RELIGIONS ET CROYANCES

BENOÎT XVI ET LES MISÈRES DU MONDE


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BENOÎT XVI A OUVERT LE XIIème SYNODE DES ÉVÊQUES EN DÉNONÇANT L'ABSENCE DE DIEU DANS LE MONDE. CE REJET DE DIEU DEVIENT POUR LUI LA CAUSE PREMIÈRE DES MISÈRES QUI AFFECTENT L'HUMANITÉ. IL FAIT RESSORTIR QUE L'ON FAIT MOURIR DIEU POUR MIEUX PRENDRE SA PLACE.


oscarfortin@hotmail.com
Mercredi 8 Octobre 2008

BENOÎT XVI ET LES MISÈRES DU MONDE
BENOÎT XVI ET LES MISÈRES DU MONDE

Les explications des malheurs du monde varient selon les multiples approches philosophiques, sociologiques, économiques, politiques, éthiques, théologiques, anthropologiques etc. Pour Benoît XVI, ces malheurs du monde s’expliquent par le fait que nous avons mis « Dieu » à la porte. Il s’en prend à ceux qui proclament la mort de Dieu pour mieux prendre sa place. Lors de l’ouverture, à Rome, de la XIIème Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques, il s’en prend à "une certaine culture moderne ayant proclamé la mort de Dieu : "Quand les hommes se proclament propriétaires absolus d'eux-mêmes et uniques maîtres de la création" (...) "la chronique quotidienne" montre "que s'étendent l'arbitraire du pouvoir, les intérêts égoïstes, l'injustice et l'exploitation, la violence dans toutes ses expressions".

Ces propos ne sont pas nouveaux de la part de Benoît XVI. On les retrouve dans son livre sur Jésus de Nazareth et dans de nombreuses autres interventions. Dans tous les cas, il est toutefois difficile de décoder le sens qu’il donne à cette « mort de Dieu » dans le monde d’aujourd’hui. Se réfère-t-il à l’abandon du culte et des pratiques religieuses ? S’en prend-t-il au phénomène de la laïcisation des États et des sociétés ? Est-ce une critique des questionnements qui visent les institutions ecclésiales ? Se pourrait-il que dans son esprit « mort de Dieu » soit mort « du culte », mort d’une « certaine Église », « disparition du sacré » ? Depuis la nuit des temps le concept de « dieu » permet de couvrir bien des réalités, certaines des plus édifiantes, d’autres des plus criminelles. Il ne suffit donc pas de parler pour ou contre Dieu, encore faut-il savoir de quel Dieu on parle.

Lorsque les européens ont fait la conquête des Amériques, ils étaient porteurs de la croix et le nom de Dieu était présent dans tous les grands discours. Pour ces conquérants, Dieu n’était donc pas mort. Pourtant, l’histoire nous montre qu’au nom de ce même Dieu « ils se sont proclamés propriétaires absolus d’eux-mêmes et unique maîtres de ces nouvelles terres. » Encore plus récemment, nombreux sont les gouvernants et les chefs d’Église qui se sont unis dans une sainte alliance pour protéger des privilèges et sauvegarder un ordre établi leur assurant le pouvoir. Les régimes militaires en Amérique latine ont tous gouverné sous la bannière du Te Deum et procédé à l’élimination systématique de toutes les forces pouvant les menacer. Le plan Condor, de triste mémoire, illustre à merveille cette récupération de Dieu, qu’on ne veut surtout pas voir mourir, lui qui sert si bien la cause de la lutte au communisme, ce communisme qui est sans dieu. Et tout près de nous, que dire de ces apôtres de la foi que sont ces hommes politiques qui portent haut l’étendard de Dieu pour faire des guerres en Irak, en Afghanistan, en Palestine et ailleurs dans le monde ? Benoît XVI et G.W. Bush n’ont-ils pas témoigné de la foi qui les unissait au même Dieu lorsqu’ils ont célébré à la Maison Blanche et, par la suite, qu’ils se sont promenés dans les jardins du Vatican ? Pourtant, dans les deux États dont ils ont la gouverne s’appliquent ces propos de ce même Benoît XVI à l’ouverture du synode : « "la chronique quotidienne" montre "que s'étendent l'arbitraire du pouvoir, les intérêts égoïstes, l'injustice et l'exploitation, la violence dans toutes ses expressions". Ce n’est donc pas parce que la référence à Dieu n’y est pas qu’autant de malheurs existent.

