Palestine occupée

Après Gaza, la prochaine cible est Jérusalem-Est


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“Au nom de Jésus, gardez Gaza !” (1) Les sionistes chrétiens américains abjurent les sionistes juifs de libérer complètement la Terre Sainte, en exterminant l’islamisme et en «transférant» les Palestiniens vers d’autres pays arabes. L’aplat-ventrisme de dirigeants arabes périmés, couchés sous les bottes américaines, laisse libre cours à tous les fantasmes religieux.


Lundi 26 Janvier 2009

Après Gaza, la prochaine cible est Jérusalem-Est

L’opinion publique est de plus en plus informée des préjugés et des falsifications de l’Histoire. Soixante ans après la création de l’Etat juif, on se demande pourquoi les diplomates s’entêtent encore à vouloir imposer deux micro-Etats sur une géographie charcutée à la hâte par un plan de partage de l’ONU de 1947? Il est devenu impossible d’édifier un Etat palestinien sur les ruines de Gaza et de Cisjordanie, en faisant l’impasse sur le retour légitime des réfugiés. L’idée d’un seul Etat israélo-palestinien où coexisteraient juifs et arabes, musulmans et chrétiens, comme par le passé sur cette Terre Sainte, est de plus en plus évoquée.

Des intellectuels juifs se sont déjà prononcés contre l’idéologie sioniste et la construction d’un Etat ethnico-religieux réservé uniquement aux juifs. L’objectif que s’assignait l’OLP à sa création en 1964 n’était pas la création d’un Etat palestinien mais, comme son nom l’indique, la «libération» de la Palestine. Cette idée avait été rappelée par Yasser Arafat en 1969: «Le Mouvement Fateh ne lutte pas contre les Juifs en tant que communauté ethnique et religieuse. Il lutte contre Israël, expression d’une colonisation basée sur un système technocratique raciste et expansionniste, expression du sionisme et du colonialisme».

Ce n’est qu’après la guerre d’octobre 1973 que l’OLP s’engage dans la voie diplomatique de création d’un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza. Cet Etat ne fut proclamé à Alger qu’en 1988. Mais il faudra encore des années, notamment la guerre du Golfe en 1991 et l’effondrement de l’Union soviétique, pour que les Etats-Unis et Israël reconnaissent à leur tour l’OLP et acceptent de négocier avec elle.

L’impasse dans laquelle se trouvent aujourd’hui les palestiniens, et avec eux le monde arabe, résulte à la fois de l’histoire du nationalisme arabe, la falsification de l’histoire du judaïsme et l’émergence du sionisme chrétien porté par les évangéliques.

La Palestine otage du nationalisme arabe

La création de l’État juif, 50 ans après la prophétie de Théodore Herzl et 30 ans après la Déclaration Balfour, a commencé dans le sang. Le 9 avril 1948, des combattants nationalistes juifs attaquent le village palestinien de Deir Yassine, en provoquant une hécatombe. Deux cents habitants sont assassinés à l’arme automatique et au poignard. Un mois plus tard, le 14 mai 1948 à Tel-Aviv, David Ben Gourion proclame l’Etat d’Israël. Le lendemain à l’aube, la guerre d’invasion commença. Israël a détruit 385 villages palestiniens dont les habitants vivent actuellement dans 61 camps de concentration en tant que réfugiés depuis plus d’un demi-siècle.

Cette création agressive et sanguinaire d’Israël, encouragée par l’Occident, s’est réalisée dans le contexte historique révolutionnaire du nationalisme arabe. C’est donc naturellement que la réaction de la lutte palestinienne s’intègre dans le mouvement d’ensemble de l’époque qui agite le monde arabe (luttes armées pour la décolonisation, coup d’Etats nationalistes, émergence de l’idéologie panarabe, etc…). Les combattants Palestiniens se réclamaient du nationalisme arabe, tel que l’incarnaient le président égyptien Nasser et le Parti Baâth. C’est ainsi que la cause palestinienne est devenue automatiquement une cause arabe.

