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« Bombe sale » dans l'avenir des États-Unis ?


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Paul Craig Roberts
Lundi 24 Mars 2008

« Bombe sale » dans l'avenir des États-Unis ?


Par Paul Craig Roberts, le 23 mars 2008


​​​​Le journaliste d'investigation Edward Jay Epstein a repris l'affaire Litvinenko. (Le fantôme qui hante la mort de Litvinenko, New York Sun, 19 mars 2008)


​​​​Les médias se sont servi de l'affaire Litvinenko pour faire de la propagande sensationnelle contre Poutine, le Président russe, puis l'ont ensuite balayée d'un revers de main. Pour ceux dont les souvenirs de l'affaire se sont estompés, Alexander Litvinenko, un ancien agent du KGB vivant en Angleterre, est mort apparemment en 2006 des suites d'un empoisonnement au polonium-210, un isotope radioactif.



​​​​Le gouvernement britannique a appuyé la fable d'un Président russe, Vladimir Poutine, envoyant Andrei Lugovoi empoisonner le thé de Litvinenko lors d'un rendez-vous le 1er novembre 2006. L'histoire fait intervenir des gens évoquant les thrillers de James Bond, mais à aucun moment cette histoire n'a eu de sens. Le polonium-210 est un élément rare, sévèrement réglementé, susceptible de contaminer aussi bien l'assassin que la victime. Il existe des moyens infiniment plus commodes et efficaces pour trucider quelqu'un.


​​​​De plus, nul indice ne permet de relier la Russie à la mort de Litvinenko. Mais ça n'a pas empêché le gouvernement britannique de faire le mariolle en expédiant une demande d'extradition de Lugovoi en juillet 2007. Le gouvernement britannique a envoyé la demande bien qu'il n'existe aucun traité d'extradition entre la Grande-Bretagne et la Russie et que la constitution russe interdise l'extradition des citoyens russes. Epstein suggère que la demande d'extradition avait pour but de bloquer l'enquête du gouvernement russe sur la mort de Litvinenko à Londres. Litvinenko avait un faux passeport fourni par le gouvernement britannique. Une véritable enquête aurait exposé le monde ténébreux des consultants en sécurité, dans lequel Litvinenko côtoyait d'anciens responsables de la police et des services de renseignement britanniques.


​​​​Les Russes ont demandé à voir les pièces à conviction. Le dossier remis par les Britanniques ne contenait rien de substantiel. Le rapport d'autopsie n'a même pas été fourni à la Russie. Epstein s'est débrouillé pour convaincre les Russes de le laisser voir le dossier et de les interviewer sur l'affaire. En bref, au cas où les Britanniques auraient un dossier, ils font de la rétention sur les pièces à conviction.


​​​​Le fait d'accuser Poutine d'être derrière la mort de Litvinenko semble prendre sa source chez Boris Berezovsky, l'un des oligarques russes juifs qui s'étaient accaparés de la plus grande partie des avoirs soviétiques privatisés durant la présidence de Boris Eltsine. Epstein signale que le protecteur de Berezovsky en Russie était Litvinenko, le directeur adjoint de l'unité du crime organisé du Service Fédéral de Sécurité russe (FSB), le successeur du KGB. Quand Berezovsky a décampé de Russie pour échapper aux accusations de fraude, Litvinenko l'a suivi. Epstein rapporte que Berezovski avait annoncé un ordre du jour pour « renverser le régime de son ennemi numéro un, M. Poutine. » Selon Epstein, « Alex Goldfarb, le directeur exécutif de la fondation de M. Berezovski, a préparé la fin de Litvinenko en écrivant ses paroles '' prononcées sur son lit de mort, '' qui, selon M. Goldfarb, ont été élaborées à partir des déclarations que Litvinenko lui avait dicté. »


​​​​Epstein écrit : « Le 23 novembre 2006, quelques heures après la mort de Litvinenko, M. Goldfarb organisait une conférence de presse et rendait publique la sensationnelle déclaration faite sur son lit de mort, qui accusait M. Poutine de l'avoir empoisonné. » Les sites Internet soutenus par Berezovsky propageaient l'histoire de l'assassinat de Litvinenko par le FSB.


​​​​La tentative de relier Poutine et le FSB à la mort de Litvinenko pourrait être une affabulation destinée à dissimuler un crime plus grave en cours d'élaboration. Le polonium-210 constitue un indice du fait que quelqu'un essaye de construire une arme nucléaire. Epstein note des raisons de suspecter que Litvinenko, et peut-être Berezovsky, étaient en contact avec du polonium de contrebande, et que la mort de Litvinenko résulte d'une exposition accidentelle ou imprudente à cet isotope.


