Politique Nationale/Internationale

Avec la chute du cours des hydrocarbures, quelles seront les prévisions d’une loi de finances 2020 complémentaire pour l’Algérie ?


ALGERIE


Abderrahmane Mebtoul
Dimanche 5 Avril 2020

Avec la chute du cours des hydrocarbures, quelles seront les prévisions d’une loi de finances 2020 complémentaire pour l’Algérie ?

CRISE MONDIALE

Avec la chute du cours des hydrocarbures, quelles seront les prévisions d’une loi de finances 2020 complémentaire pour l’Algérie ?


Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane MEBTOUL


Il est important de signaler qu’une loi de finances ne fait que retracer les dépenses et les recettes annuelles de l’État, ne pouvant remplacer la planification stratégique qui fait cruellement défaut : que sera l’Algérie horizon 2020/2030 tenant compte tant des mutations internes que mondiale toujours en perpétuel mouvement n’existant pas de situation statique. devant s’insérer, en dynamique, dans le cadre macro-économique et social. Sur le plan économique Sonatrach c’est l’Algérie et l’Algérie c’est Sonatrach Toutes les lois de finances en Algérie et notamment ses dépenses et recettes , ses réserves de change sont fonction des recettes de Sonatrach qui procurent directement et indirectement avec les dérivées environ 98% des devises et dont les prix du pétrole/ gaz échappent totalement à l’Algérie, étant déterminés par des facteurs exogènes tant économiques que géostratégiques. Le redressement du cours dépendra donc avant tout , du retour à la croissance de l’économie mondiale qui détermine la demande , très accessoirement de l’OPEP, représentant environ 35% de la production commercialisée mondiale mais des trois plus grands producteurs , l’Arabie Saoudite ( plus de 33% au sein de l’OPEP) , et deux pays hors OPEP, la Russie et les Etats Unis d’Amérique plus de 11 millions de barils/j chacun dont les gisements marginaux de pétrole -gaz de schiste américain, qui ont réduit leurs couts de plus de 50% ne sont plus rentables , pour un cours inférieur à 35/50 dollars le baril ,selon les gisements,. Cela été montré clairement après le discours du président américain le 02 avril 2020, où les cours ont remonté de 7/8 dollars demandant une baisse de la production de plus de 10 millions de barils jour afin d’équilibrer l’offre et la demande, supportés par les plus grands producteurs. Est-ce que cela sera suffisant si la crise mondiale persiste ? C’est pourquoi la loi de finances 2020 élaborée en décembre 2019 avant crise économique qui a vu le cours des hydrocarbures (pétrole et gaz ) divisé par deux doit être repensée tant pour limiter la baisse des réserves de change que limiter le déficit budgétaire et l’Algérie devra en tirer les leçons pour ne pas dépendre éternellement d’une rente éphémère




