Palestine occupée

Bassam Aramin's Letter to Ehud Barak / Une lettre ouverte au ministre de la Défense Ehud Barak



Lundi 26 Mai 2008

Bassam Aramin's Letter to Ehud Barak / Une lettre ouverte au ministre de la Défense Ehud Barak

Une lettre ouverte au ministre de la Défense Ehud Barak

par Bassam Aramin,
co-fondateur du mouvement des « Combattants pour la Paix »

Honorable Général Ehud Barak, vous ne me connaissez pas personnellement. Je suis un chercheur de Paix, et je me bats de toutes mes forces et avec toutes mes capacités pour la réalisation d’une Paix juste qui apporterait le calme et la prospérité à la fois aux Palestiniens et aux Israéliens.
J’ai souffert personnellement de votre occupation criminelle et j’ai payé un lourd tribut. Tout d’abord, j’ai été emprisonné quand j’avais 17 ans et j’ai perdu sept ans de ma vie dans vos prisons barbares.
Ensuite, peut-être avez-vous lu ou entendu perler de ce qui est arrivé à la petite Abir Aramin ? C’est une fillette de 10 ans que vos soldats ont tuée avec une balle de caoutchouc à une distance de 15 pieds, le 16 janvier 2007 sous les yeux de sa sœur de 11 ans Areen.
En dépit de cela, moi, le père d’Abir – puisse-t-elle reposer en paix- je crois dans le droit du peuple Israélien, comme dans le droit de tous les peuples d’exister et de vivre dans la Paix et la sécurité. Alors, pourquoi ne croyez-vous pas dans nos droits à jouir de ces mêmes choses, Monsieur ?
Où était le caractère démocratique de votre Etat quand vos héroïques soldats tuaient ma fille sous les yeux de ses amis à l’entrée de son école à Anata ?
Où étaient vos idéaux démocratiques quand vous avez refermé l’enquête sur le meurtre d’Abir pour manque d’évidences suffisantes, et cela en dépit du fait que le crime était clair et avait été commis devant plus de dix témoins ?
Est-ce que Abir était réellement une menace pour vos soldats, Monsieur ?
Je garde en ma possession les armes avec lesquelles Abir menaçait ces soldats. J’ai entre les mains sont sac à dos d’écolière renforcé et armé bien sûr.. son stylo-plume qu’elle avait garni de cartouches d’attaque…son livre de Maths pour le cours où elle avait un contrôle ce jour-là qui bien sûr contenait des instructions détaillées sur le mode de fabrication d’armes chimiques . En plus de tout cela, elle avait une règle plate qui bien sûr aurait pu servir d’arme pour porter des coups à quelqu’un. Enfin, j’ai trouvé en sa possession deux carrés de chocolat qui peut-être contenaient un peu d’uranium enrichi et qui auraient probablement dévasté votre état si elle n’avait eu la tentation de les prendre dans sa main pour y goûter quelques secondes avant d’être tuée.
Là, je dois faire crédit à vos soldats de leur incroyable compétence pour rendre infirme et tuer avec une précision mortelle. La balle a touché Abir à exactement un centimètre de l’Hypothalamus, ce qui a provoqué un coma immédiat et elle est morte peu après, elle est partie demeurer auprès de Dieu, dispensée de vivre la douleur et d’avoir le cœur brisé par tout ce que nous venons d’exprimer.
Par conséquent Abir Aramin peut être ajoutée à la liste des grands succès et des exploits accomplis pour la sécurité au Nom de l’Etat d’Israël.
Mais je requiers de vous, Monsieur le Ministre et Général, puisque je suis le père de cette petite fille, au moins d’admettre une responsabilité dans ce meurtre ou dans sa cause. C’est votre devoir d’envoyer le soldat qui a tué Abir devant un tribunal afin qu’il soit traduit en justice et jugé comme meurtrier et criminel.
Je crois qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit et quand ces lâches ont tué ma fille, j’ai annoncé que je ne cherchais pas de vengeance, je désire la justice même si la vengeance est plus facile. Le vrai combattant est celui qui choisit le chemin le plus difficile pour l’amour de la Paix car la vengeance est le chemin des couards.
Monsieur, le peuple Palestinien ne pourra pas toujours payer le prix de la peur et de la méfiance du peuple Israélien. Libérez mon peuple de cette occupation abominable afin que votre peuple puisse vivre et être libéré de la peur.
Depuis soixante ans, le peuple Palestinien a payé le prix de l’occupation militaire Israélienne, une occupation qui, en célébration de la création de l’Etat d’Israël, provoque des actes d’antagonisme illégaux où le sang de combattants Palestiniens, de femmes, d’enfants de vieillards est répandu indistinctement.
C’est l’ensemble des civils Palestiniens qui fournit la cible à votre machine de guerre qui ne protège pas les plus faibles des plus forts. Notre peuple doit faire face au même meurtrier depuis Gaza en 1956 et la série sans fin continue.
Je ne vais pas vous rappeler les massacres commis par votre gouvernement contre mon peuple, vous les connaissez bien mieux que moi. J’ai lu à leur propos, j’ai entendu à leur propos, mais vous, vous y avez pris part.
