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Bonheur et économie. Le capitalisme est-il soluble dans la recherche du bonheur?

Bonheur et économie. Le capitalisme est-il soluble dans la recherche du bonheur? L'Harmattan, collection "L'esprit économique", mars 2009


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Mardi 29 Novembre 2016 - 08:00 LIVRE: Le Manifeste de la Raison Objective


L'Harmattan vient de publier mon premier livre "Bonheur et économie. Le capitalisme est-il soluble dans la recherche du bonheur?" dans la collection L'esprit économique dirigée par le professeur Uzunidis.
Le livre est disponible sur les sites de L'Harmattan, Alapage, Amazon, Abebooks, Decitre ....

Renaud Gaucher


renaudgaucher@gmail.com
Jeudi 21 Mai 2009

Bonheur et économie. Le capitalisme est-il soluble dans la recherche du bonheur?

La psychologie s’intéresse depuis près de 50 ans au bonheur. Aujourd’hui paraissent chaque année près de 2000 études s’y rapportant. Les connaissances accumulées sur le bonheur sont donc considérables.

 

Ces connaissances mettent à mal les façons traditionnelles dont sont conçues l’économie et les politiques publiques en même temps qu’elles ouvrent sur de nouvelles idées et de nouvelles pratiques. Une nouvelle branche de l’économie a ainsi éclos, l’économie du bonheur. Jusqu’où l’économie peut-elle favoriser ou compromettre le bonheur ? A quel point le capitalisme est-il soluble dans cette recherche ? Les sciences économiques devraient-elles être subordonnées à la psychologie du bonheur ? Ce livre essaie de donner des réponses à ces questions et à bien d’autres encore.

 

Parce que les recherches en psychologie du bonheur et plus généralement en psychologie positive ouvrent sur une meilleure connaissance du meilleur de nous-mêmes, parce que ces recherches commencent à infuser les sciences économiques et les sciences politiques, un avenir meilleur, meilleur pour chacun, s’ouvre à nous.

 

Ce livre s’adresse à tous ceux - étudiants, enseignants, chercheurs, décideurs ou simples curieux - qui veulent en savoir plus sur les recherches en psychologie du bonheur et l’influence qu’elles devraient avoir sur les sciences économiques, les sciences politiques et les pratiques qui en découlent.

 

