Croyances et société

Aux USA, interdiction des « réunions Tupperware » pour le stérilet hormonal Mirena

Une campagne publicitaire de Bayer minimise les risques / Plus de la moitié des femmes l’enlèvent plus tôt que prévu / Une pétition a recueilli 1700 signatures



Mercredi 22 Septembre 2010

Aux USA, interdiction des « réunions Tupperware » pour le stérilet hormonal Mirena
Plus de 1700 femmes ont signé une pétition exigeant la publication de tous les risques liés au stérilet hormonal Mirena. Les lettres adressées à la FDA (Food and Drug Administration, autorité de surveillance des aliments et médicaments aux USA) accusent la notice jointe par la firme Bayer à son stérilet de ne citer qu’une petite partie des effets secondaires. Selon les initiatrices de la pétition, ce manque a conduit à des prescriptions inadaptées à des milliers de femmes qui n’ont découvert qu’après plusieurs années la cause de leurs malaises.
 
Plus de 10% des utilisatrices de Mirena sont victimes d’effets secondaires importants: dépressions, troubles du cycle menstruel, prise de poids, kystes aux ovaires, maux de ventre, vertiges, nausées, acné, maladies de peau et maux de tête. En outre on suspecte une élévation du risque de cancer du sein.
Pour l’instant la Food and Drug Administration a interdit une campagne publicitaire pour Mirena sur le modèle des réunions Tupperware. Cette interdiction de la FDA déclare que dans sa campagne de marketing Bayer « exagère l’efficacité, lance des affirmations infondées et minimise les risques de son produit ». Dans le cadre de la campagne des équipes publicitaires de Bayer devaient en faire la promotion au cours de réunions privées.
Dans les notes d’application à caractère interne à l’usage des équipes de Bayer publiées par la FDA on trouve des questions aux participantes telles que : «  Comment vous définiriez-vous : chaude, sexy, spontanée ou trop fatiguée pour avoir des relations intimes ? » Selon la FDA en revanche, les affirmations de Bayer promettant aux utilisatrices de Mirena une vie sexuelle satisfaisante ne sont absolument pas vérifiées; au contraire, plus de 5% des femmes se plaignent d’une perte de libido. Selon Thomas Adams de la FDA, « c’est extrêmement préoccupant à nos yeux, car ce produit comporte de graves risques, sont un danger d’infection et une perte de fécondité. »
Selon Jan Pehrke de la Coordination contre les méfaits de Bayer, «  ce cas montre une fois de plus les dangers d’une industrie pharmaceutique exclusivement orientée vers une maximisation des profits - dans sa campagne publicitaire, la pilule contraceptive Yasmin ne se vante pas non plus de comporter plus de risques que les produits plus anciens. Les autorités de surveillance doivent faire justice une fois pour toutes de leur respect pour Bayer et Cie et interdire les médicaments plus dangereux que leurs prédécesseurs. »
Une étude publiée l’an dernier dans la revue médicale Gynecological Endocrinology montre que près de 60% des utilisatrices enlèvent Mirena plus tôt que prévu. La plupart du temps en raison des effets secondaires, souvent importants. L’auteur de l’étude, le  gynécologue anglais Ayman A. Ewies invite tous ses confrères à prévenir à temps les femmes des dangers liés à Mirena, puisque Bayer ne le fait pas. « Les craintes récentes à l’égard de Mirena doivent portées à la  connaissance de toutes les femmes, sans tenir compte de la pression publicitaire du fabricant » dit-il. Selon lui, il faut cesser de croire que les stérilets du type de Mirena ont une action purement locale; dans le sérum sanguin des testatrices on retrouve des concentrations hormonales comparables à celles des utilisatrices de la pilule contraceptive. 
Nous vous enverrons volontiers l’étude publiée par Gynecological Endocrinology

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Mercredi 22 Septembre 2010


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