EUROPE

Anne-Marie Le Pourhiet : « L’Union européenne est consubstantiellement anti-démocratique »


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Les dirigeants européens s’apprêtent à faire passer en force le Traité de Lisbonne, alors qu’un texte similaire a été rejeté par voie référendaire dans les États membres où une consultation avait été organisée, France et Pays-Bas. Du fait de ce procédé oligarchique, l’Union européenne ne pourra plus être considérée comme une institution démocratique, mais elle ne l’a en réalité jamais été assure le professeur Anne-Marie Le Pourhiet.

par Silvia Cattori


Silvia Cattori
Jeudi 20 Décembre 2007

Anne-Marie Le Pourhiet
Anne-Marie Le Pourhiet
Silvia Cattori : Lors du Rassemblement du Comité national pour le Référendum qui a réuni à la tribune Jean-Pierre Chevènement et Nicolas Dupont-Aignan [1], vous avez prononcé des mots forts, des mots surprenants. Vous avez qualifié de « haute trahison, de coup d’Etat » le fait que le président Sarkozy veuille ratifier le « traité modificatif » par voie parlementaire. N’est-ce pas excessif ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Il s’agit d’un acte très grave qui prouve bien que les références incessantes des traités européens aux valeurs démocratiques sont une tartufferie car cette Europe technocratique et confiscatoire ne peut se faire que contre la volonté des peuples.

L’Europe est consubstantiellement anti-démocratique, on veut nous l’imposer de gré ou de force. Nous ne sommes pas le premier peuple dont on aura bafoué la volonté, les Irlandais et les Danois ont aussi été contraints à revoter jusqu’à ce qu’ils disent oui.

Mais chez nous le cynisme est bien pire puisque l’on nous refuse même le droit de revoter en nous imposant une ratification parlementaire. Tout démocrate, qu’il soit souverainiste ou fédéraliste, devrait s’insurger contre une telle forfaiture.

Silvia Cattori : Le 29 mai 2005, le peuple français avait rejeté le projet de Constitution européenne à 55 % des voix. Depuis lors, ce projet n’a-t-il pas été amélioré ? N’a-t-on pas supprimé les dispositions de la Constitution européenne qui faisaient l’objet de contestation ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Bien sûr que non. On nous a seulement enlevé les termes de Constitution et de loi ainsi que les symboles (hymne, drapeau). Ce n’est pas anodin car cela prouve que les eurocrates ont compris la motivation anti-fédéraliste des citoyens français, mais tout le reste du traité constitutionnel se trouve dans le nouveau texte.

Le procédé consistant à ne plus intégrer la Charte des droits fondamentaux dans le traité lui même mais à lui conférer cependant une valeur contraignante ou encore le remplacement de la référence expresse à la primauté du droit européen par une mention de la jurisprudence de la Cour qui pose cette primauté, constituent autant de supercheries destinées à tromper les citoyens et à se moquer d’eux.

La version consolidée des traités, telle qu’elle a été rédigée sous la direction d’un député français, et qui fait 281 pages, montre à quel point le Traité constitutionnel est intégralement recopié. Même la disposition ridicule de l’article III-121 du TCE sur le « bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles » se retrouve à l’article 13 du nouveau traité sur le fonctionnement de l’Union !

Comme toutes les dispositions du TCE avaient été critiquées à un titre ou à un autre et que le « non » français s’adressait à l’intégralité du texte, on ne voit pas comment le président Sarkozy pouvait prétendre conserver les éléments « non contestés », c’est totalement arbitraire et dictatorial.

Silvia Cattori : Quels sont les dispositions les plus importantes qui se trouveraient ainsi imposées aux Français par ce « mini-traité », contre la volonté qu’ils avaient exprimée ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Tout, dans ce traité est très important. Le président de l’Union désigné pour deux ans, la politique étrangère et son ministre désormais déguisé en « haut représentant », la Charte des droits fondamentaux, si éloignée de l’esprit de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et surtout l’extension sans précédent de la règle de la majorité qualifiée accompagnant la suppression des « piliers ». Le transfert de souveraineté est colossal.

Silvia Cattori : N’est-il pas vrai que le Parlement verrait ses pouvoirs renforcés ?

