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Société

Borloo et Bachelot veulent-ils couvrir la France de matières radioactives ?


Certains sèment la biodiversité, d’autres préfèrent semer la radioactivité. Les ministères de l’Ecologie, de la Santé et de l’Economie ont ouvert la porte au « recyclage » des déchets radioactifs issus de l’industrie nucléaire dans les biens de grande consommation. Du ciment radioactif pourra ainsi servir demain à bâtir des logements ou des écoles. Au grand dam des associations de consommateurs.


Ivan du Roy
Samedi 9 Janvier 2010

Photo : © droits réservés
Photo : © droits réservés
Faudra-t-il bientôt se munir d’un compteur Geiger pour vérifier le taux de radioactivité que dégageront les murs de votre logement, vos équipements contenant du métal ou les matériaux présents sur votre lieu de travail ? Scénario de science-fiction ? Malheureusement non. Depuis 2002, le Code de la santé publique interdisait l’ajout ou l’utilisation de substances radioactives pour la fabrication de biens de consommation et de matériaux de construction. Toute acquisition et cession de sources radioactives étaient sévèrement encadrées. Ce n’est désormais plus le cas. Le 5 mai 2009, quatre ministères – celui de l’Ecologie, de la Santé, de l’Economie et du Logement – ont signé un arrêté interministériel qui permet de déroger à cette interdiction. Le texte est entré en vigueur malgré l’avis défavorable de l’Autorité de sûreté nucléaire.
Cela signifie que demain, si EDF veut se débarrasser de ses gravats faiblement radioactifs générés par le démantèlement de la centrale de Brennilis, en Bretagne (la première centrale nucléaire française à être démantelée), elle aura la possibilité de les céder ou les vendre à une cimenterie. Celle-ci transformera les gravats en matériaux de construction, qui serviront ensuite à bâtir des bureaux, des logements, des écoles ou des hôpitaux... Idem pour Areva. Si la multinationale ne sait que faire de fûts en métaux contaminés suite à un transport d’uranium, elle pourra les livrer à une fonderie qui le recyclera dans des produits de grande consommation : outils, véhicules, machines agricoles ou tuyaux (ce qu’avait déjà tenté de faire Areva en 2004 [1]). Seuls cinq catégories de produits restent exclues de toute dérogation : les aliments, les cosmétiques, les parures (bijoux), les jouets et les matériaux en contact avec les aliments et les eaux (les emballages par exemple).
Radioactivité lâchée dans la nature
Seuls les déchets radioactifs dits de « très faible activité » (TFA) sont concernés. Il n’empêche. Jusqu’à présent, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) entrepose ces déchets dans un centre de stockage situé dans l’Aube (Champagne-Ardenne). Les déchets sont enterrés « à quelques mètres de profondeur dans une roche argileuse », puis le lieu de stockage est ensuite recouvert « d’une couche d’argile compactée pour lui redonner son imperméabilité d’origine ». En cas de recyclage, seuls les acteurs de la filière nucléaire sont habilités à réutiliser du béton ou les gravats contaminés pour leurs installations. Ces précautions disparaissent avec le système de dérogation. Une fois lâchés dans la nature, ces matériaux ne seront plus tracés ni contrôlés.
« Même si ces déchets TFA seront dilués dans d’autres matériaux, cela va augmenter le bruit de fond de la radioactivité. Faible niveau de risque ne signifie pas absence de risque », explique Corinne Castanier, directrice de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Contrôler les rayonnements radioactifs coûte très cher. Les entreprises qui recycleront ces matériaux auront donc tendance à ne procéder qu’à des vérifications partielles sur des échantillons de ciment ou de ferraille « dilués ». Ce qui augmentera la possibilité de laisser passer un parpaing ou une tôle trop radioactive.
Multiplicateurs de cancers
Corinne Castanier ne comprend pas pourquoi le gouvernement a pris une décision si lourde de conséquences pour la santé, à l’heure où les pouvoirs publics cherchent, dans le cadre du « plan cancer », à diminuer l’exposition des populations à la radioactivité naturelle (notamment le radon, qui favorise les cancers pulmonaires selon l’Organisation mondiale de la santé). En rendant possible l’ajout de substances radioactives dans des biens et des matériaux destinés au grand public, le système de dérogation risque bien d’augmenter la radioactivité artificielle, et les risques de cancer. « Seuls les industriels y trouvent un intérêt. Au lieu de stocker ces déchets, ce qui coûte cher, ils pourront s’en débarrasser tout en récupérant de l’argent. » Avec le démantèlement progressif des centrales nucléaires vieillissantes, le volume des déchets radioactifs sera multiplié par trois d’ici 2020, selon les prévisions de l’Andra.
Ce retour en arrière est d’autant plus incompréhensible que l’on cherche à réparer les erreurs commises depuis un demi-siècle. Jusqu’en 1986, 50 000 paratonnerres radioactifs [2] ont été disséminés dans toute la France, plus sept millions de détecteurs de fumée contenant de l’américium 241 [3], radioactif pendant 433 ans ! « Nous sommes en train de courir pour retrouver les objets radioactifs disséminés sur tout le territoire et le gouvernement rouvre la porte à des dérogations. Il faut tirer les leçons de ces années-là ! », assène la directrice de la Criirad. L’interdiction, en 2002, d’ajouter ou d’utiliser des substances radioactives dans des matériaux ou des biens de grande consommation avait été obtenue après un long travail de la Criirad et des associations de consommateurs, comme l’UFC Que choisir.
Avant cette réglementation, presque tout était permis. Ainsi Saint-Gobain avait introduit des déchets radioactifs dans la fabrication de sa laine de verre (Isover) multipliant par vingt les rayonnements. Ou la Cogema (devenue Areva) qui avait ajouté de l’uranium appauvri dans la poudre d’émail jaune destinée à la fabrication de bijoux. « Si demain la législation autorise l’addition de substances radioactives, il s’agira de modes de fabrication standard. Ce ne sont plus seulement la laine de verre et les émaux qui seront radioactifs, mais le ciment, le béton, l’acier, les pièces métalliques, le carrelage, les appareils ménagers, les ustensiles quotidiens... On peut légitimement s’inquiéter car le risque est bien réel. Le démantèlement des installations nucléaires va générer 15 millions de tonnes de déchets », s’inquiétait alors l’UFC Que choisir. Tout est désormais à refaire.
Recours juridique et responsabilité politique
La Criirad a d’abord adressé un recours au Conseil d’Etat pour faire annuler l’arrêté sur la base de ses « anomalies juridiques ». En cause : les modalités d’information des consommateurs. Celles-ci restent à la discrétion des industriels qui se garderont bien de mettre le logo spécifique aux matériaux radioactifs sur les emballages ! On ne peut faire plus laxiste. Or, c’est aux ministères concernés de définir ces modalités d’information. Ensuite, une telle décision concernant le Code de la santé publique ne peut être prise que par décret, signé directement par les ministres. Mais seuls les chefs de service des administrations concernées ont apposé leur signature au bas de l’arrêté.
L’association a adressé à Jean-Louis Borloo, Roselyne Bachelot et Christine Lagarde une lettre ouverte le 6 novembre 2009 pour les alerter « sur le contenu et les conséquences d’un texte, pris en leur nom » et pour qu’ils l’annulent. Plus de 7 000 cartes pétitions ont également été envoyées par des citoyens. Après deux mois de silence gouvernemental, Corinne Castanier sera reçue le 11 janvier au ministère de l’Ecologie. « Ils ne pourront pas dire qu’ils ne sont pas au courant ». Si rien ne bouge, la campagne pour l’annulation de l’arrêté se durcira, avec l’entrée en lice des associations de consommateurs.
Ivan du Roy