La poussée du nationalisme arabe a ébranlé l’Occident. Gamal Abdel Nasser prend le pouvoir au Caire, en juillet 1952. Le FLN engage la lutte armée en Algérie en novembre 1954. Abdel Karim Kassem renverse la monarchie à Bagdad, en juillet 1958. La nationalisation du canal de Suez en 1956 et l’échec de l’expédition franco-anglaise voient s’effondrer les rêves de reconquête coloniale. La création en 1958 de la République arabe unie (RAU) entre l’Egypte et la Syrie montre la voie de l’unité arabe. Les indépendances des pays arabes s’accélèrent entraînant celles des pays africains. L’écho de cette épopée arabe est immense parmi les Palestiniens. Traumatisés par l’agression de 1948 et par l’expulsion de centaines de milliers d’entre eux, ils se rallient avec enthousiasme à la vision révolutionnaire, anti-impérialiste et non-alignée du nationalisme arabe, dont le nassérisme sera le fer de lance. Désormais «la libération de la Palestine passe par l’unité arabe». C’est ainsi que la Palestine devint un symbole du combat affiché par tous les dirigeants nationalistes arabes.

Par effet de miroir stratégique, l’Occident colonisateur s’est solidarisé «des intérêts et de la sécurité d’Israël» et en a fait un cheval de bataille contre les arabes… Vaincu et submergé par les guerres d’indépendance, l’Occident s’est vengé en armant l’Etat juif, en soutenant toutes ses agressions et en sabordant toute tentative de paix entre israéliens et arabes. Les agressions répétées d’Israël, inconditionnellement soutenu et armé par l’Occident, ne sont que des guerres perpétuelles menées par les pouvoirs coloniaux contre le monde arabe.

De tergiversations en provocations, l’Occident se sert de la Palestine comme outil de diversion et prétexte au discours iconoclaste du choc des civilisations. Les pays musulmans possèdent 60% des réserves mondiales de pétrole. Le Moyen-Orient arabo-islamique reste lié à la convoitise sur ces richesses, et réduit par la propagande occidentale à des dictatures archaïques et sanguinaires voulant anéantir le «petit» Etat d’Israël.

L’incapacité du monde arabe à trouver les ripostes concertées et efficaces résulte de la sclérose de leurs régimes politiques fermés au renouvellement des élites dirigeants.

Israël résulte de la falsification du judaïsme

La création de l’Etat d’Israël est basée sur trois postulats de l’idéologie sioniste:

1. Tous les Juifs du monde constituent un «peuple» au sens politique du terme,

2. Ce «peuple» a toujours été persécuté partout,

3. Ce «peuple» a donc besoin d’un Etat refuge.

Israël se définit donc comme un Etat juif pour le peuple juif. Qu’est-ce donc qu’être juif? Il n’existe pas de race juive, pas plus de peuple juif que de race ou peuple musulman ou chrétien ou bouddhiste. Etre juif c’est en avoir la confession. Le judaïsme se conforme au concept que «la mère est absolument sûre»… mais pas le père. On en arrive par conséquent à la notion d’un judaïsme héréditaire qui se transmettrait de mère en fille. Que penser d’une religion monothéiste révélée transmise de cette façon? Mais si un juif l’est par matrilinéarité, qu’en serait-il des descendants de Moise puisque lui-même avait épousé Sephora, fille de Jethro, une Madianite donc… une Arabe.  Ainsi, selon cette logique tous les juifs ne sont en réalité que de vrais… Arabes.

Le mot Hébreu a pour racine Abraham qui était un Chaldéen né à Ur (Najaf) en Mésopotamie (Irak). Certes le patriarche monothéiste fut le premier Hébreu… mais il n’était pas Juif. En outre, si Abraham est Hébreu, les Arabes, descendants d’Ismaël, le sont donc autant que les Juifs, descendants d’Isaac. Le Judaïsme ne commence pas avec Abraham, mais avec les Tables de la Loi recueillies par Moise sur le Mont Sinaï. Les Hébreux furent les premiers convertis à cette religion… puis les Arabes. Mais Hébreu ne signifie pas Juif, comme Arabe ne signifie pas Musulman.

Les Juifs d’aujourd’hui se divisent en Séfarades et Ashkénazes. Les Séfarades se sont implantés en Espagne avec les Arabes dont ils partageaient la langue d’où leur nom puisque en hébreu l’Espagne est désignée par Séfarad.  Les Ashkénazim proviennent de l’Europe de l’est. Les premiers sont issus donc du bassin méditerranéen, alors que les seconds sont Caucasiens d’origine turco-slave. En somme, le seul groupe authentiquement sémite est celui des Séfarades, dont une grande partie est en réalité d’origine berbère. Les autres Juifs, occidentaux en l’occurrence, sont des convertis.