La question que je vous pose, à la lumière de votre riche expérience militaire et comme à quelqu’un qui a lui-même vu depuis 60 ans le conflit perdurer, quand est-ce que Israël aura la force de terminer ce conflit militairement et de réaliser une victoire complète sur le peuple Palestinien ? Continuez-vous à penser que ce qui n’a pas pu être réalisé par la puissance pourra être réalisé avec encore plus de puissance ? Est-ce que l’occupation cache dans son sac encore d’autres méthodes de tuer que les Palestiniens n’ont pas eu encore le malheur d’expérimenter ?
Si c’est le cas, ce serait peut-être une bonne idée pour le gouvernement Israélien de les essayer et de les utiliser. Et peut-être seront-elles capables d’accomplir cette complète victoire tant désirée pendant encore soixante ans.
Monsieur, quand comprendrez-vous enfin que le conflit entre nous ne peut pas être terminé par une armée ? Car en dépit de tout l’orgueilleux effort d’occupation, elle n’empêchera pas nos enfants de lancer des pierres sur vos soldats de l’occupation. Comment pourriez-vous être capable d’arrêter la révolte Palestinienne ? C’est un rêve qui ne sera jamais réalisé, même dans 1000 ans. Pourquoi ne dites-vous pas la vérité aux habitants de Sdérot et d’Ashkélon, qu’il n’y a pas de solution qui arrêtera les Quassams qui tombent sur eux depuis un Gaza détruit et assiégé s’il n’y a pas de fin à l’occupation ?
C’est la vérité que vous avez occultée depuis longtemps.
Croyez-moi, Monsieur, vous ne gagnerez rien en continuant à emprisonner des gens. Plus de 750 000 Palestiniens ont été détenus depuis 1967 jusqu’à aujourd’hui. Quel résultat a été apporté sinon une détermination accrue de notre part de confrontation et de résistance ?
La politique d’occupation ne fait que susciter de plus en plus de personnes qui se dressent pour combattre l’occupation et refuser d’en accepter le fardeau. Les Palestiniens qui croupissent dans vos prisons sont parmi les plus érudits et les plus cultivés de notre peuple, ils sont les plus sensibles et les plus humanistes. Ils ont été élevés dans une tradition de démocratie et de liberté et c’est pour cette raison qu’ils n’accepteront jamais l’occupation et l’assujettissement. Ce sont des hommes et des femmes qui se battent pour la Paix et si vous voulez arriver à la Paix, alors, vous n’aurez pas d’autre choix que de libérer en premier lieu ces soldats de la Paix.
Quel a été le réel bénéfice de votre stratégie de démolition de maisons, de déracinement d’arbres, de confiscation de la terre pour des raisons fallacieuses afin d’établir ensuite des colonies illégales sur ces mêmes terres ? En quoi cela vous a-t-il servi d’établir des check-points hideux à chaque coin de chaque route de la Cisjordanie et de Gaza et à chaque carrefour, dans le but d’humilier les habitants de ces contrées avec parmi eux des travailleurs, des étudiants et des responsables politiques ? Quelle est la logique de tout cela Monsieur ?
Quand les balles assoiffées de sang de vos soldats seront-elles assouvies du sang de nos enfants ? Quand serez-vous rassasiés de notre sang déjà répandu et quand nous laisserez –vous enfin tranquilles ? Quand laisserez-vous notre terre et notre ciel ? Ne voyez-vous pas les casques sur lesquels vos soldats écrivent : « Je suis né pour tuer », Ne voyez-vous pas vos braves militaires tuant chaque jour des enfants ? Comment pouvez-vous décider d’empêcher les habitants de Gaza d’acheter du gaz pour cuisiner et au même moment leur envoyer des gaz lacrymogènes des chars et des avions de combat ?
C’est seulement maintenant que je comprends le choix d’une femme Israélienne rencontrée en Italie - ma collègue Eidan avec laquelle nous avons participé à une marche pour la Paix de Pérouse à Assise comme représentants des « Combattants pour la Paix ». Quand je lui ai demandé : « Tu ne projettes pas de rentrer en Israël », elle m’a répondu : « J’ai juré que si Ehud Barak gagnait les élections je quitterais Israël pour toujours. » Elle continue à vivre là-bas parce que vous suivez une politique qui ne reconnaît pas de partenaire Palestinien.
Je ne peux même pas commencer à exprimer dans cette courte lettre les fautes morales qui nuisent à la société Israélienne. Le journal « Yediot Ahronot » dit que 40% des nouvelles recrues de l’armée Israélienne ont un casier judiciaire et qu’il faudra longtemps pour expliquer la longue liste des exactions contre des civils Palestiniens qu’ils ont commises pendant leur service. IDF est censée être distinguée comme l’armée la plus morale du monde entier, non ? Est-ce pour cela que nous voyons que 25% des soldats de l’armée d’occupation prennent part à des actes de torture, de punition envers des civils innocents ou bien sont témoins de tels actes ?
