Néolibéralisme et conséquences

Augmentation du gaz : lâcheté politique et libéralisme antisocial

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Olivier Bonnet
Mardi 23 Février 2010

Augmentation du gaz : lâcheté politique et libéralisme antisocial

Le gouvernement escamote sa responsabilité et orchestre la hausse

Les prix du gaz pourraient augmenter de 9% le 1er avril, annonce ce matin Le Figaro. La surprise n’en est pas une pour les plumonautes avisés, qui n’avaient pas raté le billet du 3 janvier dernier*, annonçant clairement la couleur : Prix du gaz : ça va faire mal !, sous titré L’État se désengage en toute discrétion. Extrait.

"Comme le relève le vigilant Superno sur son blog : "Sans tambours ni trompettes, ou plutôt sans fleurs ni couronnes, le tarif du gaz fixé par l’État a disparu le 10 décembre dernier ! Je l’ai lu par hasard dans un article de quelques lignes loin dans les pages intérieures du dernier Marianne papier. Et vous, le saviez-vous ? Je suppose que Jean-Pierre Pernaut ne l’a pas claironné en ouverture de son 13 heures… Désormais, ce sont les actionnaires de GDF-Suez qui négocieront le prix du gaz avec un fumeux organisme (la Commission de Régulation de l’Énergie) qui a encore dû être l’occasion de pdlfournir un fromage bien coulant à quelques amis du pouvoir, puisque son président est nommé par le président de la République, et les deux vice-présidents par le Sénat et l’Assemblée Nationale. D’ailleurs le président de cette CRE (Philippe de Ladoucette), a été directeur adjoint du cabinet de Madelin… No comment Marianne rappelle que GDF-Suez a fait 6.5 milliards d’euros de bénef en 2008 (en gros la moitié de ceux de Total), dont près de la moitié sont immédiatement partis garnir les poches des actionnaires… Ce n’est manifestement qu’un début… Entre la hausse naturelle du prix du gaz, la taxe carbone et l’avidité des actionnaires, la couverture supplémentaire et le gros col roulé vont devenir des investissements rentables !" Voilà ainsi la méthode de fourbes qui a cours au sommet de l’État UMP. Acte 1, en 2004, promesse solennelle à la tribune de l’Assemblée nationale, prononcée par le ministre de l’Économie d’alors, Sarkozy lui-même : "Y compris en cas d’augmentation de capital, l’État ne pourra pas descendre en dessous de 70%" du capital de GDF. Il fait même inscrire un amendement en ce sens dans la loi du 29 août. Engagement réitéré dans cette vidéo d’un sujet de France 3 : "Il n’y aura pas de privatisation d’EDF Gaz de France, c’est clair, c’est simple et c’est net". Acte 2 : depuis la fusion avec Suez, la part de l’État n’atteint désormais plus que 35%. Du simple au double. Fin du service public, place à l’actionnariat. Mais subsistait un souci : à chaque augmentation de tarif réclamée par GDF Suez, le gouvernement devait donner son feu vert, geste évidemment impopulaire. Pour ne plus porter cette responsabilité, tout en garantissant la voie libre aux futures augmentations que nous prédisons copieuses, on charge une Commission ad hoc de négocier avec l’entreprise. Défausse d’une grande lâcheté politique : "c’est pas nous, c’est la Commission de régulation de l’énergie !" Évidemment, on aura pris soin d’y placer des hommes politiquement sûrs, comme son emblématique président, adepte du libéralisme échevelé (avec brushing) d’Alain Madelin ! On ne va tout de même pas désespérer l’actionnaire... Dormez tranquilles, milieux d’affaires, la Sarkozie veille sur vos intérêts. Quitte à tondre les pauvres Français d’en bas se chauffant au gaz."