1.-Le cadrage macro-économique de la loi de finances 2020 a été établi sur la base d’un baril de pétrole à 50 dollars et un prix de marché à 60 dollars, un taux de change de 123 DA/dollar, un taux d’inflation de 4,08 % et un taux de croissance de 1,8% (contre 2,6% dans les prévisions de 2019). Sur le plan budgétaire, la loi de finances 2020 prévoyait des recettes de 6.289,7 milliards de dinars, en baisse de 3,3% par rapport à celles de 2019, dont 2.200,3 milliards de dinars de fiscalité pétrolière. La fiscalité pétrolière budgétisée donc avant la crise actuelle devait s’élever à 2.200,3 Mds de DA (contre 2.714 mds DA en 2019) et les recettes fiscales augmentant de 8,6%, passant à 3.029,9 Mds de DA (contre 2790,5 Mds de DA en 2019), grâce à l'élargissement de l'assiette fiscale, à l'amélioration du recouvrement et à la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales. Quant aux dépenses budgétaires, elles étaient prévues à 7773,1 Mds de DA (contre 8557,2 Mds de DA en 2019, en en baisse de 8,6%) ventilées ainsi : les dépenses de fonctionnement s’établissent à 4893,4 Mds de DA (-1,2% par rapport à 2019) et les dépenses d’équipement baissent de 20,1% en termes de crédits de paiement et de 39,7% en termes d’autorisation de programme. Les crédits de paiement se situent à 2879,7 Mds de DA (contre 3602,7 Mds de DA en 2019), se répartissant en 2080,2 Mds de DA, pour le financement des programmes d’investissement (72,2%) et 799,5 Mds de DA pour les opérations en capital (27,8%). La loi de finances 2020 avait prévu une dotation nouvelle de 569,88 Mds de DA, dont 290,19 Mds de DA au titre du programme neuf et 279,69 Mds de DA dans le cadre de réévaluation du programme en cours de réalisation. Comme résultante, il était prévu un déficit budgétaire de 1533,4 Mds de DA, soit -7,2% par rapport au PIB (contre -1438,1 Mds de DA, soit -6,9% du PIB en 2019) et le déficit du trésor devait se situer à 2435,6 Mds de DA, représentant -11,4% du PIB contre (contre -11,5% du PIB en 2019). D’une manière générale, il était prévu que le budget de fonctionnement de l'année 2020 devait assurer 33.179 postes budgétaires dont 16.117 nouveaux postes pour garantir la gestion de 1.353 établissements en cours de réception au profit de plusieurs secteurs et la masse salariale devait dépasser les 2.900 milliards de DA pour un nombre de postes budgétaires dépassant 2.279.555 postes, continuant d’assurer les transferts sociaux prévus à 1.798,3 milliards de DA soit 8,4 % du Produit intérieur brut (PIB). Quant aux principales dispositions législatives il s'agit de mesures incitatives fiscales au profit des start-up, et de la création de 4 types de zones industrielles à travers le pays en vue d'abriter ces start-up et créer un fond pour les soutenir. Dans l'objectif d'améliorer le climat des investissements, le texte de loi stipule l'abrogation de la règle 51/49% pour les secteurs non stratégiques, le recours "en cas de besoin et de manière sélective" au financement extérieur auprès des institutions financières internationales pour le financement des projets économiques structurels et fructueux, outre le renforcement des taxes sur la fortune et les biens. Selon le même texte, les citoyens peuvent désormais importer des véhicules touristiques d'occasion de moins de trois ans avec moteurs à essence ou diesel dans le respect des normes environnementales, en comptant sur leurs propres moyens financiers. En matière de protection de l'environnement, la loi de Finances exige une taxe sur l'environnement appliquée dès la souscription des contrats d'assurances avec un montant de 1.500 Da pour les véhicules touristiques et 3.000 Da pour les autres types de véhicules, la réorganisation du système fiscal imposé sur les appareils électriques à haute consommation et l'augmentation des montants des taxes sur l'environnement en fonction du principe "pollueur-payant". Quant au renforcement de la solidarité nationale, il a été proposé l'augmentation, de 1% à 2%, de la contribution solidaire appliquée sur les importations au profit de la Caisse nationale des retraites (CNR). Grace donc au recul de la valeur des importations prévu qui avait conduit à la paralysie de l’appareil de production peu concurrentiel et extériorisé via ses inputs, par rapport à 2019, à raison de 12% pour les biens et 16% pour les services. Le déficit de la balance des paiements devrait atteindre 8,5 milliards de dollars en 2020 contre 16,6 milliards de dollars en 2019, soit une baisse de 8,1 milliards de dollars. .Qu’en sera t-il de limiter les importations à 31 milliards de dollars prévus en conseil des ministres de mars 2020 devant réaliser un ciblage pour ne pas pénaliser l’appareil productif et préserver le pouvoir d’achat de la population.



2.- La loi de finances 2020 écarte le recours, comme récemment le Président de la République au financement non conventionnel qui aura un impact inflationniste certain à terme, du fait que l’Algérie n’a pas une économie productive diversifiée, où ont été injectés 45 milliards de dollars (25% du PIB estimé en 2018 à 180 milliards de dollars) sur un total prévu de 55 milliards de dollars. Nous avons set scénarios dont certains difficilement réalisables, les marges d’actions étant étroites, afin de ne pas recourir au financement non conventionnel et donc d ‘éviter la dérive inflationniste à la vénézuélienne qui risque de pousser à l’implosion sociale:

