Conflits et guerres actuelles

Avancée des rebelles tchadiens



Mercredi 18 Juin 2008

Au Tchad, le régime est, à nouveau, aux abois, et une seule idée semble animer, désormais, le Président Debbi : comment lui, en monarque déclaré, va-t-il réussir à se maintenir au pouvoir ? Peut-il miser, une nouvelle fois, sur l'assistance du grand ami français ? En avril dernier, alors qu'il se trouvait assiégé dans son propre palais présidentiel par une rébellion déterminée à le chasser définitivement de la scène, ce fut la France qui vola à son secours. Or, ce soutien, si vital, si décisif, donne, dorénavant, des signes d'embarras, sinon d'incertitude. Depuis le mercredi 11 juin, la coalition d'opposants anti-Debbi, composée aussi bien d'hommes politiques que de rebelles armés, crie victoire, affirmant avoir conquis la ville de Biltine, à 750 kilomètres de la capitale. L'exploit risque fort d'être reconduit, puisque cette même coalition vient de fixer un nouvel objectif, celui de la prise de la ville stratégique de Manguo, située, seulement, à 400 kilomètres de N'Djamena. De part et d'autre, la campagne d'accusations mutuelles se combine à des spéculations plus ou moins saugrenues qui affirment souvent une chose et son contraire. La rébellion dénonce, toujours, la France, pour avoir apporté son appui militaire au gouvernement tchadien, tandis que ce dernier soupçonne Paris d'être en passe d'amorcer un virage en douceur, qui risquerait de clouer au sol les 2.200 soldats français de l'EUFOR, sur lesquels, Debbi et son équipe comptent, pour repousser les attaques de plus en plus percutantes de la rébellion. Et ces soupçons ne sont pas totalement infondés : depuis que Sarkozy déploie tout son génie et toute son énergie à convaincre les Français de sa volonté de rupture avec les années du chiraquisme, la politique africaine de l'Elysée commence à changer de direction. En Côte d'Ivoire, le Chef du Quai d'Orsay l'a même affirmé très clairement : l'Hexagone entend démanteler sa présence militaire en Afrique. C'est dire que les jours de M Debbi, tout comme ceux des autres Présidents-marionnettes, qui infectent le continent noir; sont comptés. Alors, la France, définitivement en rupture avec la pensée colonialiste? Pas tellement. Il y a là surtout les impératifs de la "real politique" qui entrent en jeu et qui nous poussent à tempérer notre optimisme. En effet, il y a des impératifs, qui dictent, par exemple, à tout allié des Etats-Unis de se faire "petit", là où les intérêts américains l'exigent, et, en Afrique, ces intérêts veulent que la France cède du terrain.

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Mercredi 18 Juin 2008

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