La recherche et le rétablissement de la vérité sur le judaïsme émanent des juifs eux-mêmes. Né en 1916 à Tunis, Georges Adda est une figure historique du mouvement anti-colonialiste. Secrétaire général adjoint du Parti Communiste Tunisien, il fut plusieurs fois emprisonné par les autorités colonialistes françaises, de 1935 à 1954, en Tunisie et en Algérie. Juif, il revendique sa berbérité et son arabité : “Les Berbères, mes ancêtres, ont quitté le paganisme pour se convertir à la religion de Moïse… Tout en gardant leurs traditions, coutumes, cuisine, musique, ils ont adopté la langue arabe».

Léon Poliakov, directeur honoraire au CNRS français, relativise la soi-disant «diaspora»: «Lorsque les Juifs commencèrent à se disperser en nombre à travers le monde, c’est en Afrique du Nord qu’ils trouvèrent l’accueil le plus favorable… le judaïsme se développait dans ces régions par prosélytisme tout autant, sinon plus, que par immigration… pour l’essentiel, les Juifs de Tunisie, d’Algérie ou du Maroc sont d’origine entièrement autochtone et descendent d’antiques tribus berbères» (Histoire de l’antisémitisme, Paris, Calmann-Lévy, 1961).

Le sociologue et historien Paul Sebag confirme ces thèses: «Dans l’Afrique romaine, comme dans les autres provinces de l’Empire romain, il y eut très tôt d’autres Juifs que des Juifs de souche… Ainsi purent être gagnés au judaïsme des éléments de toutes origines, mais surtout des indigènes puniques ou berbères… Dans sa grande «Histoire des Berbères», Ibn Khaldoun donne les noms des tribus berbères judaïsées et précise les régions où elles étaient établies, de l’Est à l’Ouest du Maghreb, citant entre autres les Nefoussa au sud de l’Ifriqiya et les Jarâwa dans les montagnes de l’Aurès». (Histoire des Juifs de Tunisie, L’Harmattan, Paris, 1991)

Le politologue italien né en Tunisie, Loris Gallico propose d’attribuer aux Berbères judaïsés le titre de «quatorzième tribu», comme les Khazars ont été dénommés «treizième tribu» par Arthur Koestler, écrivain anglo-magyar qui a relaté l’histoire de ses ancêtres khazars:
«une bonne partie sinon la majorité des Juifs d’Europe orientale - et par conséquent, des Juifs du monde entier - seraient d’origine Khazar, et non sémitique… Cela voudrait dire que les ancêtres de ces juifs ne venaient pas des bords du Jourdain, mais des plaines de la Volga, non pas de Canaan, mais du Caucase… génétiquement ils seraient apparentés aux Huns, aux Ouïgours, aux Magyars, plutôt qu’à la semence d’Abraham, d’Isaac ou de Jacob. S’il en était bien ainsi, le mot «antisémitisme» n’aurait aucun sens… A mesure qu’elle émerge lentement du passé, l’aventure de l’Empire Khazar commence à ressembler à une farce, la plus cruelle que l’Histoire ait perpétrée» (La treizième tribu, Calmann-Lévy, Paris 1976).

Shlomo Sand est historien, professeur à l’université de Tel-Aviv, auteur de Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, Paris 2008). Il procède à la «déconstruction de l’histoire mythique du peuple juif» en affirmant: «les Juifs ont toujours formé des communautés religieuses constituées, le plus souvent par conversion, dans diverses régions du monde: elles ne représentent donc pas un «ethnos» porteur d’une même origine unique et qui se serait déplacé au fil d’une errance de vingt siècles.»(2)

Le chancelier autrichien Bruno Kreisky a fustigé l’idéologie sioniste en déclarant en 1981: «cette blague du peuple juif est un des grands mensonges de la vie…Parler de peuple juif n’a pas de sens…Sans Hitler, Israël n’aurait jamais existé comme pays…»

De nombreux chercheurs, historiens et politologues juifs ont démenti cette énorme falsification, invalidé les théories sionistes, et balayé toutes les contrevérités de peuple juif, nation juive, race juive, comme l’a fait l’historien français Marc Ferro (Les tabous de l’Histoire, Nil, Paris, 2002).