2.1- un retour des prix à la hausse du cours du pétrole et du gaz , la loi de finances 2020 fonctionnant sur la base un cours supérieur à 95 dollars le baril; En, outre le respect du quota de l’OPEP par l’Algérie les prévisions internationales pour 2020, scénario optimiste, donnent un cours entre 30/ 40 dollars moyenne annuelle et environ 50 dollars en 2021 dollars, si l’épidémie est maitrisée avant fin 2020
2.2.- l’augmentation de la production hydrocarbures pour augmenter la fiscalité pétrolière en baisse, posant problème avec le déclin de la production physique depuis 2008, et supposant un nouveau modèle de consommation énergétique , la consommation intérieure horizon 2030 risquant de dépasser le volume actuel d’exportation;
2.3.- l’endettement extérieur ciblé pour les segments à valeur ajoutée tout en assouplissant la règle des 49/51% mais devant distinguer les segments stratégiques des segments non stratégiques historiquement datés ;
2. 4.- l’augmentation de la fiscalité ordinaire, mais risquant d’amplifier la sphère informelle, qui en période de e crise s’amplifie ( c’est une loi historique) qui contrôle selon les dernières données de la banque d’Algérie, environ de 33% de la masse monétaire en circulation, 35/40% de la population occupée servant de tampon social, et plus de 50% des activités hors hydrocarbures, amplifiée par la crise politique actuelle ;
2.5.- la lutte contre la corruption et les surfacturations permettant de diminuer la facture des importations de biens et services, diminution qui doit être ciblée afin de ne pas pénaliser l’appareil productif et les besoins essentiels de la population ;
2.6.-puiser dans les réserves de change pour relancer de l’appareil productif mais dont l’effet n’est pas immédiat , sous réserve d’une autre politique économique fondée sur des réformes transparentes autour des deux piliers, bonne gouvernance et valorisation du savoir;
2.7.- le dérapage du dinar que prévoit la loi de finances 2020 , comme un des levier pour ne recourir au financement non conventionnel avec un taux de change de 123 dinars pour un dollar pour 2020, 128 DA/dollar pour 2021 et 133 DA/dollar pour 2022. Cela signifie accroire artificiellement la fiscalité pétrolière calculée en dollars et les taxes pour les importations d’équipements , de biens intermédiaires aux entreprises et de biens finaux destinés à la consommation fonction du cours euro/dollar, accélérant le processus inflationniste, la taxe à la douane s’appliquant à un dinar dévalué, qui jouera comme un impôt indirect.


3.-C’est que les prévisions de la loi de finances 2020 qui fonctionnent en réalité selon le FMI sur la base d’un cours de 95/100 dollars ( 50/60 dollars étant des artifices comptables) ainsi que des prévisions de recettes de Sonatrach de 35 milliards de dollars pour 2020 ainsi que d’un montant des réserves de change de 51,6 milliards de dolalrs fin 2020 seront difficiles à atteindre avec la crise actuelle qui a vu le cours de pétrole et du gaz s’effondrer de plus de 50%.. Gouverner c’est prévoir, nous pouvons élaborer plusieurs scénarios, posant la problématique à la fois d’une nouvelle politique des subventions, d’une vision stratégique de la transition énergétique et surtout revoir à travers de profondes réformes structurelles, toute la politique économique du pays.


-A 66 dollars en moyenne annuelle pour 2019, les recettes de Sonatrach ont été en moyenne de 34 milliards de dollars. Sous réserve d’une production hydrocarbures en volume physique identique à celle de 2019, ce qui n’est pas évident puisque le principal marché est l’Europe en crise, nous aurons les résultats suivants pour le chiffre d’affaire ( recettes de Sonatrach) et pour le profit net , nous avons pris l’hypothèse de retirer 25% tenant compte des charges du compte d’exploitation et des profits des associés.
-A 60 dollars le baril de pétrole, les recettes de Sonatrach seront en moyenne d’environ 31 milliards de dollars, les dérivées atténuant le choc et le profit net d’environ 24 milliards.
- A 50 dollars le baril, le chiffre, d’’affaires serait d’environ 25,7 milliards de dollars et le profit net se situerait autour de 19,3 milliards de dollars qui est le seuil critique pour les gisements marginaux.
– A 40 dollars le chiffre d’affaire, serait de 20,6 milliards de dollars et le profit net de Sonatrach se situerait autour de 15,5 milliards de dollars, 30/40/% des gisements marginaux n’étant plus rentables.
A 30 dollars le chiffre d’affaire, serait de 15,5 milliards de dollars et le profit net de Sonatrach se situerait autour de 11,5 milliards de dollars, 70% des gisements ne seront plus rentables.
-A 25 dollars le chiffre d’affaire, de Sonatrach serait de près de 12,9 milliards de dollars et le profit net 9,6 milliards de dollars devant fermer 80% des puits.
– A 20 dollars le chiffre d’affaire, serait de 10 milliards de dollars et le profit net de Sonatrach se situerait autour de 7,5 milliards de dollars, devant fermer la majorité des puits et pour 1,5-2 dollars le MBTU, les canalisation de gaz naturel.


