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Barrages routiers : L'Outils de répression et d'humiliation


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Khalid Amayreh
Lundi 2 Avril 2007

Barrages routiers : L'Outils de répression et d'humiliation

Barrages routiers : L'Outils de répression et d'humiliation


Par Khalid Amayreh, le 2 avril 2007


« Par conséquent, il n'y a pas place à la comparaison entre Israël et les nazis. Si une comparaison devait être faite, alors les Israéliens seraient champions de cruauté et les raisons sont évidentes. » - Gilad Atzmon, ancien officier des forces de la défense israélienne


​​​​Il est vraiment très difficile d'écrire au sujet des barrages routiers israéliens en Cisjordanie sans se mettre en colère, exactement comme il est difficile de décrire les chambres à gaz nazies sans être dérangé. Et pendant que les chambres à gaz nazies et les camps de détention sont une question différente, il est impératif que le monde comprennent que le système israélien de barrages routiers n'est pas de moindre importance et que c'est loin d'être une chose innocente. Ce système est l'outil principal d'Israël pour harceler, déshumaniser, brutaliser et éreinter un peuple qui est perçu par beaucoup de sionistes comme une population d'esclaves.


​​​​


​​​​Beaucoup a été écrit et de nombreux rapports détaillés d'organisations des droits de l'homme ont été publiés au sujet de ces malveillantes stations sataniques de persécution et d'humiliation. Cependant, en avoir la connaissance est une chose, mais passer à travers eux est une expérience complètement différente.


​​​​Aujourd'hui, il y a jusqu'à 700 points de contrôle et barrages routiers en Cisjordanie, la plupart d'entre eux sont profondément au cœur palestinien, ce qui réfute les revendications israéliennes selon lesquelles les barrages routiers seraient là principalement pour des raisons de sécurité.


​​​​Il y a des barrages routiers entre villages palestiniens, entre villages et villes, entre villes et villes et surtout à l'extérieur des colonies juives pour empêcher les palestiniens de voyager sur les routes réservées aux juifs.


​​​​Les barrages routiers sont normalement gardés par de jeunes appelés qui, en raison du manque de discipline et de l'absence virtuelle d'autorité de la loi dans le traitement des non-juifs, surtout des palestiniens, se croient tout-puissants puisqu'ils peuvent arrêter, tuer, humilier, harceler et maltraiter à volonté les palestiniens. Dans beaucoup de cas, ces soldats vont au delà de ces viles pratiques, et ont recours à des actes sadiques tels que kidnapper des palestiniens dans les oliveraies proches ou dans les buissons pour les forcer à exécuter des actes dégradants, tels que boire l'urine des soldats juifs.


​​​​Officiellement, le but des barrages routiers est d'empêcher le « terrorisme » et d'attraper les activistes palestiniens potentiels, particulièrement les soi-disant « personnes recherchées. » Cependant, dans la pratique, les barrages routiers servent à anéantir une population civile entière chaque jour afin de l'humilier et de briser sa volonté collective à survivre et à être libre.


Les abus


​​​​Quand on parle du mauvais traitement gratuit des palestiniens aux barrages routiers israéliens, il est important de préciser que « l'abus endémique » est la norme. Seulement quand un observateur étranger ou des caméras de TV sont présents le vil comportement souvent sadique des soldats présentera un parfum de civilité provisoire dans la manière qu'ils communiqueront avec les palestiniens qui passent par ces vicieux barrages routiers.


​​​​Ces abus sont nombreux et les soldats, agissant tout seuls, ou sur instructions de leurs supérieurs, continuent à inventer de nouvelles formes d'abus et d'humiliation.


​​​​La forme la plus répandue d'abus sur ces barrages routiers est de laisser les palestiniens, automobilistes et individuels, en rade à un barrage routier spécifique pendant longtemps, quelques fois pendant des heures. Par conséquent, la scène de centaines de véhicules palestiniens bloqués des deux côtés d'un barrage routier donné est assez familière. Les soldats se réjouiront simplement d'observer comment les palestiniens sont assujettis et harcelés dans la chaleur lourde de l'été ou le froid glacial de l'hiver. En effet, dans beaucoup de cas, les soldats qui défendent un barrage routier sont vus buvant du café à petites gorgées ou même jouant aux cartes tandis que des centaines de voitures palestiniennes attendent qu'il leur soit permis de rouler vers leur destination.


