Croyances et société

BENOÎT XVI EN AFRIQUE: PASTEUR DE QUI ET POUR QUI ?


LES DÉBATS SOULEVÉS SUR LA QUESTION DU CONDOM EST LOIN D'ÊTRE LE POINT LE PLUS TROUBLANT DES PROPOS ET ATTITUDES DE BENOÎT XVI. SON PASSAGE AU CAMEROUN EN EST UN BEL EXEMPLE.


oscarfortin@hotmail.com
Samedi 21 Mars 2009

BENOÎT XVI EN AFRIQUE: PASTEUR DE QUI ET POUR QUI ?
Si je n’étais croyant catholique, je ne m’arrêterais pas à ce personnage, adulé par certains, fort critiqué par d’autres et ignoré par un nombre toujours plus grandissant. C’est toutefois en tant que membre de ce Corps qu’est l’Église que je me sens concerné par les gestes et engagements de celui qui en est le « pasteur » désigné par ses « pairs cardinaux ». La foi que je porte ne me vient ni de lui ou de quelqu’un d’autre de la hiérarchie catholique. Elle me vient du Christ lui-même, comme un don personnel qui m’est fait quotidiennement. C’est au nom de cette foi en Jésus de Nazareth et de ses Évangiles que je me permets de commenter l’actuel voyage de Benoît XVI en Afrique et particulièrement son passage au Cameroun.

 

Au début des années 1990, j’ai fait un séjour de quelques jours à Douala, ville portuaire importante du Cameroun. C’était mon premier contact avec le Continent africain. Invité par les autorités gouvernementales et patronales à participer à un colloque sur la main d’œuvre et l’emploi, mon séjour s’est déroulé en présence des dignitaires de ces deux instances. Alors que le Président du Patronat nous recevait à son bureau où trois Mercédès de grand luxe étaient à sa disposition,  les rues de Douala nous renvoyaient l’image d’une grande pauvreté et d’une importante désorganisation sociale. De quoi donner la déprime à quelqu’un pourtant déjà habitué aux bidonvilles de l’Amérique latine. De la bouche de ces hauts responsables je sus que pour célébrer l’indépendance du pays, au début des années 1960, on avait fait venir deux avions cargos de France remplis de caisses de champagne. Je sus également qu’il était normal que des ministres se rendent régulièrement en Suisse pour y procéder à des dépôts d’argent leur assurant un avenir doré. Tous les édifices visités lors de ce bref séjour étaient, pour ainsi dire, tapissés de la photo du Président de la République que l’on retrouvait dans chaque pièce, un peu comme un icône de Dieu le père.  
 

Répression violente de la dissidence au Cameroun

 

 

29 janvier 2009

 

D'après un nouveau rapport d'Amnesty International, les homicides et la torture sont des armes que le gouvernement camerounais utilise régulièrement afin d'étouffer la dissidence politique. Pendant une période d'une dizaine d'années marquée par des violations flagrantes des droits humains, les forces de sécurité camerounaises ont fréquemment eu recours à une force excessive et injustifiée ; les auteurs de ces agissements bénéficient presque toujours de l'impunité. 
 

« L'opposition politique n'est pas tolérée au Cameroun, a expliqué Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d'Amnesty International. Toute dissidence est étouffée soit par la violence, soit par le détournement de la justice pour réduire les personnes qui émettent des critiques au silence. » 
 

À la fin du mois de février 2008, les forces de sécurité ont tué pas moins de 100 civils au cours de manifestations contre l'augmentation du coût de la vie. Amnesty International a vu des photographies et reçu des témoignages suggérant que certaines des victimes ont été tuées à bout portant, alors qu'aucun effort n'avait été fait pour privilégier une arrestation. 
 

« Les procès iniques, les manœuvres d'intimidation et de harcèlement, allant notamment jusqu'aux menaces de mort, sont systématiquement utilisés par les autorités pour réprimer les critiques formulées par la classe politique, les défenseurs des droits humains et les journalistes, a ajouté Tawanda Hondora. La loi du silence imposée aux médias est particulièrement préoccupante. Si un journaliste est considéré comme trop critique à l'égard du gouvernement, il est réduit au silence – et les stations de radio et chaînes de télévision se voient contraintes de cesser leurs activités. » 
 

Le journaliste Michel Mombio a été arrêté en septembre 2008 et a passé dix jours en garde à vue. Il a ensuite été transféré à la prison centrale de la capitale, Yaoundé, et inculpé d'escroquerie et de chantage. Il était toujours détenu en janvier 2009, sans avoir été jugé.

Des journalistes couvrant les manifestations de rue de février 2008 ont été agressés par des membres des forces de sécurité. Parmi les victimes figuraient un caméraman de la chaîne de télévision Canal 2 International ; il a été roué de coups puis arrêté, et sa caméra a été détruite. Il n'a été remis en liberté qu'après que des soldats l'eurent obligé à les payer.
 
 

Le rapport, intitulé Cameroun. L'impunité favorise les atteintes constantes aux droits humains, dénonce également les conditions carcérales épouvantables qui prévalent dans le pays. Les prisons sont caractérisées par l'insuffisance tant de la nourriture que des soins médicaux, ainsi que par la surpopulation. 
 

Les mineurs sont souvent incarcérés au côté des adultes, et la séparation entre détenus hommes et femmes est inadaptée, ce qui donne lieu à des actes de violence et d'exploitation, sexuelles notamment. Les prisons seraient infestées de rats et de cafards, et certains détenus se sont mis à dormir dans les toilettes, faute d'autre lieu où se reposer. » 
 

LE MESSAGE DE BENOÎT XVI AU PRÉSIDENT DU CAMEROUN

Qu’avait à dire le Pape au Président et aux camerounais et camerounaises? Quel message d’espérance avait-il à leur annoncer ?
À son arrivée à l'aéroport de Yaoundé, le 17 mars 2009, dans ses échanges avec le Président, présent pour l’accueillir, il eût ces mots dont je cite un extrait qu’on ne peut passer sous silence:

 

« Le Cameroun est bien une terre d'espérance pour beaucoup d'hommes et de femmes de cette région centrale de l'Afrique. Des milliers de réfugiés, fuyant des pays dévastés par la guerre, ont été accueillis ici. C'est une terre de la vie où le gouvernement parle clairement pour la défense des droits des enfants à naître. C'est une terre de paix: à travers le dialogue qu'ils ont mené, le Cameroun et le Nigeria ont résolu leur différend concernant la péninsule de Bakassi et montré au monde ce qu'une diplomatie patiente peut produire de bon. C'est un pays jeune, un pays béni parce que la population y est jeune, pleine de vitalité et décidée à construire un monde plus juste et plus paisible. A juste titre, le Cameroun est décrit comme une« Afrique en miniature» qui abrite en son sein plus de deux cents groupes ethniques différents capables de vivre en harmonie les uns avec les autres. Voilà bien des motifs pour rendre grâce et louer Dieu! »

 

Le tout a été suivi d’une visite de courtoisie dont les images nous rappellent la célébration de son anniversaire à la maison Blanche en compagnie de la famille Bush et de nombreux autres invités.

