Propagande médiatique, politique, idéologique

BHL-Houellebecq et la « meute » des complaisants



Jeudi 20 Novembre 2008

BHL-Houellebecq et la « meute » des complaisants

Impossible d’y échapper. Le philosophe télégénique et l’écrivain cynique dont l’œuvre commune – Ennemis publics - a fait l’objet d’un marketing intensif et d’un « scoop » fracassant [1] avant parution, ont envahi les ondes et les plateaux pendant le mois d’octobre. Et la presse écrite n’a pas été en reste.

Le bilan de cette campagne est d’une consternante diversité.

Un « livre passionnant » selon Libération qui consacre quatre pages à « l’événement » éditorial de la rentrée (1/10/2008), « une conversation ardente entre deux incontestables amis des livres » pour Le Nouvel Observateur qui en publie les bonnes feuilles (2/10), « cette rencontre se situe au sommet, l’air y est plus rare mais aussi, on le sait, plus pur » lâche Joseph Macé-Scaron, flagorneur professionnel, dans Marianne (4/10), « une bonne surprise » selon Le Parisien-Aujourd’hui en France (6/10), « une écriture de courant électrique avec ampoules à cent mille volts. Un esprit au laser, libre comme l’air, aimant jouer avec le feu » s’excite Le Journal du Dimanche (6/10), « des lettres en or » titre Ouest France (8/10), « l’échange vaut le détour » incite Le Progrès (8/10), « un ouvrage de haute portée philosophique, un de ces livres à la fois nécessaires et évidents qui occupent les meilleures places dans les bibliothèques » pour Paris Match, qui consacre un entretien fleuve avec les deux auteurs (9/10), « captivant » pour Christophe Barbier dans L’Express (9/10), « un vrai et franc exercice intellectuel » pour Télérama (11/10). Et caetera. Et caetera. Et caetera.

La palme revient au Monde et à Jean Birnbaum. Le 17 octobre, il signe un texte, dans Le Monde des Livres, qui débute par une critique du « battage médiatique » et du « marketing » accompagnant la sortie du livre. Il met en garde contre le « "ardissonisme" rampant (…) qui autorise chaque célébrité à envahir les plateaux pour prendre la pose du grand persécuté. » Et, pirouette cacahouète, contribuant à son tour au « battage médiatique », il change de trajectoire : « Mieux vaut esquiver. Se boucher les oreilles, ouvrir le volume, lire. » Et Birnbaum a lu pour nous : « Un texte d’écrivains », précise-t-il d’emblée. Soit. Mais encore ? BHL ? Un « intellectuel engagé, ami du genre humain et militant des causes perdues. » Est-ce tout ? « Ici, l’écriture est mystification. Elle ne vise pas à fonder une identité, mais à la disséminer, à la démultiplier dans un camouflage de soi qui vaut conquête du monde. » Un « camouflage de soi » ? Pas dans les médias, en tous cas ! [2]

Les auteurs sont partout. Invités au « 20 heures » de France 2 le 5 octobre, on les retrouve le lendemain dans Le « Grand Journal » sur Canal+, le 8 octobre dans « Soir 3 » sur France 3, le 10 octobre dans la matinale de France Inter, le soir même dans « Café Littéraire » sur France 2, le 31 octobre en direct sur France Culture dans « Le rendez-vous ». Et cetera. Et cetera. Et cetera.

Des interviews. Des bons mots. Des sourires…

Et comme deux émissions sur France 2 ne suffisaient pas (Le JT, et « Café littéraire »), il en fallut une troisième : « On n’est pas couché » le 1er novembre, sans Houellebecq. Laurent Ruquier, non content de laisser Lévy ne répondre à aucune question, n’eut de cesse d’interrompre Eric Naulleau dès que ce dernier osa répliquer au philosophe de télévision qu’attribuer toute critique à l’antisémitisme commençait à bien faire !

C’est l’inondation, c’est l’overdose. Et pourtant, début novembre, la sulfureuse correspondance n’avait trouvé que 20 000 acheteurs.