Monsieur, je veux vous rapporter que j’ai lu ce rapport honteux qui horrifierait n’importe quel homme de conscience, il parle de la torture des enfants d’Hébron. Et cela : la strangulation d’enfants Palestiniens par des soldats pour tester combien de temps ils peuvent rester sans respirer, actes qui ont été commis par des capitaines de votre armée, l’armée la plus morale du monde, c’est la couronne de la honte sur le front de l’occupation.
Monsieur, comment justifiez-vous votre utilisation par des soldats d’enfants de dix ans comme boucliers personnels qu’ils attachent en avant de leurs patrouilles quand ils sont en quête de personnes recherchées ou veulent casser une manifestation ? Où les lois internationales permettent-elles cela ? Je suis en train d’essayer de comprendre si cet usage des enfants comme boucliers humains est de quelque façon que ce soit liée à la science de la guerre moderne car l’accusation que j’entends dans toutes les instances pour couvrir le meurtre des enfants en particulier et le meurtre de citoyens Palestiniens en général, est que les combattants Palestiniens utilisent des civils comme boucliers humains pour se cacher derrière. Comment peut-il y avoir une justification légale et une distinction même dans la terminologie Israélienne, mais pas dans la terminologie internationale entre Israéliens et Palestiniens ?
Comment pouvez-vous justifier la mort de ces innocents qui tentent simplement de passer pacifiquement les check-points que vos soldats dressent à toutes les entrées de villages , de bourg ou de camps en empêchant les femmes enceintes d’aller vers les hôpitaux pour accoucher ? Accepteriez-vous que cela arrive à votre femme ? Que feriez-vous alors ? En dépit de cela, il y a des militaires, des soldats Israéliens qui se sont battus contre les Palestiniens et qui, au moment de vérité on pris conscience qu’ils n’étaient rien de plus que des pions entre les mains de l’occupation. Ils ont eu le courage et la valeur d’annoncer unanimement qu’ils refusaient d’être des occupants. Ils ont exposé les mensonges de leurs dirigeants qui clament qu’Israël a les mains tendues pour la Paix mais qu’il n’y a aucun partenaire du côté Palestinien. Ils découvrent qu’ils n’ont jamais vraiment rencontré de combattant Palestinien face à face au combat et cela bien que leur travail quotidien ait été de pourchasser des écoliers, de renforcer des barrières, de détruire des maisons, de dresser des check-points et des barricades pour arrêter des enfants qui n’ont pas même treize ans.
Ils ont pris une courageuse position morale et sans aucune difficulté, ils ont trouvé eux-mêmes un partenaire Palestinien au cœur même du mouvement Palestinien, des gens qui ont gaspillé l’élan de leur jeunesse dans les geôles de votre occupation.
Ensemble, ils ont fondé le mouvement des « Combattants pour la Paix ». Le nom lui-même met en lumière la fausseté des promesses et de la politique qui dit qu’il n’y a pas de partenaire en face. Cette organisation, unie par le courage et la conscience morale, est composée de personnes des deux camps qui ont compris qu’il y a un seul ennemi commun qui dissimule le chemin de la réalisation de la Paix et de la vie ensemble en tant que deux Nations. Cet ennemi est l’occupation illégale et immorale par Israël. Je suis un membre de cette organisation et j’appelle tous ceux qui recherchent une vraie Paix à nous rejoindre.
Nous disons à nos peuples la vérité et rien que la vérité. Nous sommes engagés dans la résistance non- violente à l’occupation, et j’en appelle ici à tout le peuple de notre Nation Palestinienne qui a écrit les pages de son histoire comme un exemple de résilience et qui a eu l’humanité de résister à des décennies d’abus et d’occupation avec la plus pure fermeté.
J’en appelle aussi au peuple Israélien pour qu’il accepte sa responsabilité morale et historique dans l’établissement de ces deux états ensemble et pour une « intifada » nationale humaine et pacifique, un soulèvement contre l’occupation injuste qui a transformé vos enfants en criminels de guerre et en d’abjects meurtriers. Vous, les Israéliens, arrêtez d’envoyer vos soldats, vos fils, tuer nos enfants parce que le sang de nos enfants et le sang de tous les Palestiniens innocents va mener vos soldats et les généraux de votre armée en jugement devant les tribunaux internationaux comme tous les autres criminels de guerre du monde. Vous devez apprendre cette leçon. L’honorable Général sait sans doute que la majorité des capitaines et des généraux Israéliens sont interdits d’entrer dans nombre de pays Européens car ils seraient recherchés comme criminels de guerre et pour crimes contre l’humanité.
Un dernier mot : le sang d’Abir Aramin demeurera comme une couronne noire sur le front de chaque Israélien, de chaque juif dans le monde jusqu’à ce que son meurtrier soit traduit en justice et passe le reste des jours de sa vie en prison parmi les meurtriers et les criminels.
Bassam ARAMIN
Co-fondateur des « Combattants pour la Paix »
Président de Jérusalem (Al QDS) pour la Démocratie et le dialogue.