 

Qui, en toute conscience, peut imaginer Jésus de Nazareth se complaire en compagnie de personnages dont le pouvoir se nourrit au prix de la pauvreté et de la misère de millions de personnes? Il faut croire que les us et coutumes protocolaires de Benoît XVI cadrent davantage avec les puissances de ce monde qu’avec les déshérités de la terre. Le scandale n’est pas tant dans le condom dont l’usage diplomatique permet d’éviter de soulever des débats sur des sujets autrement plus importants comme ceux liés aux problèmes sociaux, aux abus de pouvoir, à la manipulation des institutions religieuses, à la corruption sous toutes ses formes. Il ne suffit pas de laisser quelques textes sur ces sujets, mais de créer l’évènement qui saura faire la différence dans les véritables solidarités. Pierre, le premier Pape de l’Histoire de l’Église, a ce conseil pour les anciens et ceux qui allaient lui succéder:

 

« Les anciens qui sont parmi nous, je les exhorte, moi, ancien comme eux, témoin des souffrances du Christ, et qui dois participer à la gloire qui va être révélée. Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec l'élan du cœur ; non pas en faisant les seigneurs à l'égard de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau. » (1 P. 5, 1-5)

 

 

 

Oscar Fortin, théologien e politologue

Québec, le 20 mars 2009

http://humanisme.over-blog.com



Samedi 21 Mars 2009


Commentaires

1.Posté par LSD, 100 µg, i.m. le 21/03/2009 11:07 | Alerter
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Bel article Oscar. Parfaitement en phase avec l'esprit libérateur qui nous vient de nos évangiles et que ce faux pasteur, ce berger insensé, ce nicolaïte, foule quotidiennement de ses pieds chaussés de soie, de brocarts et d'or... Merci de toujours rappeler nos valeurs.

2.Posté par tarci le 21/03/2009 15:44 | Alerter
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Le pape ne serait plus le vrai chef de l'eglise catholique le jour ou il sera pour l'avortement, l'homosexualite, les echanges sexuels multiples etc.... Cela fait partie de l'ideal de vie d'un catholique de s'efforcer de former une famille et d'avoir des enfants ou de se consacrer a Dieu.

Il deviendrait un faux pape, s'il prechait le contraire des 10 commandements.

Peut etre que c'est dans l'ordre des choses du Nouvel Ordre Mondial d'avoir une philosophie de vie differente de l'ideal chretien, pourquoi pas....

Mais si cela ne plait pas, libre a chacun de creer une autre eglise.

Libre a chacun de ne pas etre catholique....

Mais pourquoi cette haine virulente ? Qui a interet a creer cette animosite ?

Cet Oscar Fortin, théologien et politologue, pourqui travaille t-il ? On a l'impression d'entendre parler une loge franc-maconnique.....

Ce n'est pas tres catholique tout ca... la medisence ou la calomnie ne fait resolument pas de l'ideal chretien.


3.Posté par tarci le 22/03/2009 11:16 | Alerter
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Excellent article de François Miclo, philosophe et éditeur, paru sur le blog du Causeur et qui a le mérite de remettre les pendules à l’heure au moment pour le pape Benoît XVI fait l’unanimité de la classe politico-médiatique contre lui, après ses propos – rapportés de façon tronquée – sur le sida en Afrique.

Et préserve-nous du mal

Le monde s’est inventé un nouveau grand Satan tout blanc

Image Hosted by ImageShack.usPas de doute. Cet homme-là, c’est Satan ou l’Antéchrist. S’il ouvre la bouche, ce ne sont pas des mots qui sortent de ses lèvres, mais l’odieux son des trompettes du Jugement. Il répand plus de plaies que l’Egypte ne pourra jamais en compter, a un petit faible pour les négationnistes et les violeurs de fillettes (surtout quand ils sont brésiliens) et, comble de l’horreur, prescrit au monde entier de choper le sida en baisant sans capote.

Une chose est sûre : avec le départ de George Bush de la Maison Blanche, la planète médiatique avait perdu son grand méchant loup. Elle vient de s’en fabriquer un à sa mesure : Benoît XVI est désormais l’ennemi mondial numéro un. Qu’il dise un mot ou reste coi, il est devenu le salaud de prédilection de notre temps. Et c’est bien parti pour que cet état ne prenne fin qu’avec son pontificat.

Avouons que, pour le rôle du grand méchant loup, c’est un bon client. Il est allemand, c’est-à-dire très bon pour les machines-outils, cancre pour les relations publiques ; il est catholique, chose détestable dans un monde où existent des religions un peu plus conformes à l’idée de coolitude (droit-de-l’hommisme, écologie, obamisme, etc.) ; il essaie de faire des phrases et de conduire des raisonnements, en un temps où l’auditeur lambda décroche dès le premier mot prononcé.

L’affaire de la capote africaine – sale coup porté aux Anglais – illustre parfaitement ce déphasage entre le Souverain Pontife et la sphère médiatique. L’ensemble de notre presse et de notre personnel politique pousse depuis mercredi des cris d’orfraie et condamne unanimement celui qui prétend que “l’utilisation du préservatif aggrave le problème du sida”. Ce matin, Pierre Bergé invitait sans rire les catholiques à “changer de religion” – sans toutefois leur promettre un abonnement gratuit à Têtu, la philanthropie a ses limites. A midi, sur France Inter, Stéphane Bern, tout en nuances, qualifiait les propos papaux de “génocidaires”. A ce rythme, Josef Ratzinger devrait être déféré ce soir devant le TPI et exécuté demain à l’aube. Il n’est pas même jusqu’à Alain Juppé qui n’ait brandi son pavois de haute moralité parmi tous les boucliers levés, pour dénoncer la fâcheuse manie de ce pape à vouloir rester droit dans ses bottes. Encore un effort participatif, Citoyens, et il se trouvera bien quelqu’un pour accuser Benoît XVI d’être un nouveau Guillaume Dustan et de prôner le barebacking dans les caves du Vatican où demeure encore vivace le souvenir de Rodrigue Borgia, un temps taulier sous le nom d’Alexandre VI.