Une critique chrétienne est formulée par le père dominicain Marcel Dubois, citoyen israélien depuis 1962, professeur de philosophie à l’Université de Jérusalem, détenteur du Grand Prix d’Israël. Son désenchantement le pousse à exprimer une critique morale sans équivoque: «Comme chrétien, je me suis réjoui à la pensée que le peuple de la Bible retrouve la terre de la Bible, mais la tragédie actuelle réside en l’infidélité de ceux qui conduisent le destin d’Israël vers un destin terrestre de réussite, de violence et de conquête!… Le judaïsme étant une religion, il n’a pas besoin de s’exprimer à travers un Etat».

Des juifs, chrétiens et musulmans ont vécu ensemble en paix pendant des siècles à Jérusalem comme en Andalousie, ainsi que dans tous les pays arabes. Israël doit maintenant renoncer à cette idéologie raciste, et restaurer la coexistence pacifique entre les différentes communautés. De nombreux juifs et chrétiens s’expriment ouvertement pour cet objectif.

Grand Moyen-Orient ou Grand Israël ?

La «réponse israélienne aux tirs de roquettes» a encore été qualifiée de «disproportionnée». Cette démesure dans la destruction de Gaza, après celle du Liban en été 2006, est à la dimension d’une puissance militaire qu’Israël n’a pas, comme l’a si bien défini le philosophe israélien Leibowitz : «La force du poing juif vient du gant d’acier américain qui le recouvre et des dollars qui le capitonnent». En s’abstenant lors du dernier vote de la résolution de cessez-le-feu au Conseil de sécurité de l’ONU, Condoleezza Rice confirme cette vérité.

Au cours d’un point de presse en  juillet 2006, Rice avait déjà rejeté toute initiative pour ramener la paix au Liban en tenant un discours de «sage-femme»: «Ce que nous voyons ici, c’est les contractions de la naissance d’un nouveau Moyen-Orient». Cette idée du Grand Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (IGMOAN) est une initiative de l’administration Bush, lancée au sommet du G8 qui s’est tenu en 2004 à Sea Island. (3)

Le contrôle des zones riches en hydrocarbures que Zbignew Brzezinki et Bernard Lewis appelaient «l’arc de crise», c’est-à-dire l’arc rejoignant le Golfe de Guinée à la mer Caspienne en passant par le Golfe persique, suppose le «remodelage du Grand Moyen-Orient» par une redéfinition des frontières des États et le changement des régimes politiques. L’idée de base est simple: substituer aux États hérités de l’effondrement de l’Empire ottoman des entités plus petites à caractère mono ethniques, et neutraliser ces mini Etats en les dressant en permanence les uns contre les autres. L’administration Bush et ses alliés sionistes veulent réécrire les Accords conclus secrètement en 1916 par les empires français et britanniques, dit Accords Sykes-Picot. (4)

Cinquante ans après avoir évincé la France et la Grande-Bretagne du Moyen-Orient lors de la crise de Suez de 1956, les Etats-Unis sont devenus pour le monde contemporain ce qu’était Rome pour le monde antique. L’Amérique a besoin, comme tout empire, d’un ennemi, et de guerres incessantes. Les préparatifs de la guerre en Irak avaient dévoilé l’alliance au sommet entre les lobbies pétrolier et militaire (Bush, Cheney, Rumsfeld, Rice, John Bolton, Robert Bartley, William Bennett, Jeane Kirkpatrick, Lewis Libby, William Burns, etc.), et les néo-conservateurs juifs sionistes (Paul Wolfowitz, Richard Perle, Douglas Feith, Frank Gaffney, John Lehman, Elliot Abrams, David Wurmser, etc.). Ces derniers avaient auparavant travaillé pour des boîtes à idées (thinkthanks) faisant la promotion du Grand Israël. Ils présentent la juiverie mondiale exclusivement sous un angle occidental, en encensant la civilisation judéo-chrétienne, et en occultant la civilisation judéo-musulmane qui a toujours existé au Moyen-Orient.

