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Baker-Hamilton de retour


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Samedi 26 Juillet 2008

Baker-Hamilton de retour
Ce n'est pas tous les jours que le président d'un centre d'étude aussi prestigieux que RAND ( Institut américain des recherches de sécurité nationale) se félicite d'avoir perçu les premiers signes d'une changement de cap dans la politique iranienne de la Maison Blanche.

S'il l'a fait c'est sans doute que les vents sont désormais bons et que les choses ont toutes les chances de s'arranger. James Dubins se félicite d'abord de la présence du numéro 3 du Département d'état, William Burns aux pourparlers du samedi dernier des Six à Genève et dit avoir de bonnes informations sur les efforts américains visant à ouvrir une bureau de représentation au siège de l'ambassade suisse à Téhéran.

Interrogé par le journaliste de Mehr, Dubins reconnaît que la chute du régime de Saddam en Irak, événement bénéfique et aux Américains et aux Iraniens aurait pu servir de base à une reprise des relations de part et d'autre. « Sur l'Irak, les deux états devront élargir leurs coopérations car c'est un fait que désormais les intérêts américains et iraniens se recoupent au Moyen Orient ». « Ces intérêts ne peuvent être assurés que dans un Irak sûr, démocratique, prospère, capable de faire régner l'ordre sur son territoire et assumer la sécurité de ses habitants sans aide étrangère. Mais que l'Iran et l'Amérique n'aient pas pu encore s'entraider pour assister dans cet objectif, on ne peut que le regretter ».

Plus loin dans ses propos, le chercheur américain est revenu sur un demi siècle de relations irano-américaines, teintées de méfiances et de manque transparence. « Cette relation là demande à partir sur des bases nouvelles pour pouvoir durer dans le temps ». pour M. Dubins, la présence d'une haute autorité du département d'état aux pourparlers de Genève témoigne de l'implication directe de Washington dans la dernière offre faite par les Six à l'Iran. « L'équipe Bush veut montrer qu'il est disponible à entamer un dialogue direct avec les Iraniens non seulement au sujet du nucléaire mais aussi sur d'autres sujets ». l'idée d'ouvrir une section des intérêts américains à Téhéran semble aussi s'inscrire dans ce même droit de file. « C'est une décision qui en cas de réalisation est un très grand pas franchi en avant ».

Dubins prévoit une période de grâce pour le successeur de Bush. « Celui-ci pourra profiter de la lune de miel que lui offrira toutes les erreurs commises sous l'administration Bush. Mais combien de temps cette lune de miel durera, cela dépend évidemment des choix qu'il fera », a-t-il ajouté.
Ces prises de position de M Dubins reprend en effet des analyses qui se multiplient depuis quelque temps et qui atteste tous d'un virage de 180° des politiques de la Maison Blanche à l'égard de la RII. Reuters y voit pour sa part la conséquence directe du départ de nombreux néo-conservateur des postes clés ainsi qu'un retour de l'administration aux recommandations de la commission Baker-Hamilton. Sur un ton ironique, l'Agence de presse affirme que l'heure des conflits ouverts est bel et bien dépassée et que Bush et son équipe s'apprêtent désormais à parler à un très haut niveau aux Iraniens et aux Nord coréens, ceux-là même qu'ils plaçaient il y a encore quelques années sur le fameux « axe du mal ».

Sue Palming, auteur de l'article, évoque elle aussi la présence de Burns samedi à Genève et celle de Rice mercredi à Singapour où elle a rencontré pour la première fois le ministre nord coréen des A.E. « Ce sont des démarches qui veulent marquer un tournant pragmatique de la politique de l'administration et ce après des revers consécutifs ».
Dans cette même veine, vont également les propos de Ted Walker, ancien ambassadeur américain à Tel-Aviv : « Le président a compris que ses anciennes méthodes n'étaient pas efficaces. Nous nous sommes mis à l'écart et avons reculé dans presque tous les dossiers importants ».
Pour Palming, ces évolutions prouvent que les dirigeants américains se sont enfin résignés à revenir 18 mois après leur formulation aux recommandations de la commission Baker Hamilton, des recommandations qui allaient tout compte fait dans le sens naturel des choses puisque toutes ces années, les iraniens et les américains n'ont pas cessé de parler de l'Afghanistan et de l'Irak. Le changement vient aussi selon cette analyste du dégraissage des rangs des néo-conservateurs aux commandes, néo-conservateurs dont l'hostilité à toute politique d'entente avec les ennemis est de notoriété publique. Palming note a ce propos l'arrivée du pragmatique Robert Gates au département de la défense en remplacement de Donald Rumsfeld.

Une chose est néanmoins sûre : l'ère de l'unilatéralisme US qui a coûté américains deux guerres sans fin est bel et bien terminé. Aussi bien McCain qu'Obama se disent prêts à dialoguer avec l'Iran.

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Samedi 26 Juillet 2008

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