On a même vu s’exprimer – la chose ne s’était guère produite depuis Jules Ferry et son discours sur l’homme blanc – un racisme bienpensant : les Africains sont des êtres tellement serfs et dénués de raison que, le saviez-vous, ils suivent à la lettre tout ce que dit le pape. Et Daniel Cohn-Bendit, parmi cent autres bonnes âmes, d’accuser Ratzinger de “meurtre prémédité”. Décryptage : le pape dit qu’il ne faut pas mettre de capote ; donc Banania, il nique sans, chope le sida et finit par crever dans sa case. Les nègres, faut leur parler comme à des enfants. C’est plus du tiers-mondisme, c’est Tintin au Congo réinventé.

Au fait, outrecuidante question, qu’a-t-il dit mardi dernier, le pape, dans l’avion qui le menait à Yaoundé ? Il répondait à la question d’un journaliste sur la position des catholiques face au sida. Benoît XVI a expliqué dans un premier temps que l’Eglise est présente au jour le jour aux côtés des malades : plus de 25 % des séropositifs dans le monde sont pris en charge par des institutions catholiques (hôpitaux, dispensaires, communautés). Puis il a enchaîné sur la phrase qui prétendument tue : “Je dirais qu’on ne peut pas résoudre le problème du sida avec l’argent, même s’il est nécessaire. On ne peut pas résoudre le problème du sida avec la distribution de préservatifs ; au contraire elle aggrave le problème. La solution est double : d’abord, une humanisation de la sexualité, un renouveau spirituel, humain, intérieur, qui permet ainsi de se comporter différemment avec les autres. Et deuxièmement, une amitié, une disponibilité pour les personnes qui souffrent.” Dans la version publiée sur le site du Vatican, les propos ont un brin changé : “l’argent” est remplacé par “des slogans publicitaires” et “elle aggrave le problème” par “le risque est d’augmenter le problème”.

Nulle part, le pape ne dit qu’il ne faut pas utiliser de capotes. Nulle part, il n’en condamne l’usage. Il dit simplement qu’on ne peut pas se contenter de cette solution et qu’en distribuant à l’Afrique des préservatifs on se donne certainement bonne conscience, mais on ne règle rien du tout. Et quand on ne règle pas un problème, on l’aggrave… Le continent africain, ce n’est pas le Marais. Il ne suffit pas de négocier un prix de gros à la société Durex pour faire de la distribution gratuite, de demander à Line Renaud de tourner un spot télé ni d’arborer une fois l’an un petit ruban rouge à sa boutonnière. Si d’ailleurs la question du préservatif pouvait tout régler, il serait criminel que la communauté internationale ne se mobilise pas pour envoyer au quasi milliard d’Africains de quoi se protéger… L’enjeu est bien d’une toute autre nature.

Le premier problème, c’est l’ampleur du désastre : en 2007, 22 millions de personnes étaient infectées sur le continent africain selon Onusida. C’est la première cause de mortalité et la maladie y est, plus que partout ailleurs, un facteur de mort sociale. Lutter contre l’exclusion et la stigmatisation des malades (en leur offrant “une amitié, une disponibilité”) n’est pas une pontificale lubie : il s’agit de changer les mentalités, de faire admettre que le sida n’est pas la maladie de l’autre, mais un véritable risque qui pèse sur tous. On n’a jamais vu dans l’histoire aucune épidémie reculer grâce à la stigmatisation et à l’exclusion. En ce sens, l’appel que lance le pape à la fraternité envers les malades n’est pas une billevesée ni une niaiserie de catéchisme : c’est une étape prophylactique essentielle.

L’autre grande question, c’est la prévention et l’information des populations. Au Nigeria, au Congo, au Cameroun, les équipes locales ne se contentent pas de distribuer des capotes, elles en expliquent l’usage (qui n’est pas multiple), tentent de lutter contre les préjugés (elle ne rend pas stérile), encouragent le dépistage et promeuvent aussi abstinence et fidélité… N’en déplaise aux bonnes âmes pour lesquelles le noir est doté d’un appétit sexuel à la mesure de son appareil génital, les valeurs morales trouvent un écho souvent favorable chez les chrétiens comme chez les musulmans du continent africain. Pourquoi s’en passerait-on ? On sait en Europe que les prophylaxies efficaces sont celles qui savent s’adapter à chacun des publics qu’elles visent. Or, en Afrique, le mot d’ordre devrait être : fous ta capote et tais-toi ? La prévention n’est pas une chose simple : elle implique de former des équipes locales, d’ouvrir des centres de dépistage, mais surtout de prendre en compte la réalité de l’Afrique contemporaine, bref de ne pas se dédouaner en utilisant le mot “préservatif” comme grigri, mais de mener des actions de fond.

Le troisième problème – et de loin, le plus important –, c’est l’accès aux soins. Autant le dire tout de suite : si vous êtes africain et contractez la maladie, votre chance d’être soigné est proche de zéro. Les antirétroviraux sont excessivement chers et, contrairement à l’Inde, l’Afrique ne dispose d’aucun laboratoire pharmaceutique capable de les produire sous leur forme générique. Elle les importe donc, quand on le lui permet.

Hier justement, les douanes néerlandaises ont saisi à l’aéroport Schiphol d’Amsterdam une cargaison entière d’antirétroviraux à destination du Nigéria, au prétexte que le laboratoire indien les produisant porterait atteinte aux intérêts des laboratoires pharmaceutiques propriétaires du brevet… Business is business. Mais qui s’en soucie, qui va pousser de grands cris, qui va jouer de petits couplets indignés ? Qui va accuser nos amis bataves de se comporter comme des meurtriers en puissance ? Qui va dire fuck une bonne fois pour toutes à ces gens qui préfèrent défendre le droit des brevets que la vie humaine ? Circulez, y a rien à voir. C’est plus vendeur, coco, d’accabler le grand Satan du Vatican que de rentrer dans les détails. D’ailleurs, mardi, à peine était-il descendu de son avion que Benoît XVI a prononcé un discours à Yaoundé : il réclamait la gratuité des soins pour les personnes atteintes du sida, c’est-à-dire l’accès des malades aux antirétroviraux. Ça n’a pas fait une ligne dans les journaux. Pourtant, ça n’aurait arraché la gueule d’aucun de mes honorables confrères si prompts à l’indignation de relayer cette info : un pape qui fait sien l’un des plus anciens combats d’Act up (”Des molécules pour qu’on s’encule”), ça n’est pas tous les jours que ça arrive… Le pape est punk : c’est pas un beau titre, ça ?

