Propagande médiatique, politique, idéologique

Boycott des JO : l’échec


Les JO de Pékin sont terminés, ceux qui ambitionnaient d'y "foutre le bordel" et tenaient le devant de l'affiche se sont sont plaints d'avoir étés trahis et n'en ont pas tiré d'autre conclusion avant de changer de sujet.
Parlons-en justement.


Lundi 1 Septembre 2008

Le nerf de la guerre

Sous le titre Une pause à l’échelle mondiale, Investir.fr signalait le 30/08/08 que « Le ralentissement mondial s’est visiblement accentué au printemps dernier » et que « La Chine apparaît ainsi de plus en plus comme le dernier bastion de la croissance ».
On peut jouer à la grenouille plus grosse que le bœuf en prétendant « boycotter un quart de l’humanité », mais le retour sur terre risque d’être douloureux.
Au plus fort de la campagne pour le boycott des JO, les industriels français manifestaient une sérieuse angoisse face aux réactions des internautes chinois.
Parce que la Chine est non seulement « l’usine du monde », mais compte aussi de très nombreux consommateurs. De tous les pays émergents, c’est sa particularité.
En l’espace d’une semaine M. Sarkozy rectifiait le tir et envoyait ses émissaires s’excuser platement. Dans le même temps les médias mettaient une sourdine au refrain Tibet-droits de l’Homme-pollution etc.
Rapport de cause à effet ? Disons simplement réalisme politique de la part des capitalistes français et de leur représentation nationale.
Le même réalisme pourrait bien conduire les USA à nationaliser purement et simplement Fannie Mae et Freddie Mac si la dégringolade se poursuit, s’asseyant de ce fait sur le « libéralisme triomphant » des années 90.
Derrière les grands principes « libéraux », « démocratiques » et « humanitaires », la politique étrangère des pays occidentaux n’a jamais dérogé au principe de la rapacité financière.
Si on considère que les JO sont une forme pacifique de la guerre économique, la campagne pour le boycott des JO de Pékin s’engageait donc sous les plus sombres auspices.
Symbole de leur duplicité mais aussi d’un retournement prévisible : tandis que les chaînes TV égrainaient quotidiennement les commentaires venimeux sur la Chine, elles jouaient des coudes pour acquérir les droits de diffusion.



Le capitalisme en Chine, une planche savonneuse

Quant au monopole du cœur d’une campagne « humanitaire », il aurait été bien inspiré de sélectionner son argumentaire avec davantage de discernement.
Humain et légitime de dénoncer l’exploitation capitaliste des ouvriers chinois, la migration des mingongs, le creusement des disparités sociales avec un coefficient de Gini proche de 0,5.
Mais à ce compte il faudrait espérer qu’une nouvelle révolution culturelle remette les pendules à l’heure et rétablisse l’égalité sociale, au lieu de revendiquer au nom de l’ouverture au modèle occidental et à la place de ces ouvriers davantage de capitalisme en Chine,.
Car si la réforme initiée par Deng Siaoping, la privatisation et la course à l’industrialisation ont aiguisé les contradictions sociales, le modèle capitaliste imposé par la mondialisation et les délocalisations pour cause de profit maximum ne sont pas vierges de toute responsabilité.
Or le code du travail récemment adopté par l’Assemblée Populaire vise à protéger les salariés contre leurs employeurs, chinois ou étrangers.
A telle enseigne que le 28 juillet le patron d'Adidas, Herbert Hainer, annonçait la délocalisation de ses fabriques en Inde, estimant que "les salaires, qui sont fixés par le gouvernement, sont progressivement devenus trop élevés" en Chine.



Les casseroles de Tenzin Gyatso

Aux pittoresques et inoffensives cloches tibétaines se mêlait encore le tapage pas si lointain de certaines casseroles trimbalées par le Dalaï Lama.
Mais aveuglés par la volonté de dénoncer à tout prix la « dictature du communisme chinois », certains n’ont pas craint de brandir au nom des « droits de l’Homme » un drapeau symbolisant le servage et la féodalité les plus inhumains, et de décerner la médaille de la démocratie à un des derniers vestiges de la théocratie, combinant l’obscurantisme religieux et le népotisme.