Anne-Marie Le Pourhiet : C’est un bien mince avantage dans un système où une commission indépendante des gouvernements, et donc des Parlements devant lesquels ces gouvernements sont responsables, monopolise l’initiative législative.

Le Conseil constitutionnel français ne s’y est pas trompé en affirmant que le Parlement européen n’est pas « l’émanation de la souveraineté nationale ». Quand on connaît de surcroît la composition médiocre et l’organisation ubuesque de cette assemblée, on n’est pas vraiment rassuré par le renforcement de son pouvoir.

Silvia Cattori : Comment expliquer que cette majorité de Français qui avaient voté « non » au projet de Constitution en 2005, aient voté « oui » à l’élection de M. Sarkozy tout en sachant qu’il ne prendrait pas en compte le non de ceux qui avaient rejeté ce projet ?

Anne-Marie Le Pourhiet : D’une part M. Sarkozy avait simplement annoncé un « mini-traité » qui se bornerait à « permettre à l’Union de fonctionner » de telle sorte qu’on pouvait imaginer une simple amélioration des règles de vote au Conseil, d’autre part on ne peut pas confondre la réponse à une question référendaire et le choix d’un candidat à une élection.

Comment voulez-vous qu’un électeur de droite, de surcroît convaincu que Mme Royal est une parfaite incompétente, puisse voter pour elle simplement parce qu’elle promet (du bout des lèvres) un nouveau référendum et alors qu’elle a aussi prôné le « oui » à la Constitution européenne ? Les socialistes français ont fait depuis longtemps de l’Europe leur fond de commerce et le moins que l’on puisse dire est que ni Ségolène Royal, ni François Bayrou, ne pouvaient constituer une alternative crédible sur ce point. Le vote Sarkozy a été pour beaucoup un vote par défaut.

Silvia Cattori : Le traité a été signé jeudi 13 décembre à Lisbonne par les chefs d’Etat et de gouvernement des vingt-sept pays membres de l’Union européenne. M. Sarkozy est déterminé à le faire ratifier par voie parlementaire avant fin février. Qu’est-ce qui pourrait encore déjouer, d’après-vous, ce « coup d’Etat » ? Quels moyens le peuple français a-t-il d’imposer la voie du référendum ? Le droit constitutionnel peut-il encore remettre tout cela en cause ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Nous n’avons aucun recours juridique car la Constitution française n’interdit pas, comme la Constitution californienne, de modifier une loi référendaire par une loi parlementaire. Le Conseil constitutionnel français n’a pas non plus fait sienne la jurisprudence de la Cour constitutionnelle italienne qui impose un nouveau référendum pour contourner la volonté populaire. Le Conseil constitutionnel pourrait éventuellement « constater » que les deux traités sont quasiment identiques et « regretter » la méconnaissance de la volonté populaire mais il ne peut pas la sanctionner.

Il ne nous reste donc plus qu’à compter soit sur la mobilisation populaire, soit sur un rejet parlementaire de la révision constitutionnelle préalable à la ratification. Le projet de révision doit, en effet, être adopté à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès [réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, Ndlr.].

Silvia Cattori : Si, après avoir été mis en discussion à l’Assemblée nationale puis au Sénat, la révision constitutionnelle est approuvée par les trois-cinquièmes des suffrages exprimés des parlementaires, plus rien ne pourra plus s’opposer à la mise en œuvre de ce traité ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Non. 60 députés ou 60 sénateurs pourront encore déférer au Conseil constitutionnel la loi autorisant la ratification du traité, mais il n’y a aucune chance pour que le recours aboutisse.

Silvia Cattori : L’Irlande est tenue par sa propre constitution de consulter son peuple par référendum. En cas de rejet, comment sortira-t-on de cette impasse ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Sûrement de faire voter de nouveau les Irlandais ! Ainsi va l’Europe !

Silvia Cattori : Si ce traité est finalement imposé, et si, comme vous l’affirmez il y a dans la manière de procéder un « double coup d’État », M. Sarkozy, mais également les chefs d’État et de gouvernement des vingt-sept États membres de l’Union européenne, ne vont-ils pas devoir, tôt ou tard, s’expliquer quant à leur « trahison » ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Pour ce qui est de la France, le président Sarkozy aura à s’expliquer de beaucoup de choses. Mais la sanction électorale ne peut jouer que lorsqu’il y a un candidat alternatif crédible, ce n’est pas encore le cas chez nous. Pour les élections municipales et législatives, nous saurons en tous cas nous souvenir des votes de nos parlementaires !