Ah non, j’oubliais. La question, on vous l’a dit et répété, c’est la capote ! C’est qu’elle n’est plus, dans nos sociétés occidentales, un simple moyen de prophylaxie. Elle est une religion : les barebackers qui refusent le préservatif dans leurs rapports sexuels sont appelés relaps en français. Ce mot est directement tiré du vocabulaire religieux de la pire espèce, celui de l’Inquisition : est relaps qui est retombé dans l’hérésie après l’avoir abjurée. On ne fait pas grief au relaps de sa sexualité effrénée, on lui reproche simplement d’avoir déserté la clientèle de Durex ou Mannix. Puisque la seule question qui vaille est la capote, le jour viendra où, dans des affaires de viol en réunion, le port du préservatif jouera comme une circonstance atténuante. Pourrait-on s’interroger, ne serait-ce qu’un moment, sur cette société où la règle consiste à tout consommer, même les corps ?

Bien entendu que non. Chacun est invité à adopter la pornonomie comme seule moralité. Et le temps viendra où un pape agira, depuis le balcon de Saint-Pierre, comme le premier prof de sciences nat’ venu. Il sortira un vague godemiché et déroulera un bout de plastique tout le long du fac-similé turgescent. Il aura, faute d’habitude, l’air un peu emprunté. Mais il s’y fera. Et il conviera peut-être, dans un lumineux élan, le monde entier à un orgasme multiple, participatif et protégé. Le monde entier, sauf l’Afrique, car elle aura crevé, elle, après avoir eu le droit de tout consommer, sexe et capotes, indignations et beaux discours. Elle aura eu le droit de tout consommer, sauf les trithérapies. Désolé, homme noir, toi pas avoir assez argent.

François Miclo
Source : Le Causeur

4.Posté par oscar fortin le 22/03/2009 12:05 | Alerter
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La longue intervention de François Mido fait diversion par rapport au sujet soulevé dans l'article, à savoir les graves problèmes sociaux qui résultent en grande partie de systèmes politiques et économiques sous contrôle d'élites et d'oligarchies qui y trouvent tous leurs bénéfices. Comment se démarque Benoît XVI, le porteur de la bonne nouvelle de Jésus de Nazareth, à l'endroit de ces populations victimes de pareils systèmes et d'abus de pouvoir ? Comment se fait-il proche de ces populations? Quelle espérance leur apporte-t-il par ses gestes et comportements? Peut-on y reconnaître ce Jésus que les Évangiles nous révèlent et font vivre sur les chemins de Galilé et de la Palestine? Y retrouve-t-on l'auteur du sermon sur la montagne (les béatitudes), celui qui se fait proche des pécheurs, des malades, des prisonniers, des laissés pour compte, pour qui il est venu ? Est-il toujours assez libre pour pour reprendre à son compte les invectives contre le pharisaime, l'hypocrisie, le légalisme dont nous rapporte Mathieu au chapitre 23 de son Évangile? Si Jésus a été mis en croix ce n'est certes pas pour ses complicités avec les pouvoirs en place: Caiphe, Pilate, Hérode. Ma réflexion se veut une méditation sur Jésus de Nazareth et son message d'espérance au monde. Si certains cherchent à la ramener à des questions de sexualité, de condoms et des choses du genre, libre à eux, mais ce ne fut pas les thèmes majeurs de Jésus pas plus que des Évangiles.

5.Posté par Renaud le 22/03/2009 13:22 | Alerter
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Avant d'aller trop vite en jugement , lisez et comprenez :

Pas si con , le Pape !
( heu....je ne suis pas papiste , mais avant de poser un commentaire concernant les propos du Pape sur le préservatif , j'ai cherché à savoir - ce qui n'est pas la qualité la mieux partagée sur ce site !- pourquoi et sur quoi pouvait bien se fonder les propos du Pape , qui somme toute , possède quand même une certaine culture...).Pour le reste , méfions nous des apparences.

j'ai trouvé ça :

" LE TAUX D'INSUCCÈS DU PRÉSERVATIF COMME CONTRACEPTIF

Les préservatifs furent conçus initialement pour servir de contraceptifs mécaniques. L'index de Pearl du contraceptif est compris entre 2 et 15, avec une valeur moyenne entre 2 et 34.Le taux d'échec du préservatif masculin dans la prévention de la grossesse, défini comme la probabilité de grossesse sur une période d'un an pour une femme n'utilisant que le préservatif comme moyen contraceptif est de l'ordre de 5 à 30% (4% dans les couples très motivés d'une Association de Planning Familial selon Vessey), entre 6 et 22% des couples étudiés par Grady5. Une étude américaine à large échelle sur l'efficacité de différents préservatifs pour prévenir les grossesses montre in échec de 15% chez les jeunes usagers dans leur première année d'utilisation, et un échec de 2% chez les couples experts dans l'usage du dispositif6 Dans une revue faite par Gordon le taux d'échec du préservation dans la prévention des grossesses varie entre 10 et 30%7 (5 à 12% par et par année de contraception par préservatif)8 Ces échecs sont expliqués par une mauvaise utilisation du préservatif et aussi par des fuites et des déchirures de l'instrument9. Dans un article récent il a été dit que l'échec du préservatif était la cause première des grossesses non désirées. Sur les 4666 femmes qui vinrent avorter au Marie Stopes Centre à Leeds entre 1989 et 1993, 40% d'entre elles rendirent l'échec du préservatif responsable de leur grossesse non désirée10. La cause la plus fréquente d'échec du condom, selon Gordon, serait les déchirures. Considérant que la période fertile chez l'homme occupe 6 à 10 jours du cycle, éliminant le facteur de fertilité, un échec de contraception constaté ne représente que 21 à 36% des échecs réels du préservatif dans l'établissement d'une barrière efficace face au sperme. Le taux réel d'échec pourrait être 3 à 5 fois plus élevé11.

