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Azmi Bishara pourrait être obligé de quitter Israël


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Dans quelques jours, peut-être mardi (10.4.2007), un député arabe-israélien connu aura démissionné et ensuite vivra à l'étranger, résultat des accusations que des magistrats israéliens, se fiant à de prétendues preuves de "coopération avec l'ennemi" rassemblées par les services secrets israéliens, semblent prêts à prononcer contre lui.

Par Michele Giorgio


Michele Giorgio
Vendredi 13 Avril 2007

 Azmi Bishara pourrait être obligé de quitter Israël
Voilà ce qui a été rapporté dans le "A-Sinnara weekly" de Nazareth, sans pourtant révéler le nom du député.

Des sources palestiniennes fiables ont déclaré à "Il Manifesto" que l'homme en question est Azmi Bishara, chef du parti At-Tajammo (Balad en hébreu) et intellectuel arabe-israélien célèbre.

A la fin d'une session de la direction politique de At-Tajammo – qui a eu lieu en Jordanie, où le député est allé il y a plusieurs jours – Bishara a décidé qu'il ne reviendrait pas tant que les intentions des magistrats israéliens ne seraient pas claires.

Il est prévisible que le membre de la Knesset arabe-israélien se verra retirer son immunité parlementaire une fois de plus, comme en 2001, lorsqu'il avait été accusé d'avoir tenu un discours dans lequel il exhortait les Etats arabes à adopter une position plus ferme de soutien aux Palestiniens des Territoires Occupés, et d'organiser des voyages pour les familles arabes-israéliennes qui souhaitaient rendre visite aux membres de leurs familles réfugiés en Syrie.

Les détails des accusations actuelles lancées contre lui ne font pas encore l'objet d'un procès-verbal ; pourtant, au cours des deux dernières années, Bishara a été accusé à plusieurs reprises d'avoir "des contacts suspects" avec des gens en Syrie et au Liban, pays où il se rend fréquemment pour participer à des conférences et des séminaires et qui sont considérés comme des "ennemis" par la loi israélienne.

Ses discours sont régulièrement enregistrés et analysés par les autorités qui vérifient les expressions possibles de soutien "fort" à la résistance palestinienne contre l'occupation.

Il a été également accusé de serrer la main de personnalités arabes "hostiles" et d'apparaître sur quelques photos avec les chefs du Hezbollah.

Les rumeurs disent que les services secrets auraient des enregistrements de conversations téléphoniques entre Bishara et certains dirigeants du Hezbollah, parmi lesquels le Secrétaire Général Hassan Nasrallah lui-même, qui auraient eu lieu pendant l'offensive israélienne dévastatrice au Sud Liban et lorsque les roquettes Katioucha étaient lancées contre la Galilée.

Au fond, Bishara pourrait être accusé d'avoir garder des contacts avec l'ennemi en temps de guerre.

Pourtant, il semble tout à fait improbable que Nasrallah, cible des forces aériennes israéliennes, caché dans un endroit secret entouré de mesures de sécurité extrêmement strictes, ait téléphoné pendant la guerre (les lignes téléphoniques, autant que celles des portables, sont un formidable moyen à la disposition des services secrets pour trouver les gens) et se soit engagé dans une conversation avec Bishara qui est, lui aussi, sous surveillance constante.

Bishara est membre de la Knesset depuis 1996. Philosophe, analyste politique (ses articles sont publiés à la fois dans les journaux arabes et occidentaux), ancien militant communiste puis fondateur du parti progressiste At-Tajammo, il est devenu au cours de ces dernières années l'un des phares de la minorité palestinienne d'Israël (1,5 millions de personnes, 20% de la population totale).

Porte-parole courageux des vœux de son peuple pour l'égalité et défenseur des droits des Palestiniens vivant sous occupation en Cisjordanie et à Gaza, Bishara a même été candidat au poste de Premier Ministre en 1999, fondant son programme sur la transformation d'Israël d'Etat juif à un "Etat bi-national pour les Juifs et les Arabes".

Il a toujours revendiqué la reconnaissance des Palestiniens israéliens comme "minorité nationale".

En 1992, Bishara a rejoint le groupe des politiciens arabes et juifs qui ont mis en avant "la charte de l'égalité", dans laquelle ils réclamaient la proclamation d'"une république démocratique laïque" où il n'y aurait aucune discrimination entre les citoyens.

La droite israélienne et, jusqu'à un certain point, le centre-gauche, le considère comme une "menace" pour la sécurité de l'Etat. Il se définit comme un dirigeant politique qui se limite à l'expression de ses propres opinions.

Source : The People Voice
Traduction : MR pour ISM


Vendredi 13 Avril 2007

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