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'Au fond, Sarkozy et Medvedev sont des présidents de la globalisation'


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A partir du 1er juillet prochain, la France assumera pour six mois la présidence tournante de l'Union européenne. A l'approche de cette date l'Ambassadeur de France en Russie Stanislas de Laboulaye a accordé une interview exclusive à RIA Novosti. Propos recueillis par Maria Afonina et Kristina Luna-Rodriguez.


Vendredi 20 Juin 2008

'Au fond, Sarkozy et Medvedev sont des présidents de la globalisation'
- Qu'est-ce qu'on peut supposer de la façon dont les relations entre la France et la Russie vont évoluer avec l'élection du nouveau président russe Dmitri Medvedev? D'après vous, la compréhension mutuelle entre les deux pays s'améliorera-t-elle ou se dégradera-t-elle sous Dmitri Medvedev en comparaison avec la période Poutine-Sarkozy?

- La relation entre le président Chirac et le président Poutine était très bonne. La remise du prix d'Etat à l'ancien président Chirac est un peu l'aboutissement d'une relation spéciale. Parce que même si ce prix a été remis par le président Medvedev, tout le monde sait qu'il a été proposé par le président Poutine. Le président Poutine était reconnaissant au président Chirac d'avoir toujours reconnu dans la Russie un grand partenaire pour l'Europe, non seulement pour la France mais pour l'Europe, un partenaire nécessaire, et le président Chirac a toujours été l'avocat auprès des Européens de la Russie. Il a dit aux Européens qui ont parfois du mal a comprendre la Russie, du mal à comprendre son évolution, qui sont très sévères dans leurs jugements: "Attendez, la Russie évolue de façon extraordinaire. Il n'y a pas d'exemple dans l'histoire d'un pays qui évolue aussi vite que ça, donc laissez le temps à la Russie parce que la Russie est un grand pays nécessaire pour nous, les Européens, et on aurait tort de condamner la Russie, de l'éloigner de nous". Le président Poutine l'a su depuis le début, il en était très reconnaissant au président Chirac. Ça, c'est le passé. Et comme le dit M. Poutine lui-même, il y a une nouvelle génération qui arrive. Et la nouvelle génération, c'est des gens comme le président Sarkozy, et c'est des gens comme le président Medvedev. Des gens plus jeunes, d'abord. Mais aussi des gens qui affrontent un nouveau défi. Le même des deux côtés, ce sont des réformes. Nos sociétés ont besoin d'être réformées, parce que nous sommes face à une concurrence internationale terrible, celle que nous impose la globalisation. Et au fond, aussi bien M. Sarkozy que M. Medvedev sont des présidents de la globalisation. Ce sont eux qui vont moderniser leurs pays pour affronter des défis extrêmement difficiles du monde global. Du côté français, c'est transformer une vieille société, comme la société française, avec ses habitudes, son confort, ses protections sociales, etc., pour affronter la concurrence. Pour la Russie, c'est sortir la Russie de la dépendance unique des hydrocarbures, et créer une économie concurrentielle, face à des concurrents terribles, que sont par exemple la Chine, mais aussi l'Inde ou le Brésil. Est-ce que la Russie va être capable de construire une industrie en dehors de ces secteurs-là? Donc, nous avons maintenant deux présidents d'une nouvelle génération, avec des programmes politiques de réformes très difficiles. Ils ont des raisons de s'entendre, parce que précisément ils appartiennent à la même génération qui affronte les mêmes défis. Ils ne se connaissent pas, ils se sont parlé au téléphone, ils vont se voir au sommet du G8, ils vont se voir au sommet de l'Union européenne, le 14 novembre en France, à Nice, quand la France aura la présidence. Tout est normalement prêt pour que ça marche.

- Quelles sont les principales tâches que s'assigne la France pour sa présidence de l'UE? A quoi la Russie doit-elle s'attendre dans ce contexte?