ECHEC DES PRÉSERVATIFS A EMPÊCHER LES MST

Abandonnés comme contraceptifs, les préservatifs ont été proposés dans notre siècle pour des raisons de prophylaxie antivénérienne, pour empêcher la transmission des maladies sexuellement transmissibles (MST). Cependant, de façon d'ailleurs logique, on observa un taux d'échec dans cette prévention comparable à celui noté dans la prévention des grossesses12. D.Barlow, sur un total de 3543 diagnostics de gonorrhée chez des hommes observés durant une période de six mois, trouva que les utilisateurs de préservatif (247 hommes) avaient un peu moins de MST (259) que les non-utilisateurs (3543 sur un total de 3300 malades). Les urétrites non spécifiques se rencontrèrent aussi souvent dans le groupes des utilisateurs que dans le reste des patients de la clinique13. Cohen et al. effectuèrent une étude dans laquelle des malades ayant contracté une MST reçurent une formation à l'utilisation des préservatifs. Dans les 9 mois suivant cette formation, 19.9% des hommes et 12.6% des femmes revinrent avec une nouvelle MST, certains plusieurs fois de suite. Le taux de réinfection par MST augmenta en fait chez les femmes à la suite de cette formation14. Une étude faite dans une clinique génito urinaire de Londres montra que, bien que l'utilisation des préservatifs avait augmenté de 4% à 21% entre 1982 et 1992, celle-ci n'avait pas eu d'impact sur le nombre de maladies sexuellement transmissible à virus observées15. Le gouvernement des Etats Unis a d'ailleurs retiré le financement accordé de 2,6 million de dollars d'une étude sur les préservatifs dans la crainte qu'un nombre inacceptable d'utilisateurs de préservatifs ne soient infectés au cours de cette étude. Le préservatif réduirait les infections bactériennes sexuellement transmissibles selon un taux de 2 sur 1016.
Des études réalisées par le MISH (Medical Institute for Sexual Health) aux Etats Unis sur la transmission d'infections génitales à Chlamydiae ont montré que lorsque des partenaires non mariés utilisaient un préservatif comme prophylactique lors de leurs rapports sexuels, le préservatif n'empêchait pas la transmission des Chlamydiae et paraissait même l'exagérer17.

EFFICACITÉ TECHNIQUE DES PRÉSERVATIFS

Le rôle protecteur des préservatifs peut se montrer défaillant pour trois raisons techniques:
- la structure poreuse du latex
- la possibilité de fuites et de ruptures
- la dégradation possible du latex

A - LA STRUCTURE DU LATEX

Certaines études in vitro ont montré que les membranes de latex des préservatifs étaient imperméables au VIH et autres agents des MST20. Cependant, ces résultats ont été mis en question - en particulier lors de la Vth International Conference on AIDS à Montreal - après que des préservatifs bien contrôlés, issus de fabricants bien connus aient montré une perméabilité à des microsphères de taille supérieure à celle du VIH (6 préservatifs sur 69)21. Gordon concluait de ces résultats que les méthodes actuelles pour contrôler la qualité des condoms n'étaient pas suffisantes pour que l'on puisse en déduire que les préservatifs étaient imperméables au VIH22.
Le VIH est en effet un virus très petit (90 à 120 nm). il est 60 fois plus petit que la bactérie qui cause la syphilis et 450 plus petit que les spermatozoïdes23. C'est du reste le fait que les VIH aient pu passer la filtration destinée à retirer les champignons et les bactéries du plasma qui amena les premiers chercheurs à identifier comme virus l'agent causal du SIDA24. l est clair que l'utilisation d'un préservatif de latex comme barrière de protection contre un virus pose un autre problème que celui de la prévention d'une infection bactérienne ou du passage de spermatozoïdes.
L'efficacité de l'effet de barrière et l'intégrité des préservatifs en latex est testée au travers d'une épreuve de fuit. Pour les VIH, tout orifice plus grand que 0,10m serait à considérer comme une fuite au travers de laquelle le virus pourrait passer. Le problème est que la sensibilité du test de fuite pour de petits défauts de la membrane n'est pas très grande. On a calculé que le plus petit orifice détectable par ce test sous des conditions idéales devait mesurer 10-12 microns25. Cette limite de sensibilité du test rend critique le problème des défauts des membranes en élastomères.
L'intégrité de la structure du latex dépend de la formation d'un film cohérent par coacervation et coalescence des particules de latex. Dans le latex naturel ces particules mesurent de 0.1 à 5 microns. La très petite taille des virus pose une exigence inhabituelle sur tout matériel devant faire office de barrière. Bien que l'on suppose que la structure initiale capillaire du latex, d'avant lavage, traversée par des passages interstitiels, s'effondre lorsque le film sèche, l'examen en microscopie optique suggère la persistance d'une structure rappelant les particules originelles du caoutchouc. Cette structure originelle de particules se perpétue dans le matériel ultime sous forme d'un réseau étendu de pores26. Ces pores ont des diamètres atteignant 1,5 microns, comme le montre les images de microscopie électronique27. Le lavage par gel humide semble diminuer la porosité de la surface, suggérant que la structure poreuse est un reflet de la présence de résidus hydrosolubles qui empêchent la coalescence des particules de latex.
Les gants en latex produits par quatre manufactures différentes, examinés au microscope électronique, montrent des creux allant jusqu'à 15 microns de largeur et 30 microns de profondeur. Plus importants pour la question du passage du VIH, des passages de 5 mm de large, traversant toute l'épaisseur de la membrane, ont été trouvés sur des sections fracturées par congélation de tous les gants28. En se basant sur ces faits, les chercheurs ont recommandé à ceux manipulant des éléments infectés par le VIH de porter deux paires de gants superposées. Une même recommandation a été faite en ce qui concerne les préservatifs29. A cela doivent être ajoutées les anecdotes relatant le passage de secrétions corporelles au travers des gants en latex portés par les médecins lors de leur examen et les infirmières. Les chirurgiens mettent une second paire de gants lorsqu'ils arrivent au niveau des tissus particulièrement exposés à l'infection, tels que les os, au cours d'une intervention chirurgicale. La taille déduite expérimentalement des défauts du latex naturel varie entre 5 et 70 microns. Les différents protocoles d'expérience ont donné des résultats qui concordent entre eux.
Donc, la présence de défauts dans le latex, due à la structure en particules de ce matériel, est bien établie. L'utilisation d'un tel matériel pour une barrière de protection contre un virus de 100 nanomètres semble peu sage. Le latex ne peut que réduire la probabilité de transmission du virus. Mais il ne s'agit que d'une réduction, pas d'une barrière absolue. Il y a des pores dans le latex et ces pores sont suffisamment grands pour laisser passer des particules de la taille du VIH, et même de la taille de spermatozoïdes pour certains de ces pores30. Carey et coll. ont observé au travers 33% des membranes des préservatifs en latex étudiés, le passage de particules de la taille du VIH 31.
On dit que, comme le VIH est associé aux spermatozoïdes, ces pores du latex n'ont pas une réelle importance parce que les spermatozoïdes ne peuvent pas de toutes façons passer au travers. Les pores naturels trouvés dans les préservatifs en latex ne permettraient pas le passage du VIH, parce que celui-ci est dans les spermatozoïdes et que l'ensemble est trop grand pour passer au travers de ces pores. Mais ceci est trompeur. Les articles de Anderson 32 et Scofield33 ont été certes utilisés pour supporter ces allégations. Ces articles signalent que le VIH est présent dans le sperme sous la double forme de l'association à des cellules et du virus libre. Ces articles montraient aussi que la première des cellules avec laquelle le VIH s'associe est le globule blanc et que les leucocytes semblent constituer un composant très infectant du sperme. Ils pourraient servir comme vecteurs dans la transmission du VIH. Anderson souligne aussi que "il y a une grande chance pour que des virus VIH-1 sous forme libre, présents dans le sperme, puisse passer dans l'organisme du partenaire". Les deux articles semblent différer sur un point. Anderson écrit que "le sperme peut aussi servir de vecteur de la transmission de VIH-1 mais que des faits conclusifs manquent à ce propos". Scofield propose pour sa part que "le sperme absorbe directement et incorpore VIH-1, que le DNA viral est transmis du sperme aux cellules-cibles du tractus génital". Ce qui paraît clair est le fait que le VIH existe bien dans un état libre, non combiné à des cellules dans le sperme et qu'il est très vraisemblable qu'il est alors infectant et que si une fraction du VIH se trouve associée au sperme, alors le sperme peut agir en augmentant réellement l'infectivité virale.
Il est dit que, en effet, un condom asséché laisserait passer le VIH (et d'autres virus) par ses pores, mais que l'humidification du préservatif le rend imperméable au VIH, à cause de la tension hydrostatique qui empêche tout passage de particules du genre du VIH. Le latex serait imperméable au VIH, bien que laissant passer le virus de l'hépatite34. Cependant, si la surface du préservatif est enduite d'huile (par exemple par un liquide lubrifiant huileux), alors la tension superficielle à la surface du préservatif diminue, ce qui abaisse l'obstacle opposé au passage de l'eau et des molécules ou corps hydrophiles (virus). Les utilisateurs de préservatifs sont donc avisés de ne pas utiliser des liquides lubrifiants huileux lors des rapports sexuels. L'huile rendrait le latex cassant.