Silvia Cattori : 75 % des citoyens européens sont favorables à un référendum. Reste donc à ses partisans d’obtenir que le débat s’ouvre et s’élargisse au plus vite à tous les pays de l’Union européenne ?

Anne-Marie Le Pourhiet : La mobilisation citoyenne me semble indispensable, ne serait-ce que pour faire honte aux traîtres.


Anne-Marie Le Pourhiet : « L’Union européenne est consubstantiellement anti-démocratique »
Anne-Marie Le Pourhiet est professeur de droit public à l’Université Rennes-I. Elle est l’auteur du manuel de Droit Constitutionnel récemment publié par Economica.

http://www.voltairenet.org http://www.voltairenet.org



Lundi 24 Décembre 2007


Commentaires

1.Posté par Frans Leens le 21/12/2007 10:56 | Alerter
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Aux armes citoyens!

Aux armes démocratiques aujourd'hui. Les armes démocratiques, c’est obtenir de nos élus qu’ils agissent suivant la volonté de ceux qui les ont élus. Pour contrer ce Traité de Lisbonne, il faut demander à tous nos élus de refuser un texte. En leur posant des questions dont les réponses montreront, s’ils approuvent ou non le texte et qu’ils sont donc, oui ou non, pour une Europe non démocratique et anti sociale :
Etes-vous d’accord comme le texte le prévoit:
1. Etes-vous pour l’Europe non démocratique ? Pour confier, essentiellement à l’exécutif européen, le droit de décider de 70% de la législation nationale via les directives européennes que les élus nationaux sont obligés de valider sans droit de modification. La séparation, base de notre système démocratique est ainsi remise en cause.
2. Etes-vous pour cette Europe anti-sociale ? Pour que l’Europe continue à privilégier les entreprises au travers du libre échange et de la dérégulation généralisés qui attaque et détruit la protection sociale par la mise en concurrence généralisée des travailleurs au détriment de toute législation sociale européenne qu’elle s’interdit.

La réponse à ces simples questions pourra ensuite être publiée pour que les électeurs ne les oublient pas lors des prochains scrutins.

Pour un référendum sur le Traité de Lisbonne, copie de la Constitution refusée par référendum. Ce que le peuple a fait, seul le peuple peut le défaire.

A nous tous d’agir pour ne pas nous laisser voler nos droits. Rejoignez ou créez les comités pour rendre la parole au peuple.

2.Posté par KERHERVE le 21/12/2007 12:53 | Alerter
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France ! Lève-toi et brandis le poing bien haut

Le 13 décembre dernier, le traité modificatif européen a été adopté par la conférence intergouvernementale réunie à Lisbonne ; par tous les Etats, mais avec certains égards pour les Britanniques et les Polonais.
Le 4 février prochain, le parlement réuni en congrès sera appelé à modifier l'article 88.1 de notre Constitution qui fait expressément référence au Traité Constitutionnel Européen. La ratification par voie parlementaire du traité de Lisbonne interviendrait vers la mi-février.

Une photocopie de l'original
Le traité de Lisbonne est la copie conforme, présentée sous forme de puzzle pour longues soirées d'hiver, du traité constitutionnel européen rejeté le 29 mai 2005 par 55% des Français. Personne ne le nie, notamment parmi ceux qui l'ont défendu alors.
"Je me suis livré au travail de comparaison de la rédaction du nouveau traité de Lisbonne avec la Constitution, sur les « neuf points essentiels » publiés sur mon blog " admet Valéry Giscard d'Estaing. "A ma surprise et, à vrai dire, à ma grande satisfaction, ces neuf points sont repris mot pour mot dans le nouveau projet. Il n’y a pas une virgule qui change ! Simplement il faut bien les chercher puisqu’ils sont dispersés dans les textes auxquels renvoie le nouveau Traité, à savoir aux Traités de Rome et de Maastricht. La seul différence : le vote à la majorité qualifiée est remis au 1er novembre 2014, alors qu’il aurait, d’après la Constitution, pu entrer en vigueur dès l’aboutissement de la ratification."
Impossible d'avoir un aveu plus explicite !
Il devient donc évident que la tentative actuelle est bien une revanche fomentée à l'encontre des 16 millions de Français qui ont dit NON en 2005. Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du général de Gaulle et gaulliste historique, l'a qualifiée pour sa part de "coup d'Etat" et de "viol de la Nation", avant d'appeler à la "résistance".
Par ailleurs, le NON de 2005 ne peut être débité en tranches. C'est l'ensemble qui a été rejeté après un débat de bonne qualité. Il est donc méprisable de discriminer les NON(s), ceux de droite et ceux de gauche, ceux portant sur la structure organisationnelle de l'Europe ou ceux gravant dans le marbre les orientations économiques et sociales. La malhonnêteté de certaines élites politiques atteint aujourd'hui des dimensions insupportables pour tous les démocrates et républicains.

