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« Aucun président américain ne peut tenir tête à Israël »


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Paul Craig Roberts
Jeudi 16 Août 2007

« Aucun président américain ne peut tenir tête à Israël »


Par Paul Craig Roberts, le 15 août 2007


​​​​
« Aucun président étasunien ne peut tenir tête à Israël. » Ces mots sont venus de l'impétueux amiral Thomas Moorer, chef des Opérations Navales (1967-1970) et président des chefs d'état-major (1970-1974). Moorer était, peut-être, le dernier chef militaire américain à l'esprit indépendant.


​​​​L'amiral Moorer savait de quoi il parlait. Le 8 juin 1967, Israël a attaqué le navire du renseignement étasunien, l'USS Liberty, tuant 34 marins et en blessant 173. Les Israéliens ont même mitraillé en rase-mottes les radeaux de sauvetage, assaillant les marins qui quittaient le navire en détresse.


​​​​Apparemment, l''USS Liberty avait recueilli des communications israéliennes qui révélaient la responsabilité d'Israël dans la Guerre des Sept Jours. Même aujourd'hui, les livres d'histoire et la majorité des étasuniens accusent les Arabes du conflit.


​​​​L'US Navy savait la vérité, mais le président des États-Unis a pris le parti d'Israël contre ses propres militaires et ordonné à la Navy de garder ça pour elle. Le président Lyndon Johnson a déclaré que ce n'était qu'une simple erreur. Plus tard dans sa vie, l'amiral Moorer a formé une commission et présenté la vérité pure et simple aux étasuniens. (Voir aussi ici, ici, et ici.)


​​​​La pouvoir du lobby d'Israël sur la politique étrangère étasunienne est considérable. En mars 2006, deux universitaires distingués, John Mearsheimer et Stephen Walt, s'inquiétaient dans The London Review Books du pouvoir du lobby d'Israël qui infléchissait la politique étrangère US dans des directions ne servant ni les intérêts US ni ceux des israéliens. Les deux experts espéraient entamer un débat qui pourrait préserver les USA et Israël des vaines politiques de coercition qui intensifient la haine Musulmane contre Israël et les USA. Le lobby d'Israël s'est opposé à une telle réévaluation, et a tenté de l'arrêter avec les épithètes de : « bourreau de juif, » « antisémite, » et même « anti-étasunien. » Aujourd'hui les citoyens israéliens qui s'opposent aux plans sionistes d'un plus grand Israël sont taxés d'« antisémitisme. »


​​​​Beaucoup d'étasuniens ignorent l'influence du lobby d'Israël. À la place, ils pensent aux USA comme à « l'unique superpuissance mondiale, » un nouvel Empire Romain macho dont les ordres sont exécutés sans problème, sinon l'insignifiant insolent « est bombardé jusqu'à ce qu'il retourne à l'âge de pierre. » Beaucoup d'étasuniens sont convaincus que la contrainte militaire sert nos intérêts. Ils citent la Libye, la Serbie, l'Afghanistan, l'Irak, et maintenant ils sont prêts à rappeler à l'ordre l'Iran et le Pakistan avec des bombes.


​​​​Cette arrogance a comme conséquence le massacre de dizaines de milliers, peut-être de centaines de milliers, d'hommes, de femmes et d'enfants, un destin que beaucoup d'étasuniens semblent croire appropriée pour les pays n'acceptant pas l'hégémonie US.


​​​​La contrainte est devenue la politique étrangère US. Les superpatriotes machos l'adorent. Plusieurs de ces superpatriotes prennent un plaisir indirect de leurs illusions que les USA « donnent un coup de pied au cul de ces nègres des sables. »


​​​​Ce sont les USA du régime Bush. Si certains de ces superpatriotes en avaient le loisir, tout « mauvais patriote, sympathisant terroriste » osant critiquer la guerre contre « les Islamofacistes » serait envoyé à Gitmo, sinon tiré sur place [Gitmo est le nom du goulag étasunien de Guantanamo, NDT].


​​​​Ces partisans de Bush ont métamorphosés le Parti Républicaine en Parti des Chemises brunes. Ils ne peuvent attendre d'attaquer l'Iran, de préférence avec des armes nucléaires. Impatient de l'Armageddon, certains sont si gonflés de vanité démesurée et de pharisaïsme qu'ils croient réellement que leur soutien au mal implique qu'ils seront « transportés jusqu'au ciel. » (Voir ici.)


​​​​C'est venu comme un coup paralysant pour les Démocrates, découvrant que « leur » parti politique est agréable dans les USA de Bush, et qu'ils ne feront rien pour arrêter l'agression du régime Bush contre les irakiens ou pour l'empêcher d'attaquer l'Iran.


​​​​Les Démocrates pourraient facilement mettre en accusation Bush et Cheney à la Chambre, puisque l'impeachment ne requiert qu'une voix de majorité. Ils ne pourraient pas les déclarer coupables au Sénat sans soutien Républicain, car la condamnation exige la ratification des deux tiers des sénateurs présents. Néanmoins, un vote pour l'impeachment à la Chambre déjouerait les projets de faire voile vers la guerre, épargnerait d'innombrables vies et peut-être même sauverait l'humanité d'un holocauste nucléaire.