B - LA POSSIBILITÉ DE FUITES ET DE RUPTURES

R. Gordon pense que les préservatifs en latex échouent à prévenir les grossesses à cause des ruptures de ces éléments. Rompre le préservatif alors qu'on l'utilise n'a rien d'exceptionnel. Cela arriverait dans 1,4% des cas, selon le Pr. J.G. Girard, Directeur du Service de Santé Publique français. Ce taux de rupture s'éleverait jusqu'à 5% en cas de sodomie, selon I. Vicenzi35. Golombok et coll., étudiant l'utilisation des préservatifs chez 262 hommes homosexuels trouva un taux de rupture de 1 sur 27 préservatifs durant les rapports anaux. 31% de ceux qui avaient utilisé un préservatif lors d'un rapport anal reportaient au moins un incident de rupture36. Steiner et cool. ont observé que les lots plus récents de condoms ont un taux de rupture de 3.5-8.8% tandis que le taux de rupture pour des lots plus anciens va de 9.8% à 18.6%37. Cependant, J.Richters et coll. n'ont observé, en Australie, qu'un taux de rupture de 0,5% (3 sur 664 préservatifs) dans les préservatifs utilisés pour rapport sexuel vaginal chez 4 prostituées féminines. Ils attribuent ce taux très modéré de rupture à l'expérience de la prostitution, où les rapports sont plus courts que ceux des "rapports sexuels amateurs", et où les utilisateurs ont plus d'expérience38. Dans une étude faite par Ahmed et coll., 29-42% de ceux qui ont utilisé des préservatifs ont eut au moins une rupture de préservatif.39. Dans une enquête effectuée par l'Université de Manchester, 52% de ceux qui avaient obtenu des préservatifs par leur clinique de planning familial éprouvèrent au moins une fois ou un éclatement ou un départ du préservatif durant les trois mois précédant l'enquête40. Les auteurs se déclarèrent surpris de trouver combien les personnes participant à cette enquête avaient eut des "accidents" avec les contraceptifs, même ceux qui apparemment utilisaient les préservatifs comme leur méthode de contraception élective, et cela alors que ces personnes avaient reçu une information détaillée sur la façon d'utiliser correctement les préservatifs. Dans des études de Albert et coll.41 et Wright et coll.42, respectivement 36% et 38% des répondants rapportèrent des épisodes de rupture de préservatif.
Pour une plus grande sécurité, les utilisateurs de préservatifs devraient donc être invités à utiliser deux préservatifs, l'un sur l'autre, ou d'utiliser des préservatifs faits en un matériau plus solide que le latex, et totalement imperméable (par exemple l'acier inoxydable).