L'élection de Sarkozy n'est pas un mandat impératif, contrairement à celui du 29 mai 2005
L'élection de Nicolas Sarkozy ne l'autorise nullement à faire l'économie de l'exercice de la démocratie entre deux scrutins présidentiels.
"La politique, c'était de proposer aux Français qui avaient voté non de négocier un traité simplifié pour débloquer l'Europe et de faire ratifier ce choix par le Parlement, comme je l'avais dit lors de la campagne présidentielle. J'ai été autorisé par le peuple français à faire ratifier le traité simplifié par le Parlement." a cru bon préciser Nicolas Sarkozy le 13 novembre dernier devant le parlement européen.
Cette théorie du mandat prétendument conféré par le suffrage universel est irrecevable et mensongère. Ceux qui défendent cette thèse ne méritent aucunement notre confiance, ni aujourd'hui, ni demain.
En votant pour le candidat Sarkozy, les Français ont fait un choix par adhésion pour certains, mais aussi par défaut pour d'autres. Les Français n'ont pas validé tout ce qu'a proposé le candidat UMP pendant la campagne.
La logique démocratique aurait due se traduire par le respect du mandat impératif donné ce 29 mai 2005. La constitution européenne étant rejetée par une majorité de Français, il convenait alors d'en tenir compte et de proposer une autre vision de l'Europe.
Pour le moins, comme l'ont clamé clairement les autres candidats à la charge suprême, seul le peuple de France peut défaire ce qu'il a fait. La logique d'une nouvelle consultation par référendum est donc irréfutable.

Aujourd'hui Lisbonne, demain l'Otan, bientôt la Turquie
Aujourd'hui, il s'agit du traité européen. Mais demain, au nom du même principe, les princes qui nous gouvernent n'hésiteront pas à utiliser les mêmes fourberies pour atteindre leurs objectifs : la constitution française sera modifiée par la seule voie parlementaire. Mais qu'importe admettent d'avance les plus dociles ! Que restera-t-il en effet de notre Nation, une fois que le rouleau compresseur européen aura défait la souveraineté de la France ?
Et demain, au nom du même principe, l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne s'imposera à la France ; Nicolas Sarkozy, reniant ses promesses, propose aujourd'hui de supprimer le référendum obligatoire pour toute nouvelle adhésion.
Et demain, au nom du même principe, et avec autant de soumission, la France réintègrera toutes les instances de l'Otan, mettant un terme à 40 ans d'indépendance nationale initiée par le général de Gaulle, jusqu'alors globalement respectée par ses successeurs et avec un incontestable succès dans l'affaire irakienne.
Face au "non" du peuple français, le "oui" bien pâle des parlementaires qui s'apprêtent à trahir ne représente rien et ne pèsera pas bien lourd lorsque la colère, en guise de réaction, grondera. Aujourd'hui, j'ai mal à ma France !