Peut-on envisager, espérer (?), qu’un jour, une fois dans l’histoire de l’Humanité, un livre écrit (ou coécrit) par BHL ne soit pas encensé, sans le moindre recul, par les médias ? Peut-on s’attendre, à ce qu’une fois, une seule, les journalistes cire-pompes, les éditorialistes frotte-manches, les chroniqueurs lèche-bottes, ne repassent pas la chemise blanche du philosophe dans leurs émissions, sur leurs plateaux, dans leurs colonnes ? Une fois. Un coup. Un livre qu’ils liraient pour lui-même sans écouter les trompettes de la renommée de leur(s) auteur(s). C’est possible, non ? Même les brosses à reluire méritent le repos.

Barbier, Demorand, Delahousse, Picouly, Joffrin, Macé Scaron, Val et les téléramistes : tous sont au service (de presse) de Bernard-Henri Lévy et (cette fois) de Michel Houellebecq. L’œuvre littéraire, cinématographique, journalistique et philosophique du premier est contestée ? Qu’importe. Les critiques sont presque inaudibles dans l’espace médiatique ? C’est déjà trop. Quatre critiques sont mentionnés dans le chef d’œuvre ? Selon ses auteurs, ils forment une « meute ». Et la meute (pas le complot, juste la meute…) des complaisants prend la défense de nos persécutés. Même les meilleurs ouvrages ne résisteraient pas à un tel traitement.

Mathias Reymond

Nota bene : Outre les articles que notre site a consacrés à Bernard-Henri-Lévy, voici trois textes qui, parus dans des médias différents, à des époques différentes, rappellent, qu’à chaque opus du mari d’Arielle Dombasle, les médias, en chœur, crient « rebelote ! ».

- « Narcisse au bûcher », Pierre Rimbert, La vache folle, avril-mai 2000. A propos de la sortie du livre : Le Siècle de Sartre.
- « Cela dure depuis vingt ans », Serge Halimi, le Monde Diplomatique, décembre 2003. A propos de la sortie du livre : Qui a tué Daniel Pearl ?
- « BHL, évidemment », Mathias Reymond, Acrimed, 2 novembre 2007. A propos de la sortie du livre : Ce grand cadavre à la renverse.


Voir aussi le dossier du Monde Diplomatique consacré à Bernard-Henri Lévy : L’imposture Bernard-Henri Lévy.

Notes

[1] lire « Le JDD d’Askolovitch présente : une coproduction BHL-Houellebecq ».

[2] Rappelons que, à plusieurs reprises, dans son bloc-notes du Point, Lévy a cité et complimenté Birnbaum (au moins les 29/06/2001 et 17/11/2005)… Un hasard ?

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Jeudi 20 Novembre 2008


Commentaires

1.Posté par Wizard Of Oz le 20/11/2008 11:15 | Alerter
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C'est vraiment un couple d'enfer: le Beau et le Moche
on devrait en faire une BD de ses deux là.

2.Posté par erra le 20/11/2008 11:21 | Alerter
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150 000 exemplaire imprimés pour 34 000 ventes à ce jour : Les français ne sont pas si bêtes...

3.Posté par Ramos le 20/11/2008 14:43 | Alerter
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C'est vraiment un couple d'enfer: le Beau et le Moche
on devrait en faire une BD de ses deux là.

Ca existe deja sous le nom de "Heckel & Jeckel".
Encore un livre ecrit par deux traitres, titulaires au bonnet d'anes, mais encensés par les suceurs de tous poils. Ils devraient se laver le bec, ouvrir leurs mirettes, et tenter de lire un peu le contenu, plutot que le seul NOM Pompeux, de la couverture!

4.Posté par Abu'Issa le 20/11/2008 16:00 | Alerter
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"Le beau et le Moche"??? ah bon y en a 1 des 2 ki est beau??