Bassam Aramin's Letter to Ehud Barak / Une lettre ouverte au ministre de la Défense Ehud Barak

An open letter to the Minister of Defense, Mr. Ehud Barak

by Bassam Aramin, co-founder of the movement “Combatants for Peace”
Translation by Mimi Asnes

Honorable General Ehud Barak, you don’t know me personally. I am a seeker of peace, and I struggle with all my strength and ability for the realization of a just peace that will bring calm and prosperity to Palestinians and Israelis together. I have suffered personally from your criminal occupation and I have paid a heavy price. Firstly, I was imprisoned when I was 17 years old and wasted seven years of my life in your barbaric prisons. Secondly, have you perhaps read or heard about what happened to the young girl Abir Aramin? She was a ten-year-old that your soldiers killed with a rubber bullet from a distance of 15 feet on January 16th, 2007 in front of her eleven-year-old sister Areen. Despite this I, the father of Abir—may she rest in peace—believe in the right of the Israeli person, as in the right of all people, to exist and to live in peace and security. So why do you not believe in our right to enjoy these same things, sir?

Where was the democratic nature of your state when your heroic soldiers killed my daughter before the eyes of her friends at the entrance to her school in Anata? Where were your democratic ideals when you closed the investigation file into Abir’s murder for lack of sufficient evidence, this despite the fact that the crime is clear and was committed in front of more than ten witnesses? Was Abir really a threat to your soliders, sir?

I carry on, in my possession the weapons with which Abir threatened those soldiers. I have in my hand her school backpack, reinforced and armored, of course—the mechanical pencil she had, laden with dangerous lead cartridges, and her math book in which class she had a test the same day, which of course included detailed instructions on how to prepare chemical weapons. In addition to all this, she had a sharp ruler, which could for sure be used as a weapon to stab someone. Lastly, I found in her possession two pieces of chocolate that perhaps contained a bit of enriched uranium that would have certainly brought devastation upon your state, if she hadn’t been tempted to take them in her hand for a taste seconds before she was shot.

