Propagande médiatique, politique, idéologique

Algérie : six mois de prison pour des journalistes, sur plainte de Kadhafi.


Le Général Moammar El Kadhafi a intenté une action judiciaire contre les Journal Echourouk pour diffamation. Nous pensons que quelqu’un de la présidence avait soufflé la chose au consul libyen. Enfin, bref! Un juge algérien a décidé de rentrer dans l’histoire par la porte libyenne, en rendant un verdict terriblement choquant: Six mois de prison pour deux journalistes!


ajaghvou@hotmail.fr
Jeudi 2 Novembre 2006

Algérie : six mois de prison pour des journalistes, sur plainte de Kadhafi.
En effet, si je lis bien, « Le directeur du journal "Ech-Chourouk", Ali Fodil, et la journaliste Naila Berrahal ont été condamnés par le tribunal d’Hussein Dey à six mois de prison ferme, une amende de 20.000 dinars chacun, deux mois de suspension pour le journal et 500.000 dinars de "dédommagement" en faveur du chef de l’état libyen, le colonel Moammar Kadhafi.. » !

Malgré cette lourde peine, je ne suis ni choqué, ni surpris, comme c’est le cas d’Anis Rahmani, directeur de la rédaction du journal. Car je sais que cette sorte de jugement primaire n’ira pas trop loin de par son absurdité. On connaît le scénario : On fera semblant d’intervenir à haut niveau et un autre jugement annulera le premier et voilà! Du genre, courrant en Algérie, <B>« on coupe le courant électrique pendant que notre cher président vomit son discours pour faire croire que celui-ci est un démocrate ou quelque chose dans ce sens » ! Donc, à mon avis, il n’y aura de suites inquiétantes, ni pour notre compatriote Ali Fodil, ni pour le Journal. Tout rentrera dans l’ordre d’ici quelques semaines et notre Naila aura à vivre tranquillement. Car il y aura des remous et des tractations qui feront que le verdict sera annulé.

Pour autant, et c’est rare dans ma vie, j’ai peur pour la liberté d’expression en Algérie. Ma peur vient du fait que n’importe qui, comme le colonel Moammar Kadhafi, pourra intenter une action en justice contre des personnes qui écriront sur ce qu’ils ont vu et entendu. Nous avons tellement de choses à écrire des tyrans arabes et musulmans que cette affaire risque de nous bloquer. D’ailleurs, c’est la première chose à laquelle j’ai pensé en lisant l’information hier soir sur Internet. J’étais entrain d’écrire sur la sale guerre d’Algérie et je me demandais, s’il ne fallait pas changer d’occupation ? Je me suis interrogé sérieusement sur mes capacités de me défendre. J’ai eu et j’ai encore la chair de poule en m’imaginant sous la grâce d’un juge en Algérie. Je me suis rappelé les menaces, ô combien sérieuse d’un responsable de la sécurité pendant les années de braises, quand il m’a dit menaçant : « J’ai les moyens de te rendre absent pour toujours » !

D’autre part, ça fait rire de lire que « Le chef de l’état libyen, par le biais de son ambassade à Alger, a intenté une action en justice contre "Ech-Chourouk" à la suite de la publication de deux articles, les 3 et 12 août 2006, considérés diffamatoires et attentatoires à sa personne, mais aussi à l’Etat libyen et surtout altérant les relations entre l’Algérie et la Libye. » ! Avant que le journal ne publie ces deux articles qui « traitaient de la réaction hostile des Touareg algériens de Tamanrasset initié par la direction politique libyenne de créer un Etat sahélien à cheval entre trois pays de la région, à savoir l’Algérie, le Mali et le Niger », avant ça, il y en a eu bien d’autres et dans d’autres pays qui l’ont fait avec beaucoup de précision! Le dictateur libyen, est-il en phase de préparer une campagne judiciaire contre tous ceux se font du plaisir à dire la vérité ? Cette affaire, ne cache-t-elle pas un complot à grande échelle contre ceux qui sont censé dire la vérité ? Restera-t-elle à ce stade ou s’étendra-t-elle à tous ceux qui ont écrit des articles « considérés diffamatoires et attentatoires » à toutes personnes ou états comme notre ami le Rois et son bled par exemple ?

Nous considérons donc cette affaire comme un avertissement et une menace à l’encontre de tous ceux qui ont quelque chose à dire ou à écrire. C’est pourquoi nous devons nous joindre à la Fédération internationale des journalistes (FIJ), pour condamner ce nouvel emprisonnement de journalistes algériens. La FIJ, voit juste, en estimant " qu’il s’agissait là d’une première invitation faite aux dictateurs du monde afin de s’initier à l’art d’étouffer la liberté de la presse ainsi que toute manifestation démocratique en Algérie".

Laïd DOUANE


Jeudi 2 Novembre 2006

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