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Alitalia-Aeroflot: deux futurs premiers ministres valent mieux qu'un


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Aeroflot va reprendre les négociations sur le rachat d'Alitalia, au bord de la faillite, après y avoir pourtant renoncé l'an dernier. C'est le président Vladimir Poutine lui-même qui en a fait la promesse le 18 avril à Silvio Berlusconi, en passe de retrouver son poste de premier ministre italien. Au sein de la plus grande compagnie aérienne russe, on se refuse pour l'instant à tout commentaire sur cette seconde chance de créer une alliance avec Alitalia.


Mardi 22 Avril 2008

Alitalia-Aeroflot: deux futurs premiers ministres valent mieux qu'un
Par Oleg Mitiaïev, RIA Novosti



Les tentatives de sauver le premier transporteur aérien transalpin se succèdent depuis le début des années 2000. Rappelons que les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis ont plongé la presque totalité du secteur dans une crise profonde. Depuis, à force de restructurations et de fusions, beaucoup de compagnies aériennes, du moins en Europe, se sont remises sur pieds.

Mais Alitalia, dont 49,9% appartiennent à l'Etat italien, a raté le coche: ni les plans de restructuration internes, ni les millions tirés du trésor n'ont permis de sortir l'entreprise de l'ornière. L'an dernier, elle a à nouveau accusé un déficit de plusieurs centaines de millions d'euros, et ses dettes cumulées ont atteint 1,37 milliards.

Ces deux dernières années, les autorités italiennes désespérées ont tenté de vendre Alitalia à de grandes compagnies étrangères. Il y a un an, c'est Aeroflot qui tenait la corde pour sauver le transporteur italien en détresse. Il est vrai, pour la plus grande compagnie aérienne russe, contrôlée par l'Etat (51,2% du capital), l'intérêt économique de cette transaction a suscité des doutes dès le départ. Aeroflot a finalement mis fin l'été dernier aux négociations sur le rachat de son concurrent italien. Après quoi le principal candidat au sauvetage d'Alitalia restait Air France-KLM, qui s'est à son tour retiré en mars dernier.

Silvio Berlusconi, de retour aux affaires après des élections anticipées, s'est toujours déclaré opposé à la vente d'Alitalia à des étrangers, privilégiant l'idée de la création d'un consortium aérien international dans lequel la compagnie italienne pourrait entrer en tant que partenaire de plein droit, et dont les autres membres pourraient être Aeroflot et Air France-KLM.

A la veille de la visite de Poutine en Sardaigne, le Cavaliere n'a pas exclu la possibilité d'une reprise des négociations entre Alitalia et Aeroflot. Ce à quoi les dirigeants de la compagnie russe se sont empressés de répondre par la négative. Le directeur général d'Aeroflot Valeri Okoulov a rappelé dans une interview à la chaîne russe anglophone Russia Today que l'entreprise avait déjà tenté de racheter Alitalia, et ajouté d'un ton sans équivoque: "l'information dont nous disposons ne nous inspire pas confiance quant à une deuxième approche dans ce projet".

Il semble bien cependant que Berlusconi ait réussi à convaincre Vladimir Poutine de faire revenir la direction d'Aeroflot à la table des négociations. Le président russe a déclaré que la compagnie russe était prête à rétablir les contacts avec son partenaire italien. Comprenant la situation lamentable dans laquelle se trouve Alitalia, il a tout de même ajouté qu'il fallait éponger ses dettes, la rendre bénéficiaire et essayer de ne rien promettre: "Evidemment, on ne sait pas quel en sera le résultat. Ce sont des négociations commerciales".

Il faut rappeler ici que cette rencontre entre Poutine et Berlusconi ressemblait beaucoup à des retrouvailles entre de vieux amis, dont les liens se sont établis entre 2001 et 2006, durant le dernier mandat du Cavaliere. Les deux hommes s'apprêtant à s'installer dans le fauteuil de premier ministre dans leurs pays respectifs, il y a fort à parier qu'ils ont échangé en Sardaigne quelques promesses pour l'avenir.

Ainsi, le président Poutine a rappelé à Berlusconi que l'Italien Eni avait acquis l'an dernier des actifs en Russie et que Gazprom comptait bien en retour recevoir du consortium énergétique italien des actifs dans des pays tiers, en Libye par exemple. Quant au Cavaliere, il a promis au président russe que Rome soutiendrait l'idée d'une suppression du régime de visas entre l'UE et la Russie.

En ce qui concerne les perspectives des négociations attendues entre Aeroflot et Alitalia, il faut bien reconnaitre que les deux compagnies auront bien du mal à tomber d'accord sur quelque chose de nouveau. Même si une résolution du problème Alitalia au niveau des gouvernements russe et italien n'est pas à exclure.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.


Mardi 22 Avril 2008

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