Here I have to give your soldiers credit in their incredible ability to incapacitate and kill with such deadly accuracy. The bullet hit Abir exactly one centimeter from her hypothalamus—this caused her to immediately enter a coma and she died thereafter and went to dwell in the presence of God, sparing her the continuing pain and heartache herein expressed.

Thus, Abir Aramin can be added to the list of great successes and security accomplishments in the name of the State of Israel. But I request, Minister and General, in that I am the father of this young girl, at the very least an admission of responsibility for this murder, or its cause. It is your duty to bring the soldier who murdered Abir to court so he may be tried and judged a murderer and criminal.

I believe that there is no military solution to the conflict and when those cowards murdered my daughter, I announced that I did not want revenge, I wanted justice, even though revenge is much easier. The real fighter is one who chooses the harder path of the two for the sake of peace, and revenge is the path of the coward.

Sir, the Palestinian people cannot forever pay the price of the fear and suspicion of the Israeli people. Free my people from this abominable occupation so that your people may live in prosperity and be free from fear.

For sixty years, the Palestinian people has paid the price of the Israeli military occupation an occupation which, in celebration of the Israeli state’s inception, carries out acts of outright antagonism that spill the blood of Palestinian fighters, women, children and elders indiscriminately. It is the Palestinian general public that provides a target for your war machine that does not protect the small from the grown. Our people has faced the same murderer since Gaza in 1956—and the never-ending series continues.

I will not remind you now of the massacres that your government committed against my people; you know them far better than I. I read about them, heard about them—but you took part in them.

The question I pose to you is this: in light of your rich military experience, and as someone who himself has seen sixty years of conflict go by, when will Israel have the strength to finish the conflict militarily and realize a complete victory over the Palestinian people? Do you continue to believe that what cannot be done by might may be done by more might? Does the occupation conceal in its bag of tricks additional methods of killing that the Palestinian people have not yet had the misfortune to know?

If this is the case, perhaps it is a good idea for the Israeli government to try and use those methods. And perhaps they will be able to accomplish that tantalizingly complete victory…in another 60 years.

Sir, when will you understand that the conflict between us cannot be ended with an army? For despite all the effort and conceit of the occupation, it could not stop the stones of our children from hitting your occupying soldiers. How will you be able to stop the Palestinian uprising? This is a dream that will never come true, even in another 1000 years. Why are you not telling this truth to the residents of Ashkelon and Sderot, that there is no solution that will stop the Qassam missiles flying at them from a destroyed and blockaded Gaza except if there would be an end to the occupation?

This is the truth you’ve been running from for a long time.

Believe me, sir, that you will gain nothing out of continuing to detain people. More than 750,000 Palestinians have been detained from 1967 until today. What result has been achieved except an increased determination on our part for confrontation and resistance?

The policy of occupation only creates more and more people who rise up to fight occupation and refuse to accept its burden. The Palestinian prisoners who sit in your jails are among the most learned and erudite of our people, those are the most sensitive and humanistic. They have become educated in the tradition of liberty and democracy—and for this reason they will never agree to accept the occupation and subjugation. It is these men and women who will fight for peace, and if you want to realize peace you have no option but to set free these soldiers of peace first and foremost.

How much have you really benefited from your strategy of home demolitions, uprooting of trees, confiscating lands for questionable reasons and then establishing illegal settlements on those same lands? How much has it helped you to set up disgraceful checkpoints in every corner and every road of the West Bank and Gaza and at each intersection for the purpose of humiliating the residents of those areas, among them workers, students and political leaders. What is the expediency of all this, sir?

When will the bloodthirsty bullets of your soldiers be sated from the blood of our children? When will you be satisfied with our blood that you have already spilled and leave us? When will you leave our waters and our heavens? Do you not see the helmets upon which your soldiers write, “I was born to kill”? Do you not see your brave men killing children every day? How can you decide to prevent the people of Gaza from acquiring cooking gas and at the same time send them teargas and tanks and warplanes?

Only now do I understand the will of an Israeli woman in Italy—my colleague Eidan and I met her when we participated in a peace march from Perugia to Assissi as representatives of Combatants for Peace. When I asked her, “You aren’t planning to return to Israel?” She answered me: “I swore that if Ehud Barak won the election, I will leave Israel forever.” She continues to live there because you act according to a policy that says there is no Palestinian partner.

