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Anselm Lenz : Au nom du virus, la constitution allemande est mise hors jeu


Le dramaturge, auteur et journaliste allemand Anselm Lenz (né en 1980) est l’un des initiateurs de l’association Kommunikationsstelle Demokratischer Widerstand (Bureau de Communication Résistance Démocratique), fondée le 24 mars 2020 et qui le 28 mars a organisé sa première « protestation hygiénique constitutionnelle » (“Hygienedemo mit Grundgesetz”).


Milena Rampoldi
Jeudi 9 Avril 2020

"Notre démocratie est contaminée. Des anticorps tout de suite !"
"Notre démocratie est contaminée. Des anticorps tout de suite !"
À ce propos, la police berlinoise, dans sa communication du 29 mars, rubrique “Violations de la loi de protection contre les infections – bilan quotidien des mesures de contrôle de la police”, écrit dans un style incomparable : « Après un appel à une "manifestation d’hygiène" à Berlin, 40 personnes ont été identifiées place Rosa-Luxemburg aux environs de 15h30. Bien avant le déroulement du rassemblement, les forces de police avaient ordonné aux personnes présentes de quitter la place et interdit le rassemblement. Dans ce contexte, les fonctionnaires ont lancé 17 procédures d’enquête pénale, entre autres, pour violation de la loi sur la protection contre les infections et résistance aux forces de l’ordre ». Le 4 avril à Berlin une seconde tentative d’organiser un rassemblement a été entreprise.

Étant donné que nous ne nous pouvons pas nous satisfaire des affirmations des médias dominants sur cette initiative (Erik Peter dans le quotidien TAZ a battu tous les records, appelant ces personnes des « conspirationnistes de droite et amis d’Erdogan »), nous nous sommes adressés personnellement à Anselm Lenz avec quelques questions. Ci-dessous ses réponses.

La crise du coronavirus est une crise de l’économie et de la politique. Cette crise a abandonné depuis longtemps désormais le territoire de la virologie et de la médecine. Que pensez-vous de cette thèse ?

Il s’agit à mon avis d’une thèse qu’on peut amplement partager, étant donné que l’état actuel des connaissances n’admet aucune autre conclusion. À l’été 2019 s’annonçait une récession mondiale d’une ampleur telle qu’elle pouvait compromettre tous les gouvernements de l’hémisphère Nord sans exception. Sur le virus il existe au moins deux théories, très divergentes l’une de l’autre. Mais sur les conditions du capitalisme de marché financier il n’existe qu’une seule clé de lecture logique : ses jours étaient comptés. Les gouvernements et les grandes structures du capitalisme de monopole et leurs entreprises médiatiques tentent à présent de cacher leur faillite. Il s’agit d’un effet d’urgence, d’une combinaison entre panique morale, réalité économique et faux-fausses conseillers-ères. En outre, au sein de la population occidentale existait depuis des années une tendance au déclin. Tous ces éléments se rencontrent à présent de la plus horrible des façons.

Quels sont les objectifs que poursuit votre initiative ?

Nous nous sommes fixé trois objectifs : la reconstruction d’une opposition démocratique ; la défense unifiée de notre constitution ; enfin une négociation sur une base démocratique de nos règles économiques futures sous forme d’une « constitution de l’économie ».

Jusqu’à quel point certaines mesures d’urgence sont fascistes et comment reconnaît-on cet aspect fasciste ?

Si les parlements sont nivelés, si la presse d’opposition est contrainte au silence, si les débats républicains n’existent pas ou se voient niés, lorsque la police règne, empêchant les meetings, et que la présomption de non-culpabilité et l’État de droit sont balayés, lorsque tous les droits de la liberté se voient abolis : lorsque tout cela arrive, nous nous trouvons dans des conditions fascisantes. Et dans ce cas, peu importe si tout cela est dû à un virus mortel ou non. Nos gouvernements doivent nous consulter avant de se permettre de faire ce qu’ils sont en train de faire.

Jusqu’à quel point les médias sont-ils impliqués dans la création d’une panique de masse ?

Les grandes entreprises médiatiques créent une panique mortelle parmi les gens et créent un contexte dans lequel toute opposition est abolie. Il s’agit presque exclusivement de propagande. Les régnants ont besoin de temps pour interrompre leur nouvelle arithmétique de la domination. Le vieux capitalisme mondial est détruit. Les puissants ont maintenant besoin de temps pour se couvrir. Ils savent en effet qu’ils ne peuvent s’enfermer pour l’éternité dans leurs bunkers. Et ils savent qu’ils ne peuvent indéfiniment se moquer de nous et nous inspirer une crainte constante de la mort. Mais là, nous devons nous hâter. Nous devons former des structures antifascistes. Et celles-ci doivent avoir un réel contenu : quelles sont les règles économiques que nous voulons nous donner à l’avenir ?

En Occident il manque un rapport “politique” d’en bas avec la vie et la mort ?

Il y a sans doute une tendance à la panique morale lorsque les choses nous concernent personnellement. Chaque jour sur terre 25 000 personnes meurent de faim, dont 15 000 enfants. Et 10 000 d’entre eux meurent des conséquences de la malnutrition. Cette catastrophe n’a jamais conduit les gouvernants occidentaux à décréter un régime d’urgence. Quand en mars 2020, les personnes âgées des métropoles industrielles et bancaires manifestèrent en revanche des niveaux d’infection légèrement plus élevés que la normale, ils ont éteint la démocratie, pervertissant la vie civile sur notre planète terre si belle.

Comment fonctionnent vos initiatives et comment réagissent les personnes à Berlin ?

Les initiatives marchent très bien. Notre lutte libérale et antifasciste défend nos conquêtes libérales. Nous sommes prêts à tout. On ne peut revenir au monde d’avant 1789, en renonçant à nos conquêtes. Grâce à notre participation on peut créer un nouveau droit de l’économie. Nous agissons dans toute l’Allemagne de manière décentralisée. La journée de samedi 4 avril, nous avons organisé 26 protestations d’hygiène dans toute l’Allemagne. Nous grandissons de jour en jour. En une semaine nous aurons atteint le point d’équilibre. Et alors l’opinion publique commencera à s’opposer au gouvernement. De nombreux policiers, médecins et juristes nous rejoignent aussi désormais.

Comment vous voyez l’Allemagne après la crise du coronavirus ?

J’ai peur mais en même temps j’ai aussi de grands espoirs. Je voudrais que de manière pacifique et sur une base démocratique nous fondions un droit économique plus juste, plus libre, plus social et plus écologique. Pour cela nous devons avant tout défendre coûte que coûte notre constitution actuelle. Pour tous les parlements à venir nous devons voter pour des candidats capables d’endiguer le pouvoir des lobbies, des oligarques et des partis corrompus.


Traduit par Vanessa De Pizzol
Merci à Tlaxcala
Source: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=28551
Date de parution de l'article original: 05/04/2020
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=28570



Jeudi 9 Avril 2020


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