- D'abord, la France est très contente qu'on ait débloqué le mandat de négociation pour l'Accord de partenariat. Et elle félicite la présidence slovène d'avoir permis de débloquer cette situation, parce que ça va nous permettre de commencer une négociation. La France va donc essayer de favoriser le mieux possible le climat de cette négociation. Comme vous savez, la négociation est menée par la Commission européenne, mais la présidence joue un certain rôle en favorisant justement l'environnement de la négociation. On va travailler ensemble pour que cette négociation soit la plus politique possible, de façon à éviter qu'on soit prisonnier de tous les problèmes techniques. Ensuite, on sait qu'il y a quatre grandes priorités. Premièrement, l'énergie avec deux aspects: la sécurité énergétique et l'efficacité énergétique pour des besoins écologiques, de protection de l'environnement. Deuxième grande priorité: les politiques migratoires. L'Europe, comme vous le savez, est soumise à une très forte pression migratoire, surtout du Sud, d'Afrique, d'Afrique du Nord, mais aussi d'Asie. Chaque pays réagit différemment. Il faut essayer de faire en sorte que tous les Européens aient, sur ces grandes questions, des politiques voisines, si vous voulez, une réflexion voisine. Troisième priorité, face à la crise alimentaire mondiale: comment réfléchir à la politique agricole. Comme vous savez, l'Union européenne a une Politique agricole commune depuis l'origine. Mais il faut réformer cette politique, dans le contexte international de l'OMC, notamment de l'arrêt des subventions, mais aussi dans le contexte particulier de la crise alimentaire mondiale. Là, c'est la troisième grande priorité. Quatrième grande priorité: l'Europe de la défense. Comment faire en sorte que les Européens, tout en ne renonçant pas à l'OTAN, pour ceux d'entre eux qui appartiennent à l'OTAN - et tous ne sont pas dans l'OTAN - puissent renforcer la politique européenne de défense. Ce sont des priorités pour les 27, mais, comme vous pouvez imaginer, quand on regarde ces quatre priorités on voit que ce sont quatre sujets très intéressants pour les relations entre l'Union européenne et la Russie.

- En ce qui concerne le nouvel accord de coopération et de partenariat Russie-UE, quelles mesures doit-il contenir en matière de sécurité énergétique, selon la France?

- Ça, effectivement, depuis un certain temps c'est une difficulté entre la Russie et l'Union européenne. Ça dépendra beaucoup du document. Est-ce qu'on a un document qui est court ou un document très long. Du côté russe, et le premier ministre, Monsieur Poutine, l'a rappelé l'autre jour à Paris, la préférence est un document court, politique, même s'il est juridiquement contraignant, pour avoir ensuite d'autres accords, annexes, sur un certain nombre de sujets: accord d'échange, accord énergétique, accord sur les transports, etc., on peut comparer ça à un noyau avec des pétales. Pour sa part, la Commission européenne veut un grand accord, comme elle dit, un "Christmas Tree", avec tout dedans. Pourquoi? Parce que tous les Etats ont un intérêt particulier sur une chose ou sur une autre.

La France n'est pas toute seule. Notre préférence serait qu'on évite de se faire arrêter par des problèmes techniques et que l'on aille vite pour marquer comment on doit construire les relations stratégiques entre la Russie et l'Union européenne, et qu'au sommet du 14 novembre à Nice, on puisse au moins avoir une déclaration; je ne sais pas si ce sera l'accord lui-même, mais au moins quelque chose qui dise comment on envisage cette relation, une relations stratégique et une relation d'interdépendance, où la Russie et l'Europe ont besoin l'un de l'autre, et leur avenir est l'un avec l'autre. Comment ça va être fait en pratique, je ne peux pas vous dire. La négociation va démarrer à Khanty-Mansiïsk, les 26-27, et puis les groupes de travail vont se réunir à partir du 4 juillet. С'est alors que ça va commencer. Donc, le 14 novembre, je ne sais pas où on en sera. Je ne sais pas si on aura beaucoup progressé, est-ce qu'on peut même finir cette négociation sous la présidence française - ce serait formidable, mais je ne peux pas vous le promettre du tout. Et cela dépendra beaucoup de la vision qu'ont les différents Etats membres de la nature de l'accord.

Pour ce qui est de l'énergie, il y avait la Charte de l'énergie, que la Russie avait signée mais pas ratifiée. Du côté de l'Union européenne aussi, il y a un débat sur le problème des différentes composantes de la politique énergétique. Nous pensons qu'il faut libéraliser ce secteur. Donc, nous voulons que, dans notre accord de partenariat, on rappelle les principes acceptés par la Russie et ses partenaires du G8 à Saint-Pétersbourg en matière énergétique. Là, il y a des éléments qui pour nous sont parfaitement suffisants dans un accord général. Après, on verra, peut-être qu'il y aura des accords particuliers sur l'énergie. Mais dans un accord général, nous avons là un élément d'accord déjà à Saint-Pétersbourg, c'est bien.

- Vous avez dit qu'il serait bien que cet accord soit ratifié sous la présidence française. Est-ce possible?

- Ça, je ne peux pas vous dire. On va voir à Khanty-Mansiïsk, on va voir, au mois de juillet, comment la négociation commence dans différents groupes: si les différentes délégations ont des mandats, et du côté russe, si on a envie d'avancer ou pas. Si les délégations reçoivent vraiment des instructions telles que "allez-y, ne vous arrêtez pas aux difficultés, essayez de trouver une solution", alors on avance. Si, au contraire, on commence à se disputer sur le moindre problème, vétérinaire ou autre... Il ne faut pas oublier que c'est la Commission qui négocie, et la Commission, ce n'est pas politique, c'est un organe administratif et technique.  C'est pour ça qu'il est important que de temps en temps, il y ait des rendez-vous politiques pour qu'on leur dise: c'est ça que l'on veut, n'oubliez pas, tous vos problèmes sont très intéressants mais voilà notre objectif. C'est là où le rôle de la France sera important: rappeler l'intérêt politique de tout ça.

