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Après Chavez, qui sera le nouveau « diable » ?


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Avic
Lundi 11 Mars 2013

Après Chavez, qui sera le nouveau « diable » ?
« Ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont ». On entend cette formule presque à chaque enterrement. Elle est tellement utilisée qu’elle en a perdu son sens, pour ressembler à ces expressions que l’on place quand on n’a plus rien à dire. Mais, aujourd’hui, elle est pleinement vraie. Avec la disparition de Hugo Chavez, précédée de peu par celle de Stéphane Hessel, la formule reprend son sens. Ces deux hommes avaient un point commun : un grand amour de l’humanité. Oui, ça existe. Et ça étonne certains. Ca les hérisse même, car aimer l’Homme c’est ne pas accepter qu’on lui fasse du mal. Chavez et Hessel étaient tous deux des défenseurs des plus faibles. Ils voulaient le bonheur et la liberté pour tous. A leurs yeux, la liberté est un bien et un droit universel, non pas seulement pour les individus, mais également pour les peuples, tous les peuples.

Malheureusement, pour certaines personnes, cela constitue un crime. Ils ne peuvent concevoir qu’un peuple puisse vivre en dehors de l’ordre établi. Leur ordre établi. Toute émancipation représente un danger mortel et doit être détruite. Que cet ordre soit basé sur l’injustice et la loi du plus fort leur importe peu. Ils ont conscience des malheurs et des souffrances causés par leur système, mais, ils sont prêts à le défendre coûte que coûte. Leur bien-être, leur tranquillité, ou ce qu’ils appellent leur civilisation en dépend. On comprend que chez ces personnes, des hommes comme Chavez et Hessel soient des ennemis à abattre. Ils ne connaissent pourtant leurs ennemis qu’à travers les images qu’on leur a construites. Ils n’ont pas besoin d’en savoir plus, car ils ont une âme de lyncheurs. Montrez-leur une cible et ils seront en première ligne pour crier « à mort, à mort », bavant de haine comme s’ils étaient concernés au premier degré. Cette haine est tapie en eux, et ne demande qu’à ressurgir à la première occasion comme un besoin. Il n’y a que la cible qui change.

On pourrait croire que la mort de Chavez et de Hessel n’affecte que ceux qui les aimaient ou admiraient. Ce serait faire abstraction de la puissance et de la nature même de la Haine. La disparition d’un être haï laisse un vide, qu’il faut combler le plus rapidement possible. Malgré les apparences, la disparition de leurs ennemis est une perte pour eux. Après les premières heures d’euphorie, ils se retrouvent vite avec leurs slogans ne pouvant plus s’appliquer à personne. S’ensuit alors une période de désarroi, en attendant la future cible.

Il se trouve qu’il y a des groupes puissants qui ont besoin du potentiel de divisions interhumaines que représente cette catégorie de personnes, divisions nécessaires à la prospérité de ces grands groupes. Disposant de moyens considérables, surtout en matière de manipulations des opinions, leur atout est avant tout le communautarisme dont les haineux ont tant besoin pour exister. La nature des communautés importe peu. Elles peuvent être à l’échelle du quartier, des régions, des races, des religions, des nations ou groupes de nations ayant des points communs ou tout simplement en fonction de localisations géographiques (Est-Ouest, Nord-Sud). Il suffit ensuite, avec les moyens médiatiques dont ils disposent, de donner des raisons tendant à justifier des pulsions et des comportements injustifiables. Ils feront appel, pour cela, à la peur, l’intérêt, ou à des sentiments nobles tels que l’intérêt général (de la communauté), le patriotisme (qui permet beaucoup de choses), les droits humains (permission de s’ingérer dans les affaires des autres, mais pas l’inverse), le droit à la démocratie et à la « civilisation » (les siennes seules, bien entendu). Tenant compte du potentiel de violence contenu dans la haine, quelques milliers d’individus valent des millions de silencieux.