On conviendra assez facilement que ce type de références à Dieu ne saurait par elle-même assurer la paix, la justice, la vérité, le développement et l’harmonie entre les humains. Qu’un tel « dieu » perde de son lustre et meurt ne devrait pas scandaliser ceux et celles qui luttent pour un monde meilleur, pas plus que ça ne devrait affecter le Dieu vivant. Il est curieux que Benoît XVI ne parle pas de Jésus de Nazareth, ce Dieu dont se réclament ces dirigeants du socialisme du XXIème siècle. Chavez au Venezuela, Morales en Bolivie, Lugo au Paraguay, Correa en Équateur sont tous inspirés par ce Jésus de Nazareth et par un monde en quête de justice, de vérité et de liberté. Dieu est là bien présent avec eux et eux avec lui. Pourtant, ils ont tous sur leur route une hiérarchie ecclésiale et une oligarchie nationale qui leur rendent la vie bien difficile. Les malheurs qui existent dans ces pays ne viennent donc pas du fait que Dieu soit absent ou mort, mais que ceux qui s’en réclament le comprennent bien différemment. Lorsque le Prix Nobel de la paix, Adolfo Pérez Esquivel écrit sa lettre au cardinal de Bolivie, Dieu est présent et bien vivant pour lui. C’est également le cas du Cardinal qui se définit comme le représentant de Dieu sur terre. Pourtant deux mondes les séparent. Comment expliquer cela par autre chose que « la mort de Dieu », le « rejet de Dieu », « l’absence de Dieu »?

Je pense que Benoît XVI y gagnerait à nous faire découvrir la présence et l’action du Ressuscité dans le monde. Pour les croyants authentiques, ils en sont la présence vivante, poursuivant son œuvre de libération, de justice, de vérité et de paix. On ne peut pas parler de Dieu comme si Jésus de Nazareth n’en était pas la seule présence véritable dans le monde. Ce dernier nous renvoie au sermon sur la montagne, à ses prises de position contre une certaine compréhension du religieux, à une nouvelle manière d’exercer l’autorité en servant et non en dominant. Le défi de l’Église d’aujourd’hui est moins celui de se porter à la défense et à la survie de ses propres institutions, mais d’être toujours plus au service d’une humanité en quête de respect, de justice et de liberté. Elle doit retrouver la liberté d’une parole libératrice. La complaisance et la langue de bois doivent céder la place à l’Esprit toujours innovateur et à l’œuvre dans le monde. Encore faut-il savoir le reconnaître.

Oscar Fortin

7 octobre 2008





Mercredi 8 Octobre 2008


Commentaires

1.Posté par loup bave vite le 08/10/2008 07:58 | Alerter
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Etes-vous prêt cher Benoist à mettre au service de l'humanité les trésors du Vatican ? L'opus Dei et la banque Ambrosiano comment se portent-elles ? Elles n'ont pas trop souffert de la tourmente financière actuelle,pour ne pas dire l'apocalypse ?

2.Posté par tinkietepax le 08/10/2008 08:25 | Alerter
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rien qu'avec tout l'or que cet imposteur ex nazi a sur lui, y aurait de quoi nourrir 1000 pauvres pendant 10 ans .....
quand je pense que son Maitre Jésus leur avait ordonné de ne pas posséder une deuxième paire de sandales, de qui se moquent ces gens????