De ces deux groupes, on ne sait plus qui manipule qui, ni qui fait quoi. Mais cette alliance monstrueuse a déjà produit trois guerres (Afghanistan, Irak, Liban), une répression de plus en plus meurtrière en Palestine, des menaces lourdes contre la Syrie et l’Iran, un endoctrinement contre le monde arabo-musulman synonyme de terroriste… et maintenant la destruction de Gaza. Leur arrogance a atteint un tel degré que Richard Perle avait confié à un journaliste: «Un message de deux mots pourrait être envoyé à tous les régimes hostiles du Moyen-Orient: Vous êtes le prochain».

La n-ième destruction du Liban en 2006 visait d’abord la destruction de la cohabitation multiconfessionnelle pacifique et démocratique, dont n’ont pu venir à bout vingt ans d’une guerre civile provoquée et plusieurs invasions israéliennes.

Dans ce territoire minuscule (10.176 Km², et environ 4 à 5 millions d’habitants) se côtoient douze communautés chrétiennes et cinq communautés musulmanes… et c’est là le problème. L’Etat théocratique et raciste d’Israël est extrêmement jaloux de voir à ses frontières cette paix religieuse exemplaire qui contraste avec son intolérance à l’égard des palestiniens chrétiens et musulmans.

L’Organisation sioniste mondiale avait expliqué clairement la stratégie israélienne, après l’invasion du Liban de 1982, dans la revue Kivounim (Orientations - n° 14 - février 1982): «La partition du Liban en cinq provinces… préfigure ce qui se passera dans l’ensemble du monde arabe. L’éclatement de la Syrie et de l’Irak en régions déterminées sur la base de critères ethniques ou religieux, doit être à long terme, un but prioritaire pour Israël. La première étape étant la destruction de la puissance militaire de ces Etats…».

La volonté israélienne de démanteler le Liban, d’y créer un mini Etat chrétien et d’annexer une partie de son territoire fut énoncée dès 1957 par David Ben Gourion dans une célèbre lettre, publiée en annexe de ses mémoires posthumes (5).

Les stratèges sionistes et «néo-conservateurs», ne se cachent plus et conduisent ouvertement la politique étasunienne depuis la Maison Blanche, après en avoir défini les contours dans des institutions telles que l’American Enterprise Institute [l'institut de l'esprit d'initiative américain] (AEI), la Fondation pour la Défense des Démocraties, Centre d’Ethique et de Politique Publique, la Commission aux Intérêts Etats-Uniens au Proche-Orient, la Commission du Monde Libre, le Centre à la Politique de Sécurité et le Programme pour un Nouveau Siècle Américain [PNAC].

Il est apparu que la véritable cheville ouvrière de la stratégie est le sioniste Eliot Abrams. Depuis qu’il a rejoint l’administration Bush en 2002, comme chef-conseiller au Proche-Orient au National Security Council (NSC), Eliot Abrams a transformé l’idéologie en stratégie et en politique et a géré la politique de transformation du Proche-Orient, avec Israël à son centre.

Abrams, dont des membres de sa famille vivent en Israël, a constamment rejeté la formule “des terres contre la paix”, les Accords d’Oslo et la “politique de concessions” du gouvernement israélien. Il prône la souveraineté totale sur Jérusalem et le recours systématique à la force militaire.

Le nouveau président afro-américain Barak Obama ne changera rien à la politique d’Abrams puisqu’il a déjà désigné «son successeur» en la personne du juif sioniste Rahm Emmanuel nommé Secrétaire général de la Maison Blanche.

Rahm Emanuel est le fils du terroriste Benjamin Emanuel, membre de l’Irgoun, organisation terroriste sioniste qui faisait sauter des hôtels, des stations de train, et d’autres bâtiments en Palestine dans les années 30 et 40, tout comme le père de Tzipi Livni, qui était chef de la bande qui avait fait sauter le quartier général britannique à l’hôtel du Roi David en 1946, tuant plus d’une centaine de Britanniques.

D’origine israélienne, Rahm Emanuel a acquis la nationalité états-unienne à l’âge de 18 ans. En 1991, il a été volontaire sur une base israélienne pendant la première guerre du Golfe, et en 1997, il a effectué son service militaire en Israël. Il a ensuite servi deux mois au sein d’une unité chargée de la réparation des blindés près de la frontière libanaise, selon les quotidiens israéliens Haaretz et Maariv.

Encadré par Rahm Emanuel et bien d’autres sionistes, Obama a déjà annoncé le prochain objectif d’annexer complètement Al Qods: “Jérusalem restera la capitale d’Israël et ne doit pas être divisée”.

