Proche et Moyen-Orient

Bachar el-Assad ouvre le dialogue avec Israël et le Liban



Samedi 3 Mai 2008

Bachar el-Assad ouvre le dialogue avec Israël et le Liban
Dans un entretien au journal qatari, El Watan, le 27 avril dernier, le président syrien Bachar El Assad a confirmé l’existence d’un dialogue israélo-syrien mené par le Premier ministre turc, Erdogan. Bachar el Assad s’est exprimé alors qu’il venait de rencontrer Erdogan lors de sa visite officielle à Damas le week-end dernier. Dans cet entretien, le président syrien fait référence à une médiation turque qui remonte à avril 2007 et révèle le contenu du message israélien : « l’Etat hébreu est prêt à se retirer du plateau du Golan en échange d’un accord de paix. » Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères n’a pas démenti ces propos en disant : « Israël veut la paix et souhaite négocier.Nous savons ce que la Syrie attend et elle sait ce qu’Israël attend. »

Les déclarations de Bachar el Assad à l’intention du Liban sont également importantes. Il s’est défendu une fois de plus de toute ingérence dans le processus de l’élection présidentielle au Liban, bloquée depuis novembre dernier. « La Syrie a de l’estime pour le général Michel Sleimane et n’a rien à voir dans le blocage de l’élection présidentielle, a-t-il dit. (…) La Syrie refuse d’exercer une pression quelconque sur les Libanais. »

Ensuite, et c’est là une véritable bombe diplomatique, le président syrien a tendu sa main à Michel Aoun, le chef du Courant patriotique libre, l’un des deux principaux mouvements de l’opposition libanaise, l’invitant même à se rendre à Damas lorsqu’il trouverait le moment opportun. Rappelons que le Général avait croisé le fer avec la Syrie lorsque la tutelle de celle-ci sur le Liban fut imposée par la communauté internationale avant et au moment de la signature de l’accord de Taëf. Pour défendre la souveraineté du pays, le général Aoun avait combattu la présence de la Syrie sur le territoire libanais ; mais depuis le retrait des troupes syriennes il a fait savoir que, un fois au pouvoir, il serait favorable au rétablissement des relations entre les deux pays.

C’est dans ce contexte que les déclarations de Bachar el Assad prennent toute leur importance : « Le général Michel Aoun n’était pas un ennemi de la Syrie, mais un rival » a-t-il dit. « Les portes de Damas restent ouvertes à tous,y compris augénéral Aoun, lorsqu’il estimera que les conditions sont propices à une visite à Damas. Le général Aoun sera reçu au palais présidentiel. Nous lui vouons tout respect. Si nous étions en conflit avec lui dans le passé, cela ne veut pas dire que nous ne respectons pas ses points de vue. J’ai été le premier à avoir soulevé la question des relations diplomatiques avec le Liban en 2005. Je suis favorable à l’échange d’ambassadeurs, mais il n’est pas possible actuellement d’appliquer cette procédure parce que les relations entre les deux pays sont mauvaises. »

Notons que ce n’est pas le fait du hasard si l’administration Bush/Cheney, hostile à cette médiation que d’autres souhaitent pourtant aux Etats-Unis (voir le voyage de Jimmy Carter dans la région), a choisi ce moment pour lancer sa dernière « boule puante », accusant la Syrie d’avoir construit un réacteur nucléaire grâce à la technologie de la Corée du Nord.


Michel Aoun répond chaleureusement à l’initiative de Bachar el-Assad

Une visite en Syrie est « importante » et « nous est très chère », a déclaré Michel Aoun, président du CPL (Courant patriotique libre), en réponse à l’invitation lancée par le président syrien Bachar el Assad dans son entretien à El Watan, le 27 avril dernier. Aoun a ajouté qu’il espérait que « les circonstances permettront une telle visite dans les délais les plus brefs ». Le général Aoun a tenu ces propos, le 1er mai, à l’issue de la réunion hebdomadaire du Bloc parlementaire aouniste du changement et de la réforme, à Rabieh.

Michel Aoun a aussi, une fois de plus, rejeté la thèse selon laquelle c’est l’opposition qui est responsable de la non-election présidentielle. « Il existe un complot contre le Liban qui vise à démembrer le pays », a-t-il déclaré. C’est le pouvoir en place et ceux qui le soutiennent à l’étranger qui sont responsables du vide. Ce n’est pas Michel Aoun. »

L’Orient le Jour du 2 mai rapporte qu’« interrogé sur la position du patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, qui a demandé aux députés, notamment chrétiens, d’assumer leurs responsabilités et d’assister à la séance parlementaire pour l’élection du président de la République, le général Aoun a déclaré : « J’ai la conscience tranquille car je n’ai pas contribué à la chute de ce qui reste du système démocratique libanais. Par ma position, j’ai préservé ce qui reste comme libanais. Je ne participerai pas à des élections qui ne nous assurent pas une participation active à la prise de décision au sein du futur pouvoir ou qui ne garantiraient pas une loi électorale assurant une bonne représentation des Libanais. »

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Samedi 3 Mai 2008

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