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Au Ghana les pêcheurs sont équipés d’appareils photos



legrandvillage@gmail.com
Mercredi 20 Janvier 2010

Au Ghana les pêcheurs sont équipés d’appareils photos
Le Ghana avec ses côtes poissonneuses et ses villages de pêcheurs ne ressemble plus vraiment à cette carte postale. En effet la pêche industrielle pratiquée par les chalutiers usines appauvrie considérablement les eaux ghanéennes. Les chalutiers sans scrupules n’hésitent pas à pénétrer dans les eaux réservées aux locaux, pour contrer cela, les pouvoirs locaux sans moyens équipent les pêcheurs locaux avec des appareils photos afin de prouver les infractions.

En journée les villages étaient désertés par les hommes. Ceux-ci, en mer laissaient la charge du village aux femmes pendant qu’ils pêchaient de quoi nourrir leur famille et échanger leur pêche contre des céréales. Mais c’est du passé, les poissons ne sont plus aussi nombreux dans les filets. Les derniers hommes à prendre la mer reviennent souvent bredouille après une longue journée au large. Aujourd’hui les hommes trainent au village, désœuvrés et boivent. Les familles meurent de faim et bien sûr, la délinquance augmente. Pas une délinquance comme chez nous mais une multiplication des petits trafics. Quand un enfant pleure de faim, un sou est un sou.

Les poissons ont disparus. Pourtant les villageois n’ont rien changé de leurs pratiques ancestrales. La raison de cette disparition ? Les nombreux chalutiers qui sillonnent en bordure des eaux côtières. Ces chalutiers appartiennent tous à des compagnies internationales, ceux sont ces chalutiers qui livrent nos supermarchés avec les célèbres poissons carrés avec les yeux dans les coins. Ces énormes bateaux ne laissent aucun choix au poisson. Jusqu’à la loi interdisant les grands filets qui labouraient littéralement le fond océanique, ces chalutiers agissaient en groupe et relevait tout ce qui est vivant sur des bandes de plusieurs kilomètres. Malgré ces mesures le nombre de poissons a atteins ses limites de viabilité. Mesures prises trop tard, mais aussi et surtout parce que les chalutiers impunis ne respectent pas les règles. Ils pénètrent régulièrement dans les eaux réservées aux pêcheurs en pirogues et ils utilisent souvent des filets interdits.

Le gouvernement ghanéen, corrompu et étranglé par le FMI est trop pauvre pour agir. Après de nombreuses plaintes des pêcheurs locaux, le ministère de la pêche a tout de même trouvé un moyen. Au Ghana il n’y a pas d’argent mais il y a des idées. Ainsi les pêcheurs se sont vus distribuer des appareils photos pour prouver les infractions. Celles-ci sont nombreuses et les photos pleuvent sur le bureau des pouvoirs locaux. Cette méthode porte ses fruits et des permis de pêches sont ainsi retirés aux contrevenants. Les pêcheurs retrouvent leur fierté, et en agissant pour la communauté certains retournent à la mer nourricière.

Comme quoi avec de bonnes idées et de la volonté le faible étranglé par l’occident peut trouver des parades et des moyens de faire valoir ses droits. Il est à espérer que l’efficacité du procédé ne provoquera pas sa perte suite aux « plaintes » des compagnies de pêche. Les moyens d’agir sont aussi, et peut-être surtout entre nos mains. Les poissons labourés aux hasard sur les fonds marins des côtes africaines finissent dans nos assiettes. Ce sont nous, les consommateurs qui en acceptant des prix bas et de la qualité médiocre encourageons ces pratiques inéquitables. Parce que le poisson carré reconstitué sans peau, sans arrête à 2€ le kilo ne peut provenir que de bateaux usines qui emplois les méthodes les plus efficaces (donc les plus destructrices) ; Nos choix de consommation encouragent ces méthodes illégales et destructrices. Parce que nous avons simplement la flemme d’aller voir un poissonnier, qui nous préparera pourtant des filets avec plaisir ; parce qu’au supermarché tout est là, déjà prêt, souvent déjà cuisiné, parfois même déjà digéré ; parce que nous préférons nous saouler de télévision (à 2€ elle aussi) et de biscuits apéro au lieu de cuisiner… Pour ces raisons des villageois ghanéens meurent de ne plus pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. Sans nous culpabiliser, nous pouvons agir. En choisissant ce que l’on mange d’une manière plus éthique et plus responsable. Nous pouvons ainsi soutenir les populations qui souffrent de notre voracité.

source : LGV



Mercredi 20 Janvier 2010


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