UneVoyons un peu comme le quotidien relais de la droite présente aujourd’hui l’affaire de la future augmentation : "Mauvaise nouvelle pour le consommateur. Le 1er avril prochain, il devra compter avec une augmentation notable de sa facture de gaz. Les prix réglementés - désormais revus tous les trimestres - s’apprécieront en effet de près de 10% à cette échéance. Cette hausse résulte de l’application de la formule tarifaire utilisée par GDF Suez. Une formule qui prévoit que le prix du gaz est indexé sur celui du pé­trole." Comme si cette indexation ne pouvait se discuter et qu’on ne pouvait tout bonnement pas remettre en question une seconde la "formule tarifaire utilisée par GDF Suez". Comme si l’énergie était une marchandise comme une autre, comme si l’on ne mourait pas de ne pouvoir se chauffer. Comme si l’Etat n’avait rien à y redire : ça ne le regarde pas, laissons donc les milieux d’affaires appliquer leur logique antisociale, où l’augmentation des dividendes pour les actionnaires impose de puiser dans la poche des ménages abonnés au gaz ! Voilà très exactement ce que fait l’UMP. Mais évidemment, Le Figaro doit la dédouaner de toute responsabilité : "Pourtant, tout a été fait cette fois pour que le débat traditionnel autour des prix du gaz soit "dépolitisé". Ce que ne dit pas le journal : pourquoi donc fallait-il le dépolitiser ? Pour laisser les prix s’envoler tout en s’en lavant les mains ! Les hypocrites. "Voici quelques semaines, un décret a été pris qui stipule désormais que les échanges ont lieu entre l’entreprise, d’une part, et la Commission de régulation de l’énergie (CRE), d’autre part, qui juge si la demande de GDF Suez est recevable." Qui compose cette commission ? Ce n’est pas rappelé. En quoi la décision de la CRE serait-elle fondée, justifiée, sur quelles bases ? Mystère. Est-ce juste parce qu’elle s’appelle Commission de régulation de l’énergie ? Pas plus que celle de la dépolitisation, cette question n’effleure Le Figaro : c’est la CRE qui décide, un point c’est tout. "Alors que dans le système précédent le régulateur n’avait qu’un avis consultatif, sa décision est cette fois contraignante". On ne voit toujours pas en quoi ce serait mieux, ce qui n’empêche pas le quotidien de présenter sournoisement la chose comme un progrès. "Auparavant, c’était le ministère de l’Économie qui avait la haute main sur la fixation des tarifs. Dans le passé, il a plusieurs fois rogné sévèrement l’augmentation réclamée par le groupe énergétique. Au point d’avoir généré un large manque à gagner pour l’entreprise." Vous vous rendez compte ? Dans le passé, le gouvernement avait osé "rogner sévèrement" ? Mais où va-t-on si on ne peut plus impunément engraisser ses actionnaires ? Pas en Sarkozie ! Il n’est pas discuté que l’Etat aurait peut-être plus de légitimité pour prendre une décision affectant directement ses administrés qu’une entité technocratique au service d’intérêts affairistes. Sauf à la fin de l’article, à cause des impératifs... électoraux : magnifique de cynisme droitier ! Le libéralisme est beau, mais il est (bêtement) impopulaire chez les pauvres : "Seulement, en pleine période électorale, on voit mal comment le gouvernement se désintéresserait du dossier. Sur le plan technique, GDF Suez doit saisir la CRE de sa demande tarifaire vingt et un jours au plus tard avant le 1er avril. Soit quelques jours seulement avant le 1er tour des élections régionales. « Ce qui va se passer au cours des prochains jours sera riche d’enseignements. On verra si oui ou non le gouvernement continue à peser dans ce dossier », souligne un expert du secteur. Par exemple en demandant à l’entreprise, vaselinedont l’État reste l’actionnaire de référence, de différer un peu sa demande, ou d’opter pour une augmentation moindre, quitte à procéder à un nouveau rattrapage un peu plus tard. Bref, des discussions serrées sont à prévoir entre les différentes parties." La grande question qu’il leur faudra trancher se résume en quatre mots : avec ou sans vaseline ?

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Mardi 23 Février 2010


Commentaires

1.Posté par Intellecterroriste le 23/02/2010 14:55 | Alerter
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Et la vaseline, indexée elle aussi sur le prix du pétrole!?

2.Posté par brigitte le 23/02/2010 15:42 | Alerter
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La vaseline est indexée, on nous E.... à sec et ça fait mal. Bientôt le retour de bâton.

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