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Berezovski dans la peau de Léon Trotski (Nezavissimaïa Gazeta)


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Ria Novosti
Vendredi 1 Juin 2007

Berezovski dans la peau de Léon Trotski (Nezavissimaïa Gazeta)
Boris Berezovski reste l'opposant le plus farouche de Vladimir Poutine. Il impute au Kremlin tous les malheurs, tragédies et meurtres. Il associe au nom du président russe tout ce qui est négatif en Russie. Un opposant marginal incapable de nouer des alliances qui rappelle Léon Trotski, avec cette différence que ce dernier recherchait une influence parmi les communistes, alors que le premier se sert des médias pour devenir influent dans la communauté occidentale.

Les collaborateurs politiques de Boris Berezovski connaissent tous le même sort: Vladimir Golovlev, Sergueï Iouchenkov, Alexandre Litvinenko. Berezovski impute ces morts aux autorités russes qu'il accuse de règlements de comptes avec les dissidents. Les autorités affirment qu'il s'agit de marginaux dont l'activité ne leur nuisait aucunement. Mais les meurtres jettent une ombre sur le régime.

A qui profitent les meurtres? Qui en sort gagnant? La réponse est inconnue. Mais ces questions peuvent être posées autrement. A qui nuisent les meurtres? Qui en sort perdant?

La réponse est on ne peut plus évidente: le préjudice pour la réputation du Kremlin est énorme et incomparable avec l'influence des critiques de l'opposition.

Vladimir Poutine ne tire aucun profit de ces meurtres. Il n'en a besoin ni pour renforcer sa cote de popularité ou son pouvoir, ni pour améliorer la discipline, ni pour "nettoyer" l'échiquier politique. Un opposant, on peut simplement le jeter en prison, comme dans le cas de Mikhaïl Khodorkovski.

Boris Berezovski, au contraire, exploite tous les événements tragiques pour donner plus de consistance à ses critiques. Chaque mort est présentée comme une preuve de plus des crimes du KGB qu'il ne cesse de prédire.

Encore un aspect du facteur Berezovski: tous les opposants à Vladimir Poutine nient tout lien avec l'homme d'affaires en exil. Même Garry Kasparov, qui profère des accusations des plus virulentes à l'égard du Kremlin, affirme que sa coalition "ne maintient pas de contacts avec quiconque nuirait à sa réputation". Le lien avec Boris Berezovski apparaît donc comme un facteur susceptible de corrompre la réputation de l'opposition, même radicale.

Dans un entretien à Nezavissimaïa Gazeta, Boris Berezovski a démenti avoir affirmé dans son interview au Financial Times qu'il finançait l'Autre Russie, avançant qu'il avait seulement déclaré financer l'opposition. Un revirement curieux. Si le Financial Times a inventé la mention de l'Autre Russie, il a fait le jeu du Kremlin qui cherche à discréditer à tout prix le bloc Kassianov-Kasparov. Difficile d'imaginer un meilleur cadeau aux détracteurs de l'opposition radicale.

Quand Boris Berezovski dit qu'il finance quelqu'un en Russie, cela suscite infailliblement le désarroi. Pourquoi le fait-il? Car il fait du tort au bénéficiaire de l'argent sur le plan moral, pour ne pas dire pénal.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.


Vendredi 1 Juin 2007

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