Propagande médiatique, politique, idéologique

Approche Géoéconomique de la Campagne de Propagande Pour le Tibet Contre la Chine - L'Asie doit se Rassembler Derrière la Chine


La question clé ici c'est de comprendre pourquoi le G7, le Groupe des 7 grandes puissances économiques, agit contre la Chine, et quelles sont les conséquences pour le reste de la région


Dimanche 13 Avril 2008

Approche Géoéconomique de la Campagne de Propagande Pour le Tibet Contre la Chine - L'Asie doit se Rassembler Derrière la Chine

L'Asie doit se Rassembler Derrière la Chine

Les prochains Jeux Olympiques de Beijing promettent d'être l'évènement le plus politisé depuis que des non grecs ont participé pour la première fois à l'ancienne forme de compétitions sportives. Ce n'est pas une exagération, car les Jeux marqueront le premier grand pas de la Chine sur la scène internationale comme puissance en titre, tandis qu'ils fourniront également à de nombreux occidentaux un premier aperçu de cette ancienne civilisation.

Considérant le ton utilisé par les médias occidentaux à propos de ces Jeux, c'est clair qu'on sort les matraques et que les couteaux sont affûtés pour la bataille de propagande visant à entamer l'héritage politique et culturel de la Chine qui ne mérite pas un tel spectacle.

Le Tibet est la dernière cause célèbre, et, sans peut être les encouragements actifs de la CIA – ce qui a provoqué un profond embarras en Inde qui abrite, en toute bonne foi, le Dalaï Lama exilé - les médias mondiaux auraient été plus qu'heureux de se saisir d'une autre cause, allant de la Taiwan à un quelconque excentrique pratiquant le Falungong dans les rues de Californie. Peut être même que les célébrités d'Hollywood comme Steven Spielberg ont reçu des scripts anti-chinois pour produire des films du genre « Dogs of War ». (Chiens de Guerre).

Les attaques constantes des médias occidentaux contre la Chine ont semé la confusion chez beaucoup d'Asiatiques, et cela se comprend, étant donné que les racines de l'actuelle guerre de propagande ont plus à voir avec la géoéconomie que la géopolitique. Pour des personnes comme moi qui considère celle-ci comme une continuation avec la première, la distinction est donc inutile. La question clé ici c'est de comprendre pourquoi le G7, le Groupe des 7 grandes puissances économiques, agit contre la Chine, et quelles sont les conséquences pour le reste de la région.

Comprendre les craintes du G7

Les lecteurs réguliers de cette colonne savent que je considère le G7 comme quelque chose de quelque peu méprisant, comme le montre un article précédent que j'ai publié sur le sujet le 20 octobre 2007 sur Asia Times Online :

Dear dinosaurs.

Le conclave annuel – des responsables financiers des pays membres – s'est retrouvé à Washington cette semaine – et n'est rien moins qu'une excuse pour un groupe de puissances qui seront redondantes dans le futur, pour discuter et rassembler suffisamment de souvenirs pour se distraire dans leurs vieux jours.

La toile de fond de cette anxiété concernant la Chine dans les médias occidentaux, encore plus dans les médias financiers, c'est bien sûr la crise existentielle à laquelle sont confrontées les principales puissances économiques actuellement – les US, qui regardent avec inquiétude leur monnaie entrain d'être évincée comme monnaie de réserve Dead-Dollar sketch Asia Times Online March 4 2008, et les différentes bourses de l'Europe qui doivent faire le deuil de leur propre mortalité de manière encore plus urgente que tout autre groupe de peuples voir Euro-trash Asia Times Online March 11 2008.

Tandis que ces deux articles étaient peut être trop brefs pour examiner la totalité des problèmes auxquels sont confrontés ces zones économiques, les principaux points sur le disfonctionnement du système financier, qui a besoin de soins constants et de capital tirés des bas de laine collectifs, a été mis en évidence. En outre, manquant de la force démographique nécessaire pour activer suffisamment le financement pour ces activités, les US et l'Europe ressentent actuellement un besoin pressant de continuer à rassembler du capital provenant du reste du monde, et en particulier des grands économes d'Asie.

La Chine n'est pas la seule cible de cette brigade de nostalgiques du G7. Dans mon article précédent A conspiracy against gold Asia Times Online April 3 2008, j'ai établi les mesures prises par les banques centrales mondiales contre la possibilité pour l'or de remplacer les monnaies parité dollar, au centre du système financier mondial. Ne pouvant acheter et vendre le précieux métal qu'aux prix fixés par les marchés, les banques centrales n'ont aucun pouvoir pour manipuler en fait la valeur sous- jacente de l'or.

