Société

Blanquer annonce la destruction de l’école républicaine




L'école de demain s'appuiera largement sur de l'enseignement à distance. C'est ce qu'annonce JM Blanquer dans deux entretiens, sur France Inter le 8 mai et dans le JDD le 10 mai.

En économie, les libéraux sont les grands alliés de ceux qui défendent leur capital, les plus riches d’entre nous. Les libéraux veulent casser toutes les structures collectives et toutes les lois. Ils considèrent que la liberté c’est faire ce qu’on veut de ses possessions et donc tout ce qui oblige à partager est vécu comme une violence insoutenable.

Le modèle libéral a repris la tête de l’État français peu après la 2e guerre mondiale et s’attache depuis à déconstruire ce qui a été mis en place dans la première moitié du 20e siècle comme outil de cohésion et de solidarité nationale, la sécurité sociale, le code du travail, les retraites, l’énergie publique, les transports publics sont attaqués, privatises donc rendus au grand capital petit à petit. À chaque fois évidemment les gouvernements et les médias utilisent le terme de « progrès » et font la comparaison avec un pays montré comme un exemple, souvent c’est l’Allemagne.

Aujourd’hui la destruction qui se profile avec la crise du coronavirus c’est le modèle de l’école républicaine.


Décoder l'éco
Mardi 19 Mai 2020

L’idéologie libérale pour l’école

L’école a jusqu’ici été relativement protégée de ces attaques. Le principe de l’école est un élément assez sacré de notre culture. On apprend tous au primaire que Charlemagne a été un des premiers à vouloir imposer un enseignement sur tout le territoire français au VIIIe siècle.



Dès Charlemagne, l’idée de l’enseignement c’est déjà de donner un niveau de connaissance suffisant pour avoir de la main d’œuvre qualifiée, en particulier dès le VIIIe siècle pour servir l’État ou le clergé. Mais c’est aussi de donner à tous les français un socle culturel commun. Au VIIIe siècle on se sert de la Bible pour apprendre à lire car le but c’est aussi de christianiser une Gaule encore païenne. Bien évidemment l’école sert aussi à apprendre des codes communs de comportement en société.


Ces 3 axes ont pour but de rendre cohérente la population du territoire et de l’unifier.



Ces 3 idées d’imposer un socle de connaissance, un socle culturel et un socle de comportement commun à toute la population sont complètements insupportables pour les libéraux. Dans les 3 cas, il s’agit de faire passer l’intérêt de la cohésion collective au-dessus de l’intérêt de l’individu. Les libéraux pensent que l’intérêt individuel doit passer avant tout.



Depuis 50 ans les libéraux luttent pour la destruction du modèle de l’école républicaine française qui veut imposer un socle commun.


Évidemment les défenseurs du capital les encouragent, parce qu’ils n’ont pas du tout envie de payer pour que les ploucs aillent à l’école. Ils veulent bien payer pour leurs mômes, mais pas pour ceux des autres.



Jean-Michel Blanquer est un libéral convaincu, proche de l’Institut Montaigne et son directeur de cabinet vient de l’Ifrap, deux instituts rivalisant de proposition toutes plus libérales les unes que les autres. C’est le seul ministre de Macron qui a viré tous les directeurs de son ministère qui avaient la moindre réticence envers ses idées. Il a aussi fait rentrer en décideurs de l’éducation nationale les défenseurs des neurosciences dont on parlera plus tard.



La stratégie déjà en place : la baisse des programmes



Pour diminuer la force de l’école dans la construction des français, les libéraux ont d’abord agi sur les programmes. La baisse volontaire du niveau d’enseignement depuis 50 ans ne permet pas du tout aux gens de mieux s’en sortir à l’école, mais uniquement de donner un poids moins fort à l’école dans le savoir des français. C’est du libéralisme. Le savoir des individus ou plutôt leur ignorance est placée au-dessus d’un savoir collectif et d’une culture commune.


