Politique Nationale/Internationale

Algérie: les premières leçons de l’élection présidentielle du 12 décembre 2019: face à la crise multidimensionnelle pour une mobilisation générale


ALGERIE CRISE POLITIQUE ET ELECTION PRESIDENTIELLE


Abderrahmane MEBTOUL
Samedi 14 Décembre 2019

 Algérie : les premières leçons  de l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 :face à la crise multidimensionnelle pour une mobilisation générale

 

 1.-Le nombre d’électeurs inscrits  sur une population dépassant 43 millions d’habitants  a été de 24 474 161  mais devant tenir compte des personnes en âge de voter qui ne se sont pas inscrits. Le nombre de votants a été de: 8 504 346 dont 1 243 458 bulletins nuls donnant un taux de participation officiel de 39,93%  dont 41,41% au niveau national et 8,69% à l’étranger.En seconde position arrive Abdelkader Bengrina avec 17,38% des voix, soit 1.477.735 voix, Ali Benflis, en troisième positon avec 10.55 % des voix, soit l'équivalent de 896.735, Azzedine Mihoubi  en 4ème position avec 7,26%, soit 617.753 voix  et Abdélaziz Bélaid avec 6.66%, correspondant à 556.808 suffrages. Le candidat élu Mr Abdemajid Tebboune dont je lui souhaite bonne réussite dans sa nouvelle et combien importante mission au service de l’Algérie, a eu 4.945.116 voix soit par rapport aux votants 58,15% mais rapport aux inscrits 20,08%, les autres candidats entre 4/10% par rapport aux inscrits. 

2.-Incontestablement,il faut voir la réalité en face, nous avons eu un faible taux de participation, mais tenant compte de la conjoncture politique actuelle avec de vives tensions, un score honorable. Ce faible taux n’est pas propre à l’Algérie, le président des USA n’ayant jamais été élu à plus de 40% ; voyez le taux de participation aux dernières élections européennes, montrant dans le monde y compris donc les pays développés la défiance vis à vis des partis traditionnels, souvent déconnectés par rapport aux nouvelles mutations du monde, et notamment des aspirations de la jeunesse. Autre leçon à tirer est la déperdition des partis longtemps au pouvoir à savoir le FLN et le RND, laminés ayant opté pour un candidat arrivé à la quatrième  position, les partis d’opposition ne devant pas se réjouir, la population depuis le 22 février ayant montré la méfiance à leur égard. Toute gouvernance politique se fonde sur des partis du pouvoir et de l’opposition, devant tolérer les avis contraires source de correction. Cela devrait entraîner un profond bouleversement avec une profonde restructuration des partis tant de l’ancien pouvoir que de l’opposition, la naissance de nouvelles forces politiques ainsi que la restructuration de toute la société civile appendice de l’ancien pouvoir et de l’opposition et également de nouveaux réseaux, signe de la vitalité de toute société. 

3.-Face aux nombreux défis tant politiques,culturels, sociaux, économiques que géostratégiques dans un monde turbulent et instable, le président de la république, a été élu, contrairement à certaines supputations dans une transparence unique dans les annales de l’Algérie depuis l’indépendance politique, tous les présidents ayant été désignés après une mise en scène, malgré le faible taux de participation et certains dépassements mineurs. 
Il a une lourde responsabilité de rétablir la confiance brisée Etat-citoyen, à la fois politique afin de rassembler toutes les forces politiques et sociales dans leur diversité et surtout de résoudre la très grave crise économique qui secoue le pays avec le risque de cessation de paiement courant 2022, supposant un dialogue sans exclusive. Nous devons face à la crisse multidimensionnelle, apprendre à nous écouter par la culture de la tolérance. L’Algérie ne sera jamais plus comme avant : une Algérie avant le 22 février 2019 et une Algérie après le 22 février. Tous les candidats ont promis de se mettre au diapason des revendications raisonnables d’Al Hirak en procédant à de profonds changements dans la gouvernance. Privilégions uniquement les intérêts supérieurs de l’Algérie car l’immense majorité des algériennes et algériens n’ont pas d’autre patrie de rechange. Car l’Algérie sera ce que les algériennes et les algériens voudront qu’elle soit.


Pr des universités, expert international (Docteur d’Etat 1974) Abderrahmane MEBTOUL

ademmebtoul@gmail.com


Vendredi 13 Décembre 2019


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