Alternatives au dollar

Donc, si elles choisissent de vendre la monnaie étalon et font baisser sa valeur, c'est fort probable que les signes d'inflation qui se manifestent actuellement dans le système économique mondial obligeront finalement chaque investisseur raisonnable à considérer d'autres alternatives au dollar US et à l'Euro. C'est peut être la peur la plus grande à laquelle sont confrontés les directeurs des banques centrales du G7, nécessitant par conséquent des mesures sans précédent visant à restaurer la crédibilité des différentes monnaies parité dollar en gonflant d'abord les valeurs des actifs tels que les prix des avoirs.

Les plus grands perdants dans ce débat politique ce sont bien sûr les pays asiatiques, dont les épargnes collectives perdent de leur valeur à chaque dévaluation du dollar US et de la cohorte de ces monnaies parité dollar, du fait des montagnes d'épargnes existantes dans ces monnaies. Les directeurs des banques centrales d'Asie étant décidément un groupe de gens sans imagination, en fait travaillent pour la Réserve Fédérale US et la Banque Centrale Européenne (BCE). Mais, ils ne sont quand même pas si stupides pour imaginer qu'on pourra continuellement tromper les épargnants asiatiques, par conséquent l'idée c'est de gagner un maximum de temps.

Cet état d'équilibre précaire peut encore durer assez longtemps pour que la Fed US et la BCE démolissent le pouvoir d'achat et provoque discrètement la faillite des économies asiatiques.

Qu'est ce que les pays asiatiques peuvent faire ?

J'ai depuis longtemps affirmé que l'achat pour leurs réserves par les Asiatiques de dollars US et d'actions calculées en Euros c'est la même idée que l'Impérialisme : les travailleurs acceptent les IOU (système de participation) des entreprises pour lesquelles ils travaillent, au lieu d'espèces. La plus grande partie de leur pouvoir d'achat futur lié aux entreprises qui doivent réussir pour qu'ils puissent être payés, les travailleurs, pendant ce temps là, renoncent aux bonnes conditions de travail et autres commodités pour faire en sorte que les engagements soient tenus.

En d ‘autres termes, l'Asie fournit le financement de la dette nécessaire pour que fonctionne le marché mondial des actions, qui à leur tour assurent une partie substantielle des réserves d'un grand nombre de pays riches dont les US et la Grande Bretagne. Enlever le financement de la dette et toutes les actions s'effondrent au point zéro – mais les acheteurs d'actions parient, bien sûr, que les asiatiques n'auront jamais l'audace de le faire.

Etant donné la destruction continuelle de leur pouvoir d'achat et d'éventuelles pénuries pour un grand nombre de pays asiatiques, malgré le taux très élevés actuel de leurs épargnes, c'est important pour la région de se rassembler derrière la Chine. Cela peut être fait de différentes façons, mais quelques petits pas peuvent être faits en rappelant au G7 où se trouve le vrai pouvoir économique mondial actuellement.

1.Premièrement, chaque dirigeant d'Asie doit s'engager à assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Beijing, et doit le faire publiquement aujourd'hui. Cela servira efficacement pour snober les dirigeants européens (tel que le président français Nicolas Sarkozy) qui ont menacé de boycotter la cérémonie.

2.Deuxièmement, les banques régionales centrales devraient collaborer pour larguer des milliards de dollars en bons du trésor des US, et en titres de l'Agence Fédérale, des bonds des gouvernements européens, et des titres d'emprunts, ces prochaines semaines. Cela agitera le G7 et servira pour notifier le préavis de grève des acheteurs.

3.Troisièmement, les pays asiatiques doivent demander aux pays du G7 d'honorer leur propre rhétorique vide en ce qui concerne le respect du libre marché, en autorisant l'accès sans entrave aux sociétés asiatiques qui le veulent, pour acheter des banques des pays du G7 et des multinationales. Plus de discours de diaboliques fonds souverains, merci – vous nous devez de l'argent, donc nous nous allons prendre toutes les mesures nécessaires pour le récupérer.

4.Dernier point, les monnaies régionales devraient adopter une indexation souple sur le yen chinois, en s'autorisant un espace d'appréciation contre le dollar US pour toute la région, se basant ainsi sur le pays qui court le risque de pertes les plus importantes dans une telle situation, c'est-à-dire la Chine.

Comment la Chine peut –elle aider ?