Cette baisse de niveau a complètement arrêté l’ascenseur social. En diminuant ce qui est enseigné à l’école, on donne un poids beaucoup plus fort à ce que peuvent enseigner les parents, et ça c’est très libéral et ça arrange ceux qui ont de l’avance.


Toutes les personnes qui ont voulu protéger les enfants de l’échec scolaire en choisissant la casse de l’école, ont complètement enrayé le brassage social.


La stratégie déjà en place : la casse du rôle de l’enseignant



Plus récemment avec l’outil numérique, les libéraux ont commencé à détruire le métier même d’enseignant. En se servant de l’excuse de la modernité avec les tablettes et les ordinateurs, le gouvernement impose de plus en plus aux enseignants des cours tous identiques et pré-faits. Cette méthode prend encore plus d’ampleur avec la crise actuelle, on enlève la responsabilité du cours aux enseignants, tout est construit au ministère et l’enseignant ne fait plus que suivre le programme en proposant à la rigueur une aide au devoir en cas de problème.



L’enseignement c’est un dialogue, l’enseignant est là aussi pour comprendre les difficultés de l’élève et adapter son explication en fonction des personnes qu’il a en face de lui. Uniformiser l’enseignement sous prétexte de fournir la même médiocrité à tous, c’est s’assurer de laisser décrocher tous les enfants qui ne sont pas directement adaptés à ce qui leur sera proposé.



La stratégie déjà en place : les cours autonomes



Depuis quelques années, les profs doivent remplir des milliers d’indicateurs sur les enfants appelés livrets de compétences, l’excuse affichée par le gouvernement c’est que tous les parents aient le même niveau d’information sur leurs enfants grâce à des centaines de cases, chacune correspondant à une « compétence ». Ce qui était demandé avant au professeur c’était de connaître ses élèves pour synthétiser cette information et dire aux parents simplement ce qui allait ou ce qui n’allait pas. Encore une fois on a enlevé au professeur sa possibilité d’analyser la situation. C’est le même principe avec les évaluations d’entrée dans certaines classes. On fait comme si les professeurs, qui voient leurs élèves tous les jours, n’étaient pas capables de faire cette évaluation tout seul.




Les livrets de compétences ont pour objectif de remplacer les diplômes du brevet et du baccalauréat. C’est ce qui a commencé à arriver avec la réforme du bac, soi-disant pour le moderniser. Ces livrets suivront les gens toute leur scolarité et même jusqu’au monde du travail. On remplace le fait de valider un niveau d’éducation par un examen qui met tout le monde sur un pied d’égalité par une surveillance de toute la population en utilisant le terme de compétence.



Les livrets de compétences contiennent des informations sur le comportement de l’élève. En faisant passer l’excuse de la citoyenneté, il s’agit de savoir si l’élève remettra en cause le système dans lequel il vit. L’école était avant le lieu où l’on instruisait les futurs citoyens en les éveillant à toutes les disciplines, en développant leur esprit critique et en validant ces acquis par un diplôme. Les libéraux veulent en faire le lieu où on fait de la main d’œuvre, un endroit où on apprend aux gamins à lire un manuel d’instruction sur tablette et à surtout ne pas voir plus loin.



Toutes ces données sur les compétences des élèves sont remontées au ministère de l’éducation nationale qui s’en sert pour améliorer ses programmes. Autrement dit, le ministère est persuadé que par cette méthode il va trouver le meilleur programme possible pour les élèves qui va leur apporter toutes les compétences dont ils ont besoin. Le ministère recherche par cette méthode un programme unique qui marchera tout seul et qui rendra les profs inutiles. C’est une folie idéologique soutenue par certains groupes de pensée dont fait partie Jean-Michel Blanquer.



Il a nommé Stanislas Dehaene en 2018 à la tête du nouveau Conseil scientifique de l’éducation nationale. Ce neuroscientifique qui se dit psychologue cognitiviste défend cette idée que l’étude du cerveau va nous permettre d’améliorer les programmes scolaires. Donc plutôt que de travailler sur l’échange entre les élèves et les professeurs et de se donner des objectifs de réussite, il propose plutôt de faire des scanners du cerveau à des gamins pendant des séances d’apprentissage et d’en déduire ce qui marche. Bien sûr avec la croyance que ça va ensuite aussi fonctionner pour les autres. C’est aujourd’hui cette espèce de secte qui décide du futur de l’école française.