L’arrêté interministériel :
PDF - 77.9 ko
L’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire :
PDF - 62.2 ko

Notes

[1] Le Tribunal administratif de Lyon avait à l’époque annulé l’autorisation délivrée par le Préfet de la Loire pour un tel projet. L’entreprise Socatri (Areva) et une fonderie (Feursmetal) envisageaient de procéder à la fusion de 550 tonnes de ferraille contaminée provenant du site du Tricastin pour fabriquer des pièces en acier moulé destinées au domaine public.
[2] Ces paratonnerres sont équipés de sources de radium 226 (période radioactive de 1 600 ans) ou, plus rarement, d’américium 241 (période radioactive de 433 ans). Dans les deux cas, il s’agit de radionucléides émetteurs alpha de très forte radiotoxicité et l’activité des sources est élevée (de plusieurs millions à près d’un milliard de becquerels). L’Andra n’en a récupéré qu’un quart.
[3] Les professionnels estiment que 35% seulement de ces appareils sont sous contrats de maintenance. Pour les autres – environ 4,5 millions – la récupération sera beaucoup plus difficile, d’autant plus qu’aucune garantie financière n’a été mise en place. Sur la base d’une période de 433 ans et partant d’une activité de 30 000 Bq, il faudra attendre environ 2 000 ans pour que l’activité soit réduite à 1 000 Bq ; environ 5 000 ans pour atteindre 10 Bq et plus de 6 000 ans pour une activité résiduelle d’1 Bq. L’Union européenne recommande une norme de 200 bq/m3 dans les maisons neuves.


