Le Président pakistanais, Pervez Musharraf doit, désormais, relever de nombreux défis après le double scrutin législatif et provincial, dont les principaux vainqueurs, le PPP et la Ligue musulmane de Nawaz Sharif avaient réclamé, même avant les élections, le départ du Président de la République. Le grand favori pour le poste du Premier ministre, Makhdoom Fahim du PPP, parti du peuple pakistanais ne juge pas nécessaire une motion immédiate contre le Président de la République, mais, cela ne signifie pas que les grands gagnants des élections veulent abandonner la politique de la mise à l'écart de Pervez Musharraf. Dans son communiqué, le Parti du peuple pakistanais préconise la mise en place des mécanismes et des moyens en vue de réduire le pouvoir et les prérogatives du Président de la République, notamment celle de dissoudre le parlement, thème qui a été évoqué, également, lors d'une réunion commune entre le PPP et la Ligue musulmane de Nawaz Sharrif, qui, elle, réclame, aussi, le retour des magistrats et du Président de la Cour suprême, évincés par le Président Musharraf. En 1999, Musharraf a dissout le Parlement et renforcé de plus en plus son poids sur la scène politique du pays. A noter que le droit à la dissolution du Parlement par le Président de la République a été inclus dans la Constitution sous la Présidence de Zia ol-Hagh. Mais, pour le moment, les partis vainqueurs des élections cherchent à réduire les prérogatives du Président et à élargir celles du Premier ministre, autrement dit, donner un statut symbolique au poste du Président de la République. Ceci dit, les pays occidentaux, y compris les Etats-Unis et la Grande Bretagne, souhaitent, toujours, maintenir au pouvoir Pervez Musharraf. C'est la raison pour laquelle, Washington et Londres ont mis en garde contre la tentative des vainqueurs des élections de vouloir faire tomber la tête du Président. Cela étant, Pervez Musharraf, désormais en minorité au Parlement, ne jouit plus comme par le passé du soutien de l'armée. Le signe manifeste en est que le chef de l'armée, le général Kiani a ordonné, la semaine dernière, aux officiers de se retirer des institutions non étatiques. En effet, le général Kiani cherche à redorer le blason de l'armée chez le peuple, une armée dont le rôle pour le renforcement de la souveraineté nationale a été édulcoré par son implication dans les tiraillements et les tractations politiques. En effet, le soutien de l'armée et de l'ISI à chacun des partis politiques s'avère préjudiciable pour les autres groupes politiques. Autrement dit, le rôle politique de l'armée est, tellement, important et immense que la survie ou pas du parti au pouvoir dépend du soutien des militaires. Pour le moment, le Président Musharraf ne pourrait essayer d'attiser les divergences entre les deux principaux partis vainqueurs et d'ailleurs rivaux, des élections, mais cette tâche s'annonce difficile pour ne pas dire impossible, compte tenue des expériences acquises, dans le passé, par ces deux partis