L’exemple bidon de l’Allemagne



L’autre révolution en marche c’est de faire comme en Allemagne et de supprimer l’école au maximum. La crise du coronavirus est parfaite pour ça puisqu’elle est un test grandeur nature de ce qu’on peut faire dans ce sens.


Pour les libéraux, ça permettra d’arrêter que l’école inculque aux enfants la façon dont on doit se comporter en société et les valeurs républicaines. Pour ceux qui défendent le capital, ça fera des économies.



En Allemagne, il n’y a pas de mode de garde avant 6 ans pour les parents. Le KinderGarten est une garderie payante qui n’a pas de programme éducatif et qui n’existe que pour garder les enfants pendant que les parents travaillent.


Double conséquence, la première c’est que les Allemands ne font plus d’enfants depuis 40 ans. De fait la politique économique libérale considère les enfants comme un poids dont il faut s’occuper et ça coûte cher Le deuxième effet, c’est que tous ceux qui ont quand même des enfants sont obligés de les garder. S’ils gagnent suffisamment d’argent ils payent le KinderGarten ou une nounou, sinon un parent s’arrête de travailler. C’est aussi pour ça qu’on vous dit qu’il n’y a pas beaucoup de chômage en Allemagne, toutes les femmes qui ont des enfants et qui s’arrêtent de travailler ne sont pas dans les chiffres du chômage.



Après 6 ans, ça ne s’arrange pas, les enfants ne vont à l’école que le matin pour que ça soit moins cher et n’ont pas de cantine. L’après-midi est sensé être consacré aux sports et loisirs, mais dans les faits, il n’y a que ceux qui ont suffisamment d’argent et qui habitent en ville qui se le permettent, pour les autres c’est plutôt du vide.


Ajoutons qu’il n’y a pas de cantine et que les enfants mangent donc des chips et des sandwichs tous les midis, il n’ y a rien de mieux pour l’obésité.



Ceux qui ont eu la chance de participer à des échanges scolaires avec l’Allemagne ont pu constater la médiocrité des programmes scolaires allemands sur les matières fondamentales. On entend partout qu’ils sont super fort en langue, certes ils peuvent avoir un meilleur accent que les français puisqu’ils parlent une langue saxone, pour le reste il n’y a rien à voir.



Comme les allemands ne font presque plus d’enfants depuis 40 ans, ils n’ont absolument pas fait le choix d’avoir une école de qualité. Ils ont maintenant un tel problème démographique avec leur manque de jeunes qu’ils ouvrent grand les frontières pour remplir leurs usines.



C’est la méthode du pillage à l’américaine, on se fout du niveau réel de nos élèves et à la place on file du pognon à ceux des autres pays qui ont fait des études, c’est moins cher et moins fatiguant. C’est ce qu’on appelle le brain drain. L’Allemagne pille le Turquie et les pays de l’est de ses jeunes, en particulier ceux qui ont des diplômes, pour remplir ses usines. Cette population a le bon goût de pouvoir être sous-payée tout en fermant sa gueule.



La propagande de l’enquête PISA



Pour faire croire à tout le monde que ce modèle est le bon, l’OCDE a mis en place l’enquête PISA qui classe les pays selon leur performance en termes d’éducation. Cette enquête est purement politique. Les questions posées aux enfants sont là pour juger si l’école correspond bien à la définition libérale de l’éducation. Cela permet de mettre des bonnes notes à des systèmes d’éducation pourris comme celui des allemands et mauvaises notes aux français pour les inciter à changer. Vous pouvez d’ailleurs voir que chaque pays garde sa place quelle que soit la matière, on est vraiment dans un jugement de l’éducation et pas du niveau réel des élèves.


C’est assez drôle que les libéraux qui sont anti-notes et anti-jugements se servent des notes pour pousser les pays à faire comme ils veulent. Il faut vraiment être schizophrène. Comme en économie, les libéraux ne sont pas à une contradiction près.