Alain KERHERVE
www.gaullisme.fr



3.Posté par KEVIN le 23/12/2007 23:15 | Alerter
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On m'as dit un jour une histoire.
Si l'homme libre ne dit pas non quand il est pas d'accord, et n'agit pas alors un jours il finira par ne plus pouvoir parler


http://pontarlier.xooit.fr/index.php

4.Posté par Totoro le 27/12/2007 16:06 | Alerter
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Ohhh, le vilain mépris hystérique de la démocratie représentative. Cessez de ré-élire vos députés depuis 50 ans si l'Europe qu'ils construisent ne vous plait pas ! Et parfois les représentants du peuple peuvent le guider sur le bon chemin comme pour la peine de mort en 1981 contre la volonté populaire (supposée je vous l'accorde mais massive). Personne (ou presque) n'a remis en cause cette avancée depuis comme quoi le peuple peut avoir tort aussi...
Quant à l'argument, je vous cite : "la sanction électorale ne peut jouer que lorsqu’il y a un candidat alternatif crédible, ce n’est pas encore le cas chez nous " : vous savez mieux que le peuple ? que nos institutions démocratiques ? vous dérenez la vérité infuse qui vous permez de dire qui est crédible et qui ne l'est pas ? vous sentez mauvais la dictature que vous denoncez madame...
De plus, je ne comprends pas ce que vous voulez ? Plus de démocratie au niveau de l'Europe (tendance fédéraliste, avec séparation des pouvoirs, vote des lois par le parlement européen et tout et tout...) ou moins d'Europe qui impose sa législation par dessus les parlements (version plutot souverainiste) ?
Proposez donc une alternative et lancez vous ! si vous êtes majoritaire, vous l'emporterez démocratiquement !
Certe, le "non" a été majoritaire, mais quel "non" ? Pensez vous vraiment réunir cette majorité sur un projet européen ? Entre les anti-libéraux et les souverainistes ? Et après, il faudra trouvez une unanimité (unanimité à 27!!!) en Europe...
Une alternative majoritaire en france et unanimement acceptable par les 27 ?
J'attends...depuis longtemps mais je suis patient.

P.S. : les prochaines élections européennes seront l'occasion de peser le poids politique des uns et des autres (avec le minimum d'interférence entre la politique européenne et française).

5.Posté par Gilles COUTURIER le 31/12/2007 11:25 | Alerter
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J'ai, vainement tenté, empreint de ma meilleure bonne volonté, de lire l'invitation au référendum européen. Et c'est là que j'ai eu la révèlation Ô combien nos politiques ne parlent plus notre langage ! La plupart des langages professionnels d'ailleurs sont incompréhensibles pour le commun des mortels
(sujet traité par les Inconnus dans leur excellent sketch : Monsieur Gentil )

Mais, l'Europe s'installe depuis des décennies sans aucun vote populaire. La plupart des européens installés aujourd'hui dans notre beau pays n'avaient d'ailleurs pas anticipé, n'ayant nullement appris notre langage. Les meilleurs élèves dans ce domaine, sont les africains et maghrébins qui, souvent, parlent le français bien mieux que certains d'entre nous.

Pour séduire les futurs européens, la meilleure promesse serait de garantir une très certaine harmonie. Mais, bien des décisions locales vont encore à l'encontre de cette harmonisation: le prix du tabac de l'essence entraine une migration indécente des zones frontalières et Internet, la croissance des flux commerciaux. Ceux-çi, les plus lourds et les plus pressés, régissent les nouvelles normes automobiles. Ils assèchent le fret ferré, jetant des milliers de quarante tonnes sur nos réseaux routiers et imposent un prochain régime d'obèsité à nos nouveaux modèles automobiles.

Mais, après tout, L'Europe n'est elle pas qu'une modeste réplique au séisme mondialisateur, et la mondialisation, a-t-elle fait l'objet d'une concertation citoyenne suivie d'un vote quelconque ? Si celle-çi séduit les pays en retard espérant par ce biais rattrapper celui-çi, nous sommes, nous, peuples développés, témoins du manque total de démocratie de ce système ravageur.

Nous pouvons sommairement conclure, en résumé, Ô combien l'Amérique du Sud et l'Idonésie deviendront le grenier d'agro-carburants, la Chine le vivier de main d'oeuvre bon marché, le Moyen- Orient le terrain de manoeuvre à balles réelles et l'Afrique le bac à sable de tous les 4X4 des primitifs du monde entier. Le grand frère de tous les peuples est un abruti totalitaire, notre président lui lèche les bottes, L'harmonie mondiale se fait au Bull-Dozer, et l'on nous demande de cautionner de notre vote favorable cette stratégie planétaire.