​​​​Voyez-vous les milliers de gens qui sont maintenus otages des caprices et de l'humeur de quelques jeunes soldats israéliens ? N'est-ce pas la manière dont les juifs étaient traités par la Gestapo, avec une indifférence sans cœur ?


​​​​Dans quelques cas, quand un barrage routier est dans une région à dépense, les soldats qui les tiennent maltraiteront vraiment les automobilistes et les passagers palestiniens de façons sortant de l'ordinaire, comme exiger qu'ils chantent une certaine chanson, ou que le mari embrasse son épouse qui voyage avec lui, ou dise « Avé Sharon » ou maudisse simplement Yasser Arafat et Ahmed Yasin.


​​​​Il y a quelques années, à un point de contrôle de l'armée israélienne en dehors du camp de réfugiés de Fawwar, à quelques kilomètres à l'ouest d'Hébron, les automobilistes étaient obligés de quitter leurs voitures et de courir plusieurs fois autour du barrage routier. À un autre barrage routier à l'ouest de la ville de Dahirya, aussi proche d'Hébron, les soldats ont forcé un ouvrier palestinien à se déshabiller complètement. Ils ont pris ses vêtements, les ont mis au feu, et lui ont ordonné de marcher à reculons vers son village, Al Burj, complètement nu. Ils aurait été averti qu'ils lui tireraient dessus s'il ne faisait pas comme ordonné, lui disant qu'ils diraient à leurs supérieurs « il a tenté de poignarder l'un de nous et nous avons dû nous défendre. »


​​​​Dans d'autres cas, les soldats commanderont simplement au conducteur de garer sa voiture, et de s'asseoir par la terre pendant plusieurs heures, avant de lui permettre de rouler en avant ou de retourner.


​​​​En fait, de nombreux cas de meurtres ont eu lieu aux points de contrôle et aux barrages routiers israéliens à cause d'abus de pouvoir criminels des soldats. Par exemple, un soldat, qui n'est souvent qu'un colon en uniforme, signalera à une voiture arrivant de stopper, disons 3 mètres avant le barrage routier réel. Ensuite le conducteur palestinien attendra, attendra et attendra, priant pour que le soldat lui fasse signe d'avancer. Cependant, si le conducteur décide de retourner en arrière chez lui, il est tout à fait possible que le soldat ouvre le feu sur lui et le tue parce qu'il « n'a pas observé l'ordre de s'arrêter. » Et s'il décide d'avancer, par exemple pour dire à l'officier commandant qu'il transporte un patient à l'hôpital, il est également possible que les soldats lui tirent dessus « parce qu'il a essayé d'écraser un soldat. »


​​​​Le 10 mars 1998, quand le conducteur d'un fourgon transportant des ouvriers palestiniens rentrant chez eux à Dura s'est avancé à quelques mètres du barrage routier après qu'un soldat lui ait signalé de le faire, un autre soldat a criblé de balles la voiture, tuant trois ouvriers et blessant cinq autres, dont deux gravement.


​​​​Au début, les médias israéliens répétaient comme des perroquets le porte-parole de l'armée qui effrontément prétendait, mensongèrement (bien entendu), que le conducteur avait essayé d'écraser les soldats gardant les barrages routiers. Cependant, des douzaines d'ouvriers palestiniens revenant par hasard d'Israël en Cisjordanie justement sur le site ont témoigné solennellement qu'il avait seulement été demandé au conducteur de rouler en avant.


​​​​Par la suite, après que l'orage se soit calmé, l'armée israélienne a admis que les trois ouvriers, Muhammed Sharawneh 27 ans, Ghaleb Rajoub 34 ans, et Adnan Jibril Abu Zneid, 35 ans, ont été tués de manière illégale. Les trois ont laissé derrière eux trois veuves et pas moins de 18 orphelins.