La destruction de l’école Républicaine arrive dès aujourd’hui



L’égalité au sens libéral, c’est l’égalité au départ, on donne la même tablette à tous les gamins et survive qui pourra. Évidemment on baissera encore les exigences pour éviter que ça se voit trop. Vous voyez les ministres s’exciter partout en parlant du retour aux fondamentaux qui n’est qu’une excuse de plus pour limiter l’enseignement.


L’égalité au sens Républicain, c’est l’égalité à l’arrivée. On fait un diplôme exigeant et on s’assure de l’imposer au maximum à tout le monde, que tout le monde aille jusque-là pour former des citoyens.



La crise du coronavirus et son confinement ont été l’occasion de tester grandeur nature et sans que personne ne puisse râler, ce nouveau type d’enseignement. Le gouvernement a pu voir ce que ça coûtait économiquement de laisser les enfants à leurs parents et évaluer ce que ça rapportait. Il a pu voir qui étaient les enfants qui pourraient suivre les cours à la maison devant un écran avec les parents à côté et qui étaient ceux n’y arrivaient pas. La conclusion va être de diminuer le nombre de profs sauf dans les quartiers prioritaires. Exactement ce qu’ils ont déjà commencé à faire depuis le début du mandat. Ce n’est pas pour faire de l’égalité, mais pour faire disparaître l’école publique gratuite partout où on le peut en ne laissant que le reliquat chez les pauvres.



La révolution de l’enseignement testée actuellement c’est de passer au tout numérique pour se débarrasser des profs. Évidemment moins on paye de gens à travailler plus ça plaît à ceux qui ont du capital. Plutôt que de payer des profs, on payera ceux qui détiennent les distributeurs de tablettes.






Lundi 18 Mai 2020


Commentaires

1.Posté par svp le 19/05/2020 04:00 | Alerter
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Occupez-vous de vos enfants, au lieu de les jeter comme de vieux chiffons dans ces écoles qui ne leur enseignent ni à lire ni à écrire ni à raisonner. Ces écoles font de vos enfants, de véritables moutons/esclaves!!!
Protégez vos enfants et faites leur l'école à la maison! RÉVEILLEZ VOUS!
Le jour où vos enfants, vous jetterons dans des maisons de retraite, ne venez pas vous lamentez, vous l'aurez mérité...

2.Posté par jehaislescookies le 19/05/2020 22:36 | Alerter
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ha ha, c'est le thème du fameux fabliau du Moyen-Age, (que TOUS les collégiens apprenaient du temps où on n'avait pas baissé les programmes ! ) "La Housse partie" !

à part ça c'est vrai ce que vous dites sur l'école à la maison, malheureusement tous les parents n'ont pas la capacité, les moyens le courage - quoi que avec les CNED c'est facile - etc de le faire mais c'est à encourager au maximum ! je suis tout à fait pour, plein de génies célébres ont fait comme ça, et moi-même quand j'étais enfant (même si je ne suis ni un génie ni célèbre !)

3.Posté par JBL1960 le 21/05/2020 10:18 | Alerter
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C'était induit dès lors où il a été invité à participer à la réunion annuelle d'un Groupe qui n'existe pas Bilderberg, en juin 2018 et dès la rentrée suivante, a été mis en place le fumeux Parcoursup ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/08/25/non-au-parcoursup-parcours-du-con-battant-pour-rien/

Liste des participants français :

COMITÉ DE DIRECTION DU PRÉSIDENT
Castries, Henri de (FRA), Président de l’Institut Montaigne ; Ancien président et chef de la direction, AXA [NdJBL ► AXA financeur de la colonisation, entre autres !]