Tant que ces Institutions n'afficheront pas leur intérêt premier, dans un langage compréhensible, clair et transparant, tant qu'elles ne déclareront pas leur désaccord avec l'impétueux commerce international, et ne favoriseront pas la désaffection pour l'inter-dépendance prédatrice des plus puissants sur les autres, les peuples conscients refuseront de donner leur feu vert.

En outre, l'accord qu'on nous demande est ni plus ni moins qu'une signature sur un document relatant de toutes décisions déjà prises, aux conséquences déjà connues, et non une sommation préalable. C'est un peu un : «  Pan ! » , suivi d'un «  Halte là où je tire ! » C'est comme si nous étions contraints de signer un blanc-seing, accordant ainsi notre confiance aveugle et unanime et notre signature à une feuille blanche. C'est d'une façon détournée, la manière d'obtenir un accord dictatorial de façon démocratique. Nous sommes mis devant un fait accompli, et aimablement invités à porter la responsabilité de conséquences énormes, qui dépassent largement l'entendement du citoyen lamda.

En effet, dans les faits, trois grandes décisions locales, de gravités semblables viennent d'être prises depuis les élections, indiquant les tendances auxquelle la France doit se plier.

Face à la hausse du baril, cinq cent pompes d'agro-carburant...
Nouveaux budgets pour la recherche...
Fermeture de 262 triages français...

1-Les agro-carburants nécessiteraient de raser toutes les forêts du globe et coûtent à la production aussi cher que le pétrole ! Alors que tout le monde ne mange pas encore à sa faim...

2_La recherche, mais pour quoi faire ? Bien des invention en sommeil, qui échouent chez nous mais réussissent en Chine, dorment dans les cartons...( un exemple, la toxicogénomique. Procédé qui permet en trois jours de déterminer pas informatique ce qu'un chercheur peut mettre dix ans pour en arriver aux mêmes conclusions...après expérimentation , ( je n'ai pas dit « extermination » ) animale...)

3_Au moment où l'on admet que le ferroutage est bien la solution pour séparer les flux privés et commerciaux de sur le même réseau routier...on destitue, on désaffecte cet outil extraordinaire, cette pieuvre monumentale qui relient entre elles la plupart des trente huit milles communes françaises. Et tout cela parce que les pays influents et signataires, ne disposent pas d'outil semblables. Alors, plutôt que d'adapter notre pays aux règles européennes, celle-çi gagnerait nettement à adopter les nôtres... En donnant notre désaccord pour l'Europe, nous cherchons à préserver nos formidables réseaux, particuliers et commerciaux, nous cherchons à réduire l'influence des impératifs étrangers, lesquels, d'ailleurs, sont admiratifs devant notre choix social.

A ce propos, d'ailleurs, qu'est ce qui peut nous empècher de croire que notre président d'origine est-européenne, n'est pas une marionnette à la solde d'intérêts occultes, et si celui-çi n'était en fait qu'un suppôt de « je ne sais qui » ? Ne sommes nous pas, finalement, victimes d'un vaste plan centralisateur qui, pour s'affranchir, a besoin de notre aval...

Afin de clore ce sujet dans la joie et la bonne humeur, une petite remarque optimiste, une petite touche de paillettes sur les joues de cette période de fêtes boulimiques.
Le soir de Noël, j'ai survolé les programmes télévisés que ma fille a bien zappé une vingtaine de fois, et j'ai pu constater ceci : Durant toutes les émissions, sur toutes les chaines hertziennes, J'ai pu apercevoir : Dave l'arien, smaîn l'algérien, Melina Mercouri la grecque et Elena Lenina, la russe. Frank Alamo le texan , Johnny Halliday et Eddy Mitchell, les coyotes américains, Linda de Souza et Lio, les portugaises, Luciano Pavarotti, l'italien et Tino Rossi le Corse, Laurent Deutch l'allemand, Florent Pagny l'américain du Sud, et même, Antoine le...mondial, etc...

Enfin toute l'Europe dans la même salle de spectacle pour le plaisir de tous, et diffusés dans le monde entier.
Bonne année à tous.

6.Posté par carl le 06/02/2008 18:02 | Alerter
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pourquoi - vous plaindre nous les belges on n as rien voter ( pas eux droit de vote pour savoire si on voulais etre europeen ) on nous l as imposer d office cette europe de m.......totalitaire ou les droit sont baffouer ,plus de liberter d expression et bien d autres ...

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