Pas de quoi s’assurer ainsi l’adhésion populaire.
A telle enseigne que le sabotage du relais de la flamme olympique ne connut pas l’essor escompté, ne mobilisant réellement qu’un petit nombre de gens dans le monde, exclusivement dans les pays riches et dominateurs.
Enfin, dans la diaspora chinoise, la secte Falun Gong qui prit une part très active à ces actions, fut de fait largement désavouée par les chinois de l’étranger, profondément vexés de l’affront fait simultanément au sport, à leur pays et à leur rêve centenaire d’accueillir les JO.



Boycott des JO : l’échec

amalgame crapuleux

Après la cérémonie d’ouverture et son zèle appuyé à célébrer la paix et l’amitié pluriethnique, ceux qui avaient dénoncé une réédition des JO hitlériens n’avaient plus qu’à manger leur chapeau.
On aura beau dire que c’était pure propagande, le même reproche s’appliquerait à nos propres liturgies humanitaires.
Le message de 1936 à Berlin fut fort différent, visant essentiellement à promouvoir le mythe de la supériorité raciale «aryenne» et ses prouesses physiques.
Les sportifs «non aryens» - Juifs, demi Juifs ou Tsiganes – avaient été systématiquement exclus des centres et associations dès 1933 et des équipes olympiques.
La cérémonie d’ouverture à Berlin avait pour objectif de glorifier le führer, qui pénétra dans le stade après un défilé des brigades de la jeunesse hitlérienne, sous le salut nazi des spectateurs et au son de la Marche d’hommage de Richard Wagner.
Certaines délégations nationales firent le salut olympique, notamment la France et la Grèce. La délégation italienne fit bien entendu le salut romain, en tout point identique au salut hitlérien. Quant aux américains, ils se découvrirent lors du passage devant la tribune officielle.

L’amalgame entre les JO de Berlin et ceux de Pékin était d’autant plus déplacé et insultant qu’un an après les jeux de Berlin, le sac de Nankin par l’armée japonaise fit près de 300 000 victimes.

Force est de constater que le seul pétard mouillé des JO aura été la campagne pour leur boycott.


Lundi 1 Septembre 2008


Commentaires

1.Posté par Ram3Ghz le 01/09/2008 14:27 | Alerter
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En écoutant nos médias de masse, je viens enfin comprendre d'où viennent tous nos problèmes :

* Le chômage : délocalisations en Chine --> responsables les chinois.
* La pollution globale : les mines de charbon pour alimenter les usines délocalisées --> res. les chinois.
* La flambée des prix, baisse du pouvoir d'achat : consomation effrénée de cette multitude --> res. les chinois.
* Malheurs de l'Afrique : ingérence avide du terrier du milieu --> res. les chinois.
* Menace de la paix mondiale à moyen terme : ambition et ego démesurés de la multitude jaune --> re. les chinois.
* Tsunami, 1'000'000 de morts : perturbation de la croûte terrestre dû aux mines de charbon du peuple souterrain --> res. les chinois.

Tous nos problèmes viennent donc de cette civilisation que les médias nous présentent comme des nuisibles innombrables, des RONGEURS (par ex. des lemmings) à qui ils reprochent en plus, comble de la mauvaise foi, de ne pas appliquer les droits de l'HOMME. À croire les messages subliminaux des médias de masses, nos RESPONSABLES politiques ne sont en fait responsables de rien, nous sommes une civilisation supérieure par essence (pas par le faits), discuter, échanger avec l'autre, le sauvage, le babare afin de former une communauté humaine ne sert à rien.

Le fait marquant n'est pas développement de la Chine mais la régression spectaculaire (les médias n'en sont qu'un symptôme) de nos pays occidentaux.

2.Posté par parousnik; le 01/09/2008 14:36 | Alerter
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En nationalisant ces deux importantes société financière les Etats Unis prennent le chemin du communisme...Amusant

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