​​​​Diverses raisons ou excuses ont été échafaudées pour expliquer la complicité Démocrate dans une agression desservant les USA. Peut-être que la raison la plus populaire est que les Démocrates laissent les Républicains avoir toute la liberté qu'ils veulent pour ce qui produit un taux de désapprobation si élevé que les Démocrates balayeront les élections en 2008.


​​​​Il est incertain que les Démocrates supposeraient que des hommes aussi roublards que Karl Rove et Dick Cheney ne comprennent pas les conséquences électorales d'un taux d'approbation public bas et marchent en aveugles vers un dérapage électoral. Le départ de Rove ne signifie pas qu'aucune stratégie n'est en place.


​​​​Ainsi, qu'est-ce qui explique la connivence du Parti Démocrate avec une politique que le public étasunien, et surtout les électeurs démocrates, rejettent ? Un indice est peut-être proposé dans le bulletin d'informations du Minneapolis-St. Paul Star Tribune (du 1er août 2007), selon lequel le député Démocrate Keith Ellison passera une semaine en Israël :


Un voyage privé financé et sponsorisé par l'American Israel Education Federation. L'AIEF -- le bras charitable de l'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) -- envoie 19 députés rencontrer les dirigeants israéliens. Le groupe, composé surtout d 'étudiants Démocrates de première année, projette de rencontrer le premier ministre israélien Ehud Olmert et (la marionnette) le président palestinien Mahmoud Abbas. Le plus ancien député Démocrate du voyage est le leader de la majorité de la Chambre, Steny Hoyer, qui a fait trois fois. .... Le deuxième personnage du voyage en Israël est le député Ellison.


​​​​Selon le Star-Tribune, un groupe Républicain, qui inclut la député Michele Bachmann (Républicaine du Minnesota), mené par le député Eric Cantor (Républicain de Virginie), est déjà en Israël.


​​​​Selon les bulletins d'informations, un autre groupe de 40 suivra ces deux groupes durant les vacances d'août, et « avant que l'année s'achève chaque député célibataire aura fait sa tournée en Israël. » Cette affirmation est probablement exagérée, mais elle montre la méticuleuse gestion israélienne de la politique US au Moyen-Orient.


​​​​Ailleurs sur Terre et surtout chez les Musulmans, règne le soupçon que le motif de la guerre contre l'Irak ne peut prendre fini, et que la raison pour laquelle l'Iran et la Syrie doivent être attaqués est que les USA doivent détruire toute opposition Musulmane au vol de la Palestine par Israël, transformant un peuple entier en réfugiés délogés de leurs maisons et de leurs terres où ils vivaient depuis de nombreux siècles. Les étasuniens pourraient penser qu'ils ne s'emparent que du contrôle du pétrole, le gardant loin des mains terroristes, mais ce n'est pas ainsi que le reste du monde voit le conflit.


​​​​Jimmy Carter fut le dernier président étasunien tenant tête à Israël et exigeant que la diplomatie US soit, au moins officiellement sinon en pratique, équitable dans son approche d'Israël et de la Palestine. Depuis la présidence de Carter, l'impartialité a lentement été vidée de la politique US au Moyen-Orient. Le régime néo-conservateur Bush-Cheney a même abandonné les simagrées de l'impartialité.


​​​​C'est malheureux, parce que la contrainte militaire s'est avérée infructueuse. Exténués par le conflit, selon l'ancien Secrétaire d'État et ancien président des chefs d'état-major, Colin Powell, les militaires sont « presque brisés. » Les diplômés démoralisée de l'élite de West Point quittent l'armée dans la plus rapide rupture en 30 ans. Les désertions augmentent rapidement. Un ami, officier de Marine qui a servi dans le conflit du Viêt-nam, m'a récemment écrit que l'unité de Marine de son fils, s'entraînant actuellement pour son troisième déploiement en Irak en septembre, est amputée de 12 à 16 hommes dans chaque section et s'attend à être touché par davantage d'absents sans permission avant le déploiement.


​​​​Au lieu de réévaluer la politique ratée, le « tsar de guerre » de Bush, le général Douglas Lute, a appelé à la réintroduction de la conscription. Le général Lute ne comprend pas pourquoi les étasuniens ne devraient pas retourner à la servitude militaire afin de sauver l'administration Bush de l'embarras de devoir corriger une politique erronée au Moyen-Orient qui engage les USA à davantage d'agression et à un débilitant conflit militaires à long terme au Moyen-Orient.


​​​​Il est difficile d'imaginer comment cette politique sert un quelconque intérêt autre que celui très borné de l'industrie d'armement.


​​​​Apparemment, rien ne peut être fait pour changer cette politique désastreuse tant que le lobby d'Israël n'en viendra pas à réaliser que la politique de coercition militaire actuelle se sert pas les intérêts d'Israël.




Original : http://www.vdare.com/roberts/070815_america.htm
Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info




Samedi 18 Août 2007


Commentaires

1.Posté par Israel le 24/08/2007 10:55 | Alerter
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