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Anthony Kavanagh ou la « femmelette » refoulée


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C’est à se demander comment une chaîne publique, respectable, comme France2, a pu permettre la bourde de cet « artiste » sans interrompre le direct du jeudi soir


Samir MEHALLA
Vendredi 28 Juillet 2006

Dérapage
Dérapage
De notre Bureau de Paris
Samir MEHALLA

L’intégré québécois se permet, en direct et devant une audience familiale non négligeable (en prime time), de s’amuser de la misère des autres. Humour noir ? Non. Maladresse ? Non plus. Cet animateur s’offre à plaisir la souffrance des libanais au rictus de son allure, en taquinant les jeunes danseurs dans le cadre de l’émission Dancing Show. Ils les menacent d’un séjour au sud Liban au moment même où tous les politiques, les intellectuels et l’opinion internationale dénonce l’horreur et l’injustice et tente de négocier le retour à la dignité humaine. Depuis le début du conflit, nous n’avons pas vu, entendu, un politique en France, un seul, se permettre une telle légèreté d’esprit. Aucun, ne serait-ce dans les rangs extrémistes ou « racistes ». Que s’est-il passé dans l’esprit de cet individu ?
Quel serait son profil psychologique ? D’où émane sa peur ?
L’arabe et sa misère, voilà une cible idéale de projection permettant l'argumentation quasi infinie de recul pour éviter le mot « discrimination ». L'autre, différent, représente ce qu’on n'aimerait pas devenir. La peur, sans mauvais jeu de mot, de l'arabe conduit à craindre ce qu'il est, représente et fait. Il devient donc une menace qu'il faut supprimer, à défaut de pouvoir supprimer ce qui représente la peur originelle, disent les psychologues en la matière.
La société évolue, le déplacement évolue également, la peur de l'autre passe d'un être à un autre, se manifeste sous des formes nouvelles. Des formes déguisées, telle que ressent peut-être l’animateur de France2. Imaginons le positif de cette mondialisation, du dialogue de toutes les cultures… un brassage mondial de la population : une seule race. Le racisme persisterait toujours apparemment. En effet, il s'agit de projection et dérapage de l’animateur le confirme.
Le racisme cessera d'être lorsque : toutes les femmes auront un «phallus» ou bien tous les hommes auront perdu leur «robinet». Ces deux solutions paraissent utopiques. Il en demeure une dernière : l'acceptation pour l'homme de la femme, plus en tant que menace ou risque de devenir de la gente masculine. Accepter la femme en face de soi, c'est accepter la partie féminine présente en chaque homme. Les progrès de la science pourront, peut être, palier aux deux premières solutions, quant à la troisième, il y a un long et pénible travail sur soi à entreprendre. Kavanagh affiche clairement le féminisme qu’est en lui et le refoule en même temps. Sur un autre plan, inversons les rôles une fraction de seconde. Imaginons, et c’est de l’ordre de l’impossible bien sûr, que se soit le Liban qui agresse Israël et plaçons le même lapsus dans la bouche de Sieur Kavanagh. Quelle aurait été la réaction de France2 et de toute la France ? Quelle aurait été la réaction de la communauté juive en France ?
On ne l’imagine même pas et, pour ainsi dire, tant mieux pour lui.

Le Citoyen
Algérie


Vendredi 28 Juillet 2006

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