4.-Les mesures conjoncturelles dans le désarroi, sans vision stratégique, si elles donnent l’impression de résoudre la crise l’amplifient à terme. Dans ce cadre, il est utile de rappeler, l’histoire étant le fondement de la connaissance, que bon nombre de pays développés ayant un niveau d’endettement public élevé par rapport au PIB et réserves de change presque nul ont une économie productive. L’expérience de l’ex Roumanie communiste avait une dette extérieure zéro mais une économie en ruine et l’expérience récente vénézuélienne premier réservoir mondial de pétrole avant l’Arabie Saoudite, en misant uniquement sur la rente, jouant sur les mécanismes monétaires ( planche à billets) , a conduit le pays à une hyperinflation et à la semi faillite. Dans la présentation de la de finances 2019, l’ex Ministre chargé du secteur avait annoncé fin 2020 un niveau de réserves de change de 51,6 milliards de dollars. Les recettes se sont basées sur une augmentation des revenus des exportations des hydrocarbures en 2020 de 2% par rapport à 2019 pour loi atteindre 35,2 milliards de dollars, contre 34,5 milliards de dollars en 2019, en raison d’une augmentation de 2,06 % des quantités des hydrocarbures devant être exportées. Le niveau des réserves de change a été calculé avec l'hypothèse d'un accroissement des recettes de Sonatrach et d’un niveau des importations de biens, de 38,6 milliards de dollars en 2020, en omettant les services, souvent oubliés entre 911 milliards de dollars par an entre 2010/2019.. Comment dès sans verser dans le nihilisme de l’action de l’actuel gouvernement, la crise actuelle inattendue touchant tous les pays sans exception, ( la priorité étant la vie humaine qui n’ a pas de prix), il s ‘agit pourtant d’expliquer clairement les impacts économiques et sociaux de la baisse sensible des importations de biens et services, et comment combler l’écart entre la demande et l’offre globale. Une explication s’impose sachant que le taux d’intégration tant des entreprises publiques que privées ne dépasse pas 15% en moyenne, une restriction draconiennes risquant d’étouffer comme au Venezuela, le peu d‘unités productives existantes dont les restrictions de crédit actuellement ont eu de ministres doivent cesser leurs déclarations euphoriques qui provoquent une névrose pour effet la fermeture ou la sous utilisation des capacités de milliers d’unités. Bon nombre collective au niveau des citoyens, étant conscients de la gravité de la situation, d’où l’urgence d’un langage de la vérité, rien que la vérité sur la situation économique du pays car pour la situation sanitaire, il faut le reconnaitre les responsables font de leur mieux. Car, comment avec une entrée en devises de plus de 1000 milliards de dollars ( sans compter les dépenses en dinars) entre 2000/2019 dont pour Sonatrach avec ses dérivées 98% et une sorties de devises concernant les biens et les services (entre 9/11 milliards de dollars/an entre 2010/2019) , ayant dépassé 935 milliards de dollars n’ont permis qu’un taux de croissance, moyenne annuelle, entre 2,5 et 3% montrant un divorce entre la dépense et les impacts économiques et sociaux : mauvaise gestion ou corruption ou les deux à la fois. L’Algérie a besoin d ‘une vision stratégique qui fait cruellement défaut où selon les rapports internationaux, le pays risque de connaitre une profonde crise économique avec des répercussions sociales, voire politiques, si elle continue dans l’actuelle trajectoire. Comme en témoigne le taux de croissance lié au climat des affaires où l’Algérie selon le dernier rapport de la banque mondiale 2019 est classée 157ème sur 190 pays, renvoyant à la mauvaise gouvernance, bureaucratie, corruption, système financier et système socio-éducatif non adapté , étant classée parmi les derniers pour l’innovation. Comment dès lors créer entre 350.000/400.000 empois par an qui s’ajoutent au taux de chômage actuel nécessitant un taux de croissance de 8/9% par an sur 5/10 ans pour éviter de vives tensions sociales ? Cela a un impact négatif sur le taux de chômage avec une population de 44 millions d’habitants au 01 janvier 2020, une population active d’environ 12,5 millions où selon le FMI ,en raison du ralentissement du taux de croissance, dominée par l’impact de la dépense publique via la rente Sonatrach, avant la crise, prévoyait 12% de taux de chômage en 2020 et 13,5% en 2021, ce taux ne tenant pas compte des emplois rente, faire et refaire les trottoirs . Et l’on devra prendre en compte que d’ici dix ans en attendant la réforme du système des retraites qui sera le grand défi des années à venir ; le vieillissement de la population, où la moyenne d’âge des deux sexes selon le rapport de l’ONU, 2018, est à environ 78 ans de durée de vie. . C’est la gouvernance actuelle pose problème n’ayant pas de vison stratégique des réformes à mener n’étant ni dans une économie étatisée, ni une véritable économie de marché concurrentielle avec le rôle de l’Etat régulateur , étant toujours dans cette interminable transition depuis des décennies, produit de rapports de forces politiques et sociaux qui se neutralisent. Cela rend difficile une véritable régulation centrale et locale comme facteur d’adaptation aux nouvelles mutations mondiales, fondée sur le savoir, les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle, vivant encore de l’utopie de l’ère matérielle des années 1970/1980, du fait du blocage culturel. La crise actuelle de 2020 a donc montré toute la vulnérabilité des économies rentières, où face à l’impact de l’épidémie du coronavirus, comparable à une guerre planétaire, et devant la gérer en tant que telle, o l’économie mondiale connait, trois chocs, un choc de l’offre avec la récession de l’économie mondiale, un choc de la demande.