- Comment évaluez-vous l'initiative de Nicolas Sarkozy concernant la création de l'Union pour la Méditerranée et les modifications qui y ont été apportées?

- Je crois que l'initiative du président Sarkozy c'est une initiative qui est assez facile à comprendre, quand on a, comme la France, une façade méditerranéenne. C'est peut-être moins évident quand on habite la Suède. Il y a des problèmes baltiques qui ne sont pas tout à fait les mêmes. Vous savez qu'il y a une grande organisation aussi, avec des pays de l'Union européenne et la Russie, qui ne fait pas partie de l'Union européenne. Mais la Méditerranée, c'est, selon une ancienne expression latine, Mare Nostrum, notre mer commune. Nous avons une vieille civilisation commune autour de la Méditerranée, même si nous avons des religions différentes et que nous nous sommes fait la guerre. Mais nous avons des intérêts communs, les mouvements de population, parfois dramatiques, vers l'Italie, la Grèce, Malte, l'Espagne, les Canaries même, par l'Atlantique, et c'est un très gros problème. Sur le plan culturel, on voit le monde chrétien et le monde musulman dressés l'un contre l'autre. Les efforts de dialogue n'ont pas abouti, au contraire, la situation est beaucoup plus mauvaise maintenant qu'elle l'était il y a seulement dix ans. Il y a des problèmes économiques. Il y a les problèmes de transformation des sociétés par la culture et l'éducation. Le pire est de ne pas se parler. Donc, l'idée du président Sarkozy c'est d'essayer de renforcer les structures de dialogue et bien faire comprendre au Nord et au Sud qu'on appartient au même monde. C'est un peu compliqué parce que nous faisons partie de l'Union européenne et que cette appartenance réduit notre souveraineté. Et donc, il y avait une espèce de paradoxe de la part du président Sarkozy de dire "oui, mais nous appartenons aussi à cette nouvelle union". Cela a donc crée des difficultés, notamment avec l'Allemagne et d'autres pays. La façon intelligente qu'on a eu de sortir de cette difficulté a été d'en faire la suite du processus de Barcelone. Le processus de Barcelone est une invention des Espagnols, de Monsieur Moratinos, bien avant qu'il ne devienne ministre des Affaires étrangères. Il a essayé de profiter du processus de paix d'Oslo, entre les Israéliens et les Palestiniens, pour lancer cette grande initiative avec tous les pays méditerranéens, y compris Israël. C'était une grande nouveauté. Ça a marché convenablement pour les raisons économiques, ça a marché à peu près convenablement pour les raisons culturelles, mais politiquement, cela n'a pas marché. Justement à cause du blocage israélo-palestinien, parce que le processus de paix n'a pas marché. Ça fait maintenant dix ans que tout le monde le regrette. Ce qu'on va faire maintenant, c'est dire: "l'Union pour la Méditerranée c'est la transformation politique du processus de Barcelone". On va essayer de renouveler le processus de Barcelone. Cela a été accepté par nos partenaires de l'Union européenne. Et c'est une bonne façon de sortir de la difficulté dans laquelle nous étions.

- Quels sont les secteurs de l'économie russe qui attirent le plus les investisseurs français?

- Il y a beaucoup d'investissements français en ce moment. L'autre jour, j'étais à Kalouga, où Peugeot va faire un très gros investissement. Et deux jours avant, je recevais des gens de Renault qui, avec Avtovaz, vont investir beaucoup d'argent à Togliatti. Peugeot et Renault sont les deux grandes entreprises automobiles françaises qui investissent en Russie. Il y a quelques mois, une très grande banque française la Société Générale, a levé son option pour racheter l'ensemble de l'une des très grandes banques de détail russes, la Rosbank. C'est la même chose dans les assurances. L'une des deux plus grandes compagnies d'assurances du monde, AXA, va investir dans les assurances en Russie. Donc, c'est l'automobile, les assurances et la banque. Il y a un autre secteur que vous connaissez bien, c'est la grande distribution. Auchan vient d'acheter le réseau turc, Ramstor; et une des branches du groupe Auchan c'est Leroy Merlin. Il y a un autre secteur qui est intéressant pour nous, c'est l'agroalimentaire. On le voit moins à Moscou, mais on le voit beaucoup quand on va en province. Il y a des sucreries, par exemple, dans la région de Krasnodar, et un peut plus haut, dans la région de Tambov, et puis un fabricant de petits pois par exemple. Ça va venir, les Français arrivent dans l'agricole et l'agroalimentaire. Mais aussi dans les infrastructures, avec Alstom, très intéressé par le marché ferroviaire, mais également les centrales thermiques. Vous avez une compagnie comme Schneider Electric, qui est très implantée partout en Russie dans le réseau électrique, les installations électriques. Une grande compagnie de construction et de travaux publics Bouygues est très présente à Ekaterinbourg et qui sera bientôt présente un peu partout. Et puis un secteur qui va être très intéressant, parce que l'argent public en Russie va s'y mettre, c'est tout ce qui concerne les services urbains, c'est-à-dire, le chauffage des villes, l'eau des villes. Ça intéresse la compagnie française, une des plus grandes du monde, Veolia, qui arrive, ainsi que sa filiale - Dalkia, qui pourrait renouveler tout le système de chauffage de la ville de Kalouga. Il y a aussi les transports urbains, les tramways. La transformation des villes russes, qui va maintenant commencer, est un marché qui est très intéressant pour l'industrie française.