5.Posté par Aigle le 20/11/2008 16:19 | Alerter
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La FRANCE EST EN TRAIN DE SOMBRER DANS LA MEDIOCRATIE ...ET SI LES HOMMES LIBRES NE SE RESSAISISSENT PAS , IL SE REVEILLERONT BIEN UN JOUR AVEC UN REGIME QUI N' AURA RIEN A ENVIER AUX REGIMES BANANIERS MAIS EN PIRE PARCE QUE SON INTELLIGENTIA AURA ABDIQUE DEVANT LES CLOWNS - TUEURS

6.Posté par kari le 20/11/2008 16:54 | Alerter
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JE SUIS MORTE DE RIRE MERCI ABU'ISSA

7.Posté par redk le 20/11/2008 16:58 | Alerter
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Un livre ( torchon) écrit à 4 mains........et un seul cerveau biens encrassé!!

8.Posté par ciborg le 20/11/2008 17:13 | Alerter
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Malheureusement c'est cà l'intelligentia qui domine les consciences en france et dans toute l'europe. Il n 'y a plus de parti politique avec une philosophie et une vision
d'avenir . Meme pas le PCF qui normalement devrait se situer au devant de la scene
politique pour eclairer les populations dans ce momment grave marquer par toute sorte de derive et de tendance extremement dangereuse pour l'humanité entiere. Et c'est normal que le president de la republique devient aussi le president de toute l'opposition en france et en europe. Car pour avoir eu l'idee de poser la question sur la fin
de l'hegemonie du dollar, pour avoir aussi dis que le marché ne peut pas rester
anarchique et sans controle, pour avoir exigé une refonte du systeme monetaire et financier international , tout cela normalement releve des prerogatives d'un parti politique
qui pour changer de société milite avec de pareils slogans. Mais aucun des partis politiques existents n' a montré le bout du nez pendant cette crise??? Alors s'agissant
d'intellos literaires notoirement conus pour leur position fascistes il ne faut surtout pas s'attarder a perdre du temps avec eux parceque le temps lui travaille contre eux.

9.Posté par Abu'Issa le 21/11/2008 00:54 | Alerter
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De rien Kari, je sers aussi à ça.

Ciborg le PCF est mort depuis Georges Marchais. Droite gauche c'et la même impasse

10.Posté par zimir le 21/11/2008 08:38 | Alerter
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Une république de benêts c'est mieux qu'une république de bonnets, phrygiens ou pas d'ailleurs.
Les puissants ont toujours formé des clubs ou des familles dans tous les pays du monde ils se connaissent et se réunissent et ont toujours essayé de tordre le monde dans leurs intérêts.
Si le savoir est un pouvoir, le savoir demande un véritable effort.
La critique est aisé mais l'art difficile, critiquer jusqu’à en crever c'est toujours participer c'est toujours se faire enfler c'est toujours être aussi passif !
Mais construire et proposer de véritables alternatives alors là .....TU VERRAS PAS GRAND MONDE !
C'est terminé tout le monde descend et c'est parti pour un retour en arrière dans l'obscurantisme et la superstition !
Les idées c'est nuisible aux imbéciles ça les rends méchants.
Plate - forme = forme plate
Et pour la rhétorique c'est là..

11.Posté par zimir le 21/11/2008 08:55 | Alerter
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Et dans nos écoles grandes ou moyennes et universités, on fabrique des perroquets.
Qui feront de bons colporteurs de belles trompettes.
Mais dans lesquelles il ne sortira rien, c'est fait pour les petits malins mais pas pour les intelligents, puisque tout ces enseignements consiste à casser les ressors de la curiosité et de la création.
Tout l'art consistera à en faire de vrais petits pantins endoctrinés !
Il n'y a qu'a se renseigner sur les tromperies qui ont été colportés et dans quelles fins et de siècle en siècle sur newton et celles occultés sur Kepler !
"la connerie légendaire de la pomme" :" les pommes c'est nous !
Comme dirait l'autre les idées chez les imbéciles c'est très nuisible.

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