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Aucune intelligence artificielle ne résistera à la bêtise naturelle...


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Djeha
Jeudi 29 Mars 2018

Macron compte faire de la France un champion de l'intelligence artificielle

AFP le mardi 27/03/2018 à 13:04, mis à jour à 13:24
Emmanuel Macron dévoilera jeudi un plan pour faire de la France un champion de l'intelligence artificielle, ensemble de nouvelles technologies appelées à révolutionner l'économie de la planète.

"La France a les capacités pour jouer dans la cour des grands" aux côtés des Etats-Unis et de la Chine, de loin les principaux acteurs de l'intelligence artificielle (IA), affirme l'Elysée. "La France a raté toutes les dernières révolutions technologiques, comme la robotique. Elle ne doit pas rater le train de l'IA", même si elle "n'a pas de géants" capables de rivaliser avec les Gafa américains (Google, Apple, Facebook, Amazon), selon la présidence. "Nous allons expliquer comment la France sera leader sur le sujet, et comment elle le fera de façon responsable sur les questions éthiques", a précisé de son côté mardi matin le secrétaire d'Etat chargé du numérique Mounir Mahjoubi sur CNews.

Le président veut que la France trouve "un équilibre entre performance et humanité", a-t-il précisé. La stratégie que présentera Emmanuel Macron s'appuiera sur le rapport du mathématicien Cédric Villani, proche du chef de l'Etat devenu député LREM.

Depuis septembre, le lauréat 2010 de la médaille Fields - le prix Nobel des maths - a mené une large réflexion sur l'IA qui, en donnant aux machines de nouvelles capacités d'analyse et d'apprentissage, promet de bouleverser la manière dont fonctionnent bon nombre d'industries et de services.

Elle est au coeur par exemple du développement des voitures autonomes, des enceintes connectées ou de la médecine prédictive.

Le chef de l'Etat accueillera d'abord mercredi soir 15 sommités mondiales du secteur, dont le Français Yann Le Cun (scientifique en chef de l'IA chez Facebook), la Japonaise Noriko Araï, qui a conçu un robot capable de réussir un examen d'entrée à l'université, le spécialiste israélien Ran Balicer ou le Britannique Demis Hassabis, fondateur de la société DeepMind, rachetée par Google en 2014.

Jeudi, après avoir reçu le président du géant sud-coréen Samsung, Young Sohn, Emmanuel Macron visitera un centre de recherche sur le cancer à l'Institut Curie à Paris en pointe dans les nouvelles technologies de dépistage.

Puis il présentera la "stratégie nationale" pour l'IA au Collège de France, où se tiendra le "Sommet de l'intelligence artificielle" avec notamment la ministre allemande de la Recherche Anja Karliczek, et le commissaire européen à l'Innovation et aux Sciences Carlos Moedas.

- Avec les Gafa -

Partant du constat que l'Hexagone "n'a pas l'écosystème qui permette l'émergence de géants du numérique", le gouvernement veut agir à tous les niveaux: la formation, la recherche, le financement des investissements, le cadre réglementaire...

La priorité est de former plus de chercheurs, ingénieurs et techniciens spécialisés, et d'éviter qu'ils ne partent ensuite à l'étranger. Comme l'ont fait ces dernières années de nombreux chercheurs, formés à l'excellence des écoles mathématique et informatique françaises, avant d'être attirés dans la Silicon Valley ou à Singapour.

"Nous faisons face à une pénurie de compétences en informatique et en IA", regrette Franck Gayraud, patron d'une PME de 28 personnes spécialisée dans le traitement des images.

Emmanuel Macron devrait également annoncer un engagement financier "à la hauteur des enjeux" pour développer les "technologies de rupture" comme l'IA dans la santé, les transports, l'écologie et la défense.

Des milliards d'euros pourraient être dégagés pour cela par des privatisations, a récemment indiqué le ministre de l'Economie.

Le gouvernement a en outre annoncé début mars la création d'une Agence de l'innovation de défense, dont l'une des priorités sera de se doter de compétences dans le domaine de l'IA, avec un budget de 100 millions d'euros.

L'objectif n'est pas "de construire contre les Gafa, mais avec eux, en les attirant en France", précise l'Elysée.

Google a récemment annoncé l'ouverture d'un centre de recherche fondamentale dévolue à l'IA à Paris, son troisième dans le monde, tandis que Facebook a prévu de doubler le nombre de chercheurs de son centre sur l'IA créé en 2015.

Les enjeux de l'IA ne sont pas seulement économiques mais aussi politiques et sociaux. Les pouvoirs publics vont ainsi devoir trouver le juste équilibre entre la protection de l'intimité des citoyens et la nécessité pour les entreprises d'accéder aux montagnes de données disponibles.

Ils doivent aussi réfléchir aux moyens d'éviter que l'IA ne mette au chômage des cohortes de personnes remplacées par des machines plus efficaces sur les tâches répétitives.