3.Posté par Henri Dupascal le 08/10/2008 08:36 | Alerter
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Ah-ah-ah, j'ai toujours aimé l'image qu'on fait de Benoit XVI "Panzerpape". Souvent, il est représenté comme frère de l'empereur Palpatine... Je trouve que ça colle pas mal ;D Eh ouaich', malgré le fait que le Vatican se soit transformé en grosse plaque tournante de tunes, y'a encore plein de fidèle qui le vénère simplement parce qu'il est le pape. Le jour où il demandera l'élimination d'une certaine "race", que feront donc les gens uh T_T PanzerPape SS T_T

4.Posté par esocide le 08/10/2008 08:52 | Alerter
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Ah vous oubliez une chose qu'une des banque de Dieu est en France et donne le "LA" !!
Sous couvert d'organisme oeuvrant pour le bien-être des sociétaires et le surendettement (voir ses statuts) se cache en fait un organisme financier qui jusqu'à l'après guerre comptait de nombreux curés dans leurs conseils d'administration.
C'est pour cela que dans les départements annexés (57,68 et 57) et certainement d'autre vue son expansion, on retrouve souvent comme nom de caisses (ou étaient les curés et les fervents) des noms de saint ex : St jean, St Paul, St Etienne, Ste Marie, ..) Compte enu de leur implantation strictement locale ces collecteurs d'argent connaissaient parfaitement les opportunités à saisir via les curés et les membres des conseils d'administration qui étaient du cru. Ils étaient au courant des avoirs de tous (encore aujourd'hui). Ils se sont enrichi pendant la guerre et continent encore aujourd'hui a produire les dorure que vous voyez sur la photo.
Comment pensez vous que certains ont été dénoncés à l'ennemi de l'époque et exterminés ? où sont passés leurs biens mobiliers, immobilier et fonciers ? par qui et par quelle banque ?
Pourquoi l'argent du culte n'est il pas contrôlé ?
Le pape a les mains jointe non pas pour prier, mais pour ne pas lâcher le lingot exonéré qu'il serre entre les paumes des mains.
D'ailleurs n'avez vous pas remarqué que quand des gens crèvent de faim il ne met pas la mains à la poche pour les aider mais demande à prier pour eux. C'est pas con du tout ça permet de faire la quête !
Ca s'appele de l'argent au_culte !

5.Posté par witness le 08/10/2008 11:04 | Alerter
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Lorsque une Société tue ses enfants dans le ventre de leur mère, devenu un tombeau et non un berceau ( avortement de confort légalisé [ jusqu' neuf mois dans certains pays[ et remboursé par la collectivité ) avec comme corolaire le crash démographique; lorsque les " Vieux " sont largués et bientôt l' euthaNAZIe à 60 ans érigé en " méthode de gouvernement " ( dixit Jacques ATTALI ), lorsque le père de famille est expulsé du foyer et que règne la famille monoparentale ( entendez une famille sans le père dans la
quasi-totalité des cas ); lorsque arrive l' avènement de la " république des enfants " parallèle à la société des adultes, organisée selon les mêmes principes d'égalité et de liberté qu'elle; alors cette société est appelée à disparaître. L' ennui, c' est qu'elle ne le sait pas.

6.Posté par moi le 08/10/2008 11:09 | Alerter
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Regardez http://www.lepost.fr/article/2008/10/08/1283077_benoit-xvi-et-les-miseres-du-monde.html

7.Posté par Patche le 08/10/2008 19:51 | Alerter
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"rien qu'avec tout l'or que cet imposteur ex nazi a sur lui, y aurait de quoi nourrir 1000 pauvres pendant 10 ans .....
quand je pense que son Maitre Jésus leur avait ordonné de ne pas posséder une deuxième paire de sandales, de qui se moquent ces gens????"

Ex jeunesse Nazi ou pas là n'est pas le réel problème, l'endoctrinement existe.... Il était jeune, c'est pas sur ça qu'il doit être critiqué mais plutôt sur le fait qu'il "collabore" avec les gens qui font du mal, qu'il a rencontrer Bush etc. Jésus l'aurait fait ? Peut être oui mais pour dire les vérités, comme il le faisait aux pharisiens.