                                          Renaud Gaucher




AVANT-PROPOS

Même si dans l’histoire il n’en a pas été toujours ainsi, le
bonheur est aujourd’hui quelque chose d’important. Avec
raison. En psychologie, être heureux témoigne d’un très bon
fonctionnement psychique. En outre, par ce bonheur même,
parce qu’il permet de développer les ressources personnelles,
parce qu’il améliore la santé physique et psychique, parce qu’il
participe au développement du soi, la personne heureuse
favorise son avenir, son bonheur futur.
Traditionnellement, les économistes pensent que plus de
richesse c’est plus de bien-être et donc plus de bonheur. Depuis
plus d’une trentaine d’années, des études ont montré que cela
n’était pas aussi simple, que la croissance économique ne
permettait pas forcément d’augmenter le bonheur, qu’il était
même fréquent que la croissance économique ne favorise pas du
tout le bonheur. Un nouveau courant de l’économie s’est ainsi
développé, l’économie du bonheur.
Faire de l’économie, c’est s’intéresser aux être humains et à
leurs relations. Sans regard sur les hommes, l’économie est
déshumanisée, ce n’est plus une science sociale, c’est une
science robotique, c’est une non-science. L’économie du
bonheur, en prenant ses fondements dans les avancées les plus
récentes de la recherche en psychologie, ré-humanise
l’économie, car la culture de la psychologie porte en son sein le
respect pour chaque individu, pour chaque personne.
Comme le sociologue Geoffey Ingham, je pense que la
fragmentation des sciences sociales amène une perte de
compréhension sur la façon dont le monde fonctionne. Je crois
aussi que le développement des cursus bi-scientifiques est le
futur des sciences sociales. Mon chemin est à l’image de ces
idées. J’ai choisi de faire successivement des études
universitaires en histoire, en psychologie et en économie, afin
de développer une multiculturalité scientifique. Le livre que
vous tenez dans vos mains est le premier témoignage de cette
multiculturalité. Il constituera par ailleurs une introduction et un
cadre pour deux autres livres.
En économie du bonheur, le point de départ ne peut être que
le bonheur, ne peut être que ce que les recherches scientifiques
nous disent sur le bonheur. Or ce ne sont pas les chercheurs en
économie qui sont les grands connaisseurs de cette question,
mais les chercheurs en psychologie et en particulier ceux qui
oeuvrent dans le champ de la psychologie positive. Le bonheur
fait aujourd’hui l’objet de très nombreuses études chaque année.
On en connaît bien aujourd’hui les composantes, comment il
s’insère dans la vie quotidienne, ses liens avec le malheur. On
sait bien aussi comment devenir plus heureux. Dans le premier
chapitre, je présente un tableau de ce que les recherches en
psychologie nous disent aujourd’hui sur le bonheur. Partir de ce
point permet de donner à l’économie sa juste place, une place
qui n’est pas forcément centrale.
En effet, le bonheur coûte souvent moins cher qu’on ne
pense. Si, statistiquement, il semble qu’il vaille mieux être riche
que pauvre pour être heureux, accroître la richesse n’est
cependant pas la meilleure stratégie pour augmenter le bonheur
à partir d’un seuil dont la définition varie selon les études.
Divers phénomènes expliquent cela. De nombreux éléments
constitutifs du bonheur ne coûtent rien ou coûtent peu. Avoir
trop de choix de consommation ou être centré sur des valeurs
d’argent, de pouvoir ou de statut limitent le bonheur. L’argent
peut aussi être utilisé comme un masque à certaines
souffrances. Enfin, quel que soit le niveau de richesse d’une
société, il y a une adaptation à ce niveau de richesse et une
comparaison sociale.
Si la croissance de la richesse, la croissance économique, n’a
pas l’influence positive qu’on lui prête, la question de son rôle
potentiellement néfaste sur le bonheur peut être moins
difficilement posée. La croissance économique, dans le
capitalisme, nécessite qu’il y ait des chômeurs. Pas de
croissance sans chômeurs dans le capitalisme. Or le chômage
est un puissant destructeur de bonheur. Rendre la croissance
heureuse, c’est donc notamment mettre en place des politiques
qui cherchent à neutraliser la perte de bonheur des chômeurs.
C’est aussi rechercher une croissance incluante et donner du
sens à la croissance.
Dans le capitalisme, les entreprises naissent des
entrepreneurs et ces créations d’entreprise sont une recherche
de bonheur. Mais les employés des entreprises ne sont pas dans
cette situation. Surtout, ils se trouvent dans une compétition
croissante, sans fin et sans signification, de moins en moins
propice à leur bonheur. Des moyens existent pour améliorer le
bonheur des employés sur leur lieu de travail comme la
restructuration du travail, le travail en équipe, le management
transformationnel ou le développement fondé sur ses propres
forces. Ces interventions, en favorisant le bonheur, peuvent
favoriser la performance, même si en économie du bonheur ce
qui doit être recherché ce n’est pas le bonheur pour la
performance mais le bonheur pour le bonheur.
Les politiques économiques sont aujourd’hui fondées sur
l’idée que maximiser la croissance économique maximise le
bonheur. Si cela peut être vrai dans les pays pauvres, dans les
pays riches, une politique économique pro-bonheur est une
politique qui limite les inégalités car des inégalités trop
marquées limitent le bonheur. Par ailleurs, la diminution du
temps de travail semble préférable à l’augmentation du niveau
de vie, mais c’est loin d’être une règle. Les politiques probonheur
ne se limitent pas aux politiques économiques. Le
bonheur doit devenir une dimension centrale de l’éducation,
mais cela n’est possible que dans des sociétés faiblement
inégalitaires. En matière de droit, un régime politique probonheur
est un régime qui favorise la confiance, la tolérance et
l’expression de soi.
Au moment où j’écris ces lignes, je suis toujours professeur
d’histoire. L’histoire est ma formation universitaire initiale,
l’histoire est ma langue maternelle. Je ne conçois pas que l’on
puisse étudier un sujet sans que l’on s’inscrive dans le temps
long de l’histoire, cette reconstruction du passé faite par les
historiens au moyen d’une méthodologie scientifique. Si
l’histoire du bonheur des êtres humains est une histoire qui reste
à construire, ses prodromes apparaissent, qui peuvent amener à
penser qu’un temps nouveau est possible.
Un petit appendice suggérant comment améliorer son
bonheur sous la contrainte de ses revenus est mis en marge du
livre. Pas de solution miracle, juste quelques réflexions.
En espérant que le temps que vous mettrez à lire ce livre sera
pour vous un temps plaisant et utile - oserais-je dire, un temps
heureux - je vous souhaite bonne lecture.


http://renaudgaucher.jimdo.com http://renaudgaucher.jimdo.com



Jeudi 21 Mai 2009


Commentaires

1.Posté par Bakounine camarade vitamine le 22/05/2009 08:51 | Alerter
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Quand on parle de psychologie il faut prendre soin de bien expliquer de quelle psychologie on parle, mais souvent la psychologie n'est pas nécessairement avant tout une recherche du bonheur mais plutôt un savoir vivre avec ses peines.
Si on cause de l'orientation sociale du bonheur il y a la psychologie de manipulation des masses genre béhaviorisme.
Toutefois la consommation d'objets, existe parce qu'elle répond a des mécanismes psychiques de soulagement de l'angoisse, il est indéniable que l'être humain a un sérieux rapport à l'angoisse.
La psychologie est un travail sur le Moi où l'égo ou le narcissisme, or le Moi est aveugle puisqu'en latin le Moi vient d'image d'imago et rien n'est plus illusoire qu'une image.
La psychanalyse n'a strictement rien à faire avec la psychologie.

2.Posté par akadien le 22/05/2009 17:12 | Alerter
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il n'est pas nécessaire d'user ici des mots savants pour définir le bonheur!
Le bonheur est instantané, l'homme ne contrôle pas cet état de fait! il s'agit de conséquences à des circonstances de notre chemin de vie. Le bonheur est soluble dans tout système productif, quel qu'il soit! un artiste ressent le bonheur tout comme un charpentier à un moment précis dans l'accomplissement de son oeuvre respective.

3.Posté par fadi le 22/05/2009 17:27 | Alerter
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on assiste à une bataille féroce entre la democratie et le capitalisme,qui finnira par remporter la partie sur l'autre,autrement dit qui finnira par battre et enterrer l'autre :
le capitaliste ou le democrate.

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