C - LA DÉGRADATION DU LATEX

Les préservatifs en latex doivent être stockés de façon adéquate et utilisés correctement afin d'éviter la dégradation du latex. En effet, le latex se détériore avec le temps et devient cassant lorsqu'il se trouve exposé au soleil, à la lumière solaire, et aux lubrifiants huileux.
Les préservatifs sont sensibles au froid et au chaud; pourtant ils ne sont pas transportés dans des véhicules climatisés. Vesey, dans son étude des préservatifs43, vérifia 72,000 camions et pu produire des photographies montrant des oeufs en train de frire dans la partie arrière de camions où étaient stockés les préservatifs.
Pour un usage plus effectif et plus sûr des préservatifs, les utilisateurs sont avisés:
- de lire l'étiquette du produit pour vérifier ce qu'il est supposé empêcher;
- de faire attention aux dates d'expiration des préservatifs avec spermicides;
- d'utiliser un lubrifiant aqueux;
- de se méfier des préservatifs vendus en distributeurs (sont-ils exposés au chaud et au froid?);
- de ne pas conserver dans le porte-monnaie ou le sac un préservatif pour plus de quelques heures;
- de ne pas conserver de préservatifs dans la boite à gants de la voiture;
- de ne pas ouvrir le paquet de préservatifs avec les dents, des ongles pointus ou des ciseaux;
- de faire attention à l'ouverture du paquet, en contrôlant ses gestes;
- de vérifier si le préservatif n'est pas collant, ou du type chewing gum, ou adhérant à lui-même;
- de vérifier si le préservatif n'est pas cassant et ne présente pas de trous ou de déchirures;
- de ne pas dérouler le préservatif pour l'examiner;
- de faire attention à ne pas abuser d'alcool ou de drogues car ceux-ci rendent oublieux des conditions de bon emploi ou diminuent l'aptitude à utiliser correctement les préservatifs.
Cette liste étant donnée, et sachant que 83% des jeunes entre 14 et 15 ans disent que leur premier rapport sexuel n'était pas prévu, quelles sont les directives que l'on peut raisonnablement espérer voir suivre par les adolescents?(et d'autres).

III - ECHEC DES PRÉSERVATIFS DUS A UNE CONTAMINATION DIRECTE PAR LE VIH

A - CONTAMINATION DE LA SURFACE EXTÉRIEURE DU PRÉSERVATIF PAR LE VIH
Une autre raison pour laquelle les préservations peuvent ne pas protéger contre le VIH est que leur surface externe peut être contaminée soit par des secrétions porteuses de virus, au moment de l'installation du préservatif, soit par du sperme échappé du préservatif à la fin de l'acte sexuel. On a mis en évidence la présence du VIH dans les liquides prééjaculatoires44. Le virus est aussi présent dans différents liquides ou secrétions venant de l'appareil génital du partenaire male VIH positif durant la première partie du rapport sexuel, avant que l'érection ne permette l'installation du condom. Comment peut-on imaginer qu'un partenaire engagé dans un rapport sexuel soit suffisamment de sang-froid pour contrôler l'installation du préservatif sans en souiller la surface externe par quelque secrétion? Nous savons avec quel soin les chirurgiens mettent leurs gants avant une intervention, évitant tout contact entre la peau et la surface externe du gant. Pouvons-nous attendre un tel soin de la part des utilisateurs de préservatifs?
Les hommes sont en général bien protégés par les préservatifs. Mais les femmes sont bien plus exposées à la contamination, comme celle par le VIH présent à la surface externe du préservatif. Ceci est d'autant plus vrai que les femmes ont une infection vaginale (par défaut d'hygiène ou MST), ou, lors du premier rapport, lorsque l'hymen rompu expose la muqueuse à la pénétration d'un agent infectieux potentiel comme le VIH.

B - CONTAMINATION PAR LE VIH PRÉSENT DANS LES SECRÉTIONS PREEJACU LATOIRES

Jusqu'à présent on pensait que le VIH n'était présent que dans le sperme et le sang. Ilaria et coll. ont montré que le VIH est aussi présent dans les liquides prééjaculatoires qui passent dans l'urètre masculin avant que ne soit installé le préservatif45. Pour cet auteur les "liquides prééjaculatoires doivent être considérés comme des vecteurs potentiels dans la transmission du VIH-1". Pudney et coll. dans un autre article ont conclu qu'"il serait prudent de considérer le liquide prééjaculatoire comme potentiellement infectant, et donc d'éviter d'exposer les muqueuses à ce liquide dans la pratique du "sexe sûr"46.
On sait maintenant avec certitude que, chez un homme VIH séropositif, le virus est présent non seulement dans le sperme, mais aussi dans les secrétions qui précèdent l'éjaculation, avant que l'érection n'ait permis d'installer le préservatif47.

IV - TAUX D'ECHEC DU PRESERVATIF DANS LA PROTECTION CONTRE LE VIH

Les études sur l'effet protecteur du préservatif contre l'infection à VIH sont particulièrement riches en inconséquences méthodologiques qui rendent bien difficile les comparaisons entre ces études48. Seules certaines de ces études, concernant uniquement les couples VIH-discordant (un des partenaires VIH séropositif, l'autre séronégatif), peuvent être considérées comme conduites de façon scientifique.