​​​​Le carnage de Tarqumiya est seulement un exemple de la façon dont Israël utilise les barrages routiers comme des pièges mortels pour tuer des palestiniens innocents en concoctant ensuite des prétextes et des justifications pour le meurtre.


​​​​Une autre pratique extraordinairement sinistre des soldats israéliens gardant les barrages routiers et les points de contrôle est d'interdire délibérément [le passage] des véhicules palestiniens, incluant parfois des ambulances, transférant des patients ou des femmes en couche à l'hôpital.


​​​​Les organisations de droits de l'homme, y compris B'tselem propre à Israël, ont documenté beaucoup de cas de patients ayant succombé à leurs maladies sur les barrages routiers parce que les soldats les ont laissé attendre pendant longtemps ou ont refusé de les laisser rouler vers l'hôpital, qui peut être à seulement quelques blocs plus loin.


​​​​Il y a aussi des exemples des femmes forcées d'accoucher aux barrages routiers à cause de la cruauté des soldats israéliens, et également des mères ou leur bébé ou tous les deux mourant pour la même raison, parce que l'accès à l'hôpital leur est refusé.


​​​​Dans de nombreux cas, les soldats permettront à des palestiniens d'éviter le barrage routier en conduisant sur des routes extrêmement accidentées, hasardeuses et traîtresses, finissant souvent dans un désastre. Ceci montre le caractère mensonger absolu de la prétention israélienne que les barrages routiers visent à protéger la sécurité israélienne, à moins, naturellement, que le concept israélien de la sécurité est élargi pour inclure l'humiliation et le harcèlement du peuple palestinien entiers. N'est-ce pas la manière dont les nazis regardaient aussi leur propre sécurité ?


​​​​Finalement, il est largement évident que les barrages routiers tronquent et divisent la Cisjordanie en centaines de « zones de sécurité » qui sont séparées les unes des autres, rendant ainsi efficacement impossible la vie quotidienne. C'est assurément partie intégrante du plan israélo-nazi pour rendre insupportable la vie palestinienne et pour garder des millions de palestiniens tourmentés dans une situation où l'émigration devient un choix attrayant.


​​​​Heureusement, la masse des palestiniens n'a pas succombé à la pression et à la contrainte malveillantes. Ils ont appris la leçon de 1948 et sont peu susceptibles de renouveler la même gaffe. Ils résisteront au terrorisme juif, à la coercition juive et même au nazisme juif. Ils ne partiront pas de leur patrie ; ils n'ont aucune autre patrie.


​​​​


http://www.thepeoplesvoice.org/cgi-bin/blogs/voices.php/2007/04/02/roadblocks_tools_of_repression_and_humil

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info






Mardi 3 Avril 2007


Commentaires

1.Posté par Fadel le 03/04/2007 00:56 | Alerter
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C'est révoltant. Tout se paye ici bas.
Pendant ce temps, que fait la fameuse communauté internationale?

2.Posté par aurélie le 03/04/2007 18:18 | Alerter
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Sionistes maléfiques si vous saviez!
comme un jour vous regretterez tout le mal que vous faites aux nobles palestiniens, je peux vous dire que je ne suis pas arabe, et pourtant je vous hais à mort!
Beaucoup pensent comme moi, a nous assomer avec votre shoah, ne fait que nourrir notre aversion envers vous, monstrueuses créatures.

3.Posté par MINOU99 le 04/04/2007 18:08 | Alerter
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Oui, aurélie, une shoah avec laquelle BHL et consorts se prostituent avec et qui oublient la réalité de l'holocauste palestinien. Dans la hiérarchisation des génocides, il paraitrait qu'il s seraient les premiers et pas question qu'un autre vienne les seconder ou prendre leur place ou ils sont si confortablement installés et que personne ne détronnera pas meme le réalité du génocide rwandais. Ils seront toujours maudits.

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