Proche et Moyen-Orient

Aujourd’hui, la Turquie économiquement et l’Arabie Saoudite avec les droits de l’homme


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Dimanche 21 Octobre 2018 - 03:20 Un nouveau Moyen-Orient à la sauce iranienne


Voici un point de vue original sur deux sujets chauds au Moyen-Orient, deux sujets qui semblent, à première vue, très éloignés l’un de l’autre, mais qui pourraient pourtant se rejoindre : et si tout ceci n’était que du cinéma, cachant d’autres objectifs ?


Jamal Mohsen Aflak
Vendredi 12 Octobre 2018

D’ici, nous avons du mal à voir le jeu politique comme une vaste pièce de théâtre, peut-être parce que nous avons peur d’admettre que nos dirigeants (qui nous représentent) ne sont que de simples bouffons de cirque. Les Moyen-Orientaux, eux, vivent cette pièce tous les jours, et voient défiler les acteurs changeant de visage presque quotidiennement, modifiant les décors selon les circonstances. Parmi ces acteurs, ils décerneraient, sans hésiter, des oscars à Trump, Macron et surtout Erdogan, aux côtés desquels les Casques Blancs ne sont que des acteurs de seconde zone. Ils savent donc de quoi ils parlent.

Après la comédie du coup d’Etat en Turquie, qui a abouti au renforcement de la position du « voleur d’Alep » et son parti dans l’opinion turque, et comme résultat naturel du coup d’Etat raté, Recep Erdogan a réussi à exclure des dizaines de milliers d’opposants dans l’armée et la justice et dans les plus importantes institutions de l’Etat turc, et à renforcer le rôle de son gang dans le trafic des armes et de la drogue et du pétrole volé par Daech des puits syriens et irakiens, en plus de la traite d’êtres humains à travers les centres de trafic d’organes gérés par des centres sionistes en Turquie, l’enlèvement et la vente d’enfants et le transfert de réfugiés en Europe pour des sommes mirobolantes dont sa bande a bénéficié. Aujourd’hui, en réponse à une guerre économique annoncée et tweetée par le président Trump, Erdogan appelle le peuple turc à vendre son or et ses devises et à les déposer dans les banques turques. Il veut simplement voler l’argent du peuple turc sous prétexte de guerre économique contre la Turquie. Il suffit de s’arrêter sur l’histoire de la Turquie et celle de Erdogan et sa relation avec le sionisme et le gouvernement de l’entité sioniste pour constater que Erdogan n’est rien de plus qu’un ministre sioniste travaillant pour les intérêts de l’entité par la subordination aux États-Unis et à l’argent arabe qui a afflué en Turquie durant la guerre mondiale contre la Syrie. Ce qui se cache derrière la crise, c’est donner du champ à la Turquie pour se rapprocher graduellement de la Russie, contraindre les voisins comme l’Iran, l’Irak et la Russie à s’épuiser en soutenant l’économie turque et tenter l’alliance russo-iranienne de mener la bataille du sauvetage de l’économie turque, alors qu’ils sont déjà soumis à des sanctions occidentales qui entravent leurs activités économiques.

Y a-t-il pour les Américains des raisons de sanctionner économiquement la Turquie ?

On ne croit pas que c’est le cas. Au cours des huit dernières années, la Turquie a été un fidèle serviteur des forces américano-sionistes d’agression contre la Syrie, l’Irak et la Palestine. Les milliers de mercenaires sont arrivés par les aéroports turcs et les frontières turques étaient ouvertes pour laisser entrer les terroristes du monde entier en Syrie et en Irak. Les centres de gestion du terrorisme opérant en Turquie fonctionnent toujours sous la direction d’agents de renseignement américains et israéliens. Pourquoi la Turquie devrait-elle être sanctionnée aujourd’hui et pourquoi Trump se battrait-il contre elle ? A moins qu’il ne veuille dompter Erdogan pour le charger de nouvelles sales besognes, et le désaccord ne serait pas sur la nature de ces actions, mais sur le timing et les mécanismes de leur exécution, du fait que la bataille prévue pour libérer Idlib mettra fin à l’existence du terrorisme en Syrie. C’est en soi une gifle pour le monde entier qui, après la libération d’Idlib, aura la certitude que ce qui s’est passé en Syrie est une agression internationale pour servir le projet sioniste et non une révolution pour la démocratie comme l’ont vendu les propagandistes sur les chaînes satellitaires arabes et internationales. L’après Idlib sera différent de ce qui fut. Les Etats-Unis sont-ils prêts à sacrifier leurs alliés pour présenter au monde des boucs-émissaires qui endosseront la responsabilité des crimes commis en Syrie par ceux que les USA et leurs alliés ont soutenus ? C’est ce que nous saurons dans un proche avenir.