A - STATISTIQUES PLUS OU MOINS FIABLES
La première remarque à faire, à propos des préservatifs, est que s'ils confèrent certes une protection contre le VIH, cette protection n'est pas totale. De nombreuses études ont montré que le risque de contract er l'infection à VIH malgré l'utilisation du préservatif masculin peut atteindre 15-16% et ces résultats ne peuvent être ignorés49.
En 1988 E.N.Ngugi et coll. distribuant gratuitement des préservatifs à une population de prostituées à Nairobi, Kenya, observèrent une augmentation consécutive de l'utilisation du préservatif par ces femmes et une diminution parallèle de la seroconversion au VIH dans cette population. Cependant 23 des 50 femmes qui utilisaient le préservatif devinrent malgré tout séropositives50. En 1987, Fischl, étudiant la contamination par le VIH dans les couples séro-discordants utilisant régulièrement le préservatif constata qu'une épouse sur dix devenait infectée par le virus du SIDA (10%)51. En 1988 N.Hearst, dans une étude faite au Californian Center for AIDS prevention, constata un taux de séroconversion de 10% dans un groupe d'homosexuels utilisant le préservatif52. Dans une autre série (J.Goerdent), le chiffre de séroconversion reporté monta à 17% - un pour six -53. En 1989 R.Detels et coll.54 étudiant le taux de séroconversion dans une population de 2915 VIH-séronégatifs hommes homosexuels pratiquant des relations ano-génitales, dans quatre centres du Multicentre AIDS Cohort Studyy (MACS) aux Etats Unis (Balti more, Chicago, Los Angeles, Pittsburg), trouvèrent, au cours des 24 mois de leur étude, une séroconversion chez 232 de ces sujets (taux de conversion de 8%). Ce taux s'élevait à 9.5 lorsque les sujets n'utilisaient pas de préservatifs et avaient plus de neuf partenaires (1587 hommes); il était de 5.96 lorsque les sujets utilisaient périodiquement un préservatif dans leurs rapports; il s'abaissait à 3,32 lorsque le préservatif était toujours utilisé (7 hommes contaminés sur 72). Ainsi le préservatif assurait bien une protection dans cette série, mais cette protection n'était pas complète. St.Moses et coll.55 suivant une cohorte de 1000 prostituées à Nairobi trouvèrent que les femmes qui utilisaient le préservatif voyaient leur risque de séroconversion diminuer par trois, avec aussi une réduction dans l'incidence de la gonorrhée et des autres MST (de 2,86 cas par femme en 1986 à 0,66 cas par femme en 1989). Ces auteurs pensaient que le préservatif prévenait ou au moins retardait l'infection à VIH chez les femmes non infectées, probablement en prévenant les MST. L'utilisation du préservatif diminue en effet les ulcérations génitales, en sorte que l'infectivité des femmes est réduite, même si elles n'utilisent pas toujours le préservatif. Dans une étude faite en Floride 56 sur des couples hétérosexuels utilisant le préservatif on trouva que 17% des partenaires des malades du SIDA furent contaminés par le VIH dans les 18 mois. En 1993 S.Weller57, dans une meta-analyse de 11 publications, donna un taux de protection contre le VIH par le préservatif de 69% (échec dans 31% des cas). S.Weller, dans la même étude, rappela que le même préservatif assurait une protection de 87% contre les grossesses.
R.Gordon, dans une revue de la question58, constate que le préservatif a plus d'échecs vis à vis du VIH que comme contraceptif, et ceci même chez des utilisateurs très motivés et utilisant le préservatif de façon experte. Ceci doit faire considérer, dit-il, le préservatif comme peu efficace pour une protection de longue durée dans le cadre d'un couple discordant. L'auteur conclut que la réduction de risque obtenue par l'usage du préservatif chez un individu donné est inadéquate. Cet auteur trouve en effet un taux d'infection par le VIH chez les personnes utilisant le préservatif allant de 8% à 23%, supérieur au taux d'échec de 10-30% du préservatif pour prévenir les grossesses. Un taux d'infection à VIH allant de 13 à 27% est reporté par April et Schreiner59 dans un autre article de synthèse. Ces auteurs disent qu'ils n'ont pas rencontré de risque de contamination inférieur à 10-20% chez les personnes utilisant le préservatif. Ils concluent que la supposition selon laquelle le préservatif donne une protection fiable contre le VIH est une dangereuse illusion. J.Kelly a récemment rappelé60 que l'usage du préservatif n'assure pas une protection totale aux partenaires sexuels, et que, dans les meilleures statistiques, on en reste à un taux de contamination de 6 pour 100 femmes utilisant au mieux le préservatif."






6.Posté par Renaud le 22/03/2009 13:57 | Alerter
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Ce qui le ( le pape ) ferait passer d'ennemi public numéro 1 à ami public numéro 1 ! pour toutes les vies sauvées du sida...
Si ceux qui se précipitent sur les condoms , croyant ainsi éviter le pire , lisaient ce que les médias - au services du NOM et des destructeurs de l'humain- leur cachent depuis longtemps , ils pourront sans doute éviter de mettre un pieds dans la tombe avant l'heure !

c'est vous qui voyez !

7.Posté par Renaud le 22/03/2009 15:14 | Alerter
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Oscar F., merci de rappeler que vous êtes le garant du message évangélique... Je ne sais pas ce que feraient les chrétiens sans vous !

8.Posté par oscar fortin le 22/03/2009 16:01 | Alerter
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REnaud, j'aurais aimé vous lire sur les questions soulevées dans mon article, questions qui ne concernent d'aucune manière les propos du pape sur le condom, mais ses silences auprès des autorités fréquentées des abus de pouvoir, des violences commises, des persécutés... . Il me semble que votre attachement au Christ et aux Évangiles apporterait un éclairage de nature à nourrir la foi. Vous comme moi, ne sommes que d'une croyants qui répondons à cette foi qui se nourrit des Évangiles et de la vie de Jésus de Nazareth. Vos derniers propos me révèle une autre fois que la question des condoms fait dévié le débat des questions autrement plus importantes: la vie humaine menacée par la sous alimentation, les guerres, les désordres sociaux, l'exploitation de l'homme par l'homme etc.

9.Posté par tarci le 23/03/2009 04:17 | Alerter
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dur, dur pour Oscar Fortin, théologien et politologue.....
Je crois que les statistiques de Renaud vont a l'encontre du discours de notre theologien.
Saura t il reviser sa copie ? Et nous pondre un article plus nuance la prochaine fois ?
Dieu seul le sait ....

10.Posté par oscar fortin le 23/03/2009 12:17 | Alerter
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Tarci, je me demande si vous lisez le même article qui est publié ici ainsi que mes commentaires. J'ai comme l'impression que vous êtes complètement omnibulé par la question du condom, sujet qui ne retient pas vraiment mon attention dans ce que j'écris sur le Pasteur qu'est Benoït XVI dans cette Afrique qui lui est présentée par ceux qui la dirigent et la dominent.... Je ne fais aucun débat sur cette question du condom si ce n'est de relever le fait qu'il permet de détourner l'attention de questions qui sont pour moi autrement plus importantes. Allons, mon ami, un peu d'effort et positionnez-vous sur les questions que je soulève et non sur celles qui font diversion et ne retiennent pas vraiment mon attention. Vous pouvez commenter mon commentaire précédent, juste celui qui précède votre dernière intervention qui s'est bien gardé d'y référer....

11.Posté par tarci le 24/03/2009 03:18 | Alerter
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A notre humaniste Oscar Fortin

Je ne vais pas argumente longtemps sur ce dernier sujet puisqu'en fait , ce qui manque a l'humanite, c'est de savoir pourquoi il est sur terre. Quand on aura repondu a cette question, les histoires de partenaires multiples, de capotes etc.... ne seront plus problematiques.

En ce moment par contre, si l'ideal catholique ne fait plus recette, celui du diable est en augmentation.

Voir l'article de Newsweek : http://www.newsweek.com/id/190400

Police have noticed such a sharp increase in satanic-ritual crimes that they've started bringing priests along to help decipher crime scenes. The Vatican's Squadra Anti Sette, or antisect police force, has been around since 2006, but in the past year its numbers have doubled. "Satanic sects are proliferating," says the Vatican's chief exorcist Father Gabriele Amorth, who has trained nearly 300 priests to perform exorcisms in Italy. He says more than 8,000 Satanic cults now operate there, with a membership of nearly 700,000. The Italian police estimate that satanic-inspired homicides have doubled over the past decade.

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