Il y a sûrement de nombreux problèmes épineux entre la Chine et ses voisins asiatiques qu'elle peut aider à résoudre à court terme, ramenant des démocraties clés telles le Japon, l'Inde et la Corée du Sud dans son orbite, et les éloignant de l'influence des US qui imprègne la région. Quelques mesures positives seraient :

1.Renoncer à la violence à l'égard de Taiwan. Aucun pays asiatique n'autorisera Taiwan a devenir indépendant, c'est une réalité, et sans cela il n'y a aucune chance que cela se produise. Par conséquent la Chine n'a pas besoin de se soucier d'une option militaire à laquelle elle n'aura jamais recours.

2.Laisser tomber toute rhétorique stridente contre des personnalités comme le Dalaï Lama, car le langage de Mao Tsé tong est embarrassant pour la Chine d'aujourd'hui, et ne fait que renforcer ses opposants.

3.Cesser tout soutien embarrassant a des dictatures telles que celle de la Corée du Nord, du Myanmar et du Soudan.

4.Fournir une direction sur les sujets évoqués plus haut, en considérant ses voisins asiatiques comme des collègues industriels et non comme des compétiteurs. Cela inclue diriger la région pour l'ajustement des valeurs des monnaies, de même que fournir une coopération sur d'autres problèmes économiques.

En février le G7 a pressé la Chine d'accélérer la réévaluation de sa monnaie tandis que les principales économies veulent également qu'elle s'ouvre encore plus au libre échange, réduisent les barrières en matière d'investissements, et en révèle plus sur l'état de ses réserves. Les US aimeraient aussi que la Chine achète plus de titres deFannie Mae/Freddie Mac (des agences US), pour soutenir l'immobilier.

La rencontre la plus récente du G7 en octobre était une comédie, mais cette fois la rhétorique ne sera pas drôle pour l'Asie alors que les dirigeants se rassemblent pour pousser à une action plus agressive qui sauvera leurs économies tandis qu'elle provoquera la faillite du pouvoir d'achat asiatique. On ne peut laisser faire cela. Par conséquent, les dirigeants asiatiques doivent regarder à travers les écrans de fumée actuels crées autour de la Chine pour comprendre qu'ils sont eux-mêmes les cibles principales de telles actions. Il est temps de montrer les muscles asiatiques.


Chan Akya 10/04/08 Copyright Asia Times Online www.atimes.com

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

Lire en pièce jointe un texte d'Elisabeth Martens, « Un appel à l'esprit critique ». Elle est auteure de :

« Histoire du Bouddhisme tibétain, la Compassion des Puissants " l'Harmattan, 2007

Tibet, le "Grand Jeu" et la CIA

http://www.planetenonviolence.org/index.php?action=article&id_article=909769 http://www.planetenonviolence.org/index.php?action=article&id_article=909769



Dimanche 13 Avril 2008


Commentaires

1.Posté par Tobias Pickwick le 14/04/2008 02:13 | Alerter
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En accord avec ce qui est écrit dans cet l'article, je confirme, pour avoir vécu et travaillé à plusieurs reprises depuis quatre ans maintenant sur le territoire chinois, que la Chine n'est pas un pays de répression ni de surveillance policière strict en aucune sorte.
Sans encourager en aucune sorte mes compatriotes français à marcher sur mes traces, je me suis permis de travailler dans ce pays de façon parfaitement illégale, n'étant titulaire que d'un visa de touriste. Je ne sais si les autorités chinoises sont assez souples pour ne pas en arriver à des actes d'expulsion, ou bien si elles ont volontairement fermé un oeil (voire les deux) sur mes activités de simple travailleur dans une entreprise chinoise (nécessitant la présence d'une personne d'expression française en leur sein). En tout cas, je n'ai jamais été contrôlé ni interpellé par la police, et ce, même au beau milieu des agitations au Tibet. Dans les trains, seuls les chinois étaient contrôlés par les services de sécurité en cette période de troubles (pièce d'identité et billet), à moi, jamais on ne m'a rien demandé, pas même mon passeport.
Il n'est pas difficile de s'apercevoir que les minorités de toutes sortes en Chine sont littéralement protégées et largement favorisées par rapport à leurs compatriotes Han (ethnie largement majoritaire dans le pays). Ils sont libres d'installer leur commerce, et surtout sont autorisés à avoir deux enfants (un seul pour les Han sous peine d'amende voire même d'avortement). J'ai vu dans les rues de la ville de WuHan les vendeurs à la sauvette, comme cela se fait souvent en Chine, venus du Tibet. Aucune animosité ni tension ne venait d'aucune part, et ce, au beau milieu des troubles. On les laissait libres de commercer et de vivre tranquillement leur vie. Qui oserait croire à une telle chose en France ? Certainement pas le citoyen lambda, dont l'information est limitée par ce qui est diffusé à la télévision et autres médias aux mains des autorités.

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