Quant à la déclaration timide du Canada à propos de ses préoccupations concernant les droits de l’homme en Arabie Saoudite, elle ressemble beaucoup à un show raté et insensé. Comme c’est étrange que le Canada s’inquiète aujourd’hui du non-respect des droits de l’homme en Arabie Saoudite ! Ce monde libre ne voyait-il pas toutes les violations des droits de l’homme les plus basiques en Arabie Saoudite ? Est-il possible que ce monde ne savait pas qu’une personne en Arabie Saoudite pourrait être condamnée à mille coups de fouet et jetée en prison pour un seul vers d’un poème ?

Il ressort clairement de cette annonce qu’il faut occuper la presse avec une bataille diplomatique que l’Arabie Saoudite prétendra avoir gagnée après l’échec de son agression contre le Yémen, malgré les massacres sauvages pratiqués par l’Arabie Saoudite en assassinant quotidiennement des enfants. Les images des enfants yéménites déchiquetés ne sont pas parvenues au « monde libre » ni aux professionnels du verbiage humanitaire qui s’inquiètent timidement de la violation des droits de l’homme en Arabie Saoudite. Affamer tout un peuple est un crime contre l’humanité qui ne nécessite pas beaucoup de documentation et de recherche pour le prouver. La coalition de l’agression contre le Yémen considère l’assassinat d’enfants comme une victoire, car elle commet ces crimes avec des bombes américaines, israéliennes et françaises et le centre de ses opérations est dirigé par des officiers anglais et américains. Et nous ne serions pas étonnés d’apprendre que des officiers des gangs sionistes mènent cette guerre contre le Yémen et son peuple.

Dans quelle mesure la couverture médiatique de ce simple commentaire canadien est-elle choquante ? Dans un tweet, un journaliste arabe a écrit, et je le cite : « L’Égypte envoie un message ferme et énergique au Canada, refusant son ingérence dans les affaires intérieures de l’Arabie Saoudite. La Jordanie et le Soudan se joignent à de nombreux États du Golfe qui rejettent l’arrogance canadienne. Ces positions sont un message à l’Occident ; à partir de maintenant, la nation ne permettra plus d’interférence dans ses affaires et n’acceptera rien de l’étranger « . Fin de citation.

Et là, nous devons crier haut et fort : de quelle nation parlez-vous ? Et qui est cette nation qui ne permettra pas d’ingérence dans ses affaires ? Est-ce la même nation qui fait la promotion du « deal du siècle » pour mettre fin à la cause palestinienne et annuler le droit au retour et faire des gangs sionistes une réalité à laquelle nous devons adhérer? Est-ce la même nation qui a vendu la Palestine et n’a pas pu empêcher Trump de transférer son ambassade à Jérusalem occupée ? N’est-ce pas la même nation qui a approuvé la destruction de l’Irak et la tuerie d’un million d’enfants irakiens ? N’est-ce pas cette nation qui a pris la décision historique d’accorder une couverture internationale et légale pour détruire la Libye, tuer son peuple et la diviser ? Est-ce la nation, dont parle ce grand journaliste, qui a qualifié la guerre de juillet 2006 d’aventure et a demandé à l’entité sioniste de détruire la force de résistance, a tourné le dos et n’a pas condamné, même avec de simples mots, le massacre de « Qana 2″ ? Est-ce la même nation qui bénit le meurtre de civils au Yémen et applaudit le succès des avions d’agression en bombardant les écoles et les quartiers populaires ?

Ou est-ce la nation qui a soumis le dossier syrien au Conseil de Sécurité et réclamé le bombardement du peuple syrien et la destruction de la Syrie, alors que c’est cette nation qui a gelé l’adhésion de la Syrie à la Ligue arabe et a essayé de faire de même à l’Organisation de la Conférence islamique, la même nation qui a assiégé Damas et a tenté de tuer la vie en elle, la nation qui a exporté le terrorisme et l’a publiquement financé, alors que leur désaccord n’a porté que sur la « proie », comme l’a déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères du Qatar ?

La préoccupation canadienne « théâtrale » arrive trop tard et n’est rien d’autre qu’une bulle médiatique pour que la presse se vante ultérieurement de la victoire de l’Arabie Saoudite sur le Canada dans sa bataille diplomatique.

Le monde entier sait que l’Arabie Saoudite est l’usine du terrorisme et il n’est pas nécessaire d’embellir le tableau. Les Wahhabites ont détourné l’islam, créé Al-Qaïda, Daech et Al-Nosra et soutenu toutes les organisations terroristes qui protègent les intérêts de l’entité sioniste dans la région.

Ce qui se passe aujourd’hui est le résultat de la guerre internationale sur la région arabe et l’exécution du projet du nouveau Moyen-Orient. Le feu n’est pas encore éteint et l’Occident a encore beaucoup de tours dans son sac. L’Arabie Saoudite, comme d’autres pays, n’aura plus de rôle à jouer et sera victime de ce qui lui est réservé, si elle ne revoit pas ses calculs, ne cesse pas de financer le terrorisme et ne se retire pas de son alliance avec le diable.



Posted date : August 15, 2018

traduit par Rania Tahar

Article arabe : http://www.al-binaa.com/archives/article/195187




Vendredi 12 Octobre 2018


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