Comment les données de Facebook ont aidé Trump à se faire élire

AFP le mercredi 21/03/2018 à 16:37

C'était l'un de ces questionnaires largement partagés sur Facebook et d'autres réseaux sociaux, comme "quel Pokémon es-tu ?" ou "Quels sont tes mots préférés ?". Mais ce test psychométrique là était destiné à aider Donald Trump à se faire élire président des Etats-Unis.

Intitulé "thiismydigitallife" (ceci est ma vie numérique), ce test de personnalité demandait au participant s'il était expansif, vindicatif, inquiet, bavard, s'il menait ses projets à leur terme ou s'il était intéressé par l'art.

Quelque 320.000 personnes ont fait le test, conçu par un certain Alexandre Kogan, qui travaillait pour une société appelée Cambridge Analytica, fondée par des conservateurs américains, notamment le sulfureux Steve Bannon, qui deviendra un très proche conseiller de Donald Trump, avant d'être limogé.

Parce que le test de Kogan circulait sur Facebook, il a glané beaucoup plus d'informations que celles fournies par ceux qui y ont participé volontairement: à l'époque, en 2015, ce genre d'application pouvait récupérer non seulement les informations des participants à un test mais aussi celles de tous leurs "amis" de Facebook.

Facebook dit aujourd'hui que Kogan a agi illégalement et a depuis réduit l'accès de ce genre d'applications aux données des "amis" des participants. Mais cette faille dans son système a permis de collecter les données personnelles de 50 millions d'utilisateurs de Facebook: leur identité, leurs goûts, leur lieu de vie, leurs photos et leurs réseaux.

Les services de marketing utilisent ces informations pour cibler précisément les publicités pour des voitures, des vêtements ou des hôtels. Elles ont aussi été utilisées dans le passé pour identifier des électeurs potentiels.

Mais Kogan et Cambridge Analytica les ont utilisées à des fins de profilage électoral, créant une base de données qui a permis à l'équipe de campagne de Donald Trump d'en savoir plus que personne n'a probablement jamais su sur les utilisateurs de Facebook et de concevoir des messages électoraux jouant sur leurs préjugés, leurs peurs et leurs goûts.

Le projet était basé sur le travail d'un ancien chercheur de l'université de Cambridge, Michal Kosinski, qui étudiait les personnalités en fonction de leur activité en ligne.

- Profilage psychométrique -

Kosinski et un autre chercheur, David Stillwell, ont travaillé pendant plusieurs années sur leur propre test de personnalité sur Facebook, "myPersonnality". Ils ont glané les réponses de six millions de participants à ce test, ainsi que les profils sur Facebook de tous leurs "amis".

En 2015, ils ont publié une étude intitulée "Les évaluations de personnalités faites par des ordinateurs sont plus sûres que celles des humains".

Ils démontraient qu'ils pouvaient dessiner un portrait psychométrique d'une personne de façon assez précise en se basant simplement sur ce qu'elle "aime" sur Facebook. "Le fait que les ordinateurs évaluent les personnalité mieux que les humains offre des opportunités mais présente aussi des risques en termes de jugements psychologiques, de marketing et de respect de la vie privée", soulignaient-ils.

Selon plusieurs médias, Kosinski aurait refusé de partager ses données avec Kogan et Cambridge Analytica, craignant qu'elles soient utilisées à des fins électorales. Kogan a donc créé son propre test.

- Des résultats redoutables -

Et Cambridge Analytica a prouvé que les méthodes de Kosinski, qui a depuis rejoint l'université de Stanford, donnaient des résultats redoutables.

La société a commencé par utiliser un test de profilage standard, connu sous le nom de "Big Five", car il mesure cinq traits de caractère dont les initiales donnent le mot "océan": l'ouverture (appréciation de l'art, curiosité et imagination), la conscienciosité (respect des obligations, organisation), l'extraversion (émotions positives, caractère fonceur), l'agréabilité (tendance à être compatissant et coopératif plutôt que soupçonneux) et le neuroticisme (tendance à la colère, l'inquiétude ou la dépression).

Les participants devaient dire s'ils approuvaient ou désapprouvaient "fortement" ou "moyennement" des assertions comme "j'ai tendance à être organisé" ou "je ne suis pas intéressé par l'art".

Les résultats ont été affinés par les informations sur l'activité sur Facebook du participant et de ses amis. Pour classer les électeurs, un algorithme trouvait un lien entre "agréabilité" ou "neuroticisme" et le sexe, l'âge, la religion, les loisirs, les voyages et les opinions sur des sujets précis.

Cette étude a permis de collecter plus de 4.000 données sur chaque électeur américain, se vantait Alexander Nix, le patron de Cambridge Analytica, avant sa suspension mardi. Elle a permis ce qu'il a appelé du "micro-profilage comportemental" et du "message psychographique".

En d'autres termes, une campagne électorale pouvait diffuser, via Facebook ou d'autres réseaux sociaux, des messages, des informations ou des images qui étaient finement ciblés pour manipuler les électeurs.

Pour Donald Trump ça semble avoir marché.


Jeudi 29 Mars 2018


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