Source: http://www.bastamag.net/spip.php?article835





Commentaires

1.Posté par messager le 09/01/2010 13:09

http://www.dailymotion.com/video/xbsebc_magouille_webcam


nouvelles preuves

2.Posté par Chôme Force le 09/01/2010 14:45

Borloo, Bachelot et Lagarde: info ou intox ?

3.Posté par la truie qui file le 09/01/2010 19:08

Tant qu'il aura des individus comme des etats qui croiront aux fausses promesses du nucléaire comme de leur aveuglement stupide , c'est quasiment une perte de temps de leur montrer des moyens dont ils ne veulent pas .
Ils veulent faire crever les citoyens de leur pays pour s'enrichir et si ce n'est pas le cas les maintenir dans l'angoisse constante .

Un ciment 10 fois plus performant que ceux de notre époque a ete inventé il a 4000 ans par l' alchimiste Imhotep en Egypte en souvenir d'une civilisation encore plus ancienne dont quelques traces finissent par nous parvenir malgré tous ceux qui s'acharnent à s'attarder dans leur conviction de cerveaux déconfits et sectaires et qui pretendent que le monde à ete crée il y 4000 ans ...

Alors tant pis pour ces tous ces individus . S'ils veulent leur apocalysme ils finiront par l'obtenir d'une manière ou d'une autre puisqu'ils se fourvoient en se croyant à l'abri dans leur dogmes variés mais aussi faux les uns que les autres et un sectarisme effarant .

4.Posté par farid56 le 09/01/2010 19:21

et dire qu'au nom de l'écologie on vas nous taxer pour le carbone !!!

5.Posté par lebanner le 10/01/2010 10:25

avec des gens fluorés, aspartamés et rétroactivés destruction de la bio diversité

il auront leurs moutons plus que dociles

ont est face à des gens qui sont organisés et extrêmement motivés
alors que nous on est tous désordonné

une organisation s'impose pour la diffusion d'information et le réveil de chaque zombie

6.Posté par Orion 21 le 11/01/2010 00:51

"L'apocalypse"

Une révolution inter planètaire contre ceux qui nous gouvernent et s'en mettent pleins les poches en nous assassinant à petit feu par leur progrès destructeur.

La science de l'homme une biodiversité fusionnant l'horreur de la survie humaine!

7.Posté par NH3 le 11/01/2010 11:08

Lebanner....on est deja des mouton,pas besoin de mettre ta phrase au futur....
Farid56 Et si on la refusait cette taxe?
La truie qui file : c'est a mettre en parallele avec nos déchets, on les brules puis on bouffe la dioxine.....jusque la, nos déchets nucléaires servaient a plein de choses mais maintenant qu'on a mis le doigt sur leur destination, on va se les garder, normal, c'est les notre,on en fait quoi? au début, on les jetait dans la mer, puis en sibérie ou autre puis on les enterre et maintenant on les recycle dans le batiment....normal....c'est pas sur eux qu'il faut compter mais sur nous,je pense qu'il faut créer un mouvement citoyen avec des scientifiques indépendants etc pour résoudre les problemes,si on les laisse faire, on ne fera que constater leurs aberration....et en meme temps on régresse....je dis qu'il faut abattre l'ancien systeme et en créer un nouveau, un nouvel ordre m......non je rigole....mais pas tant, a mon gout ce systeme est tellement sclérosé qu'il faut le repenser intégralement, reprogrammons la matrice.....néo tu viens?

8.Posté par denis-sculpt le 11/01/2010 13:10

je crois que nous approchons d'élections...
un bulletin de vote, ça sert à notifier son camp, ses valeurs,voire ses insatisfactions...
A chacun de nous de faire entendre sa voix!

9.Posté par NH le 11/01/2010 15:41

Denis-sculpt
Quand tu crois plus au systeme electoral ni aux hommes et aux femmes qui se presentent ,tu votes pas et puis tu subi la politique de 50 pour cent des votants....
Ces gens la nous font croire qu'ils sont la pour "le peuple" mais ils confondent peuple et pouvoir....de gauche comme de droite; j'ai plus confiance et c'est pas faute d'avoir essayé.....meme les soi-disant écolos ou partis "verts"polluent....
La démocratie c'est bien,mais quand ca refoule a ce point, c'est que quelque chose ne colle plus....

10.Posté par yogifou le 14/01/2010 14:07

Et oui
Encore un lapin blanc comme ondit !
ça c'est un truc qui les démangeaient depuis longtemps car ils le font depuis le sdébut du nucléair, en mentant et se cachant... et à présent toute la France etc. route, parking, fondations de granges et bâtiments scolaires etc. sont contaminés depuis longtemps.
La différence c'est que comme ça, à présent, ce sera légal !

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