5.-En résumé, espérons en ces moments difficiles, un élan de solidarité nationale dont les plus hauts responsables et cadres supérieurs de l’Etat doivent en premier lieu donner l’exemple, même si leurs apports est symbolique mais facteur de mobilisation. L’Algérie, indissociable de l’évolution du monde en ce XXIème siècle sera confrontée à de profonds bouleversements et relever de nombreux défis, devant maitriser quatre guerres, liées à la pression démographique avec d’importants flux migratoires (l’Afrique le quart de la population mondiale horizon 2040/2050 avec 2,4 milliards sur 9,7 ) la guerre biologique, la guerre numérique, la guerre de l’alimentation indissociable de l’eau ( l’ONU prévoyant une sécheresse sans pareil au niveau de l’Afrique du Nord et du Sahel horizon 2025) et la guerre écologique, ayant des incidences sanitaires, économiques et sécuritaires. L’on devra éviter des calculs micro-économique étroits de l’entreprise appliqués sans tenir compte du contexte social, aux services collectifs et donc réhabiliter la fonction de bien-être collectif. Le monde ne sera plus jamais comme avant , la crise de 2020 préfigurant , non pas la fin de la mondialisation, mais une nouvelle architecture des relations entre l’Etat régulateur et le Marché encadré pour certains services collectifs (santé, éducation), et d’importants impacts sur les relations politiques et économiques internationales . Les mesures conjoncturelles énoncées précédemment, certes ont un impact sur le niveau des réserves de change, mais devraient ralentir la croissance qui est tirée essentiellement par la dépense publique via la rente des hydrocarbures en baisse. L’Algérie dont la production ne dépasse pas un million de barils jour en 2020, étant très marginale au sein de l’OPEP, doit donc se préparer à de nombreux défis en ces moments difficiles avec les tensions internes inévitables sur les réserves de change (moins de 60 milliards de dollars fin mars 2020) et budgétaires entre 2020/2022. Les différentes composantes de notre société doivent transcender leurs différends, à vaincre la haine et les peurs qui les habitent et à trouver de nouvelles raisons de vivre harmonieusement ensemble et de construire, toujours ensemble, le destin exceptionnel que nos glorieux aînés de la génération du 1er Novembre 1954 ont voulu pour eux.

04 avril 2020 ademmebtoul@gmail.com
TOUTE REPRODUCTION SANS CITER L’AUTEUR EST INTERDITE


Dimanche 5 Avril 2020


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