​​​​Qui essayerait de construire une arme nucléaire secrète ou peut-être simplement une « bombe sale, » servant à propager des radiations et d'énormes quantités de peur et d'hystérie ? Le public a été soigneusement conditionné à se méfier de l'Iran. Si ce genre d'engin explosait quelque part aux États-Unis, Bush, Cheney, et les Néo-conservateurs nazis, auraient leur deuxième nouveau Pearl Harbor justifiant leur attaque planifiée contre ce pays.


​​​​Nous savons que le régime Bush désire attaquer l'Iran. En dépit du rapport du NIE, selon lequel l'Iran a renoncé à son programme d'armement nucléaire depuis plusieurs années, et malgré l'absence de découverte d'indice d'un projet de ce genre par les inspecteurs de l'AIEA, Bush, Cheney, et les Néo-conservateurs nazis continuent à gesticuler pour attaquer l'Iran « avant qu'il ne soit trop tard. » Leur commandant militaire politisée en Irak, le général Petraeus, maintient avec insistance que l'Iran forme les insurgés irakiens et leur fournit les armes qui tuent les soldats étasuniens. Bush et Cheney se sont eux-mêmes rendus en Europe et au Moyen-Orient pour tenter de mobiliser le soutien à une attaque contre l'Iran. Ceux qui ne sont ni sourds ni aveugles ni stupides, savent que le régime Bush fait tout son possible pour créer les conditions permettant l'attaque étasunienne contre l'Iran.


​​​​Nous savons avec certitude que le régime Bush a produit des faux témoignages, a menti et trompé dans le but d'attaquer l'Iraq. Toutes les raisons invoquées pour justifier l'invasion étasunienne se sont révélées fausses. Le véritable ordre du jour n'a jamais été avoué. Pourtant, cinq ans plus tard, les traîtres de haut rang qui ont trompé les Étasuniens pour les entraîner dans une guerre au nom d'un agenda secret n'ont pas répondu de leurs actes. Comme le disait Agatha Christie, se tirer d'affaire dans un meurtre rend facile d'en commettre un autre.


​​​​Tant de choses sont inconnues des Étasuniens sur les intrigues servant les ordres du jour secrets. Ceux qui ont tenté de mettre leur concitoyens au parfum sont invariablement frustrés, car les Étasuniens sont conditionnés pour considérer en « théoricien de la conspiration » tout messager leur donnant des informations sur des événements sous « fausse bannière. »


​​​​Dans son dernier ouvrage, The Shell Game (L'Escroquerie), l'auteur à succès Steve Alten tente, grâce à un thriller mêlant réel et imaginaire, de sensibiliser les Étasuniens. Alten décrit la conspiration, qui commence en 2007 et s'achève en 2012, du groupe des opérations clandestines d'une administration républicaine, faisant exploser des armes nucléaires dans deux villes des États-Unis, avec des indices fabriqués désignant l'Iran. C'est un thriller historique, prophétique sur notre avenir immédiat, d'un auteur qui ne se fait aucune illusion sur le gouvernement des États-Unis ni sur les groupes d'intérêt qui le dirigent.



​​​​L'ouvrage d'Alten est un excellent roman à suspense sur la réalité du monde d'aujourd'hui. Pour les Étasuniens qui ont besoin de leur dose de réalisme, c'est une lecture parfaite, délayée dans de la fiction et présentée comme un divertissement.



​​​​Paul Craig Roberts fut Assistant du Ministre des Finances durant le premier mandat du Président Reagan. Il a été rédacteur adjoint au Wall Street Journal. Il a tenu de nombreuses postes universitaires, dont une Chaire de professeur à la Fondation William E. Simon, au Center for Strategic International Studies, à l'Université de Georgetown, et a été Chargé de Recherche Supérieur à la Hoover Institution et à l'Université de Stanford. Il a été décoré de la Légion d'Honneur par le Président français François Mitterrand. Il est auteur de Supply-Side Revolution : An Insider's Account of Policymaking in Washington, de Alienation and the Soviet Economy et de Meltdown: Inside the Soviet Economy, et est coauteur avec Lawrence M. Stratton de The Tyranny of Good Intentions : How Prosecutors and Bureaucrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice. Lire (en anglais) l'interview de Roberts avec Peter Brimelow de Forbes Magazine, au sujet de la récente épidémie de fautes professionnelles chez les procureurs.



Original : http://www.vdare.com/roberts/080323_bomb.htm
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info




Dimanche 30 Mars 2008

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