monde, formations d'escadrons de la mort, satellites, drones, systèmes radars et de guidages Laser, industrie d'armes chimico-biologiques, technologie nucléaire, etc.).

Si nous boycottons les produits sionistes d'Israël, c'est fondamentalement à cause de toutes les guerres qu'ils financent en sous mains par cet état terroriste et qui consacre plus du tiers de son budget pour ces diverses dévastations mondiales.N'oublions pas qu'ils ont récemment menacé les capitales européennes d'attaque nucléaire suite à quelques contestations suite aux massacre/génocide de Gaza, sur des civils enclavés. La barbarie impardonnable, à l'état pur. Et ces crevures du diable fanfaronnent en plus parce que c'était du matos (Phosphore-Uranium) fourni et payé par Bush et les contribuables Saxons ! La France de Sarko-Kouchner, complice, a laissé faire volontairement.

Par ailleurs, les principales holdings et entreprises sont ventilés dans le monde entier, notamment dans les pays de langue anglaise. Ce peuples circoncis qui ne fait que 0,23 % du monde (tous cryto-juifs confondus avec la diaspora) n'a strictement aucune légitimité, en terme de démocratie, pour souiller toutes les nations avec leurs industries de la mort et leurs ingérances chroniques dans les souverainetés du monde.

Il est bon de réaliser leur Grand Dessein. Tous les rapatrier en Terre Promise et tout faire pour qu'ils y restent. Là, Dieu prendra soin d'eux avec une généreuse Manne. Les produits et technologies usurpés aux nations depuis des siècles ne peuvent pas être agrées par YHWH (c'est écrit dans la Torah). Il faudra donc qu'ils rendent tout ce qu'ils ont volé, même les pierres pour ce Temple of Salomon - The retour.

Comme ils sont d'éternels rebelles, "au cou roide" comme dit la Bible, il faudra les aider un peu quitte à faire péter une splendide guerre mondiale, rêve des Rotschild & Rockefeller. Que leur volonté soit faite et que Dieu applaudisse pour les finir !. En plus, il est strictement interdit à un Jew, même défroqué, de se souiller avec les autres nations, pas plus qu'avec nos filles et nos biens. Aidons-les à accomplir la Parole, à ce cher et inimitable peuple défroqué "des Lus" !


4.Posté par dik le 24/08/2009 21:37 | Alerter
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@ l'auteur

Le vrai juif est celui qui craint Dieu. Or, Dieu a condamné les juifs à l'errance, à ne jamais avoir de patrie. Un juif qui se dit israélien et parler d'élever ses enfants en Israël est une hérésie. Voler la terre à tout un peuple avec une extrême violence pour ériger "une nation juive" et, de plus, refuser aux autochtones chassés par la force de revenir à leur foyer est un défi majeur à Dieu et aux hommes. Rien de bon ne peut s'en suivre. On le voit. L'humanité entière pourrait payer cher cet affront, pour une poignée de mécréants farouchement opposés à l'ordre divin.

Que Dieu nous préserve d'approcher une telle entité!

5.Posté par Fredd le 24/08/2009 22:48 | Alerter
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Le seul pays qu'il est interdit de boycotter...

C'est pas les musulmans!
http://www.takeourworldback.com/itwasntmuslims_fr.htm

6.Posté par ForeverJah le 25/08/2009 17:03 | Alerter
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Woooow Virgile.. On te reconnait plus.. Ce langage plus cru te va bien et je t'encourage de continuer ainsi.. Ca fait virile !! Libre est le Vrai Juif..

7.Posté par Arthur Gohin le 25/08/2009 18:21 | Alerter
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Virgile oublie que la guerre est financière en second lieu et psychologique en premier lieu.
Israël finira lorsque le monde ne croira plus en lui. Et le boycott est avant tout un témoignage moral contre lui. Toute sa puissance militaire et médiatique n'y pourra rien.

Dick, Dieu n'a jamais condamné les juifs à l'errance. Primo Il ne fait pas de jugement collectifs. Secundo Il ne condamne pas, selon ce qui Jésus a dit: "ce sont vos propres paroles qui vous condamneront et qui vous justifieront". Et d'ici la fin des temps, il donne également aux justes et aux injustes, ainsi qu'annoncé par le même Jésus.

Je rappelle aussi que les chrétiens sont condamnés par le prince de ce monde à errer et n'ont pas de patrie: "le monde vous haïra comme il m'a haï".

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