Le sionisme chrétien supplante le sionisme juif

On connaissait l’influence du lobby israélien sur la politique moyen-orientale des USA. Ce qu’on sait moins, c’est à quel point son influence a été supplanté par celle du lobby des chrétiens sionistes. Le spécialiste Henri Tincq précise : «Le sionisme chrétien est un mot qui a fait, dès 1992, la une du célèbre Christianity Today, magazine évangélique distribué à des millions d’exemplaires. Il représente un lobby pro-israélien très puissant. Les lobbies sionistes chrétiens sont cinq fois plus nombreux que la communauté juive. Dès 1977, quand le Likoud de Begin arrive au pouvoir, des liens se nouent entre les juifs ultra orthodoxes et les évangéliques américains.» (Le Monde du 20/11/2004). En réalité, le sionisme chrétien est antérieur au sionisme juif défini par Théodore Herzl (1860-1904). Il résulte de la théorie “dispensationnaliste” du fameux prédicateur John Darby (1800-1882). Il fait partie des mythes fondateurs de l’Amérique, lorsque fuyant l’Angleterre des Stuart, les “Puritains”, nourris des récits de la Genèse et des Psaumes, persécutés par la monarchie, comme le peuple hébreu l’avait été par Pharaon, émigrent en Amérique comme en “Terre promise”. Ils sont le nouveau peuple élu. Leur conquête sur les tribus indiennes est identifiée à celle du peuple d’Israël contre les Cananéens, les Jébuséens, les Philistins. Les bâtisseurs du Nouveau Monde ont toujours fait de l’antique nation d’Israël un modèle.

Dans son livre, Les mythes fondateurs de la nation américaine, l’historienne Elise Marienstras restitue très bien l’ambiance: «Le plus souvent, l’Atlantique est comparée à la mer Rouge, l’émigration des sectes anglaises est identifiée à la fuite des Hébreux. La comparaison était en effet utile à plus d’un égard : la mer qui se referme après le passage des fugitifs est une barrière définitive entre le peuple élu et ses oppresseurs.» (6)

En 1799, le pasteur congrégationaliste, Abbot Abiel, publie un ouvrage au titre révélateur, Traits of resemblance in the People of the United States of America to Ancient Israel. «Peuple élu, les Américains sont un nouveau peuple d’Israël.»

Le Président Théodore Roosevelt avait aussi défini la «mission civilisatrice du colonialisme»: «Le colon dur, féroce, qui chasse le sauvage de sa terre, obtient une créance à l’égard de tout homme civilisé.» (7)

L’analyste palestinien, Camille Mansour, dans son étude sur les Etats-Unis, confirme: «L’identification américaine avec Israël est encore plus marquée dans certains secteurs, comme les chrétiens fondamentalistes et évangéliques pour qui l’Etat d’Israël remplit une fonction eschatologique.» (8)

Le lobby sioniste chrétien comprend des évangélistes célèbres comme Ralph Reed, Franklin Graham, John Ashcroft, Dick Armey, John Hagee, Tom Delay, etc… Le pasteur Tim La Haye a écrit un best-seller «Les survivants de l’Apocalypse», 60 millions d’exemplaires vendus depuis 1995. Le pasteur Jerry Falwell, dirigeant de la «majorité morale», après le 11 septembre 2001, a traité le prophète Mohamed de «terroriste». Un des pasteurs hyper médiatisés, Pat Robertson, ancien candidat à la présidence et proche de la famille Bush, n’a pas hésité à appeler au meurtre contre le président Chavez. L’évangéliste Gary Bauer, ancien rival malheureux de Bush aux primaires du Parti républicain a déclaré que «Dieu a donné la terre d’Israël au peuple juif » et que «ni l’ONU, ni l’Union européenne, ni la Russie, ni quelque quartet ou trio que ce soit ne peut décider pour cette terre qui ne leur appartient pas». (9)

John Ashcroft, «chanteur de psaumes» et Secrétaire à la Justice, avait ordonné le fichage nominatif des musulmans pratiquants aux USA et la construction de camps d’internement.

Franklin Graham prêche que «l’islam est maléfique» et qu’il faut convertir tous les musulmans.