Que vont-ils faire, maintenant, ayant perdu coup sur coup deux de leurs chers ennemis ? Un an auparavant, un autre « diable », Mouammar Kadhafi, leur glissait entre les doigts. Quelques années plus tôt encore, un autre ennemi intime de longue date trouvait le moyen de se retirer : Fidel Castro. Comment désormais qualifier Cuba sans Castro, ou la Libye sans Kadhafi ? Ou encore la Russie sans l’URSS ? C’est troublant de parler de dictatures sans dictateurs. Les mots perdent de leurs forces quand le « diable » n’est pas identifié. Alors on en parle sur le mode « on se comprend… ». En attendant, il faut se contenter des successeurs pas toujours à la hauteur des attentes, ou d’un Ahmadinejad qui, malheureusement, va leur fausser compagnie avant la fin de l’année. Il y a aussi et surtout le nouveau venu, le sauveur, Bachar El Assad. En deux ans, on lui a confectionné tout l’attirail du parfait petit diable, bon à haïr, agréable à insulter, le parfait ennemi . A ses côtés, il y a aussi Poutine, et bien sûr, la Corée du Nord.

Qu’ont fait tous ces diables aux haineux européens et français en particulier ? Si l’on prend le cas de Hugo Chavez, qu’a-t-il fait aux français ? On peut comprendre, à la rigueur, que les américains lui fussent hostiles, étant donné leur proximité d’avec le Venezuela, leur désir d’hégémonie contrarié, leur dépendance énergétique, etc… Qu’est-ce que la France a à faire dans tout cela ? La France n’a aucune ambition hégémonique sur le Venezuela, à moins de vouloir agrandir la Guyane Française voisine. Elle n’a aucune dépendance énergétique et aucun de ses intérêts n’a été contrarié par les autorités de ce pays. On peut alors se demander pourquoi un pays, la France, ayant si peu de relations avec le Venezuela, a envoyé des tueurs pour liquider le président élu de ce pays. Cela s’est passé en 2009, sous le mandat Sarkozy. La France serait-elle le porte-flingue de puissances qui, elles, ont des intérêts réels au Venezuela ?

Malgré cette tentative d’assassinat, et quelques autres, malgré une tentative de coup d’état à son encontre, Chavez reste le diable. Diable un jour, diable toujours. C’est ce qu’on peut constater depuis des décennies. Par exemple, dans les cas de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi, on a beau savoir que leur diabolisation n’avait d’autre but que de permettre de s’accaparer leur pays, rien n’y fait. La vérité n’efface pas le mensonge. Il en restera toujours assez pour en alimenter d’autres, ailleurs, selon les besoins des manipulateurs.

Quand le nouveau diable sera désigné, les mêmes suiveurs – toujours les mêmes – se mobiliseront comme un seul homme pour crier haro sur le nouvel ennemi. Faire bloc, toujours faire bloc. C’est le nouveau crédo. C’est celui des dirigeants, des médias et de tous leurs adeptes, tous enfermés dans un communautarisme tendant à bipolariser le monde. Tout refus de la bipolarisation est considéré comme une agression. Avec son « Vous êtes avec nous ou contre nous », Georges W. Bush, en 2001, venait de créer un nouveau dogme.

Avic

http://avicennesy.wordpress.com/


Lundi 11 Mars 2013


Commentaires

1.Posté par ffilou6 le 12/03/2013 00:10 | Alerter
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Il me semblait que le diable était Georges W. Bush, quand Chavez avait dit le lendemain d'un discours de Bush à l'ONU, "Hier le diable est venu ici et ce lieu sent encore le soufre!"

Ah non j'avais mal lu l'article... La Corée du Nord? Moins probable, j'avais lu que des Américains, dont le fameux ancien joueur farfelu de basket-ball Dennis Rodman, étaient partis promouvoir le développement du sport auprès des jeunes Nord-Coréens...

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