PARTICIPANTS : Pour la France ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/06/06/la-66eme-reunion-du-groupe-bilderberg-souvre-demain-7-juin-2018-a-turin-en-italie/

Castries, Henri de (FRA), Président de l’Institut Montaigne; Ancien président et chef de la direction, AXA
Azoulay, Audrey, proche du Parti Socialiste, ancienne ministre de la Culture de François Hollande*
Barbizet, Patricia (FRA), Présidente, Temaris & Associés
Blanquer, Jean-Michel (FRA), ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie communautaire
Bouverot, Anne (FRA), membre du conseil d’administration; Ancien PDG, Morpho
Cazeneuve, Bernard (FRA), associé, August Debouzy; Ancien Premier ministre
Émié, Bernard (FRA), directeur de la DGSE
Patino, Bruno (FRA), Directeur des contenus, Arte France TV
Pouyanné, Patrick (FRA), Président et CEO de Total SA

Les principaux sujets de discussion de cette année-là comprenaient :

1. Populisme en Europe
2. Le défi de l’inégalité
3. L’avenir du travail
4. L’intelligence artificielle
5. Les États-Unis avant mi-parcours
6. Libre échange
7. Leadership mondial américain
8. Russie
9. L’informatique quantique
10. Arabie saoudite et Iran
11. Le monde « post-vérité »
12. Événements actuels

Ceux qui ont vu le film P.R.O.F.S. au-là du délire, l'auteur décédé depuis, faisait dire à Bruel que l'école un jour prochain n'existerait plus, que l'on aurait plus besoin de profs, en tout cas pas sous cette forme et qu'il serait remplacé par des disquettes d'ordinateur...

Maintenant, on ne va pas chialer pour un enseignement bancaire qui effectivement formate, une génération déjà matrixée, à être des SUPER obéissants.

On devrait commencer par lire nous-même La Pédagogie des opprimés de Paulo Freire ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2018/12/la-pedagogie-des-opprimes-de-paulo-freire-public3a9-en-1970.pdf

Ainsi qu'à tous les jeunes de France et de Navarre qui ne lisent plus beaucoup et puisqu'il existe à nouveau en français. Et si vous ne savez pas quoi lire à vos enfants pour les endormir, vous pouvez leur lire des passages de ce livre, puisque Freire a conscientisé que l'éducation était une pratique de la liberté, puisque nous sommes assignés à résidence, de manière inédite, excessive et unique au monde ► https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2019/04/leducation-comme-pratique-de-la-liberte-paulo-freire-1965-version-pdf-avril-2019.pdf

Et appeler le monde éducatif de France et de Navarre à se libérer de cet enseignement bancaire, et à refuser de le pratiquer ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2019/12/08/au-monde-educatif-de-france-de-navarre/

Même petitement nous pouvons chacun selon nos forces faire imploser le concept bancaire de l'éducation...

JBL

4.Posté par Jade T. le 21/05/2020 10:22 | Alerter
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Enseignante de français, j'ai vu le niveau des élèves dégringoler ces dernières décennies à une allure terrifiante. C'est à en pleurer ! Certains classiques sont aujourd'hui impossibles à étudier au collège. Il y a 20 ans, on pouvait encore étudier des romans de Zola en classe de 3°, aujourd'hui, dans la majorité des collèges, c'est strictement impossible. Il faudrait tout "traduire". Tous les CDI de France débordent de vieilles séries inutilisables aujourd'hui. Oui cela a été programmé : le nombre d'heures de français n'a cessé de se réduire comme une peau de chagrin. Un élève a perdu en quatre ans de la 6° à la 3° entre 160 et 180 heures de français depuis 1972 ! Pour rappel, jusqu'en 1968, un élève avait 15 heures de français par semaine. (source site sauver les lettres).
Alors on comprend oui pourquoi nos enfants ont beaucoup de mal avec la langue française. Ils sont volontairement privés d'avoir accès à la complexité et à la richesse de la langue, langue qui permet la réflexion. Si le langage est pauvre, alors l'élaboration de la pensée est pauvre. La première fonction du langage est de fixer les pensées pour les réutiliser et les enrichir. Mais plus encore que transmettre ou énoncer une idée, la parole est créatrice et permet d'agir.
Mais cela est réservé aux enfants de l'élite, pour le reste du peuple, le mot d'ordre est : ne pensez pas, consommez!

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