"Le défi de l’Église d’aujourd’hui est moins celui de se porter à la défense et à la survie de ses propres institutions, mais d’être toujours plus au service d’une humanité en quête de respect, de justice et de liberté."

Exact. Mais le fait elle ? Jésus disait qu'il y aura beaucoup d'appelés mais peu d'élus, phrase qui concorde avec "la quantité ne fait pas la qualité", je respecte énormément certains hommes s'étant mis au service de Dieu toute leur vie tout en ayant tenu ses engagements sur tout ce que ça comporte, mais le message n'est-il pas dévié ? Jésus n'a jamais demandé une institution comme ça, rappelez vous qu'ils détestaient qu'il y ait des profiteurs dans le Temple (qui faisait du change). Jésus n'a jamais demandé de partir en guerre contre X en son nom comme certain l'ont fait, le seul combat qu'il mènera c'est contre l'antichrist, l'ennemi de Dieu. Je parle pas des protestants américains... pires selon moi.

Loin de moi l'idée de diaboliser, je suis chrétien, mais lorsque je vois Jésus, le guide qui nous amène à la lumière et ce que certains ont fait en son nom.

8.Posté par oscar fortin le 08/10/2008 20:14 | Alerter
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Pour Witness: à l'énumération presque poétique que vous faites, pourquoi ne pas ajouter à votre liste tous ces jeunes, ces pères de familles envoyés tuer femmes, enfants, jeunes et vieux, et pour plusieurs se faire tuer au lieu de distribuer des bouquets de roses permettant à tous et à toutes de chanter la vie. Ce que je n'accepte pas dans certains discours pro-vie, c'est le ciblage qui est fait sur certaines vies alors que pour d'autres c'est le grand silence quand ce n'est pas un soutien inconditionnel pour aller tuer des êtres vivants en pleine force de l'âge. Si on est pour le respect de la vie, on l'est pour toutes les vies, du plus petit au plus grand. Et si on commence à moduler la valeur des vies il faut alors être capables de la moduler pour tous. Souvent ceux et celles qui descendent dans la rue pour lutter contre l'avortement, sont les mêmes qui se portent à la défense des guerres comme celles menées en Irak, en Afghanistan et ailleurs. ON OUBLIE TOUT D'UN COUP QUE PAR NOS FUSILS NOUS METTONS UN TERME À UNE VIE FAITE POUR VIVRE ET NON POUR MOURIR.

9.Posté par Roland le 09/10/2008 00:37 | Alerter
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"L'économie de l'Europe et des Etats-Unis est en désagrégation et s'ils sont confrontés à cet échec, c'est qu'ils ont renoncé à Dieu, à la foi et à la piété", a ajouté le président iranien.


et le pape:
il s’en prend à "une certaine culture moderne ayant proclamé la mort de Dieu : "Quand les hommes se proclament propriétaires absolus d'eux-mêmes et uniques maîtres de la création" (...) "la chronique quotidienne" montre "que s'étendent l'arbitraire du pouvoir, les intérêts égoïstes, l'injustice et l'exploitation, la violence dans toutes ses expressions".


Ahmadinedjad et Benoît XVI pensent la même chose

10.Posté par oscar fortin le 09/10/2008 01:23 | Alerter
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Roland, je trouve votre rapprochement intéressant sur cette parenté dans l'expression de cette absence de Dieu comme explication des problèmes qui se vivent. Dans le cas de l'Iran Bush et son administration veulent s'en défaire, alors que ces derniers sont en grande harmonie avec Benoît XVI. Pourquoi? Serais-ce que les deux ne voient pas le même Dieu dans les mêmes propos? Je ne pense pas que Benoît XVI se permettrait d'identifier l'Europe et les États unis comme ceux qui vivent sans Dieu. C'est ce que fait le Président de l'Iran. Où est l'erreur?

salutations

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