Tel Aviv serait selon certains analystes le nouveau partenaire de Riyad en matière de politique extérieure. Les anciens ennemis irréductibes ont dû « enterrer la hache de la guerre » et s’unir contre Washington qui tend ces derniers temps à se rapprocher de plus en plus de Téhéran.

Er-Riyad s’unit avec Tel-Aviv contre les États-Unis. Cette nouvelle qui a fait le tour des médias dans le monde, fait véritablement sensation. Les ancien ennemis irréductibes se sont alliés contre toute attente en réponse à la politique de Washington au Proche-Orient.

Le conflit entre Riyad et Washington cuvait depuis longtemps. La monarchie était visiblement mécontente de la tactique américaine. En effet, les États-Unis n’ont pas soutenu l’Arabie Saoudite lors de l’écrasement de l’insurrection des chiites au Bahrein en 2011. Deux ans plus tard, Washington a approuvé l’initiative russe sur la Syrie et annulé le plan d’intervention militaire que les Saoudiens se déclaraient même prêts à financer. Le royaume était le prinicpal sponsor de l’opposition dans la crise syrienne et faisait tout pour destituer Bachar al-Assad, rapportaient les médias américains.

Le rapprochement entre Washington et l’Iran, le principal rival de Riyad dans la région, a été la dernière goutte qui a fait déborder le vase. Mieux encore, les autorités saoudiennes ont considéré les entretiens téléphoniques de septembre entre le président Obama et son homologue iranien Hassan Rohani comme une menace à leur sécurité. Er-Riyad craint qu’en cas de levée des sanctions imposées à l’Iran, ce dernier pourrait devenir le leader régional. La situation dans ces pays islamiques est en train de changer rapidement, estime Saïd Gafourov, directeur de l’Institut d’études orientales et africaines :

« D’un côté, il existe un véritable bras de fer entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, ces deux superpuissances régionales. Mais, d’un autre côté, l’Arabie Saoudite est en train de perdre ses alliés princpaux, à savoir les États-Unis et l’OTAN. »

Er-Riyad fait tout pour exprimer à Washington son mécontentement par rapport à sa politique extérieure. Pour commencer, les autorités saoudiennes ont décidé de donner un coup d’arrêt à la coopération avec Washington dans l’entraînement et l’armement des rebelles syriens. Puis Er-Riyad s’est mis à chercher le pays qui remplacerait les États-Unis comme principal partenaire dans le domaine pétrolier et fournisseur d’armements pour son armée.

Récemment, dans le monde entier, on s’est mis à discuter de la nouvelle lancée par le Sunday Times britannique faisant état d’une alliance en préparation entre l’Arabie Saoudite et Israël, son ennemi juré. Le programme nucléaire iranien, qu’il soit pacifique ou militaire, est perçu par Tel-Aviv comme une menace à sa sécurité. Selon certaines sources, Er-Riyad serait même prêt à mettre à la disposition de Tel-Aviv ses aérodromes militaires et lui accorder d’autres services, si celui-ci décidait de porter une frappe conte l’Iran, estime le politologue Ali Gadjizadeh :

« Israël occupe actuellement la même position que l’Arabie Saoudite sauf que ses méthodes sont différentes. »

L’alliance présumée entre Israël et l’Arabie Saoudite est d’autant plus surprenante que le royaume est un des rares pays du monde à interdire son territoire aux Israéliens. La compagnie d’aviation publique saoudienne ne vend pas de billets aux ressortissants israéliens et même aux Juifs qui ont une autre nationalité si on trouve dans leurs bagages un kipa, une Torah ou d’autres attributs du judaïsme.  

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