I cannot begin to express in this short letter the enormity of the moral failures that have harmed Israeli society. The newspaper “Yediot Ahronot” said that 40% of new recruits to the IDF have criminal files and this may go a long way in explaining the long list of acts against Palestinian civilians that they commit during their service. This is supposed to be the most distinguished, moral army in the entire world, no? Is this why we find that 25% of the soldiers of the army of the occupation took part in instances of torture and punishment of innocent civilians or were witnesses to such acts?

Sir, I want to submit that I have read the shameful report that says that every man of conscience would be horrified by, that talks of the torture of children in Hebron. And this—the strangling of Palestinian children by soldiers to test how much time they can stand without breathing, incidents that were committed by captains in your army, the most moral army in the world--this is the crown of shame on the brow of the occupation.

Sir, how do you justify your soldier’s use of children aged 10 as personal shields that they tie to the front of your patrols when they search for wanted persons or break up a demonstration? Where does international law permit this? I am trying to understand if this use of children as human shields is in some way related to the science of modern warfare, for the accusation that I hear in all instances of the killing of children in particular and in the killing of Palestinian citizens in general is that the Palestinians fighters use citizens for human shields to hide behind. How can there be a legal justification and distinction even in the Israeli terminology, but not in the international terminology, between Israelis and Palestinians?

How can you justify the deaths of those innocents just trying to peacefully pass though the checkpoints that your soldiers put up at all entrances to villages, cities or camps that prevent pregnant women from walking to hospitals to deliver? Would you ever agree to let this happen to your wife? What would you do then?

There are, however, military men, Israeli soldiers that used to do battle with the Palestinian people who at the moment of truth found that they are no more than pawns in the hands of the occupation. They had the courage and the valor to announce unanimously that they refuse to be occupiers. They exposed the falsehoods of their leaders who claim that Israel is reaching out her hand for peace but she has no partner on the Palestinian side. They discovered that they had never met a real Palestinian fighter face-to-face in combat, and that instead their day-to-day work was chasing schoolchildren, enforcing closures, destroying houses and putting up checkpoints and roadblocks to stop children who aren’t even 13 years old. They took a moral and courageous stance and without any difficulty found themselves a Palestinian partner from within the heart of the Palestinian movement, people who wasted the spring of their youth in the prisons of your occupation. Together they founded the organization Combatants for Peace. The name itself exposes the false promises and the policy that says there is no partner for peace. This organization, united in courageousness and morality, is made up of people from both sides who understand that there is only one shared enemy that conceals the path of realization of peace and life together as two nations. This enemy is the illegal and immoral Israeli occupation. I am a member of this organization, and I call upon all who are searching for a true peace to join us.

We tell our peoples the truth, only the truth. We are committed to nonviolent resistance to the occupation, and I call here, in this very missive, to the people of our Palestinian nation that has been written in the pages of history as the epitome of resilience, that has had the humanity to withstand decades of abuse and occupation with the purest steadfastness. I call also upon the people in Israel to accept moral and historic responsibility for the establishment of these two states together, and for a national, humanistic, peaceful intifada, a rising up against this unjust occupation that has transformed your children into war criminals and to abject murderers. You Israelis—stop sending your soldiers—your sons—to kill our children, because the blood of our children and the blood of all those Palestinian innocents will chase your soldiers and the generals of your army to judgment in international courts as the rest of the war criminals in the world. You must learn this lesson. The honorable general must surely be aware that the majority of captains and generals in the Israeli army are forbidden from entering any European state for they will be wanted persons there, to be arrested and taken to court as war criminals and for crimes against humanity?

One last word – the blood of Abir will remain as a black crown on the brow of every Israeli and every Jew in the world until her murderer is brought to justice and passes the remainder of his days in jail, among the murderers and the criminals.

Bassam Aramin,
Co-founder of Combatants for Peace
Chairman of Alquds for Democracy and Dialogue


Lundi 26 Mai 2008


Commentaires

1.Posté par hélène le 26/05/2008 17:02 | Alerter
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lettre ouverte déchirante, d'un humain de haute qualité à un être humain qui ne la lira pas et qui s'il la lisait, ne la comprendrait pas car lui n'est ni humain, ni de qualité.

2.Posté par biloute le 27/05/2008 14:23 | Alerter
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Merci

Oui Barak n'est pas humain, comme dirait un certain philosophe de contoir de bar tabac, c'est la barbarie à visage humain

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