- Quelles sont les sphères les plus prisées par les investisseurs russes en France?

- Il n'y en a pas encore beaucoup de Russes. Ils sont surtout dans l'immobilier. Nous avons eu la visite, il y a quelques mois, du directeur de l'Agence française pour les investissements internationaux, l'AFII, qui est venu faire un tour de tous les investisseurs potentiels en Russie. Vous voyez, la France est ouverte aux investissements étrangers, vous êtes les bienvenus. Il y a déjà eu quelques investissements. Par exemple dans le domaine de l'alimentation de luxe: la compagnie Hédiard, rachetée par M. Pougatchev. Je crois que les investisseurs russes vont arriver dans le secteur de l'informatique et des technologies de l'information. Partout où il y a, à mon avis, de la valeur ajoutée ou un savoir-faire particulier, on va voir les Russes venir pour acheter des entreprises, parce que cela va permettre d'acquérir un savoir-faire trop long à développer autrement. On va donc sortir de l'investissement spéculatif immobilier, pour entrer dans un investissement industriel.

- Nous développons une importante coopération en matière d'aéronautique. Quels sont les résultats obtenus? Que pouvons-nous attendre dans ce domaine?

- Le premier résultat, c'est la belle réalisation du premier avion civil construit en Russie depuis la fin de l'Union soviétique, le Superjet-100. Parce que à peu près un tiers des composants de cet avion sont français: depuis le moteur jusqu'à l'avionique. C'est une belle réalisation. Il y a aussi une coopération qui commence entre OAK et EADS, qui est la compagnie mère d'Airbus. Depuis pratiquement deux ans, ils discutent pour créer des coopérations industrielles. Première coopération - ce n'est pas encore fait - transformer les avions A320 en avions cargos, ce qui répond à un grand besoin de la Russie. Certains éléments de l'A350 sont fabriqués en Russie. L'A350 est un avion de nouvelle génération fait par Airbus. Nous menons une réflexion commune sur la génération après l'A320.  Autour de l'aéronautique, il y a aussi la modernisation des aéroports russes, avec l'entreprise française Aéroport de Paris, ADP, qui est tout à fait prête à travailler sur la modernisation des aéroports de la province russe. Il y a quelques jours, j'étais à Krasnoïarsk, par exemple, et cela les intéresse beaucoup de travailler sur l'aéroport de Krasnoïarsk. La modernisation de la navigation aérienne est un autre secteur à développer, notamment avec Thalès.

- Quelles manifestations sont prévues pour 2010, Année de la Russie en France et de la France en Russie?

- Je peux vous dire que du côté de la Russie en France, le Louvre va organiser une très grande exposition. Le président-directeur du Louvre, Monsieur Loyrette, est venu à Moscou, et normalement, il devrait y avoir une très grande exposition russe au Louvre, qui va s'appeler "La Sainte Russie", où il y aura les collections des grands musées de Moscou, de Saint-Pétersbourg, mais aussi de Nijni Novgorod et de certaines autres villes, de la période historique de la Russie qui va de Anne de Kiev à Pierre le Grand. Et je pense que cela va être une des plus grandes expositions organisées avec des objets russes à l'étranger, peut-être la plus grande exposition. Du côté français, ici en Russie, il y a des projets. Il y a le projet, par exemple, d'une grande exposition Picasso à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Je sais aussi qu'il y a un projet de tournée de la Comédie-Française, dans plusieurs grandes villes de Russie. J'ai reçu, il y a quelques mois, l'administratrice de la Comédie-Française, Madame Mayette. Je sais que l'Orchestre de Paris devrait venir. Mais pour l'instant, rien n'est sûr, car cela dépend des financements.



Vendredi 20 Juin 2008

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