Ces gens complètement endoctrinés et fanatisés disent que le Grand Israël est l’accomplissement d’une prophétie biblique et soutiennent son agenda expansionniste. Prenant la Bible à la lettre, notamment l’Apocalypse de Saint Jean, ils interprètent tous les événements contemporains sous cette loupe idéologico-religieuse, et poussent leurs adeptes à l’hystérie mystique et à cautionner toutes les folies qui en découlent. Pour eux, c’est en Israël que le Christ reviendra, après avoir rassemblé tout le peuple juif. Et c’est dans le Grand Israël qu’aura lieu la bataille finale, annoncée dans l’Apocalypse, entre Dieu et les forces du Mal sur la plaine de l’Armageddon.

Il s’agit, pour eux, d’accélérer et faciliter par tous les moyens, le retour de tous les juifs sur la terre palestinienne. Les Palestiniens peuvent être massacrés ou déportés ailleurs. Pour ces américains qui ont massacré le peuple indien et déporté des millions d’esclaves d’Afrique, ce n’est qu’un détail de l’Histoire. Visiblement pressés de voir le retour de Jésus sur terre, les évangéliques américains ont fondé en 1980 l’Ambassade chrétienne internationale à Jérusalem avec un objectif apocalyptique (International Christian Embassy in Jerusalem). L’I.C.E.J. organisa en 1985 le “Premier congrès chrétien sioniste international” à Bâle.

Sans la vigilance des autorités israéliennes, les sionistes chrétiens auraient déjà détruit le Dôme du Rocher et la mosquée El-Aksa pour y édifier un Temple juif.

Dans une “Déclaration de Jérusalem sur le sionisme chrétien”, le Patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah et des dignitaires d’Eglises locales à Jérusalem ont vigoureusement dénoncé le Sionisme chrétien comme «un mouvement théologique et politique qui fait siennes les positions idéologiques les plus extrêmes du sionisme, au point de nuire à une paix juste en Palestine et en Israël. Le programme sioniste chrétien propose une conception du monde dans laquelle l’Evangile s’identifie avec l’idéologie impérialiste, colonialiste et militariste. Dans sa forme la plus extrême, il met l’accent sur des événements eschatologiques qui mènent à la fin de l’histoire.»

Les doctrines du sionisme chrétien constituent «un enseignement erroné qui pervertit le message biblique… Nous avertissons, de toute urgence, que le sionisme chrétien et ses alliances justifient la colonisation, l’apartheid et l’édification d’un empire.»

La volonté sioniste d’anéantir la civilisation arabo-islamique en Palestine et son voisinage est une déclaration de guerre. Pour éviter leur anéantissement, il est impératif que les pays arabes réagissent au plus vite en régénérant leurs élites au pouvoir et contre-attaquent l’empire américano-sioniste en nouant de nouvelles alliances avec la Russie, la Chine et l’Europe.

Saâd Lounès, pour Rachad

(1) Ray Sanders, Directeur de Christian Friends of Israel. http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=642

(2) http://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/SAND/16205

(3) http ://europa.eu.int/comm/external_realtions/euromed/publication.htm

(4) Ce traité secret fut signé le 16 mai 1916 par Sir Mark Sykes et François Georges-Picot, pour le Royaume-Uni et la France, puis approuvés par l’Italie et la Russie.

(5) Lettre de David Ben Gourion à Moshe Sharett sur la constitution d’un État maronite au Liban

(6) Essai sur le discours idéologique aux Etats-Unis à l’époque de l’Indépendance (1762-1800) (Bruxelles, éd. Complexe, 1992),

(7) «Le verdict de l’Histoire: Le cas des Cherokkes», Norman Finkelstein, Revue des études Palestiniennes, n° 5, automne 1995.

(8) Israël et les Etats-Unis ou les fondements d’une doctrine stratégique, Paris, Armand Colin , 1995.

(9) (44e Congrès de l’American Israel Public Affaires Committe - AIPAC- 30 mars 2003).

http://www.mecanopolis.org/?p=3317 http://www.mecanopolis.org/?p=3317



Lundi 26 Janvier 2009


Commentaires

1.Posté par redk le 26/01/2009 12:10 | Alerter
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Le jour ou les pays arabomusulmans noueront alliances avec la Russie, la Chine et l’Europe, les rikanosionistes aurons du mourons à se faire, mais hélas les peuples n'ont plus de dirigent dignes des leurs!!!

2.Posté par Virgile le 26/01/2009 21:27 | Alerter
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